Otto Gunsche

Aide de camp

1917-2003

Officier volontaire allemand qui a été l’aide de camp personnel d’Hitler et d’Eva Braun de 1944 jusqu’à la fin de la guerre.

Né à Iéna, il a fait des études secondaires avant de se joindre aux Jeunesse hitlériennes. Il entra au Parti nazi en 1935 et rencontra Hitler pour la première fois en 1936. Durant l’année 1940, Gunsche fait partie de la Garde personnel du furher comme officier d’ordonnance. Il assista à l’armistice de la France dans le wagon de Foch à Compiègne. Il avait ordre de tirer sur les officiers français si ceux-ci affichaient une attitude menaçante envers Hitler. Par la suite, il étudia à l'Académie militaire de Bad Tölz afin de devenir officier SS et servit en première ligne sur le front de l'Est, avec la LSSAH, jusqu'en Janvier 1943. Sa haute taille, son excellente allure (2 mètres pour 105 kilos) ainsi que son physique germanique lui attirèrent les faveurs d’Hitler qui l’appela à son servicele 13 Janvier 1943. Il devint ainsi l’aide de camp personnel du Führer jusqu'en Août 1943,date à laquelle il repartit au front avec la 12ème Division de Panzergrenadiers.

Gunsche (debout) dans le wagon à Rethondes

Günsche prit part au combat sur le front de l'Est, puis en France, en tant que Kompaniechef (capitaine de compagnie). Il obtint la Croix de fer de 1re classe avant d'être à nouveau nommé aide de camp personnel d'Adolf Hitler, le 6 Février 1944. Il était présent notamment lors de l’attentat contre Hitler, le 20 Juillet 1944, à la Tanière du loup. Il se distingua en aidant personnellement Hitler à sortir des décombres, bien que l'explosion de la bombe lui eût causé un certain nombre de contusions. De ce fait, les personnes qui furent présentes lors du complot reçurent l’Insigne des blessés, remise par le Führer le 2 Septembre 1944. Lorsque le QG d’Hitler est transféré à Berlin en Janvier 1945, les responsabilités de Gunsche s’accroissent. Le 22 Avril, le brigadeführer Monkhe prit la tête du groupe chargé de défendre le quartier de la Chancellerie du Reich. Günsche, à la demande du Führer, s’intégra à l’unité, au côté des membres restants de la Waffen-SS. Le 27 Avril, Hermann Fegelein fut accusé de désertion et dut passer devant un tribunal martial qui le condamna à mort. Cependant il semblerait que Günsche ait influencé cette décision. En effet, Adolf Hitler aurait décidé de placer Fegelein sous le commandement de Mohnke, jusqu'à ce que Günsche et Martin Bormann interviennent en jugeant la peine insuffisante comparée à la gravité de la situation. Le 30 Avril, alors que la fin du Troisième Reich était imminente, Hitler chargea Günsche de veiller personnellement à la disparition de son corps après sa mort. Il fut aussi chargé de surveiller l'entrée du bureau où Hitler et Eva Braun s'étaient enfermé pour se suicider aux alentours de 15h00. Il raconta que Magda Goebbels se présenta à lui afin de voir le Führer une dernière fois. Cependant ce dernier refusa tout entretien. Après avoir attendu une quinzaine de minutes, Günsche entra avec Heinz Linge et Bormann, et se chargea d’aller prévenir les occupants du bunker de la mort d’Hitler. Ils brulèrent ensuite les deux corps dans le jardin de la Chancellerie avec l’essence apportée par Erich Kempka. Après la mort d'Hitler, Günsche confia à l'aide de camp d'Artur Axmann, Joachim Hamann, l'arme qui servit au suicide du Führer. Il emporta avec lui un stylo ayant appartenu à Hitler, qu'il conservera toute sa vie. Dans la nuit du 1er mai, vers 22H00, Günsche et son groupe, dirigé par Mohnke, quittèrent le bunker. Selon la description faite par Günsche, ils réussirent à s'échapper de la Chancellerie bombardée en passant notamment par le métro en direction de la gare avenue Frederic, puis rejoignirent la brasserie de Schultheiss. Là, ils apprirent la capitulation de l'Allemagne. Mohnke, le général Josef Rauch, son officier d’ordonnance et Günsche partirent alors négocier avec les Soviétiques aux alentours de 18H00.

Gunsche est cuisiné par Parparov

Gunsche est interné puis ultérieurement transféré à la sinistre prison de Loubianka avec son compère Linge. Il sera lui-aussi interrogé par l’officier Parparov du NKVD entre 1946-49. Gunsche sera battu en cellule à plusieurs reprises. Les méthodes pour extraire des informations concernant les circonstances de la mort d’Hitler étaient variées. Les interrogatoires avaient lieu pendant la nuit après des séances de torture psychologique et physique. Qualifié d' "ennemi de la Nation" et de "Nazi convaincu" par Parparov, Günsche, qui fut récalcitrant dans un premier temps, bénéficia d'un traitement particulier. Les Soviétiques voulaient faire avouer à leurs deux otages la fuite d’Hitler durant la bataille de Berlin. Les témoignages de Gunsche servirent à étoffer le dossier 462A demandé par Staline à Béria, et qui a été remis à Staline en Décembre 1949. En 1950, Günsche fut condamné à 25 ans de travaux forcés pour crime de guerre. Il passa quelques années dans le camp de Diaterka, dans l’Oural, où il retrouva notamment l’aviateur allemand Erich Hartmann. En 1955, Gunsche est transféré dans une prison d’Allemagne de l’Est, mais il sera libéré l’année suivante suite à la visite d’Adenauer à Moscou. Le Octobre 1956, Günsche et Linge furent convoqués par le Tribunal de Munich afin de témoigner au sujet de la mort présumée d’Hitler dans une salle d'audience de Berchtesgaden. Leurs révélations furent enregistrées sur bandes audios et redécouvertes par Spiegel TV qui les restaura et les rendit publiques en 2010. En 1985, il dut de nouveau témoigner lors du procès pour les contrefaçons de carnets d'Hitler.

Gunsche et ses petits amis en 1960

Après cela, il vécut à l'abri des lumières médiatiques. Veuf et père de trois enfants, il n'a jamais exposé son passé en tant qu'officier nazi, refusant toute entrevue auprès d'historiens, mais parlant ouvertement de ce sujet, notamment avec un cercle très fermé d'amis proches (image ci-haut). Parmi ces personnes, qui purent recueillir les témoignages de Günsche, se trouvait David Irving, à qui il accorda quelques interviews à partir de 1967. En outre, il participait régulièrement à des réunions d'anciens combattants depuis les années 60.

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