Dragoljub Milhaiovic

Général

1893-1946

Officier de carrière serbe qui était le chef du mouvement Tchetnik durant la Seconde Guerre mondiale.

Né à Ivanjica en Serbie, il entra dans l’armée en 1912 et participa à la Première Guerre mondiale. Il a fait partie de la retraite de l’armée serbe vers l’île de Corfou en 1915. Il s’est battu sur le font de Salonique et son courage lui a valu d’être décoré plusieurs fois. Il demeure dans l’armée yougoslave de l’entre-deux guerres dans des postes très ordinaires; bien qu’il soit promu colonel, son destin va changer au moment du coup d’État du 27 Avril 1941.

Lorsque l’Allemagne envahit la Yougoslavie par air et par rail, une partie du peuple serbe se soulève et il se forme des petits groupes armés appelés Tchetniks (ou Cetniks). A ce moment, Milhaiovic organise alors cette résistance depuis son quartier général de Ravna Gora, en Serbie. Près de 46 000 hommes ont alors rejoint, en l'espace de quelques mois, cette organisation de résistance dirigée par les ex-officiers de l'armée Royale. Fidèles au roi, ils sont parmi les premiers à opposer une résistance aux Allemands. Parallèlement, Milhaiovic doit composer avec une autre organisation de résistance d’obédience communiste: le mouvement Partizan de Tito. Une rivalité s’installe entre les deux hommes, non pas sur la cause à défendre mais sur les tactiques à utiliser pour affronter les Allemands. Milhaiovic demandait à Tito à se restreindre à n'attaquer que les convois de chemins de fer ou à saboter les voies d'approvisionnements vers la Turquie. Ainsi, n'écoutant que lui, les troupes de Tito attaquèrent et tuèrent près de Gornji Milanovac près de 40 Allemands, ce qui conduisit à des exécutions de civils à hauteur de 7 000 dans la région de Kragujevac. Pour récompenser ce comportement sélectif et prudent, le roi Pierre II en exil nomme Milhaiovic ministre de la défense et lui donne le grade de général.

Durant la guerre, les groupes partisans de Tito soutenaient une politique plus agressive contre les Allemands, agrémentée d'une propagande anti-tchetnik assez radicale, qui induisit les Alliés à penser que les troupes de Draza Mihailovic se battaient désormais aux côtés de Allemands et ce malgré le fait que les troupes de Mihailovic aient développé un réseau pour la récupération et l'évacuation de près de 500 pilotes américains[4] dans le sud de la Yougoslavie, des unités Tchetniks réussirent à signer des trêves avec les troupes d'occupation italiennes (comme au Monténégro), peu combattives et bien plus tolérantes avec les populations locales, ce qui conduisit les unités de Tchetniks à diriger ces attaques contre les Allemands, les Croates oustachis et Bosniaques SS (2e Hanshar

SS) et contre les Partisans, opposés par leurs idées idéologiques et politiques aux troupes de Mihailovic, fidèles au roi en exil. Mais ce retournement de situation et ces attaques réciproques entre ces frères ennemis, poussés par la propagande titiste, amènent les Alliés à commettre une erreur : lâcher Milhaiovic et soutenir Tito – ce qui va sceller, à terme, le sort de Milhaiovic. Lorsque la guerre prend fin, le mouvement Partizan, soutenu par les Britanniques et les Soviétiques, libèrent le pays. Après un référendum populaire, le nouveau pouvoir communiste renverse la monarchie et persécute les Tchetniks pour traîtrise et collaboration avec l'ennemi, ce qui l’oblige à vivre dans la clandestinité.

Milhaiovic est arrêté en Bosnie-Herzégovine en Mars 1946 et jugé dans un procès mené pour niveler toute opposition à Tito. Il est reconnu coupable de trahison et fusillé à Belgrade. Suite à cette exécution, de Gaulle refusera toujours de rencontrer Tito. Sa mort fut suivie d’une épuration sauvage de la résistance yougoslave: 8000 anciens Tchetniks seront arrêtés et exécutés à Foca et Sarajevo durant l’automne 1945. Lorsque la guerre froide s’installe, le président américain Truman lui accordera une médaille à titre posthume en 1948.

__________________

Ó Sites JPA, 2013