Otto Abetz

Ambassadeur

1903-1958

L'ambassadeur allemand à Paris durant la Seconde Guerre mondiale.

Ce Badois a étudié à Karlsruhe, où il devient professeur d'art et de biologie dans une école de filles. Francophile, il s'implique dans le développement de l'entente franco-allemande. En 1930, il fonde un cercle de discussion franco-allemand à Sohlberg qui permet la rencontre de jeunes des organisations de jeunesse allemande et française, réunion se déroulant dans une auberge au Sohlberg qui édite un magazine dont le président est Otto Abetz et dont les participants du côté français sont des hommes aussi divers que Jean Luchaire, Bertrand de Jouvenel ou Pierre Brossolette. Abetz était apprécié parmi ses invités français, qui estimaient que celui-ci s'engageait sérieusement dans la nécessaire réconciliation franco-allemande mise en place suite à la Première Guerre mondiale. Durant cette période, Abetz est proche des positions socialistes et pacifistes. Durant l'entre-deux guerres, Abetz s'intéresse au nazisme dont il partage les positions en politique étrangère, notamment les demandes de révision de parties essentielles du Il prend sa carte de membre en 1931.

Durant les premières années du régime nazi, Abetz essaie de propager l'idéologie nazie dans les milieux intellectuels français, mais il est expulsé de France durant l'été 1939. Après la défaite de la France, Abetz revient en France, mais cette fois en qualité d' ambassadeur de l'Allemagne le 3 Août 1940, il conserva ce poste jusqu'en 1944. Il travailla à mettre en place une politique de collaboration. Dès l'été 1940, il donne son prénom à la liste Otto des ouvrages interdits par la censure allemande, organise l'expropriation des biens privés appartenant à des familles juives et fait main basse sur les prestigieuses collections Seligmann, Wildenstein, Alphonse Kahn, Rosenberg, Bernheim, Maurice et Robert de Rothschild, James Armand, Maurice Dreyfus, Raymond Lazardů En Juillet 1949, le tribunal militaire de Paris le condamna, malgré la plaidoirie de l'avocat Floriot, à 20 ans de travaux forcés pour crimes de guerre, en particulier pour son rôle dans l'organisation de la déportation des juifs de France vers les camps de la mort. Il fut libéré en avril 1954. Il trouva la mort avec son épouse en 1958 dans un accident de voiture.

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