Auguste Hirt

Médecin

1898-1945

Médecin anatomiste allemand qui a été un membre influent de l'Institut d'anthropologie raciale SS Anhnenerbe.

Né à Mannheim d'une famille d'affairistes suisses, Hirt s'enrôle durant la Première Guerre mondiale où il est blessé à la mâchoire. Entre les deux guerres, il fait ses études de médecine la l'Université de Heildelberg et obtient son doctorat en 1922. August Hirt rejoint en septembre 1932 l'Union de lutte pour la culture allemande3. Le 1er avril 1933, il adhère à la SS générale (SS-Nr. 100 414), et est promu Hauptsturmführer (capitaine) le 1er juillet 1937, mais il n'est membre du NSDAP qu'à partir du 1er mai 1937, période d'adhésion des universitaires du Reich. Mais en 1936, Hirt est agrégé et directeur de l'Institut d'anatomie de l'Université de Greifswald ; le 1er octobre 1938, il obtient le même poste à l'Université de Francfort. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est médecin-chef SS d'août 1939 jusqu'en avril 1941, période pendant laquelle il prend part à la bataille de France. Hirt devient ensuite directeur du nouvel Institut d'anatomie de Strasbourg. À compter du 1er mars 1942, il est membre de l'état-major personnel du RuSHA4, l'organisme chargé d'attester la "pureté" idéologique et raciale des membres de la SS. Il passe Sturmbannführer (Major) en 1944.

Fin 1941, le professeur Hirt travaille sur un antidote au gaz de combat ypérite, connu sous le nom de gaz moutarde. Il connaît les douleurs causées par l’ypérite, y ayant été exposé, par une erreur de manipulation, à très faible dose fin 1941 : C’est extrêmement douloureux . Cela ne l’empêche pas, en novembre 1942, de commencer à expérimenter sur l’homme au camp de concentration de Natzwiller-Struthof. Les doses qu’il utilise sont mortelles. Sur un premier groupe de quinze personnes, il teste son antidote sur dix d’entre elles, et laisse cinq "témoins" sans protection. Sept prisonniers meurent. Pour avoir un résultat statistiquement significatif, il recommence l’expérience sur 150 personnes dont près de quarante meurent selon les témoignages. On n’en sait pas plus sur ces expériences, tous les documents sur ses recherches furent brûlés avant la libération de Strasbourg. Hirt est incontournable pour ceux qui veulent réaliser des expériences sur des prisonniers du camp du Struthof. Le 17 mars 1943, il organise une conférence devant ses confrères de la faculté de médecine de Strasbourg pour les inciter à rejoindre, comme lui, la SS et l’Ahnenerbe afin d’avoir accès à l’expérimentation humaine. Les professeurs Haagen et Bickenbach, entre autres, profiteront de ces "lieux" offertes par Hirt et l’Ahnenerbe. L'Ahnenerbe est, sous le IIIè Reich, une société organisant, entre autres, des "expériences médicales" sur des prisonniers, parmi lesquels de nombreux Juifs, de certains camps de concentration dont celui de Natzwiller-Struthof en Alsace où officie August Hirt. Il pratique également des expériences sur des cadavres. Hirt est surtout connu pour avoir voulu compléter la collection de crânes de l'institut d'anatomie (dont le directeur est Hirt depuis 1941) avec des crânes de commissaires "judéo-bolcheviques". Il s'occupe en effet à l'époque de recherches sur la race. Comme, selon lui, la "race " juive est sur le point d'être anéantie, il cherche à réunir, tant qu'il est encore temps, une collection de crânes de commissaires bolcheviks juifs. Hirt envoie d'ailleurs son projet à Heinrich Himmler, un projet intitulé Conservation des crânes de commissaires judéo-bolcheviques aux fins de recherches scientifiques à la Reichsuniversität Strassburg. Hirt écrit notamment dans ce projet : Il existe d'importantes collections de crânes de presque toutes les races et tous les peuples. Il n'y a que des Juifs dont la science dispose de si peu de crânes, de telle façon qu'il n'est pas possible d'en tirer des conséquences significatives. La guerre à l'Est nous donne l'occasion de combler ce déficit. Nous avons la possibilité d'acquérir un document scientifique tangible en nous procurant les crânes des commissaires judéo-bolcheviques qui incarnent le sous-homme répugnant, mais caractéristique. Dans le cadre de ses études raciales, le professeur Hirt conçoit le projet d’une collection de squelettes juifs et c'est pour cette raison qu'il présente son plan de recherches à Himmler. Ce dernier approuve ce projet et Hirt peut commencer ses « expériences médicales ». C'est à ce stade que des hommes et des femmes sont « sélectionnés » en août 1943 au camp d'Auschwitz par son assistant, l'anthropologue SS Bruno Beger, avant d'être envoyés au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, en Alsace. Divisés en quatre groupes, ils sont successivement gazés quelques jours après et leurs cadavres mis à sa disposition. En septembre 1944, l’approche rapide des Alliés entraîne l'abandon du projet et Himmler ordonne l'élimination de toute trace de cette collection compromettante. En vain, les restes de quatre-vingt-six cadavres sont plus tard découverts et inhumés le 23 octobre 1945 dans le cimetière municipal de Strasbourg-Robertsau avant d'être transférés en 1951, dans le cimetière juif de Strasbourg-Cronenbourg. Pendant un bombardement de Strasbourg, le 25 septembre 1944, sa femme et son fils furent tués. Après la libération de Strasbourg à la fin novembre 1944, il s’enfuit avec sa fille à Tübingen dans le Sud de l’Allemagne où il resta jusqu'à l'occupation du Wurtemberg par les Alliés, alors il se réfugia chez des paysans en Forêt-Noire. Le 2 Juin 1945, Hirt se suicide avec son pistolet en calibre .32 ACP.

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