L'année 1941

 

L'année 1941 allait mal commencer pour l'amiral Doenitz:

Sa flotte de submersibles passa à 249, mais seulement une trentaine pouvaient être opérationnels en même temps.

Début d'Avril, les Etats-Unis étendent leur zone de sécurité maritime jusqu'à l'Islande.

Mi-Avril, les services de renseignements britanniques déchiffrent une partie du code utilisé par la Kreigsmarine.

Début Mai, un destroyer britannique capture l'U-110 et sa machine à coder Énigma.

Fin Mai, les Britanniques réussissent à escorter sans pertes leur premier convoi rapide vers l'Angleterre.

Deux événements de 1941 vont meurtrir particulièrement la Kreigsmarine, surtout au niveau de son moral:

  1. La perte du cuirassé Bismarck (le 26 Mai) et du raider Atlantis (le 6 Août).
  2. La perte de trois as sous-mariniers:

  1. Prien se fait surprendre par le destroyer Wolverine. Son U-47 plonge, est grenadé et coulé.
  2. Schepkte se fait lui-aussi surprendre par un destroyer qui éperonne et écrase le kiosque de son submersible.
  3. Kretschmer se fait pourchasser et grenader. Il fait surface pour évacuer son bâtiment, et est capturé.

Le premier de ces événements a contribué à consolider la position de l'arme sous-marine au sein de la Kriegsmarine en marginalisant rapidement le rôle offensif des navires de surface. Les navires de guerre - classiques ou non-conventionnels - ne peuvent espérer mener des actions offensives rentables en termes de navires coulés sans se faire remarquer, tôt ou tard. L'Amirauté allemande avait surestimé le rôle des navires de surface. Lorsque le Bismarck appareilla en Mai, il ne dura que 8 jours avant d'être ratrappé et coulé. De plus, les croiseurs de bataille allemands étaient avariés et en réparation: le Hipper était cloué au port à cause d'ennuis de moteurs; le Scharnhorst et Gneisenau léchaient leurs plaies antérieures dans le port de Brest - surveillés par le renseignement allié. Dès lors, l'amiral Raeder commençait à reconnaître la rentabilité indiscutable du submersible comme arme offensive. Cependant, Doenitz lui fait remarquer que sans une forte présence simultanée de U-Boats en mer, il lui serait impossible de maintenir la pression sur les Alliés. Doenitz n'approuvait pas que les submersibles soient majoritairement dispersés sur trois océans - Baltique, Altantique et Méditérannée. Il voulait concentrer le maximum d'entre eux sur les routes maritimes de l'Atlantique Nord; car, c'est le seul endroit, selon lui, où la Kriegsmarine peut infliger une victoire décisive sur les Alliés en mer - et ce ne sont pas des faits d'armes contre le porte-avions britannique Ark Royal et le cuirassé Barham qui vont le faire changer d'avis.

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La fin de l'as allemand Schepke - Le porte-avions Ark Royal coule

Qui plus est, Doenitz s'opposait à ce que ses submersibles servent à la fois pour l'attaque de navires ennemis et pour l'escorte de navires amis. Doenitz fit remarquer à Raeder qu'il n'a pas de temps à perdre à se gaspiller ainsi, car il sait que le U-Boat allemand n'avait pas l'armement défensif requis pour espérer tenir tête à des attaques aériennes et à celles de petits navires rapides. Les deux premières années de guerre lui ont démontré que la perte d'un seul submersible peut désorganiser l'efficacité de toute une meute en opération.

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Le Barham: l'explosion navale la plus photogénique de la Seconde Guerre mondiale

Le second événement meurtrit autant les sous-mariniers allemands que l'opinion publique en Allemagne. Mais cela ne conduisit pas à un relâchement du zèle à bord des bâtiments, ou encore à un esprit de défaitisme. Au contraire, les équipages de U-Boats mirent toute leur conscience professionnelle à batailler d'avantage. De nombreux submersibles allemands appareillent pour des croisières souvent fructueuses; quoique cela ne fut pas le cas pour certains d'entre eux, dont le U-96 - qui a inspiré le film "Das Boot" de Wolfgang Petersen. Le tonnage de navires alliés coulés continua à croitre, y compris plusieurs cargos américains, comme le LeHigh (ci-bas).

Le cargo américain LeHigh est évacué lors de son torpillage (cliquez sur l'image)

En Mai 1941, 58 navires marchands alliés furent coulés, dont plus de la moitié d’entre eux par six submersibles hauturiers de Type IXci-bas. Ces submersibles avaient été affectés par Doenitz au large de l’Afrique occidentale et opéraient surtout contre des navires solitaires. Le Type IX avait une autonomie maximale de 10,500 milles et était plus confortable et fonctionnel en mer que le Type VII. La considération stratégique principale britannique était de protéger les routes maritimes entre l’Angleterre et l’Amérique du Nord. Au printemps 1941, cette route était loin d’être sécurisée, mais elle était un peu mieux patrouillée qu’en 1940. Cependant, la Kriegsmarine garda l’initiative opérationnelle et, au besoin, pouvait rediriger ses attaques sur des routes maritimes secondaires; cela permettait aux sous-mariniers allemands de couler régulièrement du tonnage. A ce moment, tout navire marchand coulé ailleurs dans l’Atlantique avait un effet bien réel sur les routes maritimes principales de l’Atlantique Nord; car, cela obligeait les Britanniques à disperser d’avantage leurs escorteurs et patrouilleurs, tout en dégarnissant les routes principales.

 Durant cette période, les quadrimoteurs Fw-200 Kondor (un avion commercial adapté à la reconnaissance maritime, mais sous le contrôle de la Luftwaffe) ont également connu un bon début. Cet appareil avait un rayon d'action de 1500 milles et pouvait occasionnellement vectoriser des navires de guerre allemands sur des convois. Les Kondors pouvaient être armés soit de nombes classiques ou de torpilles, comme la redoutable F5B, portée jusqu'àlors par les petits hydravions Arado. Les Fw-200 coulèrent à eux-seuls une quinzaine de navires marchands totalisant 53,000 tonnes. Mais heureusement pour les Alliés, la coopération aéronavale allemande était mauvaise, à l'exception des bases aériennes allemandes en Norvège. Lorsque les Alliés introduiront des porte-avions d'escorte pour protéger leurs convois, la menace posée par le Fw-200 sera progressivement conjurée.

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Un Fw-200 faisant le plein d'essence - - Une torpille aérienne allemande F5B

 

 

 Trouvailles technologiques britanniques 

A partir de l’été 1941, la plus grande avancée technologique britannique fut la prolifération du radar dans les petits bâtiments de guerre – corvettes et destroyers – ainsi que dans certains modèles d’avions. Cependant, ces radars étaient primitifs et souvent peu fiables; leur longueur d’onde d’un mètre ne leur permettait pas souvent de détecter la silhouette basse d’un submersible allemand au ras des flots. Bien que l’asdic (ou le sonar) avait déjà commencé à faire ses preuves, le radar donnait de meilleurs résultats surtout lorsqu’il était monté sur des avions. Un avion muni d’un radar pouvait à la fois garder l’intégrité d’un convoi en surveillant sa direction, et repérer les contacts suspects. De plus, l’avion patrouilleur muni du radar pouvait opérer partiellement en mauvais temps. Les marins alliés n’auraient pas de radars améliorés avant le printemps 1942. quant à l’asdic, bien qu’il arrivait à détecter des submersibles en plongée, il n’était pas assez avancé pour déterminer avec exactitude leur profondeur. Cela obligeait les corvettes et destroyers à larguer des grenades ASM à diverses profondeurs dans l’espoir que l’une d’entre elles cause un bri majeur à un submersible traqué.

En revanche, les Britanniques innovèrent en généralisant l’utilisation d’un récepteur appelé High-Frequency Direction Finding dit HF-DF ou huff-duff. L’instrument n’était en fait qu’un gonio permettant à un escorteur de repérer les transmissions d’un submersible ennemi et de déterminer sa position par le biais d’un ou de deux autres escorteurs eux-aussi à l’écoute. Les escorteurs pouvaient ainsi vectoriser une trajectoire d’interception vers la cible suspecte – et/ou relayer l’information à un hydravion patrouilleur - comme le Sunderland ou le PBY- qui pourrait le surprendre plus rapidement en surface.

L'appareillage gonio interne du système HF-DF

Durant l'année 1941, les Britanniques ont maximalisé l'utilisation de leurs nouveaux moyens/trouvailles pour réduire la taille du "trou" au-dessus de l'Atlantique - soit la zone maritime à l'intérieur de laquelle les avions côtiers alliés ne pouvaient pas patrouiller pour des raisons d'autonomie de vol. Un autre "trou" du même genre que celui de l'Atlantique Nord existait également entre les Acores et les Canaries, ou les convois en provenance du Sierra Leone et de Gibraltar s'égrainaient hors de la protection aérienne côtière.

 Parades allemandes 

Durant l'été-automne 1941, les sous-mariniers allemands avaient développé des parades tactiques pour minimiser l'effet des trouvailles britanniques dans la guerre sur mer:

 Ils généralisèrent les attaques de nuit en surface, selon le modèle préalablement appliqué par Kretschmer, et les attaques de meutes contre les convois escortés.

 Ils introduisent une nouvelle torpille appelée Lut, qui accroit la possibilité de frapper des navires dans un convoi par une trajectoire irrégulière qui ne dévoile pas la position du submersible lanceur.

 De surcroit, la Kriegsmarine délaisse progressivement les opérations en zone semi-hauturière pour se concentrer vers le centre de l'Atlantique à partir d'Avril - hors de portée des avions patrouilleurs alliés.

Maniement d'une torpille en mer

Les pertes augmentèrent durant neuf mois, et les Britanniques s'ajustèrent en conséquense: ils élargirent la distance entre chaque navire de 600 à 1000 verges afin de réduire la vulnérabilité de leurs cargos aux torpilles zig-zagantes; mais, ils durent à nouveau réduire la distance afin de mieux se protéger contre des attaques aériennes. Un certain nombre de vieux cargos furent aménagés en patrouilleurs auxiliaires munis d'une rampe de lancement leur permettant de lancer un chasseur Hurricane: ce sont les Catapult Armed Ships ou CAM-Ships. Le chasseur devait patrouiller dans le rayon extérieur immédiat au convoi dont il faisait partie, et signaler tout navire ou submersible suspect aux escorteurs de ce même convoi. Le Hurricane pouvait même mitrailler le navire pour ensuite se poser en catastrophe près du convoi; le pilote était alors repêché. Ces navires de reconnaissance n'étaient qu'une réponse improvisée en attendant l'entrée en service d'un plus grand nombre de destroyers britanniques et canadiens.

Un vieux Hurricane est lancé d'un CAM-Ship

Les bases islandaises ont été réaménagées pour faciliter le ravitaillement en carburant et munitions des hydravions de patrouille. De surcroit, lorsque la loi sur le Prêt-Bail fut officialisée au Congrès américain en Mars 1941, les Etats-Unis accroissent leur patrouilles anti-sous-marines entre leurs côtes et l'Islande. Une note d'avertissement fut également envoyée à l'ambassade allemande à Washington. Le 7 Avril, l'US Navy ouvrent des bases aéronavales aux Bermudes et au Groenland. Désormais, le gouvernement britannique pourra réparer ses navires de guerre dans les chantiers américains. En Mai 1941, le convoi HX129 traversa l'Atlantique Nord sans aucune perte. Il était protégé par une flottille de 11 destroyers et trois CAM-Ships. Malgré l'efficacité des destroyers d'escorte dans la protection des convois, il faut noter que Churchill fut lent à les considérer comme valables sur le plan stratégique; pour ce dernier, les destroyers n'étaient pas autre chose qu'une an unaffordable and inefficient luxury. Il aura fallu à la fois l'exploit du convoi HX129 et ceux du sous-marinier allemand Hessler du U-107 pour le faire changer d'idée.

Tonnage allié coulé par région à partir de 1941

Hessler réussit à couler 14 navires marchands totalisant 86,700 tonnes dans une seule sortie en mer de huit jours. Il réalisa cet exploit au large de la côte africaine sur la route en provenance du Sierra Leone. Doenitz le promut commandant du Bureau des Opérations. Mais dans l'ensemble, le bilan de fret coulé fut plutôt limité pour les sous-mariniers allemands. Le tonnage baissa en Août. Il faudra attendre le mois de Septembre - c.à.d l'entrée de nouveaux submersibles en service - pour que le nombre de navires ennemis coulés augmente. Doenitz sait que la baisse du tonnage allié coulé durant l'été ne dépendant pas de l'inefficacité des capitaines de U-Boats, mais de la dispersion des routes des convois sur un étinéraire plus long.

Été-automne 41

Navires coulés

Tonnage

Mai

58

325,000

Juin

61

310,000

Juillet

22

94,000

Août

23

80,000

Septembre

53

202,000

Octobre

32

157,000

Novembre

13

62,000

Le 8 Septembre le convoi lent SC42 fut repéré au large du Groenland; il comprenait 64 navires totalisant environ 1/2 million de tonnes de fret. L'Amirauté britannique détecta les signaux de TSF habituels de la Kriegsmarine, et une partie de ce convoi fut partiellement détourné vers le nord. Doenitz vectorisa plusieurs submersibles sur la route anticipée de ce convoi qui fut attaqué le lendemain. Durant la seule journée du 9, les U-Boats coulèrent 8 navires marchands. Deux autres navires furent coulés plus tard. Les corvettes canadiennes furent contraintes de se disperser pour essayer de pourchasser les attaquants. Mais les submersibles se groupèrent et forcèrent les corvettes à abandonner la poursuite et rejoindre leur convoi. Pour les sous-mariniers, la meute est tout aussi utile en attaque qu'en défense. Durant la nuit du 10 Septembre, les submersibles ré-attaquèrent et 7 navires marchands furent envoyés par le fond. Deux corvettes arrivèrent en renfort; elles repèrent et coulent le U-510. Le 11, deux destroyers de classe Hunt repèrent et coulent le U-207. En fin d'après-midi, la brume fit de nouveau son apparition devant le convoi, obligeant ainsi les submersibles à abandonner l'attaque par crainte de collisions accidentelles.

Ravitaillement allemand en mer

Le succès allemand contre le convoi SC42 fut émulé dans l'Atlantique Centre, au large des côtes africaines. Un convoi parti de Freetown vers Liverpool perdit 5 de ses 11 navires. Un autre convoi de 14 navires parti de Gibraltar, escorté par 10 destroyers et corvettes, subit un mauvais sort. Il est repéré par un Fw-200 qui vectorise 4 submersibles pour l'intercepter: 9 navires marchands et un destroyer furent coulés en deux jours de combat. Durant le mois de Novembre, les submersibles allemands opérant dans l'Atlantique Centre et Sud furent gênés par la perte de leurs deux ravitailleurs: les raiders Atlantis et Python. En Décembre, Doenitz n'avait que douze submersibles pour patrouiller la zone au large de Gibraltar: Seulement 9 navires furent coulés, totalisant 46,000 tonnes. Privés de ravitailleurs, la capacité offensive des U-Boats allemands fut considérablement réduite. Doenitz prit la décision de faire ravitailler ses submersibles par d'autres submersibles. Le Type XIV était un bâtiment de 67 mètres de long par 9 de large; il jaugeait 2300 tonnes et pouvait porter les provisions, les munitions et surtout le carburant requis pour permettre aux autres U-Boats de poursuivre leurs

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Ravitaillement en mer par un submersible-cargo Type XIV - Le Reuben James fut le premier navire de guerre américain à être coulé par la Kriegsmarine

sorties opérationnelles. Il portait 1300 tonnes de fret. Ces submersibles étaient surnommés "vaches à lait". Le premier d'entre eux à entrer en service fut le U-459, lancé à la mi-Novembre 1941. Il fit son premier ravitaillement réussi au début de Mars 1942. Dix submersibles de cette classe furent construits et sept d'entre eux seront détruits. Onze autres avaient été prévus, mais seulement quatre coques allèrent être construites en 1944-5, et aucune d'entre elles ne seront lançées. Les eaux de l'Atlantique Nord devenaient également dangereuses pour les navires américains qui escortaient les convois britanniques jusqu'en Islande. Le 17 Octobre, un vieux destroyer à 4 pipes, le USS Kearney, fut endommagé après avoir reçu une torpille dans le ventre: 11 marins périrent, et le bâtiment dut se trainer jusqu'à Rekyavik. Le 31 Octobre, un autre destroyer du même genre, le USS Reuben James, fut torpillé et coulé: 115 marins périrent, et 45 autres furent repêchés. Malgré le fait que les Etats-Unis n'étaient pas officiellement en guerre, le gouvernement du Reich ne présenta aucune excuse officielle. Roosevelt fut ulcéré, mais il ne déclara pas la guerre à l'Allemagne; il signa un décret autorisant certains navires marchands américains à s'affuter de canons pour se protéger des submersibles allemands.

  Le capitaine Walker

Devant les pertes causées par les submersibles allemands, certains commandants de destroyers britanniques virent la nécessité de changer certaines tactiques de combat.L'officier commandant qui se distingua le plus comme chasseur de U-Boats fut le capitaine John Walker. Bien que la Royal Navy claironnait encore sa victoire sur les navires de surface allemands par leurs grosses unités, elle se fit tendre l'oreille pour écouter les doléance de Walker. Ce dernier défendait l'idée de doter chaque convoi important d'une forte escorte - une dotation équivalente à 40% du nombre de navires marchands assemblés pour être convoyés. Mais comme les pertes étaient importantes, l'Amirauté britannique lui donna sa chance et accepte provisoirement le concept de Walker. Il fit démontrer son concept durant l'escorte du convoi HG76 de Gibraltar vers l'Angleterre. Il était composé de 36 navires marchands, escortés par 17 navires d'escorte, dont un porte-avions auxiliaire, le HMS Audacity (ci-bas).

Walker croyait dans le porte-avions comme moyen d'escorter les convois

Walker croyait également que lorsqu'un convoi était attaqué, la plupart de ses escorteurs devaient converger simultanément vers le même point: soit, celui succeptible d'abriter un submersible ennemi. Il serait plus facile de détecter et traquer les mouvements du U-Boat ciblé pour le grenader. La défense d'un convoi devait se faire dans un esprit d'agressivité qui est disposé d'accepter des pertes: elle vise à user les efforts ennemis. Le convoi appareille le 17 Décembre 1941. Walker fut informé qu'au moins 6 submersibles allemands étaient en route pour intercepter son convoi. Il ordonna aux avions Martlett (Grumman F4F Wildcat américains cédés sous le Prêt-Bail) de l'Audacity de décoller pour assurer la couverture aérienne. Ils surprennent le U-331 en surface et le coulent. Doenitz envoie sur-le-champ 5 autres U-Boats, et ils coulent le destroyer Stanley et deux navires marchands. Le destroyer de Walker surprend et coule le U-574. Les Martlett de l'Audacity abattent deux quatrimoteurs de patrouille Fw-200 Condor. Le 21 Décembre, un destroyer de Walker repère et coule le U-567 commandé par l'as sous-marinier Endrass - c'est une lourde perte pour Doenitz. Seulement deux navires marchands du HG76 furent coulés.

L'usure des uns et des autres se poursuit. Le lendemain, un submersible allemand réussit à se faufiler dans le convoi et coule le porte-avions Audacity. Finalement, un quadrimoteur B-24 Liberator américain coule deux autres U-Boats, ce qui force Doenitz à canceller l'attaque du convoi HG76. Malgré ses pertes, Walker avait gagné sa bataille à la fois contre les U-Boats et ses détracteurs dans l'Amirauté britannique. Cependant, la protection du convoi HG76 avait été coûteuse en navires d'escorte. L'Amirauté britannique fit les pressions nécessaires sur la RAF pour que celle-ci patrouille l'Atlantique. Le 23 Décembre, ses hydravions et quadrimoteurs Withley survolèrent les convois, et forcèrent les U-Boats à garder la tête sous l'eau. Doenitz n'eut le choix que de canceller toute attaque de tout convoi protégé par l'aviation.

  Changement de tactique

Malgré les progrès tactiques et technologiques britanniques, l'amiral Doenitz fut pas amené à réévaluer sa tactique d'attaque des convois. Il ne croyait pas qu'il fallait tout miser sur une seule opération de grande envergure, et demeura persuadé d'attaquer les convois sur toutes les routes maritimes atlantiques menant vers l'Angleterre. Un événement crucial va l'amener à changer de tactique: l'attaque japonaise du 7 Décembre sur la flotte américaine du Pacifique. Lorsque l'Allemagne déclara la guerre aux Etats-Unis trois jours plus tard, Doenitz ne pourra résister au "marché américain"…

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ãSites JPA, 2011