Hovhannes Bagramian

Général

1897-1982

Officier volontaire soviétique qui commandait du 1er Front balte en 1944.

Né dans une famille arménienne pauvre, Bagramian (ou Bagramyan) reçoit sa première éducation à l'école paroissiale arménienne d'Elizavetpol et ensuite de 1907 à 1912 étudie à l'école des chemins de fer de Tiflis, puis de 1912 à 1915 dans une école supérieure technique et en sort avec son diplôme de technicien supérieur. Il ne travaille que quelques mois comme employé des chemins de fer impériaux, car il se porte volontaire pour partir au front en 1915 et il russifie son prénom en "Ivan". Il combat au sein d'un bataillon d'infanterie, puis dans le 2e régiment d'infanterie des garde-frontières. Jusqu'en janvier 1917, il est dans le Caucase dans un régiment de combat de la cavalerie. Considéré comme brave et lettré, il est accepté pour faire ses classes de sous-lieutenant dans une école militaire, jusqu'au début 1917. Il accueille la révolution de Février avec enthousiasme et soutient par la suite un parti nationaliste arménien proche de la Fédération révolutionnaire arménienne. L'Arménie est pour quelque temps indépendante, aussi Bagramian s'engage-t-il dans des combats contre les forces turques (soutenues par l'Empire allemand). Il fait partie du 3e régiment de tirailleurs, puis du 1er régiment de cavalerie de la division arménienne de l'éphémère Première République d'Arménie, sous le commandement du général Silikian. Cependant en 1920, il s'oppose au gouvernement arménien dachnak et rejoint les insurgés de décembre 1920, puis s'engage dans l'Armée rouge arménienne au grade de commandant d'escadron du 1er régiment arménien. Il prend part au sein de la 11e armée à la liquidation des places fortes du régime et soutient la cause de l'internationalisme socialiste, en appuyant la prise de pouvoir des bolchéviques en Arménie, puis en Géorgie. Il demeure commandant d'escadron jusqu'en février 1921. De mars à septembre 1921, il est secrétaire de la représentation militaire de l'Arménie bolchévique auprès de la Géorgie, puis retourne à l'escadron. Il dirige aussi le contre-espionnage de son régiment jusqu'en décembre 1923. La guerre civile s'achève et Bagramian, après avoir terminé ses cours de commissaire militaire, est nommé en 1923 commandant du régiment de cavalerie de Leninakan au sein de la division d'infanterie arménienne.

l est envoyé à l'automne 1924 à Léningrad pour suivre les cours de l'Académie militaire supérieure de cavalerie. Il y fait la connaissance d'une génération de futurs officiers supérieurs qui joueront un rôle éminent pendant la Seconde Guerre mondiale, comme Joukov, Eromenko, Tchistiakov, Romanenko ou Rokossovski. En 1934, Bagramian est promu colonel et devient professeur de tactiques de chars d'assaut. Toutefois il ne monte pas en grade et contrairement à ses anciens camarades de promotion qui poursuivent une carrière classique sur le terrain il semble se faire oublier. En effet, il n'est pas membre du parti communiste à cette époque de terreur. Il reste au même poste et au même grade jusqu'à l'automne 1940. Il reçoit tout de même en fin de compte le poste de chef du département de la planification des opérations à l'état-major de la 12e armée du district de Kiev, en septembre. Deux mois plus tard, il est chef en second du département de planification des opérations de tout le district. L'Europe est en proie au feu de la guerre, il va donc sauter le pas et s'inscrire au parti communiste en 1941. Mais ce sont ses qualités qui vont accélérer sa carrière lorsque la guerre éclate quelques mois plus tard. Au moment de l'Opération Barbarossa, Bagramian est alors chef du département des opérations à l'état-major du front du sud-ouest, puis chef d'état-major du front du sud-ouest. Il est lieutenant-général à partir de décembre 1941, puis général d'armée commandant le premier front balte à partir de novembre 1943. En avril 1945 il commande le troisième front biélorusse et devient l'un des vainqueurs de la bataille de Königsberg.

En février-mars 1944, les forces du premier front balte qu'il commande participent à la bataille de Vitebsk (3 février-13 mars 1944) avec les troupes du front de l'ouest. C'est une opération offensive qui a pour résultat d'améliorer les positions soviétiques, mais qui ne parvient pas à prendre Vitebsk. Le haut commandement soviétique se prépare à une offensive stratégique massive pour la Biélorussie, connue sous le nom de code d’opération Bagration. Le premier front balte de Bagramian se trouve avec le troisième front biélorusse (sous Tcherniakhovski) impliqué dans cette bataille qui est déclenchée le 22 juin 1944. L'attaque de cette opération offensive, désignée par les Soviétiques comme « offensive Vitebsk-Orcha », n'a pas lieu par le centre, ce qui semblait pourtant plus profitable, mais au flanc droit à travers de vastes étendues marécageuses, ce qui rend l'avancée des troupes difficile. L'arrivée des Soviétiques de ce côté est inattendue pour les Allemands qui réagissent maladroitement. Les Soviétiques prennent une base ennemie importante et se rendent immédiatement vers l'ouest. Bagramian est fait Héros de l'URSS le 29 juillet 1944, en reconnaissance des hauts faits de ses hommes et de son commandement. Après la guerre, il est nommé à l'été 1945 commandant en chef des forces armées du district militaire de la Baltique, position qu'il occupe jusqu'en 1954, et promu au grade de maréchal. Durant la Crise des missiles de Cuba, Bagramian était responsable de la préparation du transfert de 36 missiles.

____________________________

© Sites JPA, 2020