L'Italie en guerre

Le 10 Juin 1940, le comte Ciano rencontra les ambassadeurs français et britanniques; il leur remit leurs passeports, et l'Italie entra en guerre contre la France et l'Angleterre. Beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts du Tibre depuis que l'Italie avait proclamé sa non-belligérance en 1939. Durant les trois derniers mois de 1939, l'Italie fut témoin d'événements importants: le Pacte germano-soviétique, la partition de la Pologne, et le laissez-faire nazi lors de l'invasion de la Finlande par l'URSS. Cela conduisit à un refroidissement des relations italo-allemandes. A la fin de Décembre 1939, Ciano n'avait pas hésité à avertir la Belgique des intentions allemandes. L'Italie vendait même certains équipements militaires aux démocraties occidentales. Cependant, à partir de Février 1940, l'Italie évolua d'un statut d'État non-belligérant vers une politique interventioniste à cause du gel des avoirs allemands et italiens par les gouvernements français et britanniques. Les Alliés saisirent également toutes les expéditions de charbon destinées à l'Italie, ce qui irrita le gouvernement italien. Mais en fait, Mussolini avait déjà opté pour l'entrée en guerre. L'armée italienne n'était pas prête à faire la guerre en 1940. Elle n'avait pas les ressources nécessaires pour intervenir dans les zones considérées, protégées, ou convoitées par l'Italie fasciste: Malte, l'Abyssinie, l'Albanie, la Mer Égée, une partie de l'Afrique du Nord, et le Soudan. Le 10 Mai 1940, celle-ci était composée de 73 divisions mobilisées, mais sur ce nombre, 19 étaient organisées et armées, mais n'avaient que 75% de leur personnel. Les 34 autres étaient semi-organisées et n'avaient que 60% de leur dotation en personnel, et 50% de leurs moyens de transport. En 1940, les forces italiennes souffraient de trois carences:

  1. Une structure déficiente dans l'organisation de ses unités.
  2. Une marine vulnérable.
  3. Une autonomie de 10 mois en mazout.

es pourcentages pré-cités sont le reflet du système militaire italien qui a produit un grand nombre de divisions sous-dotées. La division d'infanterie italienne n'a que deux régiments de fantassins et trois bataillons d'artillerie, tandis que leurs homologues occidentaux avaient au moins trois régiments de fantassins et cinq bataillons d'artillerie. Pour lutter contre les chars, la division d'infanterie italienne n'avait que 8 canons antichars tractés; une division allemande en avait 70; une division française, 52, et., une division suisse, 36. Sur papier, la Supermarina italienne était impressionnante: 2 cuirassés modernes, 19 croiseurs, 126 destroyers et 117 submersibles.

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Mussolini a raison – Mussolini et Hitler à Rome – Pelotons antichars italien

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Le Pacte d'acier

Lorsque le Pacte d'acier fut signé en 1939, l'Italie devint un partenaire militaire de l'Allemagne nazie, mais un partenaire tardif. Mussolini dit à Hitler qu'il faudrait un délai de trois ans à l'Italie pour compléter son réarmement et ses préparatifs militaires. Il demeura conscient de cette réalité en 1940, lorsqu'il inaugura l'État-major général italien - le Commando Supremo. Malgré les carences de ses moyens militaires, Mussolini fut aveuglé par son rapprochement avec Hitler; soudain, tout devenait possible. Depuis la campagne de Scandinavie, toutes les victoires d'Hitler avaient ragaillardi la confiance de Mussolini dans la crédibilité de l'Axe Rome-Berlin; ces succès firent taire les craintes quant aux dangers d'une entrée en guerre. Néanmoins, la posture stratégique adoptée par l'Italie fasciste avant la guerre en fut une de "stricte défensive".

A l'été 1940, la défaite de la France et de l'Angleterre apparaissait comme inévitable pour Mussolini. Il crut alors qu'il pourrait entrer en guerre contre ces deux moribonds sans surtaxer ses ressources militaires en menant des opérations qui ne dureraient que quelques semaines. Mussolini croyait également qu'il serait mieux de se présenter comme un allié tardif que comme un neutre invétéré: ce serait très bien à la fois pour le prestige de l'Italie fasciste et celui de sa propre personne. L'intervention militaire italienne devenait moins dangereuse que la non-belligérance. Une chose était certaine: Mussolini voyait la possibilité que ses rêves fous puissent se réaliser; mais il ne serait pas capable d'endosser l'habit d'un grand chef de guerre dans une Italie devenue belligérante.

Aux armes!

Le 17 Juin 1940, oubliant sa position dite de "stricte défensive", Mussolini ordonna à l'armée du Prince de Piémont d'attaquer les positions françaises entre le mont Blanc et la Méditérannée. Badoglio lui dit que l'armée ne pourrait pas s'ébranler avant 25 jours. Qu'importe!, dit Mussolini, allez de l'avant! Les opérations italiennes commenèrent le 20, et par mauvais temps dans le secteur des Alpes maritimes, pour se généraliser dans toute l'étendue du front pré-cité le lendemain. Les avancées furent pénibles, car la topographie favorisait les défenseurs français. Elles ne s'emparèrent même pas des positions avancées françaises et subirent des pertes. Mais dans la vallée de l'Arc, une unité italienne délogea les Français des villages de Lanslebourg et Termignon, mais sa progression fut stoppée par des canons de 75mm français datant de l'autre guerre. Les Italiens furent tout aussi malchanceux sur le Col du mont Genèvre; bien qu'ils prirent la vieille redoute de Chenaillet, défendue par une vingtaine d'hommes, ils ne purent progresser vers Briançon car la route était protégée par le fort de Janus que l'artillerie italienne ne put réduire. Il y eut même un duel entre le fort de Janus et le fort italien de Chaberton - ce dernier fut réduit par les tirs français.

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Soldats italiens dans les Alpes – Sentinelle française à Menton

Dans les Alpes matitimes, la 1ère Armée italienne ne progressa que d'un mille et occupa Menton en presque totalité. Les Français du général Montagne stoppèrent les Italiens avec un barrage d'artillerie de 155mm et ces derniers subirent des pertes. Les blindés italiens n'ont pas été utilisés dans cet environnement inhospitalier. Il faut donner du crédit à l'armée française des Alpes commandée par le général Olry. Elle a pu tenir à bouts de bras le 15ème Corps blindé allemand de Hoeppner et les deux armées italiennes au prix de très faibles pertes: 37 tués, 42 blessés et 150 prisonniers. Toutes les progressions italiennes furent stoppées. Les archives historiques de l'armée italienne attestèrent des souffrances des armées du Prince de Piémont: 632 tués, 2600 blessés et 3800 prisonniers. Parmi les blessés italiens, il y avait plus de 2000 cas d'engelures. L'attaque italienne du Sud-Est de la France ordonnée par Mussolini exposait clairement les faiblesses de l'armée italienne en 1940. Elles n'avaient rien à voir avec le patriotisme ou le manque de courage des soldats italiens, mais plutôt avec la négligence du régime fasciste et son incapacité d'avoir organisé, entrainé, équipé, et surtout commandé au feu son armée. Cet échec initial causa d'énormes frictions entre l'armée italienne et le parti fasciste.

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La géopolitique italienne

Italie fasciste est entrée en guerre parce que Mussolini voulait l'associer à la grande destinée du peuple italien. Après la débâcle française, et l'échec initial cuisant des armées italiennes dans les Alpes, de nouveaux problèmes se présentèrent pour Mussolini et Ciano. Ils avaient certaines craintes et interrogations dans l'application de la géopolitique italienne: Primo, ne paix anglo-allemande - Comme Hitler ne veut pas perdre ses gains, chercherait-il une paix séparée avec l'Angleterre aux détriments des revendications de l'Italie fasciste au nom d'une solidarité raciale "teutonique"? Une paix prématurée ne servirait pas les intérêts italiens. Secundo, ne tutelle allemande - Si les nazis ne semblent pas rechercher une paix séparée, insisteraient-ils pour chaperonner nos interventions en Méditérannée et dans les Balkans, nous privant ainsi de notre liberté d'action? Pas question de leur laisser un part de ce qui sera notre gâteau. Et tertio, une indifférence allemande - Si l'Allemagne nazie nous laisse agir dans les zones convoitées, tant mieux. Mais si nous subissons des revers, pourrons-nous compter sur elle pour nous apporter une aide militaire appropriée? Mussolini savait très bien qu'Hitler méprisait l'entourage du Duce dans le parti fasciste. Hitler ne voulait rien savoir de "ce porc" de Grandi, le ministre de la Justice, ainsi que ces "traitres aristos décadents" qu'étaient, selon lui, Victor-Emannuel, et le pape. Ciano disait que si "les traitres abondent", il n'y aurait aucune raison pour que le régime nazi partage ses projets de conquête et son aide militaire avec l'Italie fasciste. Qui plus est, l'attitude méfiante du régime nazi à l'égard de l'Italie était partagée par tous les généraux de l'armée allemande. Tous avaient combattu durant la Première Guerre mondiale et se souvenaient de la "défection italienne" de la Triplice en Mai 1915. Ces militaires professionnels n'étaient pas impressionnés par l'allure de parade de l'armée italienne et encore moins par les simagrées des Chemises noires du parti fasciste. Ils savaient tous que le socle de l'armée italienne était friable et s'égrainerait au premier croc-en-jambe sérieux. Le général Halder de l'OKH ne se gênait pas pour afficher ouvertement son mépris: regardez-les ces maudits Italiens. Ils sont plantés devant les fortifications françaises et ne peuvent plus rien faire. Il était tout aussi dûr à l'égard des généraux italiens: Seul Badoglio a à la fois l'étoffe et les compétences d'un militaire professionnel. Tous les autres sont des cons.

L'Axe désaxé

Avec toute cette méfiance et pressions politico-psychologiques réciproques, les deux partenaires de l'Axe n'ont entrepris aucun effort de coordination de leurs projets militaires dans un but commun. L'Axe germano-italien ne bénéficiera pas d'un équivalent du Combined Joint Chiefs of Staff allié (CJCS), tel qu'il sera organisé après l'entrée en guerre des États-Unis: un lieu ou des décisions communes sont prises et appliquées intégralement, même après de fortes engeulades. Rome et Berlin firent une "guerre parallèle" en cachant leurs projets jusqu'à la présentation du fait accompli, tout en collaborant occasionellement pour régler des problèmes immédiats. Les Allemands furent consternés d'avoir appris à la dernière minute que Mussolini envahirait l'Albanie; ils seront outrés d'apprendre que Mussolini envahira la Grèce. Et les Italiens de répondre: Est-ce que vous nous avez consulté pour occuper le Danemark et la Norvège? Nous avez-vous considéré dans vos plans stratégiques de campagne en Europe occidentale? Jusqu'au moment où des désastres communs vont les rapprocher, les partenaires de l'Axe agissaient entre eux comme si l'autre n'existait pas. Une opération militaire italienne visant à occuper les Balkans, la Grèce et les îles de la Mer Égée avait été préparée par l'armée italienne. Mussolini n'en dit mot à aucun cadre nazi ni militaire allemand durant la rencontre germano-allemande sur la stratégie méditéranéenne tenue au Brenner en Octobre 1940. De même, Hitler n'informa aucunement Mussolini sur sa décision d'envahir l'URSS au printemps 1941.

Durant la guerre, il n'y aura aucun effort de standardisation militaire au niveau de l'équipement, et des procédures opérationnelles entre l'Italie et l'Allemagne. Il n'y aura aucune politique d'achat de fournitures militaires entre ces deux pays. Les seules exceptions furent le ravitaillement ponctuel en carburant entre bâtiments italiens et allemands, de la fourniture de torpilles italiennes aux submersibles allemands (elles sont meilleures!), et la vente d'un petit lot de moteurs à injection Daimler 601 à la Regia Aeronautica (l'aviation italienne).

A son entrée en guerre, l'Italie fasciste devait protéger certains acquis, le plus important étant ses possessions en Abyssinie. Mais le ravitaillement italien devait passer par le canal de Suez, ce qui était désormais interdit à l'Italie. Elle voulait également prendre pied en Albanie, considérée comme une zone d'influence italienne et peut-être propice pour une colonisation. Plus important, la Grèce devait faire partie de la sphère d'influence italienne. L'Italie voulait maintenir les liens avec ses territoires de Tripolitaine et de Cyrénaique, gênés par la présence de la Royal Navy ainsi que des bases britanniques sur l'île de Malte.

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Mussolini chef de guerre?

Le Duce lança une opération militaire de grande envergure en oubliant les carences matérielles et organisationelles de l'armée italienne. Il espérait que ses adversaire albanais et grecs capituleraient devant la disproportion du rapport de forces: cette fois je déclare la guerre mais ne suis sûr de ne pas la mener. De cette manière, j'obtiendrai de gros résultats par un petit effort. Étant l'incarnation dirigeante du Commando Supremo, Mussolini démontra rapidement son manque de talent militaire: il sera incapable de prendre une décision et de s'y conformer; il ignorera les problèmes élémentaires d'organisation et de commandement. Il ne sera certainement pas un Napoléon 1er. Au sein du Commando Supremo, les officiers supérieurs italiens travaillent dans le plus grand désordre et dans une improvisation chaotique complète. Le maréchal Keitel, un excellent officier de bureau, fit une observation fort à propos: Dans ce Commando Supremo, tout le monde dirige et commande. La dernière personne à parler a toujours raison! Les considérations d'ordre stratégiques sont souvent ignorées avec une absence de logique presque débonnaire. Mussolini ordonna l'ordre d'envahir l'Albanie et la Grèce "dans 15 jours" et sur un ton aussi anodin que pour commander une tasse de café. Le Duce, qui regarde la carte, n'avait pas la moindre idée de la différence entre organiser une offensive en terrain plat ou montagneux, en été ou en hiver. Badoglio envisagea de démissionner, mais préféra rester pour "limiter les bêtises" de Mussolini.

Hitler a été informé des projets italiens en Albanie et en Grèce. Il avait reçu une lettre du Duce qui se plaignait de la Grèce. Mussolini parlait de "provocation" qu'il n'était pas d'humeur à tolérer. Hitler ne veut pas de complications dans les Balkans car il ne veut pas pousser ni l'URSS ni l'Angleterre à intervenir dans cette zone et à lui ravir les puits de pétrole roumains. Hitler chercha à retenir Mussolini. Ce qu'Hitler ne peut jauger, c'est la volonté de Mussolini de le mettre devant le fait accompli. Hitler rencontra Mussolini à Florence le 28 Octobre. Le 28 octobre 1940, il fut acceuilli à la gare de Florence: Furhrer, nous sommes en marche! A l'aube, nos troupes ont franchies la frontière gréco-albanaise. Devant l'inquiétude manifesté sur son visage, Mussolini lui dit: Ne vous inquiétez pas, tout sera fini dans quinze jours! Dès le début de l'offensive en Grèce, Mussolini et Ciano vinrent que leurs appréhensions politiques étaient fondées. Ils savaient que le roi Boris de Bulgarie ne se mêlerait pas de ce conflit, du moins initialement. Ils avaient sous-estimé le patriotisme des soldats grecs qui resserrèrent les rangs lorsque leur pays fut bombardé dès le moment où le premier ministre Metaxas avait rejeté l'ultimatum italien avec indignation. Le fait était que l'Italie avait un mauvais rapport de voisinage avec la Grèce. Outre les griefs historiques contre l'Italie, la population grecque était unanime dans sa condamnation du fascisme italien.

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Plan des belligérants

Les Italiens disposaient de 20 divisions sous-dotées, et Mussolina pressa Badoglio d'en former 12 autres comme éléments de réserve. Le Duce est en colère car la marine et l'aviation avaient manifesté des avis défavorables à cette opération. Le plan d'attaque italien, conçu par le général Visconti-Prasca, visait à surprendre l'armée grecque avant qu'elle n'ait le temps de concentrer ses forces. Il consistait:

  1. A passer par l'Albanie peu défendue pour ensuite marcher sur Salonique via les villes de Florina et Edessa.
  2. Conquérir l'Épire, et faire un mouvement tournant vers Athènes
  3. pérer un débarquement sur l'île de Corfou, revendiquée par l'Italie.
  4. Utiliser l'aviation de bombardement pour appuyer les troupes.

La topographie et les mauvaises routes favorisaient les défenseurs aux détriments des attaquants. Le plan grec était d'utiliser le terrain et le temps neigeux pour laisser avancer les principales colonnes italiennes à Florina et Edessa pour ensuite les attaquer de dos. La mobilisation générale donna au général Papagos 15 divisions d'infanterie, et une de cavalerie réparties en cinq groupes d'armées. Ces unités étaient, sur papier, inférieures aux divisions italiennes, mais cette disparité était compensée par les problèmes logistiques chroniques italiens. La météo ne favorisait pas les Italiens. Ceux-ci traversèrent la frontière gréco-albanaise dans une pluie torrentielle qui transforma tous les ruisseaux en torrents et chaque petite route en bourbiers. Dans de telles conditions (image ci-bas), les Grecs en profitèrent pour ralentir les avances italiennes par des démolitions.

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Italiens embourbés en Albanie – Soldats grecs

Néanmoins, la colonne gauche italienne formée par la Division Julia délogea les Grecs de leurs positions avancées le 2 Novembre, tandis qu'elle prit le village de Vovoussa dans la vallée de l'Aoos. Cette division italienne se retrouva au pied de la passe de Métzovon en pleine pluie verglaçante. Au centre, les divisions Ferrana et Centauro virent leurs petits chars stoppés par des démolitions, ainsi que par le tir de canons grecs. Le seul succès italien notable fut sur la côte. La Division Siena prit le village de Filiate, traversa la rivière Thiamis avec l'intention d'encercler des forces grecques à Yanina. Le mauvais temps empêcha les bombardiers italiens d'intervenir, et la mer était trop grosse pour réaliser le débarquement prévu à Corfou. La résistance des Grecs du général Papagos fut aussi habile qu'acharnée. Les unités grecques s'adaptèrent à la guerre de montagne. Comme elles étaient inférieures en nombre et en matériels, elles pratiquèrent la tactique de l'infiltration, affrontèrent les Italiens dans des conditions pénibles alors que ces derniers étaient gênés par les intempéries et le manque de ravitaillement. Les attaques italiennes ne s'approchèrent pas de la ville de Janina. Le 11 Novembre, leurs forces étaient mises en déroute et se replièrent en désordre sur une chaine de hauteurs enre le lac d'Ochrida et la mer en Albanie, essayant de couvrir Valona et Tirana. Les Italiens avaient perdu l'avantage de la surprise: les raids aériens subséquents n'ont pas empêché la mobilisation et la concentration des unités grecques, et leur moral au feu ne fut pas affecté.

L'invasion italienne de la Grèce et les contre-attaques grecques

Après la déroute italienne, Papagos opta pour une contre-attaque rapide avant que les Italiens ré-attaquent avec leur supériorité numérique et matérielle. Le 14 Novembre, l'armée grecque fit une offensive générale entre le lac Prespa et la Mer Ionienne. Sur la droite grecque, le 5ème Corps du général Tzolakoglou brisa difficilement les défenses italiennes au mont Morova et détruisit la 9ème Armée italienne près de Koritsa, capturant 2000 prisonniers, 80 obusiers, et plusieurs centaines d'armes légères. Ce succès fut exploité au nord lorsque le 3ème Corps grec occupa Pogradec sur le lac d'Ochrida (voir carte) le 4 Décembre. Auparavant, le 2ème Corps grec du général Papadopoulos traversa la frontière albanaise, malgré l'obstacle du massif Grammos, et prit les villes d'Erseke et Leskovik. Cela donna au commandement grec une bonne ligne de front entre le plateau de Korista et la vallée d'Aoos. Poussant le long de la rivière Dhrin, les soldats grecs furent acceuillis avec enthousisasme par les Albanais de la ville d'Argyrokastron. Les Italiens poursuivaient leur retraite vers Valona. Après le 5 Décembre, les progressions grecques s'essoufflèrent pour les mêmes raisons que les progressions italiennes antérieures: mauvaises routes, météo infecte, et transports insuffisants pour acheminer troupes et ravitaillement. Les Britanniques n'avaient aucun renfort matériel à fournir aux Grecs. Cependant, l'armée grecque avait remporté une victoire importante sur des forces supérieures en nombre et en matériel. Elles avaient protégées le pays et sauvées la mise, pour le moment. Personne ne nia le courage du soldat grec autant dans la défensive que dans l'offensive. Mais dans de telles conditions climatiques et topographiques, personne ne peut nier le courage de martyr du soldat italien.

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