Martin Bormann

Secrétaire

1900-1945

Militant nazi qui fut le secrétaire personnel d'Hitler et le numéro deux du Troisième Reich à partir du printemps 1941.

Fils de postier, il quitta les études prématurément pour travailler sur une ferme à Mecklenburg avant de se porter volontaire pour servir dans un régiment d'artillerie en 1918, mais ne prit part à la guerre. Il se joignit à un Corps franc où il se livra à des actions en Lettonnie. Il se joignit aussi à l'organisation Fontbahn et devint ami de Rudolf Hess dans le meurtre d'un instituteur accusé de collaboration avec les Français dans la Ruhr en 1923. En 1925, il se joignit au parti nazi dans les SA de Thuringe. Nommé rapidement chef des journaux nazis, il fut connu comme un bailleur de fonds pour le parti et en 1928, il devint son principal organisateur financier. Entre 1928-30, il fit partie des dirigeants SA. Il était loyal, travailleur, cynique, mesquin, et terriblement ambitieux.

Lorsque Hitler prit le pouvoir en 1933, Bormann fut élu au Reichtag et fut l'adjoint du numéro deux du régime, Rudolf Hess. A partir de 1936, Hitler commenca à lui faire de plus en plus confiance. Bormann monopolisa toutes les entrées de fonds pour financer le parti et administra le fond privé d'Hitler pour l'industrie allemande, ainsi que les propriétés du nouveau furhrer. Il contrôla également tous les gains et salaires des gauleiters. A l'entrée en guerre, Bormann était déjà perçu comme le dauphin d'Hitler, et quand Hess partit secrètement pour l'Angleterre, il devint le patron de la Chancellerie et le second d'Hitler. En 1942, il fut nommé secrétaire-général du parti avec le rang de Reichminister. En 1943, il devint le secrétaire privé d'Hitler. En Octobre 1944, il fut nommé commandant de la Volkssturm (une levée en masse de civils armés peu ou pas formés pour se battre). Comme haut-fonctionnaire nazi, Bormann fut impliqué dans presque tous les aspects de la politique intérieure allemande: dépossession de biens de Juifs et autres minorités, déportations, vols d'objets d'art dans certains pays occupés. Au grand dam de Himmler, la plupart des questions importantes reliées à la sécurité du régime atterrissent sur son bureau. Ils s'afficha ouvertement pour une politique d'extermination des opposants au nazisme via son décret du 9 Octobre 1942 qui attestait, entre autres, que la solution du problème juif ne pouvait se faire par l'émigration mais uniquement par une politique d'extermination dans les camps de l'Est. Il fut tout aussi dur à l'égard des Slaves qu'il qualifiait de masse de sous-hommes soviétisés qui devait son salut qu'à son utilité agricole pour le Reich. En 1945, Borman utilisa son énorme pouvoir pour faire fléchir les initiatives personnelles de certains hauts dirigeants du parti alors que la fin était proche. Il contrôlait tellement l'agenda d'Hitler qu'il empêchait Goebbels, Speer, et même Goering d'approcher le furhrer. Il fut témoin du suicide d'Hitler et de sa femme, ainsi que de Goebbels.

Son sort demeurait incertain. Selon les dires d'un leaders des Jeunesses hitlériennes, Axmann, Bormann se serait suicidé sur un boulevard de Berlin; d'autres affirment qu'il se serait noyé dans la rivière Spree ou fui par le métro de Berlin. Il aurait, selon toute vraisemblance, bien préparé sa fuite, telle que le laissait sous-entendre une de ses citations éloquentes: si un jour les rouges et les ploutocrates arrivent jusqu'à Berlin, ce n'est pas moi qu'ils trouveront. Le tribunal de Nuremberg le reconnut coupable de crimes de guerres et de crimes contre l'humanité, et il fut condamné à mort par contumace.

________________________

ã Sites JPA, 2003