La Nouvelle-Zélande et la guerre

La Nouvelle-Zélande a été l'un des premiers pays à déclarer la guerre à l'Allemagne nazie et à mener un effort de guerre continuel contre les forces de l'Axe. Le gouvernement néo-zélandais prend l'initiative d'entrer en guerre sans aviser ses partenaires du Commonwealth. La population néo-zélandaise perçoit l'entrée en guerre comme une "réaction normale" d'un pays démocratique "normal" à l'égard de l'agression hitlérienne. Les Néo-Zélandais croient que toute guerre menée contre l'Angleterre menacera à terme la Nouvelle-Zélande. Ce pays avait envoyé des troupes en 1914 pour épauler les Britanniques et il se retrouve, encore une fois, entraîné dans un maelstrom aux conséquences incertaines. En fait, la Nouvelle-Zélande n'a pas le choix: elle dépend de la protection financière, navale et militaire britannique pour sa survie nationale. Contrairement aux Australiens, les Néo-Zélandais sont encore très attachés à l'Angleterre et croient encore qu'il est leur devoir d'aider la mère-patrie. Les troupes néo-zélandaises seront utilisées sans ménagement en Crête, en Afrique du Nord et en Italie, ce qui froissera la population néo-zélandaise et durcir l'attitude du gouvernement à l'égard des Britanniques.

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Généralités

Pays de colonisation, la Nouvelle-Zélande est membre du Commonwealth depuis 1907. C'est une démocratie parlementaire représentative sans constitution écrite. Les facteurs géographiques et historiques combinés à la nature du mouvement d'immigration initial expliquent que les Néo-Zélandais restent sentimentalement attachés à l'Angleterre. Cet attachement s'illustre par la participation aux guerres de l'Empire britannique. Durant la Première Guerre mondiale, 18,000 soldats néo-zélandais meurent sur les champs de bataille européens. Comme l'affirme l'historien Corelli Barnett, le Commonwealth de 1939 n'est rien d'autre qu'une union sentimentale dont la Nouvelle-Zélande fera les frais durant une nouvelle guerre. Le pays dispose également d'une population Maori qui participera à la guerre. L’influence britannique n’a pas imprégné seulement les cœurs et les esprits en Nouvelle-Zélande. On la perçoit aussi sur le plan juridique. La Nouvelle-Zélande est un pays de Common Law ainsi que dans la vie quotidienne : la conduite routière se fait à gauche. Le poids des régions locales dans la vie publique est un autre signe. Il existe deux niveaux administratifs territoriaux dans ce pays : Le "gouvernement local" dans le cadre des "communes" de taille importante et le gouvernement central. Il convient aussi de rappeler que la Nouvelle-Zélande a peu longtemps être qualifiée de "ferme de la Grande-Bretagne". De 1910 à 1960, 90% des exportations agricoles sont vendues à l’Angleterre. En retour, la moitié de ses importations en proviennent. Cette dépendance ne changera que durant les années 50. Depuis son entrée dans le Marché commun, durement ressentie par la population, la situation a beaucoup changée.

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La Nouvelle-Zélande est un pays de grands espaces

C'est la guerre

L’inévitabilité de la guerre n’est pas absolue. Les groupes pacifistes marginaux et le Parti communiste néo-zélandais dénoncent cette décision qui relève, selon eux, d’un coup de tête servile plutôt que d’une décision murement réfléchie. Néanmoins, l’absence d’alternative sur le plan économique et stratégique, l’isolement géographique, de même que l’inexistence d’une réflexion sur l’identité nationale associée aux "intérêts du pays" expliquent ce loyalisme, sur lequel les historiens et sociologues néo-zélandais restent encore muets jusqu’à ce jour. A première vue, il est difficile de comprendre comment l’Allemagne nazie peut être une menace ponctuelle pour la Nouvelle-Zélande. Le gouvernement s’en remet à l’Angleterre pour tenir les submersibles allemands à distance et annonce l’envoi d’un petit contingent de soldats et d’aviateurs pour épauler les Britanniques (ci-contre). Deux brigades d’infanterie partent pour le Moyen-Orient en Janvier 1940, accompagnées par deux escadrilles prêtées à la RAF. Malgré le succès du volontariat, la population ne manifeste aucun enthousiasme particulier. Cette attitude change au début de la campagne d’Europe occidentale. L’opinion publique s’indigne et le fait savoir au gouvernement par le biais d’éditoriaux et de lignes ouvertes radiophoniques. Mais ce sera l’attaque japonaise du 7 Décembre 1941 qui fera la différence dans l’opinion. Le Cabinet néo-zélandais saisit la balle au bond en imposant la conscription. Un gouvernement d’union nationale est formé et va gérer le pays pour la durée de la guerre. Le Parlement déclare la guerre à tous les pays à tous les pays de l’Axe, le 13 Décembre 1941.

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Le volontariat apporte son premier lot de recrues

L’entrée du Japon en guerre inquiète la Nouvelle-Zélande à peu près dépourvue de forces navales et aériennes. Jusqu’alors, la stratégie défensive du Pacifique reposait sur la présence britannique à Singapour et en Malaisie. La chute de Singapour inquiète les politiciens néo-zélandais au point ou ils envisagent de rapatrier leur contingent déjà en Afrique du Nord.

Les forces néo-zélandaises

L’armée de terre constitue l’essentiel des forces néo-zélandaises, autour de laquelle vont s’ajouter de maigres éléments navals et aériens. Elle avait été constituée peu de temps avant la Première Guerre mondiale et s’était gagnée une réputation de courage et de fiabilité durant la bataille des Dardanelles, tout en étoffant le "mythe ANZAC" c’est-à-dire cet esprit de coopération fraternel néo-zélandais et australien avec la mère-patrie. Durant l’entre-deux guerre, l’armée néo-zélandaise est réduite à sa plus simple expression : trois régiments permanents, du personnel administratif, et le quartier général à Wellington.

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Le soldat néo-zélandais porte un chapeau feutré – Marins défilant à Auckland

Tout comme son voisin australien, le soldat néo-zélandais est épris de liberté et ne s’accommode pas des convenances propres à la rigidité victorienne. Néanmoins, il est plus loyal à l’égard de l’Empire que son camarade australien plutôt centré sur ses affaires. Il faudra la conjoncture des années 30 avant que l’armée bénéficie d’une attention soutenue autant de son gouvernement que des Britanniques. Le pays va connaître un accroissement de sa production de matériel militaire à partir de 1937, de même qu’une petite augmentation de ses effectifs. Peu à peu, le gouvernement néo-zélandais va fournir des hommes et du matériel aux forces britanniques, transformant ainsi l’armée néo-zélandaise en un appendice de l’armée de Sa Majesté et cela déplait à de nombreux Néo-Zélandais, d’autant plus que l’appétit britannique semble inépuisable. En 1940, Churchill exige que le gouvernement néo-zélandais transfère son petit inventaire de chars en Afrique du Nord pour lutter contre les Italiens. Mais cette fois, le mythe ANZAC ne fonctionne plus aussi bien qu’en 1914 : les Néo-Zélandais monnaient leur participation par des contreparties économiques et matérielles, ainsi que l’exigence de garanties quant à leur sécurité. Le gouvernement britannique comprend alors que la sentimentalité néo-zélandaise est surtout teintée de pragmatisme.

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Grèce et Crête

Lorsque les Britanniques prennent la malheureuse décision stratégique de venir au secours de la Grèce, ils se trouvent à court d’effectifs pour ménager leurs propres unités expérimentés. Ils ordonnent le retrait de deux des trois brigades qui défendent Tobrouk pour les envoyer en Grèce au sein d’un corps expéditionnaire de fortune composé d’unités australiennes, britanniques et indiennes. Le commandant néo-zélandais, le général Freyberg, s’interroge sur la pertinence stratégique de déplacer le gros de sa division alors que la conquête de la Tripolitaine n’est pas terminée et que Tobrouk risque d’être menacée par une intervention allemande jugée prochaine.

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Allemands sous le feu néo-zélandais – Des Néo-Zélandais épuisés arrivent en Crête

Les soldats néo-zélandais s’acquittent de toute la besogne exigée par les Britanniques. Ils défendent plusieurs positions du Péloponnèse tout en encadrant grecques. Leurs adversaires italiens sont étonnés de la bonne tenue au feu de ces nouveaux venus. Néanmoins, le rouleau-compresseur allemand oblige les Néo-Zélandais à se replier vers le sud pour éviter l’encerclement. Les combats retardateurs menés par les Néo-Zélandais leur coûtent 300 tués et une centaine de prisonniers. Pour Freyberg, la seule planche de salut demeure l’évacuation vers l’Égypte ou Chypre. Le 25 Avril 1941, un premier convoi de Néo-Zélandais quitte de nuit le port de Poto Rafti sur trois transports de troupe. C’est un nouveau Dunkerque car les Néo-Zélandais abandonnent tout leur matériel lourd. Ils arrivent en Crête sur la plage de Suda avec leurs armes légères, un bon lot de munitions et des chenillettes Bren Carriers sans affût pour mitrailleuses. Les officiers néo-zélandais n’avaient pas reçu d’instructions pour la suite des choses. Ils croyaient que l’arrêt en Crête n’était qu’une étape dans leur évacuation vers l’Égypte. Ils sont consternés par l’ordre qui les oblige à défendre la Crête avec si peu de moyens à leur disposition. Les soldats fatigués installent un camp entre Canea et Perivolia, tandis que d’autres établissent des positions défensives autour de l’aéroport de Malerme; mais, ils n’ont que peu d’armes anti-aériennes : quatre canon automatiques Bofors de 40mm et trois autres de 75mm appartenant aux Grecs ce qui est très insuffisant pour repousser une attaque aéroportée ennemie. Lorsque les paras du général Student lancent leurs attaque, les Néo-Zélandais sont vite débordés à la fois par le nombre et la vigueur combattive de leurs ennemis. Les pertes se comptent par centaines. Les compagnies néo-zélandaises sont réduite à 60 ou 70 hommes valides sur 220. Freyberg constate que les soldats n’en peuvent plus et qu’ils doivent se replier sur la côte sud pour être réembarqués au plus vite. Ils se planquent en vue des plages à la lisière de boqueteaux (ci-contre) les yeux inquiets rivés vers le ciel en guettant l’arrivée de leurs navires, et des Stukas…

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Encore une défaite – L es Allemands prennent Galata

Les Néo-Zélandais doivent, une fois de plus, se contenter d’attaque d’arrière-garde pour ralentir la progression allemande, gagnant ainsi le temps requis pour réembarquer. Entretemps, les chenillettes couvrent le repli et informent le commandement des mouvements ennemis (ci-haut). Un adjudant, Childs, s’illustre en ralentissant une colonne ennemie près d’un pont avec des mortiers allemands capturés. Les paras sont étonnés de cette détermination néo-zélandaise durant les nombreux échanges de tir. Freyberg réussit, par miracle, à rembarquer la plus grande partie de sa division à bord de navires qui esquivent les bombes de la Luftwaffe. C’est avec soulagement que son unité arrive à Alexandrie.

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Chenillettes néo-zélandaises – Enfin, de retour en Égypte…

L’Afrique du Nord

Le gouvernement néo-zélandais envoie sa 2ème Division d’infanterie et la place sous commandement britannique. Elle est basée au Camp Maadi près du Caire. Elle est suivie quelques semaines plus tard par la 3ème Division. Les troupes néo-zélandaises sont les bonnes à tout faire des forces britanniques au Moyen-Orient. La fréquence avec laquelle les généraux britanniques les exposent aux dangers physiques est supérieure à celle de toutes les autres unités du Commonwealth à l’exception des Polonais. Ainsi, les Néo-Zélandais participent à la petite offensive menée par le général O Connor contre les Italiens en Décembre 1940 et Mars 1941. Lorsque la ville portuaire de Tobrouk est prise, les Néo-Zélandais relèvent les unités australiennes dans la défense de cette ville et encaissent le siège germano-italien.

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Artilleurs néo-zélandais – Un sergent au repos

Ils endurent, avec des effectifs réduits (à cause du transfert d’unités vers la Grèce), les assauts répétés des Italiens appuyés par des blindés légers allemands. Les conditions de vie déplorables des Néo-Zélandais assiégés parviennent aux oreilles du gouvernement et ce dernier exprime son mécontentement à Churchill : Never mind your Desert Rats. Tobruk is a a rat trap pour our chaps, lance sèchement le mremier-ministre Fraser : get some reinforcements over there, tonne-t-il. Churchill rétorque qu’il fait de son mieux avec les moyens qu’il a en main et que les Néo-Zélandais ne sont pas le seuls soldats du Commonwealth à tenir Tobrouk. Ce qui est vrai. Le sort des Néo-Zélandais va devenir un embarras politique et une épine au pied des deux premiers-ministres.

Alam Halfa

Aux yeux des généraux Alexander et Auchinleck, cette première bataille d’Alamein a été gagnée grâce à la ténacité des soldats néo-zélandais de la 6ème Brigade d’infanterie. Alam Halfa est une des crêtes que les troupes du Commonwealth avaient fortifié pour endiguer l’ennemi entre la côte méditerranéenne et la dépression de Quattara (voir dossier Afrique du Nord). Certaines petites crêtes comme Ruweisat et Mitheyia sont défendues par des troupes indiennes (voir l’effort indien), tandis que celle d’Alam Nayil et Alam Halfa sont confiées aux Néo-Zélandais. Entretemps, le gouvernement Fraser a insisté pour que le QG britannique au Caire accorde tout le temps voulu à ses soldats pour s’entraîner et se reposer avant d’être envoyés au casse-pipe : pas plus de dix jours d’affilée dans ces pillboxes, a grommelé le général Inglis à son supérieur, Auchinleck. Ainsi, la rotation des unités néo-zélandaises leur permet à la fois de garder la forme physique et morale.

La crête d’Alam Halfa

Le terrain avoisinant les crêtes avait été aménagé de pièges antichars, de barbelés et pavé de mines bref, un vrai no man’s land. La brigade néo-zélandaise avait été incorporée à la 8ème Armée de Montgomery durant l’été 1942 et parachevait sa mise à niveau au Camp Maadi avec les autres renforts du Commonwealth. Elle est acheminée dans son secteur opérationnel le 4 Août 1942 afin de préparer la défense des butons d’Alam Halfa, hauts de 433 pieds. Le 10 Août, les Néo-Zélandais sont prêts à tenir leurs positions appelées "New Zealand box" ou encore "Qattara Box" (ci-contre). Cette "boîte" couvre cinq milles de front entre Alam Halfa et Ruweisat, verrouillant ainsi la partie sud de la ligne de défense d’Alamein. D’autres Néo-Zélandais sont postés en réserve mobile près de la dépression de Qattara, à bord de leurs chars Stuart et de leurs semi-chenillés de fabrication américaine. Le reste de la division est concentré 12 milles derrière la crête d’Alam Halfa.

Les combats débutent le 12 Août par des tirs épars d’obusiers et de mortiers visant à évaluer la combativité de l’adversaire tout en recherchant ses points faibles. Rien de très inquiétant car la RAF se charge de disperser les pelotons ennemis trop aventureux. Les attaquant sont essentiellement des Italiens du 39ème Régiment de la Division Bologne, ainsi que du 4ème Régiment de Piave. Les Néo-Zélandais commandés par le lieutenant Garbett font un raid nocturne sur des positions italiennes avancées. Ils s’aperçoivent que la grande étendue séparant leurs positions de celles de l’ennemi pouvait favoriser une contre-attaque alliée. Garbett informe son supérieur, Inglis, et ce dernier en avise Auchinleck, mais en vain : les Britanniques n’avaient pas prévu de chars pour faire une percée dans le secteur sud du front d’Alamein. Une belle occasion de refouler les Germano-Italiens a été perdue; elle ne se représentera pas avant deux mois. Entretemps, une autre unité néo-zélandaise débarque à Port Saïd : la 9ème Division d’infanterie, ce qui rehausse le moral des soldats du Commonwealth.

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Churchill salue des Maoris – Une petite pause avant le casse-pipe

Les Germano-Italiens attaquent le 18 Août, par un pilonnage d’artillerie modeste et des piqués de Ju-87 et Ju-88. La RAF abat plusieurs appareils ennemis, mais sa seule intervention ne dissuade pas l’ennemi d’avancer. Les canons britanniques et néo-zélandais ouvrent le feu sur les PZKW-III et en détruisent plusieurs. Les tirs de mortiers et de mitrailleuses dispersent l’infanterie germano-italienne, mais elle continue toujours d’avancer réduisant ainsi la distance entre les attaquants et défenseurs. Après deux heures de combat, les Allemands se replient temporairement et attendent la nuit pour encercler leurs adversaires. Cependant, ils échouent car peu habitués à attaquer de nuit. Les Italiens perdent des véhicules dans un terrain miné. Le 19, les Néo-Zélandais résistent toujours dans leur "boîte" et dirigent le feu de leurs canons sur des chars légers italiens. Lorsque ceux-ci sont détruits, Inglis fait intervenir ses chars Stuart pour repousser l’infanterie italienne qui les accompagnent. Le choc initial est léger pour les Néo-Zélandais : 41 tués et 420 blessés, ainsi qu’une centaine de prisonniers. Les Italiens ont 360 tués, 220 blessés et 800 prisonniers. Les Allemands ont perdu 135 tués et 327 blessés. De surcroît, 31 chars et une dizaine d’avions ont été détruits. Réalisant le bon travail des Néo-Zélandais, Auchinleck achemine des renforts en homme et chars Valentine pour solidifier le verrou d’Alam Halfa. Le 30 Août, les Allemands sont définitivement stoppés : so far so good, écrira le général Inglis. Les généraux Inglis et Freyberg peuvent célébrer le "ANZAC Day" (ci-contre) avec la paix dans l’âme.

Le général allemand Stumme fait rapport à Rommel en écrivant que la ligne de défense néo-zélandaise a si bien tenue le coup qu’elle a bloqué toute possibilité de percer les défenses d’Alamein.

La Tunisie

Après la victoire du second Alamein en Octobre 1942, les unités néo-zélandaises participent à la poursuite des débris de l’Afrika Korps aux côtés des 1ère et 7ème Divisions blindées britanniques. Elles ramassent de nombreux prisonniers italiens privés de transport par camions, car abandonnés à leur sort par leurs camarades allemands… les Néo-Zélandais reprennent quelques petites villes côtières comme Mathruh et entrent en Lybie, et gobent Sidi Barrani, Benghazi et El Agheila. L’entrée en Tripolitaine se fait sans heurts puisque la RAF conserve la couverture aérienne. Inutile de dire que cette randonnée motorisée victorieuse est très appréciée par les Néo-Zélandais.

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Les Stuart néo-zélandais en poursuite – Freyberg accepte la reddition italienne

Les Néo-Zélandais sont ralentis à la frontière tunisienne par des défenseurs allemands qui leur opposent une résistance tenace. Ils se battent courageusement sur la Ligne Mareth en harmonisant leurs opérations avec celles des unités australiennes et indiennes. Ils sont toujours trop exposés au feu ennemi, malgré les protestations du premier-ministre Fraser. N’empêche, les Néo-Zélandais libèrent 17 villages tunisiens tout en combattant avec moins d’élan afin de diminuer leurs pertes ce qui ennuie leurs camarades du Commonwealth. C’est durant cette campagne tunisienne que Montgomery apprend qu’il sera difficile d’obtenir d’autres renforts d’une Nouvelle-Zélande préoccupée par la guerre du Pacifique. La 3ème Division a été amenée au repos près de Port Said depuis la fin Octobre et elle a le mal du pays. La 9ème, elle, est toujours au combat. Les dernières réserves disponibles (2800 hommes) sont puisées du Camp Maadi et expédiées sur le front tunisien. Ce sont surtout des artilleurs et des ingénieurs, avec à peine quelques centaines de fantassins. Montgomery craint que ce ne soit les derniers.

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Des muletiers néo-zélandais en Tunisie – En route vers Enfidaville

La Desert Air Force

En Afrique du Nord, cette appellation se voulait un canular, mais elle devient une demi-vérité, et par la suite une vérité concrète. Pour tromper Rommel et les généraux italiens sur la faiblesse de la RAF en Égypte, Auchinleck et son successeur, Montgomery, affirme posséder une « force aérienne » capable de porter des coups sur les arrières de l’ennemi ce qui n’est pas le cas. Cependant, la victoire d’Alamein va dépendre d’une présence accrue de la RAF pour contrôler le ciel et attaquer des cibles au sol. Le général britannique Tedder (adjoint de Auchinleck puis de Montgomery) ordonne à son subordonné néo-zélandais Coningham de trouver et former de nouvelles escadrilles à même les fonds de tiroir de l’inventaire aérien des pays du Commonwealth.

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Coningham et Montgomery – Hurri-Bomber attaquant un char allemand

Coningham réussit en quelques mois à organiser un petit groupe tactique comprenant des éléments néo-zélandais, australiens, sud-africains, et même de l’USAAF. Leur commandement est brinquebalent parce que hâtivement mis sur pieds et met sur pied des escadrilles volant sur Hurricane I rescapés de la bataille d’Angleterre et des P-40 américains disponibles via le Prêt-Bail. Il y en aura quatre montées sur bimoteurs légers Beaufighters et Hurri-Bombers tous deux montés de canons de 20mm et portant deux bombes de 250 lbs. Deux autres escadrilles munies de bombardiers bimoteurs Baltimore, également fournis via le Prêt-Bail américain. Des avions de liaison Provost et Lysander sont également fournies à cette petite force en devenir.

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Un bombardier Baltimore est réarmé – Après un raid sur le terrain de Daba

Coningham a l’avantage de disposer des pilotes et d’aviateurs déjà entraînés, familiers avec les opérations aériennes. Certains d’entre eux ont plusieurs "scalps" à leur actif. Ces pilotes peuvent tout de go entrer en action. Ainsi, la Desert Air Force devient une réalité à la fin de Septembre 1942. Cette petite aviation va s’assurer rapidement la maîtrise du ciel durant la seconde bataille d’Alamein tout en martelant les convois germano-italiens. Les forces de Rommel qui battent en retraite sont attaquées sans relâche par les Hurricanes et P-40. Elle bénéficie de l’attention des Néo-Zélandais car ceux-ci sont occupés à reprendre les petits bleds côtiers en Cyrénaique et Tripolitaine, tout en soutenant les autres unités de la VIIIème Armée de Montgomery.

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L’effort de guerre

A l’exemple des autres pays belligérants, la Nouvelle-Zélande mobilise ses ressources pour mener un effort de guerre crédible à la mesure de ses moyens. Bien que la base industrielle du pays soit faible, les Néo-Zélandais vont acheminer des produits agricoles et des viandes préparées aux Britanniques. L’apport de recrues demeure le meilleur atout pour la Grande Alliance. En Juillet 1942, il y a environ 19,000 conscrits qui reçoivent un entraînement militaire dans les cantonnements répartis sur tout le territoire, incluant une garde civile de 90,000 hommes ainsi que 10,000 auxiliaires féminins. L’âge militaire des appelés varie : 67% sont âgés de 18 à 45 ans. Le gouvernement Fraser consacrera 52% de son PNB à l’effort de guerre.

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Critique discrète de la censure de guerre – Vivres de la Croix-Rouge envoyés en Afrique du Nord

Les séquelles sont inévitables et familières : contrôles gouvernementaux sur la presse écrite et parlée, suspension du droit de grève, incarcération des objecteurs de conscience, rationnement alimentaire, (avec le marché noir en corollaire), gel des prix et des salaires, couvre-feu dans les villages côtiers, restriction de la circulation automobile et de l’utilisation des postes radio, etc. La population continue d’appuyer le gouvernement d’union nationale en soutenant l’effort de guerre, mais elle rechigne déjà devant le taux de pertes humaines qu’elle juge élevée sur le théâtre d’opération méditerranéen, sans toutefois demander des comptes au Parlement.

La main-d’œuvre

Le 10 Janvier 1942, le gouvernement Fraser applique un contrôle serré de la main-d’œuvre. Il met sur pied un Service de placement très dirigiste pour trier les travailleurs selon leurs compétences afin de les envoyer dans les entreprises agricoles ou industrielles. Les Néo-Zélandais aptes au travail ne peuvent refuser un emploi sous peine d’être incarcérés : You either fight or work, or go to jail, claironne le ministre du Travail. Tout comme au Canada, un décret interdit aux travailleurs spécialisés qui occupent déjà un emploi de le quitter sans permission pour la durée de la guerre, sous peine d’amendes ou même de prison. Les patrons ne peuvent déplacer inconsidérément ou congédier un employé sans la permission du Service de placement, sous peine d’arrestation. Ces restrictions de guerre irritent les Néo-Zélandais qui ont toujours bénéficié d’une grande mobilité sur le marché du travail. La guerre oblige les patrons et travailleurs à s’ajuster bon gré mal gré aux impératifs de la production de guerre. Avant 1939, les entreprises étaient petites et n’employaient un nombre limité de travailleurs. La demande gouvernementale en matériel de guerre excède rapidement les capacités de production des industries et de leurs travailleurs : elle changera le marché du travail. Les industriels sont heureux de compter sur l’afflux soudain de cette main-d’œuvre de corvéables car ils croient les embaucher et les remercier à volonté sans se préoccuper de créer des emplois réguliers et de leur pays des salaires décents, malgré la conjoncture. Ils seront très déçus, car la guerre remet à l’avant-scène les deux attitudes antagonistes propres aux travailleurs et au patronat :

1- Le patron considère la main-d’œuvre qu’en termes de coûts

2- Le travailleur considère l’emploi qu’en termes de salaire et de primes

Dix-huit mois après le début du conflit, la conjoncture de guerre favorise le travailleur car elle permet à ce dernier de travailler à heures fixes pour un bon salaire, tout en faisant du temps supplémentaire s’il le désire. Il peut même changer d’emploi s’il a la bénédiction du Service de placement. Fraser constate qu’il faut restreindre la mobilité du travailleur car les hauts salaires peuvent entraîner l’inflation, ce qui est toujours mauvais augure dans un pays en guerre. Afin de fournir aux usines la main-d’œuvre aux usines, les hommes et les femmes doivent s’enregistrer ay Service de placement de leur localité. Les enregistrés peuvent ainsi être envoyés dans les usines qui manquent de travailleurs. Le gouvernement établit quatre classes d’âge de travailleurs :

1- Les hommes de 46 à 49 ans

2- Les femmes de 20 à 22 ans

3- Les hommes entre 18 et 70 ans avec expérience en construction et usinage

4- Les femmes manuelles de 23 à 25 ans pour les usines de munitions

Les résidents étrangers sont également obligés de s’enregistrer pour le travail obligatoire. Pour réduire la paperasse, le gouvernement va exclure du travail obligatoire certaines catégories de citoyens : les invalides, les vétérans, les marins employés sur des navires marchands, les fermiers, les propriétaires fonciers et affairistes, les policiers, pompiers et cheminots, les médecins, dentistes et optométristes, les juges, avocats, et bien sur la députation… La production de biens de consommation est réduite des ¾ afin de maximaliser l’effort de guerre. Les tondeuses à gazon, réfrigérateurs, lessiveuses, ameublement de luxe, ne sont plus disponibles. Les médicaments de prescription deviennent de plus en plus rares. Certains secteurs industriels sont jugés essentiels : production de munitions, de pièces de rechange, armements, mines, équipement maritime, usines de réfrigération, crèmeries et entreprises bovines. Il en est de même pour les entreprises de nettoyage à sec sauf celles qui sont la propriété des Chinois… Lorsque la demande de cuir et de fourrure de mouton pour la RAF s’accroît en 1942, la firme Wellington Slipper devient également essentielle à l’effort de guerre.

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Une cartoucherie en 1943 – Une presse à estampiller produit des casques métalliques

La Nouvelle-Zélande n’a pas un secteur industriel très développé, mais il est engagé dans un effort total :

Ce pays n’a pas de chantiers maritimes qui peuvent construire de grands navires. La production navale pour la jeune marine néo-zélandaise se limite à des patrouilleurs côtiers, des dragueurs de mines, et des barges de débarquement. Tous les autres navires de guerre néo-zélandais datent de l’avant-guerre et ont été achetés en Angleterre.

Le secteur aéronautique est quasi-inexistant. Il n’y a aucune avionnerie en Nouvelle-Zélande, mais de nombreux ateliers sont ré-outillés pour construire et entretenir des moteurs d’avion et des pièces de rechange.

Les nombreuses petites usines de produits métalliques estampillés sont adaptées pour produire des mortiers avec leurs projectiles, des grenades et, surtout, des casques.

Des cartoucheries sont construites en zones péri-urbaines. Elles produisent les munitions britanniques de .303 et de .50 Vickers et ultérieurement les munitions américaines de .30-06 Springfield et .50 Browning. Des ateliers de vêtements confectionnent des uniformes, vareuses, chemises et bas.

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Usine de couture d’uniformes – Usines de grenades

La motivation farfois frénétique des citoyens néo-zélandais de faire quelque chose pour le pays s’estompe après 18 mois de guerre. A la fin de 1943, la Nouvelle-Zélande a un surplus de main-d’œuvre par rapport à l’espace agricole et industriel limité du pays. Les tribuns locaux et des affiches appellent au patriotisme et au volontarisme en dépit du fait que la conscription est déjà en vigueur! Work for Victory. Work for our lives, in the factories no less than in the field, victory be won, peut-on lire sur différentes affiches placardées. Cependant, plusieurs travailleurs specializes bien payés en usine ne voient pas comment ils pourraient gagner plus d’argent sans que leurs employeurs empochent les profits. Pas question pour eux de travailler plus de 40 heures par semaine. Certains industriels acceptent De produire du matériel de guerre à des taux de profit inférieur. Mais ce ne sont pas tous les affairistes qui font preuve de générosité comme Sydney Holland, qui paie ses employés pour la production de guerre sans encaisser le moindre centime. A l’exception de la firme H.E.Melhop, aucun industriel n’accepte de produire sans toucher un profit.

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Promotion de l’effort de guerre

Les fermiers qui avaient profité des demandes gouvernementales pour approvisionner les militaires et exporter des denrées vers l’Angleterre. Sont incités à accroître leur production agricole et bovine, malgré les restrictions en matière de superficie cultivable. Le cabinet de guerre britannique estime que les Néo-Zélandais peuvent fournir 85,000 tonnes de viande et 18,000 tonnes de beurre. Cependant, les fermiers ne veulent pas produire à perte et exigent que le prix du beurre excède 5 cents la livre et la viande 40 cents la livre. Le gouvernement Fraser accepte et, du même coup, fait pression sur les industriels pour abroger temporairement la semaine de 40 heures afin d’accroître la production. Les ouvriers craignent que le patronat profite de la guerre pour jeter aux orties les acquis syndicaux d’avant-guerre. Des grèves éclatent une semaine après Pearl Harbor dans la mine Dobson. Le ministre des ressources minières, Webb, vent régler le conflit avec tact pour ne pas s’antagoniser le monde ouvrier. Les horaires rotatifs ont été révisés et de nouvelles allocations et primes ont été versées aux travailleurs. Dès que les nouvelles mesures améliorées entrent en fonction, le premier ministre Fraser suspend le droit de grève et arrête les chefs syndicaux.

Chargement de vivres à destination de l’Angleterre

C’est à ce moment que la Nouvelle-Zélande devient un véritable camp de travail ou chacun comme chaque chose doit avoir sa place en temps de guerre. L’oisiveté ou l’exclusion de travailler devient suspecte et sujette aux commérages : qu’a-t-il fait pour ne pas avoir à travailler? Ou bien : le Service de placement lui mettra sûrement le grappin dessus un de ces jours. Ou encore : regardez-le ce fils de riche, de député, il est calme et se tape la cloche pendant que mon frère trime en usine, etc. Le patronat néo-zélandais a été assez intelligent pour continuer d’agir avec tact dans les relations de travail afin de ne pas nuire à la production – et à ses ristournes. Il ne fera que très peu bouger la main-d’œuvre, la jugeant plus productive là où elle travaille. En fait, sur les 192,000 citoyens enregistrés pour le travail obligatoire, le nombre de travailleurs transférés parce qu’insatisfaits de leur job ne dépasse pas 6000, incluant 475 femmes.

Le logement

Aucun secteur de l’activité gouvernementale n’a été plus intrusif que celui du logement. Normalement, en temps de guerre, les États limitent la construction de logements et de maisons. En Nouvelle-Zélande, c’est le contraire. Le gouvernement d’avant-guerre a toujours considéré le secteur immobilier comme le meilleur rempart pour niveler les effets de la Crise économique. Le Parti travailliste alors au pouvoir avait encouragé un vaste programme immobilier à partir de 1937 et centré sur l’accès à la propriété. Les contrats avaient été octroyés à des entrepreneurs qui se payaient à même les fonds gouvernementaux. L’entrée en guerre n’a pas changé cette politique, car le gouvernement craint une crise du logement comme celle de 1919. Les citoyens peuvent avoir accès à une maison unifamiliale par le biais d’un programme de location. Le rythme de construction s’accroît de 2500 unités en 1938 à 4000 en 1940-41. Ces maisons trouvent rapidement des locataires à cause de la mobilisation de la main-d’œuvre. De surcroît, les ruraux qui ont été redirigés pour travailler dans les villes vont louer ces maisons en espérant un jour les acheter. En Septembre 1940, le gouvernement Fraser permet l’achat de ces maisons à ces particuliers. Le prix unitaire de 4000 livres avec un dépôt de 300 livres. C’est une bonne affaire pour le gouvernement car il se rend populaire auprès de son électorat et pour les entrepreneurs qui empochent les dividendes. Cette politique de logement abordable prend fin avec l’entrée en guerre du Japon.

Les travailleurs sont confrontés à un manque de logement dans les villes et l’inaccessibilité d’une maison unifamiliale. Le prix des chambres augmentent et les ouvriers doivent s’entasser à plusieurs dans les chambres qui deviennent des placards insalubres. L’Armée du salut fait des efforts parfois inouïs pour loger tous ces gens en demandant un peu plus de diligence de la part des propriétaires d’immeubles locatifs. Durant la guerre, le gouvernement néo-zélandais ferme les lieux touristiques et les entrepôts non-utilisés au lieu de les offrir aux sans-abris dont le salaire ne leur permet pas de se louer un logement. A Wellington, il y a des centaines de logements insalubres qui n’ont ni chauffage ni salle de bain. Le sort des travailleurs du textile est peu enviable. Certaines ouvrières vont même jusqu’à se prostituer pour arrondir leurs fins de mois. Le maire est tellement inquiet de la hausse des maladies vénériennes qu’il déconseille aux permissionnaires d’y séjourner…

La présence américaine

Dès le début de la guerre, la Nouvelle-Zélande considérait les États-Unis comme le meilleur rempart contre les visées impérialistes japonaises. L’opinion publique croyait que les Américains pouvaient contenir les Japonais sans se donner beaucoup de mal si ces derniers entraient en guerre. La presse néo-zélandaise est stupéfaite des défaites américaines dans le Pacifique. Le quotidien New Zealand Herald écrit dans son édition du 28 Janvier 1942 que : America having provoked the Japanese war, was leaving the Pacific people to stew it… C’est avec une grande surprise que les Néo-Zélandais voient les Américains débarquer chez eux le 12 Février 1942. Ils se preçoivent soudain comme protégés et l’attitude de la presse redevient sympathique à leur égard. Lorsque la perte de Singapour est confirmée, le gouvernement Fraser donne le feu vert aux Américains pour installer quelques bases temporaires dans le pays, ainsi qu’aux îles Fidji. La Nouvelle-Zélande devient la cour arrière des Américains pour une éventuelle reconquête du Pacifique. Roosevelt pose une condition afin de donner un coup de pouce à Churchill : une division américaine sera basée en Nouvelle-Zélande, si le gouvernement Fraser ne rapatrie pas toutes ses unités déjà présentes en Afrique du Nord – et cela malgré le fait que la 3ème Division néo-zélandaise était déjà sur le chemin du retour.

Le 24 Mars, Roosevelt promet que l’US Army arriverait aussi vite que possible. A la fin d’Avril, aucun soldat américain est arrivé. La presse qui glosait avec un titre de circonstance The Yanks are coming est déçue de cette lenteur dénoncée par une caricature publiée dans le Auckland Star intitulée "living statutary or straining at the leash" : une statue traînée par deux tortues sur un chariot conduit par Roosevelt avec pour toile de fond la prise de Hong Kong par les Japonais. Les premiers éléments américains arrivent en Mai et sont basés dans un camp militaire près de Wellington. Une autre est construit devant Pahautahanui. Ces deux camps logent l’effectif d’une division renforcée, soit 21,700 hommes. Six semaines plus tard, d’autres cantonnements sont aménagés dans la région d’Auckland près des champs de tir de l’armée néo-zélandaise. L’SUMC n’est pas en reste, car ils ont deux cantonnements près d’Auckland logeant 29,000 Marines pour un entraînement de niveau intermédiaire. A la fin de 1942, le QG du vice-amiral Ghormley s’installe à Auckland pour gérer la campagne des îles Salomons ainsi que celle du Pacifique-Centre.

Frictions

L’arrivée massive de ces étrangers anglo-saxons suscite à la fois curiosité et appréhension. Pour bon nombre de Néo-Zélandais, cet apport soudain de "vitamine A" (pour Amérique) ressemble presque à une invasion. Tout comme en Angleterre et en Australie, les Marines et les GI’s bénéficient de privilèges matériels que n’ont pas les Néo-Zélandais qu’ils côtoient, avec pour conséquence que les nouveaux venues plaisent aux filles et irritent les gars… La presse néo-zélandaise essaie de présenter les Américains sous leur meilleur jour, soit comme des gens sympathiques qui arrivent au pays par devoir de mission, mais qui ont la qualité de trop ressembler aux Néo-Zélandais. Ainsi, le quotidien The Listerner écrit dans son édition du 29 Mai 1942 que 80% des soldats et fusiliers-marins américains se chamaillent avec les locaux : they are ourselves socially, whether they come from Canterbury NZ or from Colorado USA. They are still interested in most of the things that we ourselves are interested in, and do not wished to be regarded aitehr as toughs or as innocents abroad. They are not mercenaries or brigands, but patriots companies of ordinary citizens called for the defense of their normal way of life.

Malgré plusieurs échauffourrées dans les night clubs situés près des bases, la cohabitation est plus harmonieuse et fonctionnelle qu’avec les Australiens. La coopération entre les deux forces armées est également plus souple. Notons aussi que la plus grande difficulté vécue par les Américains en Nouvelle-Zélande était de s’assurer que le gouvernement Fraser n’ébruite pas officiellement la présence américaine pour ne pas ameuter l’attention japonaise. Cela va réussir durant six mois le temps nécessaire pour permettre aux Américains de s’installer et de pratiquer des exercices de débarquement. Mais les Américains n’auront que deux semaines d’entraînement avant d’être shippés aux Salomons. En gros, la présence américaine contribue à concrétiser le sentiment de sécurité dans une partie de l’opinion publique néo-zélandaise, tandis que dans les milieux informés elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie générale alliée dans le Pacifique.

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Relations internationales

La Nouvelle-Zélande va se démarquer de son voisin australien en établissant des relations diplomatiques avec des pays en dehors du Commonwealth. Ainsi, les Néo-Zélandais établissent une légation à Washington en 1942 et une autre à Moscou en 1944. Ces antennes diplomatiques s’ajoutent à celles de Canberra et Ottawa et vont préparer le pays à définir son approche en politique internationale. En Septembre 1942, le gouvernement Fraser signe un accord de défense mutuel avec les États-Unis, plaçant ainsi le pays sous la protection géopolitique américaine. Les Britanniques sont fort surpris. L’activité des diplomates néo-zélandais porte fruit, car ces derniers vont participer à l’organisation de la Conférence de San Francisco d’Avril-Mai 1945 qui va paver la voie à la création des Nations unies.

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L’Italie

Jusqu’alors, l’effort militaire néo-zélandais se limitait à la défense territoriale et à une participation limitée et très surveillée en Afrique du Nord. L’envoi de troupes dans la péninsule italienne devient un sujet embarrassant pour le Parlement. Les parlementaires doivent choisir entre la poursuite des opérations dans ce nouveau théâtre aux côtés de leurs alliés du Commonwealth sous tutelle britannique, ou le rapatriement. La société néo-zélandaise est déchirée entre son loyalisme traditionnel et ses propres intérêts dans la zone Asie-Pacifique, sans oublier son voisinage politique et économique avec l’Australie.

La décision

Les discussions sont parfois âpres et enrichissantes, car elles fournissent l’argumentaire de la décision gouvernementale. Certains politiciens et journalistes veulent relocaliser les priorités stratégiques de la Nouvelle-Zélande hors de l’influence britannique. Ainsi, ils pourraient quitter le théâtre méditerranéen pour s’investir dans le Pacifique. En revanche, d’autres désirent que le pays demeure dans le giron géopolitique de l’Angleterre ne serait-ce qu’en mémoire des sacrifices de la Première Guerre mondiale. L’État-major néo-zélandais dans la capitale ne pense qu’à ses hommes : il croit que les débarquements anglo-américains en Algérie et Tunisie auront pour effet de sécuriser le gouvernement en le persuadant de se retirer d’Afrique du Nord. Il veut une décision analogue à celle qu’a prise le gouvernement canadien.

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Cap vers l'Italie... – L e général Freyberg commande le Corps néo-zélandais

Un mois après la victoire d’Alamein, la 3ème Division néo-zélandaise est rapatriée pour la défense territoriale, puis déployée dans le théâtre du Pacifique. Fraser veut en faire autant avec la 9ème Division, mais Churchill – qui a été témoin du retrait australien – s’objecte poliment en précisant que la contribution de cette unité néo-zélandaise est "indispensable " pour la campagne d’Italie. It would be regrettable to see the Division quit the scene of its glories, dit-il à un Fraser, somnolent. Fraser craint surtout de perdre les prochaines elections. A Washington, le CJCS sensibilise le premier ministre néo-zélandais au fait que le retrait rapide d’une autre division serait préjudiciable aux opérations à venir en Italie, parce qu’il oblige les Alliés à combler les vides australiens et néo-zélandais avec des unités venues d’ailleurs ce qui ralentirait l’invasion de la Sicile et de l’Italie. Qui plus est, le général Marshall craint qu’un tel retrait crée du ressentiment chez certaines unités britanniques et indiennes déployées depuis plus longtemps que les Néo-Zélandais. Fraser n’aura pas à prendre décision : elle lui sera imposée par le CJCS allié de concert avec un vote américain à la Chambre des Représentants. Les parlementaires néo-zélandais sont abasourdis d’avoir été substitués par le Capitole. Fraser accepte mais avertit le CJCS qu’il fera en sorte que cette décision soit révoquée en cas "d’excès opérationnels" – le syndrome de Gallipoli, encore : Churchill a bien travaillé dans mon dos, dit-il.

La Ligne Gustav

Le 6 Octobre 1943, cinq transports de troupe appareillent d'Alexandrie vers le port italien de Tarente, avec à leur bord la vénérable 2ème Division néo-zélandaise. Ses premiers éléments débarquent trois jours plus tard, mais le reste de l'unité et son matériel lourd n'arriveront pas avant le 22. Entretemps, le principal travail des soldats déjà sur place est d'empiler les caisses de matériel le long des quais en attendant l'arrivée de toutes les unités de la division.

Le secteur opérationnel du Corps néo-zélandais

Cette division néo-zélandaise bénéficie de guides et de prévôts appartenant à la 8ème Division indienne pour les orienter vers le front de l'Adriatique. La progression rapide se fait sur des routes déminées et sûres, mais elles seront bientôt transformées en bourbiers par les pluies automnales. Les Néo-Zélandais se concentrent autour de la ville de Lucera avant de repartir vers le nord. De là vers Termoli, ou les routes deviennent plus étroites et tortueuses. Les rivières en crue obligent la division à se fragmenter pour franchir les obstacles naturels - souvent par le biais de ponts Bailey construits par les pontonniers indiens. La principale corvée des soldats néo-zélandais est de désembourber leurs véhicules et d'accélérer leur progression. Il leur faut souvent huit heures de route dans cette boue pour couvrir une distance habituellement couverte en une heure. Le "parcours du combattant" de la division néo-zélandaise en Italie n'est pas sans rappeler celui des unités indiennes (voir l'effort indien).

Perano et ses collines avoisinantes

Perano

Les Néo-Zélandais n'ont pas à combattre des soldats allemands ou italiens; les villages sur leur route ont été évacués. Le 3 Décembre, une compagnie néo-zélandaise fait une brève incursion dans la ville d'Orsogna avant que les Allemands ne la transforment en véritable forteresse. Les Néo-Zélandais l'évitent sans combattre. Un peu plus au sud, le village de Perano apparaît faiblement défendu et à portée de main. Une compagnie d'engins blindés commandée par le major Everist est envoyée devant pour évaluer les défenseurs; elle précède deux vagues d'infanterie néo-zélandaise et indienne.

Perano est pilonnée par l'artillerie britannique

Le village est défendu par un bataillon de panzer grenadiers bien armés qui repoussent le premier assaut néo-zélandais: 4 chars Sherman détruits, 7 tankistes tués, de même qu'une quarantaine de Néo-Zélandais. Une compagnie d'artilleurs britanniques en profite pour pilonner le village avec ses 20 obusiers. Une deuxième assaut est lancé à l'aube du 4, lorsque les chars arrivent à se faufiler près du village A 7H00, les Néo-Zélandais et Indiens prennent un village vide d'Allemands – ceux-ci ayant préféré l'évacuer. La prise de Perano met fin à la résistance allemande au sud et à l'est de la rivière Sangro. Ces Allemands n'étaient en fait que des éléments d'arrière-garde destinés à gagner du temps pour faciliter la retraite allemande vers le nord-est.

La voie est libre pour passer la rivière Aventino

La 5ème Brigade d'infanterie néo-zélandaise commandée par le général Kippenberger prend plusieurs petits hameaux faiblement défendus: Lanciano, Casoli, Castelfrenato, Guardiagrele et Monte Marcone. La seule résistance allemande sérieuse a été mené à un point défensif à l'ouest de Monte Marcone: il a été détruit par des canons antichars tractés de 76,2mm

Les généraux Parkinson, Kippenberger et Romans

Orsogna

Il n'y a pas que les troupes indiennes qui en ont bavé en se frottant le museau sur le "Stalingrad des Abruzzes". Les fantassins et tankistes néo-zélandais qui les épaulent vont subir une dégelée par les parachutistes allemands qui défendent ce village. La première attaque échoue. Les attaquants se replient en laissant une centaine de morts derrière eux: ne vous en faites pas, ce n'est qu'une rebuffade et rien d'autre. Le second assaut va peu à peu envelopper le village dans des combats de rue ou on se bat maison par maison. Indiens et Néo-Zélandais prennent le village de vive force, tandis que leurs artilleurs essaient d'atteindre les derniers défenseurs allemands qui se replient dans les collines voisines.

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B-26 Marauders néo-zélandais – Artilleurs néo-zélandais

Les unités néo-zélandaises vont participer à tous les combats sur le front de l'Adriatique. Ils relèvent les unités canadiennes et indiennes, qui à leur tour, relèvent les Néo-Zélandais. Ces derniers ont leur propre appui-feu d'artillerie nocturne qui permet la réussite de nombreuses attaques sur un dispositif allemand de plus en plus précaire. C'est ainsi que les Néo-Zélandais aident les Canadiens durant la prise d'Ortona; qu'ils se battent avec les Indiens dans Mozzagrogna; qu'ils relèvent les Américains et Britanniques devant Cassino; qu'ils construisent des ponts Bailey ou des ponts flottants en assurant l'évacuation de nombreux blessés vers les hôpitaux de campagne situés dans le sud de la péninsule. Ce sont des alliés serviables, utiles et sacrifiables – d'autant plus que le taux de perte en Italie commence à monter.

Chars Sherman se frayant un chemin en terrain miné

Cassino

Les unités néo-zélandaises ont également combattu au mont Cassino. Le 13 Janvier 1944, elles relèvent la 4ème Division indienne qui s'était fait amocher durant les premiers assauts des montagnes flanquant le monastère. Au début de Février, les deux divisions néo-zélandaises forment un corps d'armée temporaire commandé par le général Freyberg. Un partage des tâches est établi entre Néo-Zélandais et Indiens. Ces derniers, familiers avec les combats en montagne, vont opérer sur les collines fortifiées au nord de la route 6 tandis que les Néo-Zélandais vont entrer dans la vallée du Liri. Pour permettre aux Indiens de réussir leurs attaques, Freyberg ordonne un assaut qu'il veut "convaincant" sur la petite ville de Cassino.

La zone d'opération des Néo-Zélandais à Cassino

Le 8 Février, un barrage d'artillerie britannique sature Cassino ainsi que la petite montagne surnommée Castle Hill qui domine la ville. Un bataillon de Maoris prend la gare mais pas pour longtemps. Cela permet aux Allemands de se ressaisir et de réoccuper celle-ci, ce qui fait avorter les attaques des Indiens. Ce revers force Freyberg à réévaluer ses tactiques. Selon lui, les attaques frontales alliées ne réussiront lorsque le projet de débarquer à Anzio sera réalisé. Il en discute avec les généraux Clark et Wilson, de même que le maréchal Alexander. Le 14 Mars 1944, une attaque en force conjointe indienne et néo-zélandaise est lancée sur le village de Cassino. Pendant que les Indiens prennent d'assaut la montagne dite Castle Hill en y délogeant les Allemands, les Néo-Zélandais enveloppent le village et le prennent. Les Shermans néo-zélandais ont un rôle d'appui essentiel durant la prise de ces objectifs.

L'encerclement et la prise du village de Cassino

Durant le mois de Mars, les Néo-Zélandais doivent repousser de nombreuses tentatives d'infiltration allemandes, car ceux-ci redoutent que les Alliés se servent de cette petite ville pour gravir le mont Cassino lui-même, et prendre le monastère. Les combats durent plusieurs semaines, mais les Allemands doivent abandonner les points 165, 435 et 202. Entretemps, le reste du corps néo-zélandais se profile sur une ligne au sud de Cassino afin de contourner les massifs et participer à la percée vers Rome.

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La position du Corps néo-zélandais le 28 Mars 1944

Le 14 Avril, les unités néo-zélandaises réussissent à se frayer un chemin dans la vallée du Liri aux côtés de leurs camarades du Commonwealth. Fait à noter, elles ont combattues presque sans répit depuis Janvier, mais leur moral se maintient. Mais, les Allemands sont maintenant épuisés et vont perdre leurs derniers blindés.

Les vallées du Liri et du Rapido, ainsi que les Apennins

Le 17, les Allemands n'ont qu'une soixantaine de blindés et semi-chenillés alors que les Néo-Zélandais et les Britanniques entrent en ligne avec 455 Shermans, 124 Stuarts, 40 automoteurs Priest et une cinquantaine de semi-chenillés de fabrication américaine. Le 18ème Régiment blindé néo-zélandais est le fer de lance du corps d'armée et il libérera quelques villages comme Roccasecca et Castrocielo, pendant que les unités de la 8ème Division indienne en font autant au centre et à l'est de cette vallée.

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Le village de Cassino est en piteux état – Au premier plan, Stewart, Weir, Freyberg et Parkinson

Les Néo-Zélandais perdent quelques chars et semi-chenillés dans une embuscade près du village de San Giovanni, mais ce dernier tombera le 1er Juin. Puis, ils se butent à un autre point d'arrière-garde allemand à Veroli: trois autos blindées Humber sont détruites pendant que les Allemands évacuent le village. Les tankistes néo-zélandais et indiens peuvent diriger par radio les frappes des avions d'attaque au sol A-26 et Typhoon.

Vers Ravenne

Le 25 Mai, d'autres unités néo-zélandaises bousculent les premières défenses de la nouvelle ligne Hitler près de Ceprano et font reculer temporairement deux régiments allemands de la 1ère Division de parachutistes. Deux jours plus tard, les paras allemands malmènent leurs attaquants par des salves de Nebelwerfer: 48 soldats sont tués et une centaine d'autres blessés. Mais à l'arrivée des Typhoons, les Allemands se replient rapidement, ce qui permet aux Néo-Zélandais de prendre le village de Valleluce et d'entrer dans la ville de Sora. Les pontonniers néo-zélandais construisent un pont Bailey de 160 pieds pour franchir le fleuve Liri et poursuivre leurs attaques. Le premier ministre Fraser arrive à Sora pour constater les progrès de son armée, et s'estime satisfait (ci-bas à gauche).

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Fraser à Sora – Le pont Bailey à Sora

Le 4 Juin, le Corps néo-zélandais arrête sa progression à la fois pour des raisons d'épuisement et par crainte d'attaques de flanc mieux organisés par les Allemands. Freyberg communique avec son supérieur Alexander et exige une pause pour son corps d'armée. Ce dernier refuse et ordonne que la 2ème Division néo-zélandaise se lance dans la poursuite des Allemands qui évacuent Rome. Dès lors, les Néo-Zélandais quittent la topographie boueuse et montagneuse de l'Italie centrale pour participer aux poussées finales qui va les mener vers les plaines de Romagne et de Vénétie. Les unités blindées en tête prennent plusieurs villages évacués par les Allemands, dont Barbiano.

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Des habitants de Barbiano accueillent les Néo-Zélandais – Permissionnaires vers Rome

La présence du premier ministre Fraser fait en sorte que les Néo-Zélandais obtiennent leur pause tant espérée. Le corps d'armée de Freyberg est mis au repos durant un mois à Arce, tout comme les unités canadiennes avoisinantes. De nombreux cantonnements sont établis tandis que les équipes médicales organisent une évacuation massive de blessés vers le sud de la péninsule. Les soldats apprécient cette pause, car ils peuvent bénéficier de rations alimentaires améliorer, entretenir leurs véhicules, laver leurs vêtements, etc. Les permissionnaires peuvent ainsi se rendre à Rome et Naples pour jouer au touriste. Alexander ordonne au nouveau patron de la VIIIème Armée britannique, Lesse, de progresser en direction de Florence et de la rivière Arno. Dans cette foulée, les Néo-Zélandais reçoivent leurs ordres: ils marcheront vers Pise et Rimini. Les artilleurs néo-zélandais sont heureux de délaisser leurs pièces antichar tractées pour des automoteurs américains M10 malgré le fait que les servants soient plus exposés aux tirs d'armes légères ennemies.

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Les Néo-Zélandais obtiennent des automoteurs antichars M10 – Un StuG-IV neutralisé inspectés par des prévôts

Les bataillons de soutien permettent non seulement un approvisionnement aisé du corps d'armée, mais également celui des unités canadiennes, indiennes et britanniques. Ils gèrent les énormes dépôts aménagés à Volturno et Narni et acheminent le stock sur des petites routes escarpées mais déminées. A la Mi-Juillet 1944, le corps d'armée progresse vers Florence aux côtés de la 8ème Division indienne, mais il se heurte encore une fois à une arrière-garde établie sur les collines Pian Dei Cerris. Freyberg est confiant et ordonne à deux brigades de culbuter ce réseau défensif qui gêne leur entrée à Florence.

Les collines de Pian Dei Cerris

Cette fois, les Néo-Zélandais se frottent à des défenseurs résolus qui leur font subir des pertes: 260 soldats périssent dans des combats de chouans ou chaque rocher et crevasse semble cacher un tireur. Les mortiers néo-zélandais répliquent dans des échanges de tirs constants. Une attaque menée conjointement avec les Indiens contre la ville de Montespertoli permet de disperser Les défenseurs retranchés dans les collines. Les Allemands doivent choisir quel terrain tenir ou céder à l'ennemi. Les Néo-Zélandais ont leur réponse lorsque leurs chars Sherman et automoteurs M10 entre dans le village de Mercatale que les Allemands ont évacués. L'étau se resserre sur le réseau de collines fortifiées: les bimoteurs américains B-25 déversent leurs bombes, ce qui permet aux Néo-Zélandais de cueillir des Allemands blessés, hébétés, et heureux de devenir prisonniers. A l'exception d'une petite attaque allemande menée à la crête de Romola, les Néo-Zélandais sécurisent le secteur de Pian Dei Cerris, et entrent dans Florence.

Pendant que les unités canadiennes aidées d'une brigade grecque prennent Rimini, la 8ème Armée britannique épuisée par les combats incessants constate que son corps d'armée néo-zélandais est la seule unité capable d'entrer en Romagne et prendre Ravenne. Cependant, l'automne italien va freiner de nouveau les ardeurs des belligérants. Les premières pluies engorgent les ruisseaux qui se transforment en torrents boueux. Les généraux Leese et Freyberg constatent que les Néo-Zélandais devront traverser 13 rivières en crue avant d'arriver à Ravenne. Les ingénieurs font de leur mieux pour garder les routes carrossables. La zone entre Cesena et Cervia sur la Route 16 était parsemée de pillboxes garnis de mortiers et de mitrailleuses, ainsi qu'une quinzaine de tourelles de chars Panther casematées sur des affûts en béton armé au ras du sol. Les fantassins néo-zélandais subissent de fortes pertes car il leur fallait nettoyer ces positions sans l'aide de l'artillerie le sol étant trop mou pour tracter les canons et des avions d'attaque au sol à cause de la météo brumeuse et pluvieuse. Les Canadiens ont eux-aussi subi des pertes dans cette région (voir Canada et la guerre, l'Italie) en subissant le tir de ces tourelles de chars casematées. Un sergent néo-zélandais, Hunt, à bord de son char léger Stuart, surprend 40 Allemands dans deux tranchées: il en tue 11, en blesse 10 autres, et ramène 20 prisonniers. Un autre tankiste, McCowatt, tue 5 Allemands, en blesse 25 et ramène 10 prisonniers. Ces tourelles casematées doivent être détruites unes à unes – ce qui prend du temps et fait perdre d'autres soldats alliés.

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Les routes doivent être gardées ouvertes – Une tourelle Panther casematée détruite

En Octobre 1944, les unités canadiennes et néo-zélandaises vont se relayer durant leurs combats vers Ravenne. Elles traversent le fleuve Savio et marchent sur des terrains truffés de mines et atteignent péniblement la rive sud du fleuve Senio en Décembre. Le nombre de malades et de blessés néo-zélandais s'accroît. En dépit des pertes, les Néo-Zélandais sont aux portes de Faenza et attendent les renforts indiens pour s'emparer de la ville. Les combats pour Faenza rappellent ceux menés dans d'autres villes et villages italiens: les Allemands gardent leurs chars dans les squares du centre-ville et attendent que les attaquants enveloppent la périphérie avant de les repousser. On y retrouve les combats habituels maison par maison, rue par rue. Les soldats d'un bataillon allemand de montagne armés de sturmgewehrs (ci-contre) et de panzerfausts n'entendent pas être délogés. Ils tuent 54 attaquants. Devant cette résistance tenace, un bataillon complet de chars néo-zélandais entre de force et casse les derniers irréductibles: 80 Allemands tués, 8 chars ennemis détruits, et fait une centaine de prisonniers. Des chars Tigre tiennent les Shermans néo-zélandais à distance. Des automoteurs antichar M10 ouvrent le feu mais l'un d'entre eux est foudroyé par un Tigre – de même que 6 Shermans imprudents. Les automoteurs s'approchent avec courage et parviennent à détruire trois Tigre, presque à bout portant sur leur arrière.

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Le dernier objectif tant convoité – Les Maoris prennent position le long de la Senio

Les Néo-Zélandais remontent les rives de la Senio le 16 Décembre. L'hiver s'installe et les températures chutent. Les soldats épuisés par cette neige lourde forcent Freyberg à pauser. Entre le 17 Décembre et le 3 Janvier, il n'y aura que quelques escarmouches sans gravité. La ligne de front reste stable. Le seul souci des Néo-Zélandais est d'obtenir leur apport régulier de rations alimentaires, de chaussures et de bas de laine. Celui de leurs officiers est de garder les routes de ravitaillement ouvertes.

Le dispositif défensif allemand en Romagne

Le 3 Janvier 1945, les Canadiens font une attaque de diversion à Bagnacavallo afin de permettre aux Néo-Zélandais d'atteindre Cotignola. Ces derniers prennent la ville que les défenseurs ne peuvent tenir faute d'armes lourdes. Le 18, c'est le mouvement tournant vers Ravenne. Le seul os allemand à gruger est leur dispositif défensif qui s'étire jusqu'à Bologne. Fort heureusement, les Néo-Zélandais n'auront pas à se vautrer dans une pareille ornière, parce que le gros de la job sale sera fait par d'autres unités de la VIIIème Armée britannique de Leese. Mieux encore, les Typhoons et P-47 détruisent ce qui reste des blindés allemands dans le nord de l'Italie. Freyberg prend Ravenne le 10 Mars 1945.

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Véhicules allemands détruits par l'aviation alliée – Shermans néo-zélandais en progression

Vers Trieste

La dernière action des unités néo-zélandaises en Italie est leur avancée dans la plaine du Pô, en direction de la ville portuaire de Trieste. Ces dernières ont la maîtrise complète du ciel et dispersent toute formation ennemie qui essaie de se montrer le bout du nez. Les escadrilles tactiques de l'USAAF et de l'ancienne Desert Air Force martèlent sans arrêt les Allemands en rodant au-dessus d'eux comme de redoutables nécrophages. Les Allemands sont déjà entré en contact avec les Alliés pour amorcer des négociations sur la fin des hostilités en Italie. Durant le mois de Mars, les Néo-Zélandais cueillent plus de soldats allemands qu'ils n'en combattent.

Le front italien en Avril 1945

Les Néo-Zélandais relèvent des unités polonaises et grecques, puis entrent en Vénétie. La présence allemande est quasi inexistante, sauf pour quelques pelotons qui se rendent afin d'éviter d'être lynchés par les partisans italiens. Plus de 13,000 Allemands et 6000 Italiens pro-facistes sont faits prisonniers. Ce sont les débris de plusieurs unités qui n'existent plus. Aux dires d'un éclaireur néo-zélandais, les autres unités allemandes sont bel et bien en retraite vers le col du Bremer: petrol was so short that each lorry hauled at least four or five others. Tanks and even horses and oxes were hauling vehicles, écrit-il. Entretemps, les pontonniers aménagent des ponts flottants sur le Pô et l'Adige. Les premières compagnies néo-zélandaises font leur jonction avec des partisans italiens près de Lendinara sans intervenir dans leurs affaires internes.

Les pelotons allemands arrivent de partout pour se rendre

Seule exception, une attaque d'arrière-garde menée par des parachutistes allemands et des fascistes italiens retranchés dans le village de Budrio. Ils détruisent plusieurs véhicules blindés avec leurs panzerfausts et mitraillent les Néo-Zélandais surpris qui perdent 42 hommes. Un major, Bullen, essaie de mettre de l'ordre dans le chaos en flanquant les attaquants qu'il repousse. Les Allemands délogés de leurs positions s'exposent en terrain découvert et se font tirer dessus par les Shermans. La bataille est gagnée au prix de 160 Néo-Zélandais tués.

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Ponts flottants néo-zélandais sur le Pô

Le 21 Avril, les unités de la 2ème Division franchissent le fleuve Idice et filent en direction de Trieste. Freyberg annonce à ses commandants de brigade que la division will do a movement like we used to do in the desert except that it will be done on two roads. Les éléments blindés groupés autour de la 6ème Brigade progresseront sur la route entre Treviso, Udine, jusqu'à Gorizia. Le gros de la division, elle, progressera sur l'axe routier entre Padoue et Montefalcone jusqu'au port de Trieste (ci-bas).

La progression finale des Néo-Zélandais en Italie

Le 25 Avril, en pleine bataille de Berlin, les Néo-Zélandais traversent l'Adige sur un Bailey brinqueballant et filent en direction de Venise. Ils ne s'y arrêtent pas et continuent de filer vers le nord-est. La seule raison pour laquelle la Vénétie n'a pas été occupée par les soldatsde Freyberg est la lenteur des convois routiers très congestionnés… Une mine navale fait sauter un pont sur l'Adige qui doit être refait ce qui signifie encore d'autres délais dans l'approvisionnement. Le 30 Avril jour de la mort d'Hitler un accrochage à San Dona ralentit encore la progression. Les Allemands se rendent après trente minutes de combat: 350 prisonniers. De nouveau en route, Freyberg établit son PC temporaire à San Giorgio près du célèbre fleuve Isonzo. Il préside une sorte de réunion au sommet avec les chefs partisans opérant dans la région d'Udine pour l'aider dans sa poussée vers Trieste. Ses commandants de brigade traitent déjà avec des partisans yougoslaves.

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Les Néo-Zélandais entrent dans Montefalcone - Freyberg et deux officiers yougoslaves

Le 1er Mai, une unité blindée néo-zélandaise fait sa jonction avec un régiment de partisans yougoslaves à Montefalcone. C'est à ce moment que Freyberg note un changement d'attitude non seulement entre partisans italiens et yougoslaves, mais entre ces derniers et ses troupes. Le peloton d'avant-garde signale des défilés de "civils armés" portant brassards, brandissant des drapeaux rouges et yougoslaves: Eh! C'est la Yougoslavie, et on a l'impression d'être des étrangers, dit un lieutenant néo-zélandais. Le partisans italien qui l'accompagne lui réplique qu'il est encore sur le sol italien. We are going to be in trouble soon here, grommelle le Néo-Zélandais. La présence des soldats de Freyberg rassure un bataillon allemand encerclé dans la forteresse de Palmanova. Les Allemands acceptent de se rendre s'ils ne sont pas livrés aux mains des partisans: sinon nous serons obligés de rompre l'encerclement, dit un colonel terrifié. Les Allemands se rendent aux Néo-Zélandais – qui les refilent aux Américains, plus à l'ouest. Freyberg rencontre deux officiers yougoslaves (ci-haut) pour discuter de la suite des choses à Trieste, tout en donnant un ordre strict à ses commandants de brigade: do not hand any prisoners you take over to the partisans… En réalité, les Yougoslaves ne s'attendaient pas à voir les Alliés arriver aussi rapidement à Montefalcone. Ils espéraient conserver le port pour leur usage exclusif dans une nouvelle république yougoslave. C'est la raison pour laquelle ils ne voient pas la nécessité pour les Néo-Zélandais d'occuper la petite ville de Gorizia et d'occuper Trieste. Un des officiers yougoslaves répond à Freyberg: your army could go along the edge of the plain running north-west along the edges of the hills. I am not in a position to talk about Gorizia as our army is there, répond-il laconiquement. Cependant, peu leur importe que les Néo-Zélandais pausent un moment à Montefalcone.

En route vers Trieste

La campagne d'Italie se termine officiellement le 2 Mai 1945 à midi. Cependant, la nouvelle de la capitulation ne sera pas connu de la VIIIème Armée qu'avant 18H00. Est-ce voulu? Nous n'en n'avons pas la preuve. Néanmoins, les unités britanniques et néo-zélandaises avancent résolument dans le nord de l'Italie et s'approchent de Trieste qui est encore partiellement sous contrôle allemand. Des chars Sherman commandés par le colonel Donald échangent des tirs avec des patrouilleurs côtiers allemands. Ils encerclent la petite base navale de Mira Mare et ordonnent au commandant allemand de capituler. Ce dernier réplique qu'il n'a pas reçu l'ordre de l'amiral Doenitz. Une copie lui a été envoyée et l'Allemand se rend sur-le-champ avec 15 officiers subalternes et un bataillon de 600 hommes. Le 2 Mai, Freyberg ordonne à Donald d'entrer dans Trieste. Il y a quelques tirs peu nourris. Tous savent que c'est la fin. Une roquette de panzerfaust rate un Sheman, et puis plus rien. Il ne reste qu'à convaincre le commandant de la ville, ce qui n'est pas facile puisque c'est un SS. Les Néo-Zélandais canardent son QG ainsi que quelques baraquements de la ville. A 19H00, les chars tiennent le centre du square et les fantassins ramassent les prisonniers. Les partisans font de même et prennent 200 soldats. Ceux-ci sont parqués dans un cage à Montefalcone en attendant leur transfert en Italie centrale. Pendant que le commandant négocie la reddition de la ville avec Donald, les partisans yougoslaves attaquent les Néo-Zélandais au mortier et à la mitrailleuse. Quelques soldats sont tués. Donald consigne sa frustration dans son carnet de notes: here we are among armed Gemans who greatly outnumbered us, and subject to the same dangers in a private war which was being prosecuted after the official cessation of hostilities. Des interprètes néo-zélandais accompagnent les cadres partisans pour calmer le jeu et faire cesser le feu.

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Les Néo-Zélandais à Trieste… – … et les permissionnaires à Venise

Lorsque le gros de la division arrive à Montefalcone, Freyberg impose sa loi: Gorizia est occupée après un court combat. Le 8 Mai, Freyberg annonce la fin des hostilités à des soldats ravis en leur adressant un discours éloquent. Il est fier de la tenue au feu de ses soldats qui ont combattu sans ménagement un ennemi résolu dans de très mauvaises conditions. Il a louangé ses pontonniers et logisticiens qui ont permis le ravitaillement de son corps d'armée près des zones d'opération: our truck drivers companies were often working round the clock for 36 hours on end during our big ammunition dumping periods. We functioned as a mobile division with adequate troops carriers and originally had petrol for 300 miles, food for 12 days and sufficient ammunition for two battles – this was truly a magnificient performance, dit-il, non sans cacher son émotion.

Le retour

Il devient évident que la contribution militaire néo-zélandaise en Italie allait se perdre dans les méandres de la politique. Le général Freyberg et ses subordonnés n'ont qu'un seul désir: rentrer au pays, et surtout pas s'embourber dans les chicanes italo-yougoslaves. Alexander supplie Freyberg de "rester". Ce dernier lui réplique que la guerre est terminée et de ne rien attendre de son corps d'armée: nous nous sommes fendus le c.. pour combattre loyalement à vos côtés dans le cadre de la Grande Alliance contre l'Axe. Notre devoir est fait. Maintenant, c'est terminé. C'est un Alexander secoué qui câble la mauvaise humeur néo-zélandaise à Churchill: it is out of the question to get further assistance from the New Zeland Corps. Furthermore, Tito's regular forces are now fighting in Trieste and already have occupied most of Istria. I am quite certain that he will not withdraw his troops if ordered to do so unless the Russians tell him to, transmet-il. Dans la capitale néo-zélandaise, Fraser et le QG militaire n'ont pas été assez vigilants pour détacher le Corps néo-zélandais du commandement britannique. Alexander les prend de vitesse en lui ordonnant d'entrer en Istrie. Mais les Yougoslaves y sont déjà et administrent le territoire. Leur présence active est un fait accompli.

Les Maoris sont les premiers à rentrer chez eux

Le 14 Mai, Fraser – qui participe à la conférence de San Francisco – va cautionner l'initative d'Alexander en déclarant que la Yougoslavie agit comme "agresseur" et qu'il n'a "pas le choix" que d'autoriser l'utilisation des Néo-Zélandais pour "rétablir l'ordre". Il n'y aura pas de heurts, mais les Yougoslaves font tout ce qu'ils peuvent pour leur compliquer la vie. Les soldats sont mécontents car ils ne veulent rien savoir de ce dossier: ils ne veulent que partir au plus vite… Ils resteront en Istrie jusqu'en mi-Juillet 1945. Les premiers à réembarquer sont les Maoris à qui Freyberg voue une admiration. Les autres unités suivent à quelques semaines d'intervalle.

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Le théâtre du Pacifique

La Nouvelle-Zélande a également déployé des soldats dans le théâtre du Pacifique. La défense du Pacifique sud-ouest est une préoccupation majeure de la politique étrangère néo-zélandaise depuis 1920. Celle-ci a toujours considéré l'archipel Fidji comme son avant-poste défensif. Cependant, les Néo-Zélandais ont été contrecarrés dans leurs politiques par les dispositions de la conférence navale de Washington, tenue en 1921, de sorte qu'il leur faudra attendre la montée de l'impérialisme nippon et le début de la guerre en Europe avant d'entreprendre des travaux défensifs. Les Néo-Zélandais envoient une brigade d'infanterie à Fidji en Avril 1939 et construisent deux terrains d'aviation le premier à Nandi et l'autre sur l'île de Viti Levu. Les coûts de construction sont répartis entre l'administration de Fidji et les gouvernement néo-zélandais et britannique. Après Pearl Harbor, le premier ministre Fraser hésite à envoyer des forces en Malaisie car il craint que les Japonais ne s'emparent de Fidji. Dans un câblogramme à Churchill, Fraser affirme qu'il n'a pas suffisamment entraîné d'effectifs pour défendre le Pacifique sud-ouest parce que ces derniers sont en Afrique du Nord. Cependant, il obtient l'assurance du Secrétaire d'État Cordell Hull d'une aide américaine dans les meilleurs délais.

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Départ de Néo-Zélandais pour Fidji – Les Néo-Zélandais accueillent Ghormley

En fait, il faudra attendre le retour au pays de la 3ème Division d'infanterie pour que le premier ministre dispose d'une force aguerrie comme réserve mobile pouvant être déployée dans l'ensemble du dominion. Le commandement néo-zélandais rapatrie une des deux brigades présentes à Fidji pour s'entraîner avec les premières unités américaines cantonnées en Nouvelle-Zélande. Le ministre des Affaires étrangères, Nash, affirme publiquement ses priorités en matière de défense: opérations conjointes avec les Américains, et protection du territoire, dans son discours radiophonique du 3 Août 1942: the best course is to pursue in furthering the securiy of New-Zeland in participating to the fullest offensive operations against the Japanese and at the same time leave nothing undone which may serve to strenghten the home defense forces, dit-il.

L'entraînement au débarquement

Le gros du travail de réorganisation de la défense territoriale est confié au patron de la 3ème Division, le général Barrowclough un vétéran des combats de Grèce et de Crête. Cependant, les effectifs qu'il commande dépassent ceux d'une division et préférera former un corps d'armée: le 2ème Corps "expéditionnaire" du Pacifique (ou NZEF), appellation ronflante, mais nécessité et ego font loi… En quelques mois, la sécurité militaire de la Nouvelle-Zélande est garantie à la foi par ses propres forces et par la présence américaine. Des soldats néo-zélandais iront en garnison jusqu'en Nouvelle Calédonie.

Guadalcanal

Cinq jours avant l'inauguration officielle du NZEF, les Américains débarquent à Toulagi et Guadalcanal ce qui éloigne toute intention japonaise d'attaquer la Nouvelle-Zélande. Les Américains, on le sait, vont endiguer puis déloger les Japs de Toulagi et s'installer autour du terrain d'aviation japonais en construction sur Guadalcanal. A ce moment, le ministre de la Défense, Puttick, propose l'appui du corps néo-zélandais à l'amiral américain Ghormley, afin de relever éventuellement les unités américaines. En Janvier 1943, au moment ou la bataille est presque gagnée pour les Américains, quatre transports de troupe de l'US Navy amènent 13,400 Néo-Zélandais en Nouvelle Calédonie avec leur matériel. De ce nombre, une brigade de 6500 soldats est acheminée à Guadalcanal et passe sous le commandement du général MacArthur.

Pied à terre à Guadalcanal

Cette brigade relève la 1ère Division de Marines US qui a fait le gros du travail contre les Japonais. Elle est commandée par le général Barrett qui fait établir son QG derrière la plage de Barakoma. Ce dernier fait également des arrangements avec son patron américain sur place, le général Griswold, qui commande le 14ème Corps d'armée US. Les ordres donnés aux Néo-Zélandais sont d'occuper les points déjà conquis de l'île et de cueillir le maximum de prisonniers nippons. Les Néo-Zélandais en interrogent plusieurs (ci-bas). De leur côté, les soldats de Griswold ont la tâche ingrate d'achever les derniers défenseurs japonais réfugiés au nord et au centre de Guadalcanal. Les Néo-Zélandais se cantonnent sur la pointe de Lunga et resteront dans l'île durant cinq mois. Ils participent à de petits combats peu importants à Horoniu, à la baie de Timbala, et à la plantation de Joroveto. Les Japonais laissés en arrière-garde comme facteur de nuisance ne sont pas très nombreux, et tous affaiblis par la maladie. Cependant, leurs grenades détonnées par fils sont encore nombreuses dans les pistes de jungle. Les Néo-Zélandais ne subissent qu'un seul raid aérien japonais sans perdre un seul soldat ni une caisse de matériel. Tout comme leurs camarades australiens en Nouvelle-Guinée, les Néo-Zélandais doivent subir le climat tropical humide et malsain de Guadalcanal, et ses maladies tropicales – et que dire de l'odeur pestilentielle omniprésente de cette boue humide. L'expérience n'est certes pas aussi traumatisante que celle endurée en Crête; mais c'est un long travail de garnison ou le mal du pays est plus redouté que les Japonais.

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Prisonnier japonais interrogé – Un canon automatique Bofors est déplacé à bout de bras

Vella Lavella

Un endroit très ordinaire. A l'exception de quelques plantations de coco, ce village est dissimulé par une jungle épaisse et défendu par des Japonais qui espèrent toujours recevoir des renforts de la grande base de Rabaul. Les Néo-Zélandais font une approche en demi-cercle pour ceinturer le village. Ils marchent lentement pour repérer les mines et autres attrape-nigauds servant surtout à prévenir de tout intrus. Les officiers néo-zélandais déconseillent à leurs hommes de lancer des grenades dans cette jungle car les branches souples peuvent les faire dévier sur eux. Le terrain est trop mou pour les blindés, même les Stuart. L'attaque est lancée le 28 Septembre 1943 et elle est réussie. Les Japonais peu armés et mal commandés ne résistent qu'une heure avant de se rendre: 82 prisonniers se rendent mains en l'air, laissant 33 tués derrière eux. Les Néo-Zélandais ont 9 tués et 30 blessés.

Des Néo-Zélandais victorieux

Espiritu Santo

Le commandement de MacArthur (ou SWPC) ordonne aux Néo-Zélandais de quitter Guadalcanal pour déloger les Japonais de l'île Espiritu Santo un bastion de résistance que les Américains ont préféré contourner pour ne pas être ralentis dans leur offensive dans les Salomons. Barrowclough donne l'ordre à Barrett d'y amener sa brigade et de prendre l'île. Le débarquement a lieu le 4 Octobre sous une pluie pleine si sombre qu'elle dissimule l'arrivée des péniches. Les Néo-Zélandais surprennent les Japonais dans leurs paillotes et en tuent un certain nombre avant de se heurter à des patrouilles arrivées en renfort. Les échanges de tirs sont nourris; un obusier QF-25 et sa Jeep sont détruita par un char japonais mais ces derniers sont repoussés dans une enclave le dos à la mer et subissent des tirs de mortiers et de mitrailleuses. Certains assiégés tentent des charges banzai pour se suicider, mais 211 autres se rendent. Les Néo-Zélandais ne perdent que 23 soldats.

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QF-25 néo-zélaidais détruit – Une patrouille en canot

Nissan

Le dernier objectif de l'armée néo-zélandaise dans le Pacifique sud-ouest est l'île Nissan, la plus grande des Green Islands. C'est un buton de corail sur lequel les Japonais avaient aménagé un petit terrain d'aviation. Les Néo-Zélandais veulent l'utiliser pour mener des frappes contre Rabaul et la Nouvelle-Bretagne. L'offensive de MacArthur a négligé de déloger les Japonais de cet endroit, et laisse aux soldats néo-zélandais le travail de nettoyage. Nissan est défendu par 500 soldats et 200 fusiliers marins a demi affamés. Le 1er Novembre 1943, des avions néo-zélandais décollant de Guadalcanal détruisent les cantonnements sur Nissan, de même que les 4 chasseurs japonais en bout de piste.

L'attaque de l'île Nissan

Le lendemain, deux bataillons de la 14ème Brigade se faufilent de nuit dans le lagon de l'île et prennent les Japonais sur leurs arrières. Les combats durent deux jours durant laquelle la résistance des fusiliers marins est féroce: 37 Néo-Zélandais sont tués et une vingtaine d'autres blessés. Par contre, la plupart des soldats se rendent. En tout, 204 Japs périssent et Nissan devient rapidement une base avancée de l'aviation néo-zélandaise.

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L'effort aérien

L'isolement géographique de la Nouvelle-Zélande explique l'importance accordée au développement de moyens aériens antant civils que militaires. Comme dans beaucoup de pays, le govuernement néo-zélandais n'a pas d'argent à consacrer au développement d'une aviation et s'en remet à l'entreprise privée – c'est-à-dire aux premières compagnies d'aviation civile néo-zélandaises. Le retour au pays de plusieurs centaines d'aviateurs en 1919 permettra de créer le noyau de cette future aviation militaire. Le gouvernement néo-zélandais demande à son homologue britannique de le conseiller sur l'élaboration d'une politique aéronautique. Le colonel Bennington, de la nouvelle RAF, est envoyé en Nouvelle-Zélande avec des adjoints et des mécaniciens; ils apportent quelques vieux coucous épargnés de la casse. Ces avions sont parqués au terrain de Canterbury Aviation èa Stockburn, en attendant que le gouvernement leur construise des hangars. Bennington fait son rapport en affirmant que le pays doit se doter d'une aviation militaire à cause de la prépondérance japonaise à venir. L'aviation demeure, selon lui, le meilleur moyen d'arrimer la Nouvelle-Zélande à une politique de défense impériale élaborée conjointement avec l'Australie et l'Angleterre. Bennington recommande d'utiliser l'expérience des cadres néo-zélandais ayant combattu dans l'ancien RFC en 1915-18 et d'entraîner le nouveau personnel par le biais de la Canterbury Aviation.

Les premiers avions parqués à Stockburn

Le gouvernement néo-zélandais crée une sorte de ministère de l'Air (Air Board) responsable devant le ministère de la Défense pour créer cette aviation qui portera le nom de Royal New Zeland Air Force (ou RNZAF). Elle est formée d'une noyau de cadres permanents qui organise et gèere son développement, et une réserve territoriale qui entraînera les recrues. Ces deux segments prennent forme en 1923 et connaîtron un développement lent mais continu jusqu'en 1934. .

La Pacific Defence Conference

C'est durant son développement que la RNZAF participe à des opérations de répression dans les îles Samoa en 1930. Les indigènes sont mécontents de l'administration néo-zélandaise et un certain nombre ont pris les armes. Un croiseur, le Dudelin, est envoyé avec une compagnie de soldats pour rétablir l'ordre. Le navire porte également un hydravion Moth sur catapulte. Son rôle est de guider les soldats vers les endroits ou les indigènes sont retranchés. La révolte est ainsi matée. Les aviateurs néo-zélandais participent à des opérations dites de "flag showing" avec la marine britannique dans les îles Salomons en se familiarisant avec l'attaque en piqué. En Avril 1939, une conférence stragétique navale est tenue en Nouvelle-Zélande et elle conclut que la menace japonaise est inévitable. Elle recommande que les Néo-Zélandais établissent des garnisons sur son périmètre défensif – comme a Fidji et dans l'archipel des Nouvelles-Hébrides. En Septembre 1939, la RNZAF possède trois escadrilles totalisant 320 hommes et officiers, ce qui est nettement insuffisant pour défendre un tel périmètre. Et encore, ces escadrilles n'ont pas leur pleine dotation en hommes car de nombreuses recruent sont à l'entraînement et d'autres en permission. L'entrée en guerre surprend l'aviation néo-zélandaise alors centrée sur son développement tranquille de temps de paix. Deux écoles de pilotage sont hâtivement organisées: la No.1 Flight Training à Wigram, acceuillant des volontaires, et la No.2 Flight Training à Blenheim. La formation des pilotes se fait dans une pagaille complète dans des locaux inachevés et sur des avions en mauvais état. Une seule escadrille dispose d'avions neufs, soit des bombardiers Vickers Wellington basés sur leur nouvel aérodrome de Taieri. Mais, ils manquent de pièeces de rechange pour l'entretien régulier. Le stock de bombes en inventaire date des années 30 et il n'y en a pas assez pour trois semaines d'opérations.

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Les écoles d'entrainement son insuffisantes – Patrouille côtière à bord de biplans Vincent

En Août 1940, une école d'entraînement technique ouvre à Rongotai et attire de nombreux volontaires qui apprennent non seulement à piloter, mais à exercer des métiers liés à l'aviation militaire: mécanique, radiotélégraphie, navigation, cartographie, météorologie, et armurerie. Le premier ministre Fraser note que ces centres ne produisent pas assez de personnel pour former une aviation nationale dans la conjoncture actuelle – d'autant plus que les Brits exigent que les aviateurs néo-zélandais certifiés soient directement envoyés dans la RAF, sont en Angleterre ou en Afrique du Nord. Fraser outré cède: il envoie deux escadrilles en Afrique du Nord, de même que 300 mécaniciens en Angleterre: comment puis-je développer mon aviation si vous me prenez tous mes aviateurs certifiés pour votre RAF? Laissez-nous quand même le temps de nous organiser, que diable!, câble-t-il à Churchill.

La Malaisie

Un an et demi plus tard, l'aviation néo-zélandaise est parvenue à atteindre un certain niveau d'expansion nationale. Plusieurs bases ont été construites et fonctionnent bien; des patrouilles côtières à bord de bimoteurs Anson et de biplans Vincent sont lancées à des intervalles réguliers. Mais il y a de nombreux accidents d'entraînement dû à l'absence de cadres certifiés. C'est dans cette conjoncture que Londres demande aux Néo-Zélandais de baser deux escadrilles de chasse en Malaisie. Fraser en envoie deux à Singapour mais rien d'autre, claironne-t-il. Elles arrivent à Singapour en Août 1941.

Les terrains d'aviation sur l'île de Singapour

Sur le terrain de Kallang, les pilotes et mécaniciens reçoivent leur nouveaux chasseurs Brewster Buffalo de fabrication américaine, courtoisie du Prêt-Bail. C'est un appareil solide, bien construit et facile à entretenir. Cependant, il n'est pas assez maniable pour s'opposer à ses adversaires japonais. L'Escadrille No.488 entre en action le 12 Jancier 1942 au-dessus du détroit de Johore. Ils interceptent 27 chasseurs Oscar à 12,000 pieds d'altitude. Les avions japonais sont trèes maniables et leurs pilotes habiles. Ils abattent illico deux Buffalo, dont les pilotes s'échappent en parachute. Les Néo-Zélandais écorchent quelques appareils nippons sans réussir à en abattre un seul, et perdre quatre des leurs. Le 22 Janvier, le terrain de Kallang est bombardés et quatre autre Buffalo sont détruits au sol. En deux jours de combats aériens, la RNZAF n'aura réussi qu'à abattre 5 avions ennemis contre 15 des leurs; 7 pilotes sont tués. Le 24 Janvier, le commandant de l'escadrille, MacKenzie, n'a plus que deux Buffalo. La seule option qui lui reste est de fuir. Un cargo britannique livre par miracle quelques Hurricane 1 à l'escadrille éplorée. Ils ne sont pas aussitôt assemblés qu'ils sont tous endommagés par un autre raid aérien ennemi. Le terrain de Kallang devient inutilisable. Les Néo-Zélandais reçcoivent l'ordre de se replier sur Java avec les trois Hurricane encore en état de voler.

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Des Buffalo décollent en hâte à Kallang – L'aile de vareuse portée par la RNZAF

Java

Les pilotes néo-zélandais n'ont aucun répit. Ils atterrissent à l'aérodrome de Buitenzorg à une quarantaine de milles de Batavia (aujourd'hui Jakarta). D'autres se traînent à Tjilitan. Le 14 Février 1942, les Japonais attaquent et forcent les Néo-Zélandais à décoller précipitamment ( ou "scramble"). Il y a quelques duels aériens ou les Japs perdent 3 appareils contre 2 Hurricane. Puis, c'est l'ordre de repli vers l'Australie. Le personnel au sol des deux escadrilles évacuées de Singapour embarquent sur le transporteur Esperance Bay avec une centaine de soldats, tandis que les pilotes néo-zélandais se posent en Australie. MacKenzie rement ses Hurricane à l'Escadrille 605 de la RAF et ses hommes repartent pour la Nouvelle-Zélande amers et sans gloire.

L'Afrique du Nord

Pendant que les effectifs de la RNZAF atteignent 2100 hommes, le petit jeu des requêtes se poursuit entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande. En Janvier 1942, Fraser demande à Churchill de lui envoyer des chasseurs et des bimoteurs légers pour équiper ses escadrilles. Churchill lui réplique qqu'il n'a rien en stock pour le premier trimestre de l'année 1942. Il lui demande alors de lui envoyer deux escadrilles de la RAF. Nouveau refus de Churchill qui ne veut pas éparpiller ses forces. En fait, l'aviation néo-zélandaise est le dernier des soucils des Anglo-Américains. Néanmoins, ils reçoivent un pêle-mêle d'avions: 36 bimoteurs Hudson pour la patrouille semi-hauturière, 80 chasseurs P-40 pour les escadrilles de chasse, 12 T-6 Harvard pour l'entraînement avancé, 15 hydravions PBY Catalina pour la reconnaissance navale armée, et 12 bomoteurs de transport C-47 Dakota pour les navettes entre les archipels.

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Le plein d'essence pour ce Avro Anson – Un SBD Dauntless néo-zélandais

Les deux escadrilles néo-zélandaises envoyées en Afrique du Nord ont été intégrées à la Desert Air Force de la RAF, et elles vont s'illustrer dans tous les combats de ce théâtre. Ces escadrilles seront également envoyées en Italie pour faire de l'appui aérien rapproché pour toutes les troupes du Commonwealth.

Le Bomber Command

A l'automne 1941, donc avant Pearl Harbor, la Nouvelle-Zélande accepte de participer au Programme d'entraînement aérien du Commonwealth basé au Canada (voir Canada et la guerre, volet aérien). Ainsi, 4300 recrues néo-zélandaises seront certifiées, mais ne retourneront pas tout de go en Nouvelle-Zélande. Le quart de ces aviateurs retournent au pays, et les 3000 autres sont "gobés" par la RAF qui en fera de la "chair à bombardiers": des équipages de bombardiers basés soit à Malte ou en Angleterre. C'est ainsi que le Bomber Command de la RAF va puiser des vies dans ce bassin d'aviateurs pour combler la dotation de ses escadrilles de bombardement. Le taux de perte est très élevé et le gouvernement Fraser n'apprécie pas ce "rapt" de personnel; ses remarques à Churchill sont parfois cinglantes: What is this? Where did they go? Where is my air force going? Will I be able one day to build one for my country?, rage-t-il.

Les Salomons

Les escadrilles néo-zélandaises sont également envoyées sur Henderson Field au printemps 1943. Les P-40 néo-zélandais vont abattre 13 avions ennemis durant leur présence dans l'archipel. Ils repèrent également des planques de soldats japonais qui n'ont pas eu de chance d'être évacués quelques mois plus tôt, et guide les GI's américains pour les cueillir. Les aviateurs né-zélandais coulent un transport japonais au large d'Espiritu Santo et bombarde le cantonnement principal de cette île – en prélude au débarquement néo-zélandais prévu le lendemain. Ils attaquent également des cantonnements sur Bougainville. L'inventaire vieillissant des P-40 est rapidement remplacé par des chasseurs-bombardiers F4U Corsair (image couleur en haut de page) de même facture que ceux utilisés par les Marines américains.

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Enteretien de P-40 à Guadalcanal – Soldats transportés par un C-47 néo-zélandais

Cependant, le rôle principal joué par l'aviation néo-zélandaise dans la guerre du Pacifique sera celui de reconnaissance et de transport. La zone Pacifique sud-ouest est fréquemment quadrillée par les PBY Catalina et Hudson néo-zélandais qui fournissent des renseignements sur les mouvements de navires ennemis, et qui receuillent des naufragés. Au fil du temps, la RNZAF abandonne son rôle tactique pour privilégier celui du soutien. Ainsi, les soladats alliés peuvent bénéficier de navettes aériennes rapides vers les différents archipels, et les Catalinas recueillent les marins et navigateurs malchanceux... Grâce et cet apport aérien, les vivres et surtout médicaments peuvent être acheminer par transport C-47 dans des zones éloignées de la Nouvelle-Zélande. Durant l'été 1944, l'aviation néo-zélandaise a atteint son rythme maximal avec 14 escadrilles. La formation massive de recrues via le BCATP lui donne certes le personnel requis, mais l'éparpillement des certifiés dans la RAF gêne son achèvement. En revanche, la qualité technique du personnel est remarquée par les Alliés. Le personnel au sol peut utiliser le radar et des équipements gonio de meilleure qualité.

Les Néo-Zélandais dans la RAF

Ainsi, la RNZAF n'aurait probablement jamais été organisée sans cette complicité incestueuse entre les fonctionnaires britanniques et néo-zélandais. Il ne pouvaitêtre autrement. La plupart des cadres qui ont formé cette aviation étaient issus de la RAF et avaient participé aux campagnes dites "de pacification" en Irak, en Inde et en Iran. Le noyau de l'aviation néo-zélandaise porte leur signature. En Septembre 1939, il ne faut pas s'étonner que les cadres de la RNZAF soient enclins à voler au secours de l'Angleterre, tandis que le gouvernement Fraser fait preuve de prudence. Ce dernier se résigne à autoriser le "prêt" de personnel, voire d'escadrilles à l'ancienne mère patrie. Comme nous l'avons vu, le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth accélère cette politique. En Décembre 1939, il y a plus de 600 aviateurs néo-zélandais qui servent dans la RAF. Il y a non seulement des pilotes, mais aussi des mécaniciens, des administrateurs et du personnel médical – bref des gens qui auraient été plus utiles chez eux qu'outre-mer. C'est la seule aviation du Commonwealth qui a subi un pareil péché originel.

Aux yeux des Britanniques, les aviateurs néo-zélandais de 1939-40 sont appréciés pour leur compétence, mais ils sont perçus comme une "bande de pionniers". Plus de la moitié d'entre eux mourront ou seront faits prisonniers durant la première année de la guerre. Ceux qui ont le privilège de survivre à la bataille d'Angleterre deviennent instructeurs pilotes ou sont éparpillés comme cadres à Malte ou au Moyen-Orient. C'est le cas du colonel McGregor commandant une escadrille de Hurricane 1 fatigués à Douvres, et le chef d'escadrille Isherwood qui dirige la première escadrille de la RAF à être envoyée en URSS. Fait à noter, une grande partie du personnel composant les deux escadrilles prêtées à Churchill est composé de Maoris. Le lieutenant Pohe est le premier officier maori à fouler le sol de l'Angleterre, et a fait partie du premier équipage de bombardiers à lâcher des bombes au-dessus de l'Allemagne. Un autre lieutenant, Wetere, s'est distingué en Afrique du Nord dans plusieurs sorties d'attaque au sol sur Hurri-Bomber et ultérieurement sur Typhoon en Italie. L'adjudant Wipiti est le premier pilote de la RNZAF à abattre un avion japonais à Singapour en Décembre 1941. A l'automne 1941, une escadrille de chasse basée en Angleterre est officiellement désignée comme "néo-zélandaise". Elle opère surtout de nuit pour intercepter les bombardiers allemands, sous le commandement de Néo-Zélandais chevronnés comme Knight, Aitken, Deere, Gray, Malfroy et Mowat. Cependant, les Britanniques vont l'amalgamer avec des pilotes canadiens, sud-africains et tchèques. Le gouvernement néo-zélandais, par le biais de son ambassadeur Jordan, fait du mieux qu'il peut pour surveiller l'activité de ses "pilotes prêtés" par l'établissement d'un bureau de liaison de la RNZAF à Londres, afin de limiter les abus de la RAF. D'autres officiers occupent des positions de responsabilités dans les deux aviations. C'est le cas du vice-maréchal Carr qui commande le 4ème Groupe du Bomber Command, le colonel McKee qui gère toutes les opérations de la base aérienne de Martham, et le colonel Elworthy affecté au QG londonien de la RAF. D'autres cadres néo-zélandais ont un avenir prometteur, entre autres, les colonels Barrett et Olson qui s'avèrent de bons chefs d'escadrille.

Après le Jour J, les Néo-Zélandais de l'Escadrille 486 abattent plusieurs bombes volantes V-1 durant tout l'été 1944. Plusieurs pilotes vont se distinguer:

Ower Eagleson: 20 avions et 3 fusées

John Cammock, 20 avions et une fusée

John Cammock, 20 avions et une fusée

James McCaw: 19 avions et une fusée

James Cullen: 14 avions et 4 fusées

Ernest Umbers: 14 avions et 4 fusées

Le Bomber Command

En 1942, il y a 1200 aviateurs néo-zélandais servant dans le Bomber Command de la RAF: 936 d'entre eux sont tués en menant des raids aériens en France et le Nord-Ouest de l'Europe. Une soixantaine d'entre eux se tuent durant des accidents d'entraînement. Durant cette période, les Néo-Zélandais du Bomber Command ne font que très peu de sorties au-dessus de l'Allemagne. Leur mission consiste surtout à mouiller des mines le long des côtes et estuaires contrôlés par l'ennemi. Ils utilisent surtout les bombardiers Wellington et Stirling. Les missions sont dangereuses car les appareils néo-zélandais opèrent sans escorte dans un espace aérien bien défendu par l'ennemi. Plusieurs Wellington sont perdus en Mer du Nord, au large de la Hollande et dans la Baltique. Les raids crépusculaires pour mouiller des mines doivent être menés au ras des vagues, à la manière des frappes aériennes d'aujourd'hui, pour éviter les radars. Des mines sont mouillées au large de la Frise ainsi que dans les eaux norvégiennes. Plusieurs appareils sont abattus durant ces missions à haut risque. Les Néo-Zélandais réussissent à mouiller 6243 mines durant la seule année 1942. Ces mines coulent 125 navires allemands et neutres. La RAF est ravie du courage et de la ténacité des aviateurs néo-zélandais et plusieurs d'entre eux sont décorés pour leur bravoure et hardiesse. Durant l'année 1943, le Bomber Command utilise les Néo-Zélandais dans des missions de frappe à basse altitude à bord de bimoteurs Blenheim et Boston. Leurs objectifs sont des cibles situées en France occupée. Ils deviennent les pionniers d'une nouvelle forme d'attaque aérienne: la frappe de précision. Au lieu de tapisser un objectif à haute ou moyenne altitude en espérant faire un coup au but à 1000 verges de l'objectif visé, les équipages de bombardiers volent en rase-mottes en évitant les radars, identifient les cibles à vue, et les atteignent avec seulement trois ou quatre bombes, au lieu du double ou du triple. Les actualités britannique illustrent cette méthode.

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Un A-20 Boston se prépare à décoller – Frappe sur le QG de la Gestapo au Danemark

Dans ces missions de frappe, les avions de frappe A-20, surnommés Boston, remplacent les Blenheim, et font leurs raids par groupe de cinq ou de dix. Les dégâts causés par ces frappes néo-zélandaises n'étaient pas importants, mais suffisamment précis pour que la Luftwaffe alloue des escadrilles pour intercepter les intrus. Très peu de Boston ont été abattus par des chasseurs ennemis, car ces derniers étaient souvent escortés par des Spitfire V souvent munis d'un réservoir auxiliaire largable. La plupart des pertes de Boston et de Blenheim ont été causés par des tirs anti-aériens. Durant une frappe sur les docks du Havre, le A-20 du lieutenant Wheeler est endommagé et perd un moteur, mais parvient de justesse à rejoindre l'Angleterre. En 1943, les deux escadrilles de frappe néo-zélandaises opérant à partir de l'Angleterre font plusieurs raids réussis sur une grande variété d'objectifs: le port de Wilhelshaven, Bergen, le fjord de Tromso, le QG de la Gestapo danoise à Aarhus, et le canal Ems à Dortmund. Durant cette année-là, les Néo-Zélandais accompagnent les vagues de quadrimoteurs Lancaster à bord de leur bimoteurs B-26, afin de baliser les zones urbaines à bombarder.

Le Pacifique

La préoccupation stratégique de la Nouvelle-Zélande est, bien sûr, de sécuriser son périmètre défensif au nord de son territoire national. Le GQG néo-zélandais maintient trois escadrilles – une de reconnaissance, une de chasse et l'autre de bombardement dans les îles Fidji durant toute la guerre. Lorsque la campagne des Salomons s'achève, une escadrille de chasse et une autre de bombardement sont basées sur Henderson Field, à Guadalcanal.

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Le score de l'escadrille néo-zélandaise à Guadalcanal – Une bombe de 1000 lbs sur un A-20

Les Néo-Zélandais assurent la maîtrise du ciel sur l'arrière de l'offensive aéronavale américaine de MacArthur en direction des Phillipines. Ils vont ainsi abattre plusieurs bimoteurs japonais qui traînent encore au-dessus des Salomons. L'Escadrille No.2 est équipée de bimoteurs Boston, dont chaque appareil peut porter deux bombes de 1000 livres. Elle a pour mission de faire des frappes précises sur les jetées du port de Rabaul, en Nouvelle-Bretagne. Les équipiers néo-zélandais parviennent non seulement à les détruire mais également à couler un croiseur léger et quelques navires de transport. Cette escadrille quittera Guadalcanal pour s'installer sur Green Island d'où elle sera mieux positionnée pour frapper les cantonnements japonais de la Nouvelle-Bretagne.

Briefing précédant une frappe sur Rabaul

MacArthur demande aux Néo-Zélandais de jouer un rôle plus actif et immédiat sur leurs arrières-gardes, mais le gouvernement Fraser refuse – alléguant que de telles opérations dépassaient les moyens logistiques de son pays. Cela n'est pas faux mais, en fait, Fraser ne veut pas étendre les opérations militaire au-delà du périmètre défensif défini par son gouvernement.

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Conclusion

La Seconde Guerre mondiale a été l'effort national le plus important de l'histoire néo-zélandaise. Environ 140,000 hommes et femmes ont été envoyés pour le service outre-mer dans des unités de combat et de soutien – 103,000 au sein des forces armées néo-zélandaise; le reste étant réparti dans les unités britanniques. Les pertes se chiffrent à 11,625 tués. Le ratio des morts militaires par million d'habitants se chiffre à 6684, soit le plus important des pays du Commonwealth. Notons que le ratio de l'Angleterre était de 5123 et celui de l'Australie 3232. Les Néo-Zélandais comprennent désormais que l'Angleterre a perdu à jamais les moyens de sa grandeur passée, et qu'il est temps pour le pays d'adopter une attitude pragmatique à son égard. La guerre a écarté définitivement ce pays de l'emprise britannique, tout autant que celle des unités militaires durant ce conflit. L'indépendance est proclamée en 1947. Néanmoins, la Nouvelle-Zélande demeure un membre du Commonwealth, et elle sera amenée à établir des ententes de sécurité avec les Etats-Unis durant la Guerre froide, par la signature du traité ANZUS en 1951. Alors que leurs voisins australiens projettent tranquillement de remplacer la tête de l'État par un président républicain, rien de tel n'est encore envisagé en Nouvelle-Zélande.

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