Eugenio Pacelli

Cardinal

1876-1958

Cardinal italien qui a été élu pape de l'Église catholique en 1939 sous le nom de Pie XII

Né à Rome, Pacelli est fidèle à la papauté pendant la question romaine (refus de l'annexion de Rome par l'Italie entre 1870 les accords du Latran de 1929). Il est ordonné prêtre à Pâques le 2 avril 1899 par Francesco di Paola Cassetta, un ami de la famille. Le père Pacelli est invité à travailler dans les bureaux du Vatican par Pietro Gasparri, qui est un proche de Mariano Rampolla, le secrétaire d'État du pape Léon XIII. En 1901, fait docteur en théologie, repéré pour ses dons en langues et en droit, il entre à la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires, chargée des relations internationales du Vatican. Il progresse dans la curie, en tant que juriste dans la diplomatie vaticane. Nonce apostolique pendant la Première Guerre mondiale en Bavière puis en Allemagne, où il assiste à une révolte communiste et à la naissance du Parti nazi, négociateur de plusieurs concordats, il est créé cardinal en 1929 puis nommé en février 1930 cardinal secrétaire d'État du pape Pie IX. Il travaille avec lui au quotidien, en particulier sur les relations avec l'Allemagne où Hitler arrive au pouvoir, avec l’appui du catholique Von Papen, avec lequel il négocie un concordat. Il travaille ensuite pour Pie XI à la lettre de condamnation du nazisme : Mit brennender Sorge. Ses capacités de diplomate et la confiance de Pie XI, qui meurt en 1939, en font le favori du conclave, qui l'élit peu avant le début de la guerre. Tentant de maintenir la paix (au moins pour l'Italie), exposant sa vision du rôle du pape dans l'encyclique Summi Pontificatus, il maintient le Vatican dans une neutralité, qui condamne les excès de la guerre (en Pologne surtout) sans nommer explicitement le nazisme de peur, semble-t-il, d'aggraver la répression. Sous la surveillance de Mussolini d'abord, puis sous celle des Allemands, il maintient des liens diplomatiques avec tous les régimes, y compris ceux qui collaborent à l'antisémitisme et à la déportation des Juifs, tout en se refusant à condamner l'alliance des Alliés et de l'URSS.

Diplomatiquement, Pie XII prend des positions plus nettes contre les Nazis, qu'il distingue du peuple allemand. Dès mars 1944, par son nonce apostolique à Budapest, Rotta, le Vatican unit sa voix à celle du roi Gustave V de Suède, de la Croix-Rouge, des États-Unis et de Grande-Bretagne pour protester contre les exactions contre les Juifs hongrois. Pie XII envoie un télégramme le 25 juin au régent Horthy, lui demandant d'épargner les populations qui souffrent en raison de leur origine nationale ou raciale. Fin août 1944, Pie XII lance un appel aux Londoniens et aux Anglais « pour les inviter au pardon des injures et leur demander de ne pas se venger de l'Allemagne des maux que celle-ci leur a infligés. Le Times publie de nombreuses lettres de protestation. Il insiste aussi sur le courage de reconstruire après les souffrances liées à la guerre dans ses messages à la population romaine (janvier 1945) à des médecins alliés et dans celui du 9 mai 1945.

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