Tchang Kai Shek

Général

 

1887-1975

 

Le chef du Parti Kuomingtang et président de la République de Chine jusqu’en Janvier 1949

Tchang est né à Ching Yang Shui, dans le district de Fenghua, préfecture de Ningbo, province du Zhejiang, dans une famille de commerçants dont les ancêtres sont originaires de Yixing, préfecture de Wuxi, province du Jiangsu. Il suit une formation militaire dans une académie du Japon. Tchang rejoint l'Alliance révolutionnaire par l'entremise de Chen Qimei en 1906. Entre 1911 et 1912, il participe aux combats de Shanghai. Il gravit ainsi les échelons de la hiérarchie du parti et devient un proche collaborateur de Zhang Renjie. À cette époque, Tchang (souvent écrit Chiang) était affilié à des sociétés secrètes de Shanghai. Il suit ensuite Sun Yat-sen dans son exil au Japon (1914) et le rejoint à Canton en 1918. Lorsque le Parti communiste chinois et le Kuomintang s'allient sous l'impulsion du Komintern à partir de 1922 pour lutter ensemble contre le pouvoir des seigneurs de la guerre et des Occidentaux, Tchang Kaï-chek est envoyé en URSS en 1923 afin d'y rencontrer les dirigeants du Komintern, d'inspecter les écoles militaires et l'organisation politique. À partir de 1924, il dirige une académie militaire de Huangpo, constituée avec l'aide d'instructeurs militaires soviétiques. Cette académie formera une élite militaire qui sera toujours fidèle à Tchang. Lorsque les riches commerçants de Canton se révoltent en 1924 contre les taxes imposées par le Kuomingtang, c'est lui qui mène les combats contre leurs milices.

Après la mort de Sun Yat-sen en 1925, Tchang s'arroge progressivement la direction du parti. En 1925, il devient commandeur en chef de l’Armée nationale. En 1926, prétendant que la gauche prépare un complot contre le Kuomingtang, il arrête les dirigeants communistes de Canton et leurs conseillers soviétiques. Ceux-ci ne sont relâchés qu'après avoir accepté de s'affilier au et de Kuomingtang renoncer à leurs convictions politiques. Ayant à présent le contrôle des forces armées du Kuomintang, il décide de lancer en Juillet 1926 l’Expédition du Nord contre les seigneurs de guerre qui contrôlent toujours la plus grande partie du pays. Lors de cette campagne, il prend le parti d'attaquer Shanghai, mais avant que ses troupes n'entrent dans la ville, les communistes déclenchent une grève et les ouvriers prennent le pouvoir dans la ville en attendant l'arrivée des troupes de Tchang. Inquiet de la force des communistes, Tchang conclut des accords avec les Occidentaux présents dans la ville (qui garantissent leur neutralité), les milieux d'affaires chinois (qui lui promettent un soutien financier) et avec la Bande verte – une société secrète criminelle (qui infiltre les milieux ouvriers et fournit des renseignements à Tchang). Le 12 Avril 1927, la Bande verte lance une attaque générale contre les communistes à Shanghai qui fera des milliers de morts parmi les dirigeants et les ouvriers. Tchang Kaï-chek installe ensuite le gouvernement à Nankin (capitale du Sud), défiant le gouvernement rival que Wang Jingwei a installé à Wuhan. Le gouvernement de Wang Jingwei cesse cependant d'exister dès Septembre 1927 et Wang se rallie à la faction de Tchang. Parallèlement, l'Expédition du Nord se poursuit et les troupes de Tchang progressent sans cesse vers Pékin.

À la fin de 1927, les opérations se ralentissent, car Tchang décide de laisser la tête du parti à Hu Hanmin et celle du gouvernement à Tan Yankai, un proche de son rival Wang Jingwei. Il s'agit en fait d'une retraite stratégique, car il craint de perdre son contrôle sur le parti. De plus, il veut arranger son mariage avec la belle-sœur de Sun Yat-sen, Song Meiling. C'est pourquoi, après un bref passage dans son village natal, il part pour le Japon afin d'y négocier avec sa future belle-famille, hostile parce que Tchang est déjà marié et qu'il n'est pas chrétien. Fin 1927, il peut inalement se marier à Shanghai. Il reprend ensuite la direction des troupes et la progression vers Pékin se poursuit facilement, notamment grâce à des accords avec certains seigneurs de la guerre. En Juin 1928, Pékin tombe aux mains des troupes du Kuomintang, victoire facilitée par la politique du Japon. Le Japon, de fait, incite Zhang Zuolin, le seigneur de la guerre qui contrôle la ville, à se replier en Mandchourie pour préserver les intérêts japonais. Le gouvernement de Wang Jingwei s'étant dissous, Tchang Kaï-chek apparaît comme le maître du jeu en Chine. En tant que chef du gouvernement et chef de l'armée, Tchang mène la Chine lors de la guerre de résistance contre les Japonais, pendant laquelle sa position à l'intérieur du pays s'affaiblit comparativement à celle de Mao.

L'ampleur de l'invasion nippone l'amène à déménager entre 1937 et 1939 sa capitale de Nankin à Wuhan, après le massacre de Nankin, puis à Chongqing (ou Tchougking), à l'époque dans le Sichuan. Le siège du gouvernement demeure dans cette dernière localité jusqu'à la fin de la guerre, entraînant une campagne intensive de bombardement par l'aviation impériale. En tant que chef du gouvernement et chef de l'armée, Tchang mène la Chine lors de la guerre de résistance contre les Japonais, pendant laquelle sa position à l'intérieur du pays s'affaiblit comparativement à celle de Mao. L'ampleur de l'invasion nippone l'amène à déménager entre 1937 et 1939 sa capitale de Nankin à Wuhan, après le massacre de Nankin, puis à Chongqing, à l'époque dans le Sichuan. Le siège du gouvernement demeure dans cette dernière localité jusqu'à la fin de la guerre, entraînant une campagne intensive de bombardement par l'aviation impériale.

Tchang tente d'éradiquer les communistes de Mao Zedong mais ne parvient pas à ses fins, l'invasion soviétique de la Mandchourie ayant permis au PCC d'étendre ses bases dans le nord-est de la Chine. Le 21 Janvier 1949, face aux succès des communistes, Tchang démissionne de la présidence, dont l'intérim est assuré par son rival Li Zongren. Mais la faction de Tchang reprend vite le dessus et ce dernier assume à nouveau la réalité du pouvoir, évinçant Li Zongren, malade, absent car en soins à New York. En décembre 1949, Tchang déplace son gouvernement à Taipei, devenue capitale de fait de République de Chine (Taïwan), où il reprend de manière officielle ses fonctions de président, le 1er Mars 1950.

Un temps isolé sur la scène politique internationale, abandonné par les États-Unis, il s'est à nouveau imposé comme un allié de poids au moment de la Guerre de Corée et des risques d'extensions de la menace communiste en Asie. Tchang Kaï-chek reste à la tête de la "République de Chine" à Taïwan jusqu'à sa mort en 1975, et continue de revendiquer la souveraineté sur l'ensemble de la Chine. Malgré une constitution théoriquement démocratique, son gouvernement demeure autoritaire, basé sur un système de parti unique et de loi martiale. Il impose également une culture chinoise standard, en interdisant à l'école et dans les médias l'usage des dialectes taiwanais.

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