Cap Matapan

Lorsque l'Italie entra en guerre aux côtés de l'Allemagne, elle possédait une marine ayant des navires de ligne très bien conçus. Leur tenue en mer et leurs performances étaient supérieurs à ceux de la Royal Navy en Méditérannée. L'Angleterre fut embarassée par la présence des unités navales italiennes, et le gouvernement britannique exigea que la Royal Navy ait la posture la plus agressive possible en Méditérannée pour relâcher la pression sur les convois britanniques, surtout vers l'île de Malte, tout interceptant le fret maritime de l'Axe en direction de Tripoli et de Bengnazi. Les priorités navales britanniques et italiennes étaient dissemblables. La marine italienne croyait qu'en temps de guerre, ce serait les cuirassés et les croiseurs qui feraient le gros du travail en mer, appuyés par des bombardiers et des avions de reconnaissance basés au sol. La marine britannique misait tout d'abord sur ses porte-avions pour faire le gros du travail; les cuirassés et croiseurs n'auraient qu'un rôle secondaire. En Mars 1941, les pressions italiennes dans les Balkans inquiétèrent les unités de la Royal Navy basées en Méditérannée, car du ravitaillement britannique était acheminé d'Égypte en Grèce pour l'aider à résister aux Italiens. Le 27 Mars, le renseignement britannique confirma que les croiseurs italiens avaient appareillé en direction de l'ile de Crête. L'amiral Cunningham ordonna à ses unités d'appareiller vers la Crête: Il s'agissait de prendre au piège les navires italiens.

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Le combat

La Force B commandée par le vice-amiral Pridham-Wippell progressa en direction de l'île de Gavdo en Mer Égée pour s'y poster. Pridham-Whippell, à bord du croiseur Orion, fut un peu pris de court lorsqu'il aperçut les croiseurs Trieste, Bolzano et Trento, et se replia au sud-est en direction du reste de la flotte britannique commandée par Cunnhigham lui-même. Pendant un certain temps, les navires italiens et britanniques jouèrent à cache-cache sans combattre. L'ennui majeur de la Marine italienne durant cet événement c'est l'absence d'un appui aérien pour anticiper les mouvements des navires britanniques et mener des actions de retardement. Les Britanniques, eux, disposaient d'un porte-avions, le Formidable, pour repéter et cibler les navires italiens. Dès qu'il apprit que Cunningham se rapprochait, Pridham-Whippell reprit la poursuite des Italiens. Il faut noter que la flotte italienne était supérieure en nombre et en pièces de feu que les navires britanniques; de plus, le cuirassé Warspite, vétéran du Jutland et de Narvik, trainait derrière avec un problème de machinerie. Les navires italiens tirèrent 96 salves sans mettre un seul projectile au but. Les avions du porte-avions Formidable essayèrent d'atteindre les navires italiens, mais ces dernières esquivèrent les torpilles et les croiseurs italiens retournèrent vers leurs bases. A 15H00, un autre essaim d'avions-torpilleurs Albacore attaquèrent le cuirassé Vittorio-Venetto. Une torpille fit une grosse brèche légèrement en-dessous de la ceinture blindée et endommagea gravement le cuirassé. Seuls les efforts héroiques de l'équipage sauva le navire. Le pilote de cet Albacore, Daytell-Stead, fut tué lorsque son avion fut haché par des tirs anti-aériens. Le superbe Vittorio-Venetto (ci-contre à droite) repassa à 19 nœuds avant de rentrer au port. Durant toute cette journée, Cunningham put garder la trace de tous les navires impliqués dans la bataille grâce aux avions du Formidable. En revanche, Sansonetti n'eut aucune aide aérienne de l'aviation pour de la reconnaissance. Comme les distances se rapprochèrent entre navires italiens et britanniques, les croiseurs Italiens utilisèrent des écrans de fumée pour masquer leurs mouvements avec le coucher du soleil. Mais, pas avant qu'une torpille d'Albacore frappe le croiseur Pola (image couleur du haut) et l'avarie à 19H25. L'Amirauté italienne ordonna à un autre croiseur d'assister le Pola et si nécessaire de le remorquer, ce qui causa un répit bien utilisé par les Britanniques pour rattrapper les navires italiens.

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Le cuirassé Warspite – Le croiseur Zara – Les torpilles aériennes font mouche

Traquant ses adversaires au radar, Cunningham disposa ses bâtiments de ligne pour livrer bataille. Les cuirassés Warspite, Valiant et Barham repérèrent une flottille italienne – soit les croiseurs italiens Zara et Fiume ainsi que les destroyers Carducci et Alfieri – commandée par l'amiral Cattaneo. Ils ne repérèrent pas les navires britanniques dans la quasi-obscurité. Les navires italiens n'ont pas de radar, ce qui les désavantagent dans l'obscurité. Les Britanniques orientent leurs batteries en fonction des données radar. Trente minutes plus tard, la cannonade débuta. Les croiseurs italiens Zara, Pola et Fiume furent troués à moins de quatre milles de distance des navires britanniques. Ce fut la curée. Le Fiume, fut touché le premier de plein fouet, et coula à 23H15.

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Échanges de tirs nombreux – Le coup de grâce: des marins italiens sont repêchés

Le Zara, frappé surtout sur son arrière, coula plus lentement, ce qui donna le temps à son équipage de l'évacuer, blessés compris; son capitaine activa les charges de sabordage. Les deux destroyers accompagnateurs furent vaporisés sans avoir eu la possibilité de lancer une seule torpille. Finalement, le croiseur Pola avarié fut troué et par des obus de 15" et achevé par un destroyer britannique. Le lendemain de cette bataille navale qui s'est déroulée à 115 milles au sud du Cap Matapan, les navires britanniques repêchèrent 1040 marins italiens. Les opérations de sauvetages furent perturbées par une attaque de la Luftwaffe, mais l'amiral Cunningham appela l'Amirauté italienne et celle-ci intercéda auprès de la Luftwaffe et les avions allemands furent rappelés. Après le départ des navires de Cunningham, le navire-hôpital italien Gradiscia repêcha 160 autres survivants. En tout, la marine italienne perdit 2300 tués, incluant l'amiral Cattaneo, et les capitaines Giorgis et Corsi du Zara et du Fiume (image gauche). La seule victime britannique fut le pilote Dalyell-Stead.

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Les conséquences

La bataille navale du Cap Matapan fut un désastre pour la marine italienne car les Italiens perdirent d'un seul coup trois croiseurs de 12,000 tonnes. Le responsable naval italien au sol, l'amiral Iachino, perdit sa job et fut interné. Elle permit de sécuriser temporairement la Méditérannée orientale pour les navires de ravitaillement britanniques qui s'y risquent jusqu'en Grèce. Cette bataille navale prouva, une fois de plus, que la puissance navale sans appui aérien s'est avérée désastreuse – tout comme à Navrik en 1940. De plus, cette défaite amena Mussolini à ordonner la conversion de deux paquebots en porte-avions, et à interdir la sortie en mer des navires de ligne italiens hors du rayon d'action des chasseurs basés au sol avant que ces porte-avions entrent en service. La défaite à Matapan compliquera la présence italienne en Méditérannée à l'heure ou Malte devient un obstacle important pour le ravitaillement des unités germano-italiennes en Afrique du Nord.

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