Pierre Laval

Premier ministre

1883-1945

De modeste naissance auvergnate, cet avocat plaida avant 1914 pour les militants syndicalistes. Il fut député socialiste, ensuite maire d’Aubervilliers, ministre dès 1926, fut premier ministre en 1931-2, ministre des Affaires étrangères, puis de nouveau premier ministre en 1935-6. Il fut le chef de gouvernement du régime du maréchal Pétain à partir d’Avril 1942.

Avant la guerre, sa politique de paix est alors conçue pour faire face au danger d’une renaissance de la menace allemande (front de Stresa avec l’Italie mussolinienne et l’Angleterre; pacte d’assistance mutuelle avec la Tchéquoslovaquie et l’URSS conclu avec Staline). En Juin 1940, il s’opposa au départ du gouvernement pour l’Afrique et obtint de l’Assemblée nationale la délégation des pouvoirs au maréchal Pétain. Il fut le premier des minsitres français à prendre avec les Allemands des contacts politiques en vue de désserrer le carcan de l’occupation et de donnr à la France ses chances devant une Allemagne qu’il croit capable ou de vaincre la Grande Bretagne ou de lui imposer sa domination sur l’Europe. Après l’entrevue de Montoire en Octobre 1940, il orienta ses prises de contact dans le sens d’une sorte de paix séparée pour établir la collaboration militaire franco-allemande avec comme contrepartie l’assouplissement de la ligne de démarcation entre les deux France et la réduction de l’indemnité d’occupation.

Peu avant de conclure ces négociations, il est exclu du gouvernement le 13 Décembre et arrêté sur l’ordre de Pétain. Relâché sur l’intervention des Allemands et pour Hitler, il est le garant de la politique de la collaboration. Il est blessé dans un attentat à Versailles en Août 1941 alors qu’il venait d’appuyer à la LVF. Opposé à une collaboration militaire avec l’Allemagne et partisan d’une paix de compromis avec elle. Pour lui, il fallait que la France collabore pour éviter qu’elle soit gouvernée par un gauleiter. Il déclara le 22 Juin 1942: je souhaite la victoire allemande parce que sans elle, le communisme s’installerait partout. Il créea la Milice française en 1943, comme organisation para-militaire supplétive de la police allemande et engagée dans la lutte contre les maquis. Lors du débarquement de 1944, il appelle l’administration française à observer une stricte neutralité. Il se tint en contact avec les organisateur de l’attentat du 20 Juillet contre Hitler dont il espère le succès et qui permettrait un cessez-le-feu négocié. En Août 1944, il veut s’entendre avec les Américains en faisant libérer Herriot et en transmettant ses pouvoirs à l’Assemblée nationale. Les Allemands l’amènent de force en Allemagne avec plusieurs de ses ministres. Quand arrive l’effondrement allemand, il gagna Barcelone le 2 Mai 1945 puis fuya en Autriche où il est arrêté par les Américains et livré par eux au gouvernement français en Août.

 Son procès en Haute-Cour fut bâclé et même les jurés l’insultent lorsqu’il entre au banc: on aura ta peau mon salaud ! Son exécution le 15 Octobre 1945 est encore plus bâclée: encore pantelant d’une tentative d’empoisonnement à la romaine et à demi-paralysé, il est fusillé après avoir refusé qu’on lui bande les yeux.

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