Paris

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En Août 1944, Paris baignait dans une léthargie, causée à la fois par la chaleur estivale et par le sentiment d'être à l'écart des événements militaires de Normandie. Lorsque le le 20ème Corps US prit la ville de Chartres, les résistants français de Paris étaient anxieux d'entrer en révolte ouverte contre l'occupant allemand. Mais pour Eisenhower, il n'était pas question que les forces américaines perdent du temps à se batailler dans la capitale française; il désirait poursuivre sa progression sur un front continu jusqu'au Rhin. Paris n'était pas un objectif jugé de grande valeur. Le 15 Août, De Gaulle ordonne aux FFI parisiens de ne pas tenter aucune action précipitée; pour lui, pas question que Paris subisse le même sort que Varsovie. Cependant, la progression rapide des armées alliées - en particulier de la 3ème Armée US de Patton, va précipiter les événements: le 16 Août, ses avant-gardes motorisées et blindées entrent à Chartres, vingt jours en l'avance sur le calendrier des opérations. Paris avait tous les ingrédients d'une catastrophe à la polonaise: Une ville occupée depuis de nombreuses années, où languissait le ressentiment anti-allemand; Une ville située à proximité d'une ligne de front ou la progression d'un belligérant en faisait reculer un autre; Une ville ou sévissait une situation de pénurie alimentaire car la famine était proche; Une ville ou grenouillait un mouvement de résistance qui anticipait le "grand jour"...
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Les enjeux
What to do about Paris?, se demandait Eisenhower, dans la rédaction de ses mémoires. Il a eu de la difficulté à reconnaître le caractère à la fois symbolique et politique de la libération de la capitale française. Pour lui, Paris n'était qu'un obstacle à contourner dans la route vers le Rhin. Pis encore, c'était un abcès. Eisenhower ne voulait pas avoir la responsabilité d'alimenter 4 millions de Parisiens, ce qui nécéssiterait l'envoi de 4000 tonnes de frêt par jour, à même les stocks de l'armée américaine. However, in spite of the danger of famine, I was determined that we would not be dissuaded from our plan to by-pass the city. If we could rush to the Siegfried Line with tonnage that could be diverted to Paris, the city would be compensated from an additional week of occupation with an earlier end to the war.
Quant aux Allemands, ils considéraient Paris comme une autre festung, un nid de résistance aéro-terrestre un peu plus important que les autres, rien de plus, rien de moins. Le 7 Août, Hitler ordonna au maréchal Model de procéder à la fois à l'aménagement de défenses statiques et d'en préparer la destruction. Pour exécuter l'ordre, Model confia le travail au général Von Choltitz, qu'il venait de relever comme commandant du 84ème Corps d'armées - où de ce qu'il en reste - en Normandie. Cependant, il n'avait pas les ressources nécessaires pour défendre la ville contre une armée régulière. Il disposait de 21,000 hommes qui devaient défendre une zone étalée de Paris à Créteil sur la Marne. De surcroit, il savait que les 200 appareils de la Luftwaffe basés au Bourget et ailleurs autour de Paris seraient rapidement dispersés par la supériorité aérienne alliée. C'est un Choltitz bourru, aigri d'avoir perdu son commandement en Normandie, qui arrive à Paris pour appliquer machinalement les ordres de Model. Initialement, Choltitz n'éprouva aucun remord à détruire la capitale française car il avait été bouleversé par les bombardements anglo-américains de Hambourg durant l'été 1943. L'idée qu'un grand nombre de civils français soient tués ne l'émeut pas; il fait part de sa résolution au consul suédois Nordling, lors de sa rencontre avec Choltitz à l'hôtel Meurice (clip ci-bas).
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Choltitz explique sa fermeté à Nordling – Dernier coup d'oeil touristique
Cependant, Choltitz était suffisamment expérimenté pour savoir qu'une ville en ruines ne pouvait plus, désormais, arrêter la progression des blindés ennemis, maintenant équipés de bouteurs. Pour toutes ces raisons, et aussi une certaine lassitude, Choltitz était disposé à mettre la pédale douce quant aux destructions à effectuer à Paris; il était également plus réceptif aux doléances et conseils de Nordling. Le général Speidel, chef d'État-major du Groupe d'armées B, appuyait l'attitude réservée de Choltitz. Mais initialement, le patron de Paris donna des ordres musclés. Le 16 Août, il ordonne de désarmer la ville, en débutant par la police parisienne, mais celle-ci se met en grève. Pour certains résistants parisiens, il est temps d'agir.
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Von Choltitz – Rol-Tanguy – De Gaulle et Leclerc – Le consul Nordling
Le général De Gaulle, chef du gouvernement provisioire français (non-reconnu par les USA) arrive à Rennes le 21 Août. Il essaie d'influencer les subordonnés d'Eisenhower d'envoyer quelques éléments à Paris à la fois pour déloger les Allemands, mais surtout pour éviter que la capitale sombre dans le désordre: si l'anarchie s'installe à Paris, il sera difficile ultérieurement de contrôler la ville sans qu'il n'y ait des incidents sérieux. De Gaulle sait que le résistants parisiens ne sont pas homogènes, et qu'il veut éviter que ceux-ci obéissent aux FTP d'obédience communiste. Outre quelques affiches placardées par les partisans de Rol-Tanguy invitant Paris à "se battre", il n'y avait pas d'activité anti-allemande dans la capitale. Malgré le mot d'ordre du Conseil national de la Résistance de montrer de la retenue, des résistants communistes, lassés par les hésitations de Rol-Tanguy et du CNR, prennent la préfecture de la police parisienne. Lorsque Rol-Tanguy voit le drapeau français flotter au sommet de l'édifice, il ne peut qu'entériner l'initiative des communistes, et reprit tant bien que mal la direction effective de la résistance parisienne. Cependant, ni les communiste ou les FFI n'avaient de plans pré-établis pour contrôler ou perturber les Allemands dans Paris. Les résistants seront condamnés à l'improvisation durant la durée de leurs actions. Les premiers échanges de coups de feu se produisent devant la préfecture, lorsque les FFI ouvrent le feu contre des camions allemands (clip ci-bas).
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Des FFI ouvent le feu sur un camion allemand – Des FFI s'abritant des tirs
L'attaque de camions militaire permet de prendre des armes légères et des munitions, mais cela a eu pour effet d'amener les blindés allemands devant la préfecture, et celle-ci ne pouvait pas tenir contre des chars. Les combats de la préfecture indisposent Choltitz, mais ce dernier vacille quant au choix de ses options. Nordling le convainc de proposer un cessez-le-feu pour gagner du temps. Choltitz croit que cela pourrait l'aider consolider ses défenses parisiennes. Il accepte, et il mandate le consul suédois Nordling d'ouvrir un dialogue avec les résistants. Sur le coup, ce cessez-le feu ne fait pas l'affaire de Rol-Tanguy et des autres leaders parisiens, car il leur enlève leur momentum. Mais ces derniers n'ont pas le choix car leurs partisans vont manquer de munitions. Du 19 au 20 Août, la résistance essaie de maintenir le cessez-le-feu, mais cela n'est pas facile. La résistance française, même à Paris, n'est pas monolithique, mais composée de nombreux mouvements souvent difficiles à contrôler via une autorité unique. Leurs actions sont étiolées et épisodiques. La trève ne dura qu'une journée. Cependant, le cessez-le-feu va permettre aux résistants de se déployer un peu partout dans la ville et d'occuper de nombreux édifices publics. Rol-Tanguy opta alors pour envoyer un émissaire pour convaincre les Américains d'envoyer une unité vers Paris. Après maintes péripéties d'un voyage périlleux de Paris vers la Normandie, le major Gallois rencontra les généraux Patton et Bradley. Ce ne fut pas un succès. Car les Américains ne voulaient pas modifier leur calendrier opérationnel pour aider les Parisiens. Condamnés à lutter à armes inégales, les leaders de la résistance parisienne s'attendaient à ce que les Allemands les répriment avec toute la puissance de leurs moyens, comme à Varsovie.
Aux barricades
Pendant que l'émissaire Gallois essaie de convaincre les Américains, Rol-Tanguy ordonne une "mobilisation citoyenne". Encore une fois, les Parisiens arrachent leurs pavés et coupent des arbres pour faire des barricades. De tels obstacles sont inutiles contre des blindés, mais leur construction a un effet mobilisateur et psychologique certain dans la population. Entretemps, le supérieur du général Von Choltitz, le maréchal Model, est insatisfait. Il déplore que son subordonné ait négocié un cessez-le-feu et lui ordonne de bombarder les îlots de résistance parisiens. Mais encore une fois, Choltitz hésite à utiliser les bombardiers. Les délais allemands vont aider les résistants à se positionner dans de nombreux points de la capitale, sans toutefois être en mesure de batailler efficacement contre les Allemands.
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Chars Renault utilisés par des FFI – Paris se couvre de barricades
L'émissaire de Rol-Tanguy aux Américains, Gallois, se fait conduire au PC du général Leclerc après sa rencontre infructueuse avec Patton.
A sa grande surprise, il se retrouve devant le général Bradley qui lui demande de s'expliquer. Gallois fit croire aux Américains que les résistants parisiens contrôlaient une "grande partie" de la capitale - mais ce n'était que du bluff, et compris comme tel par Bradley. Gallois ne put justifier l'envoi d'unités alliées vers Paris pour des raisons militaires, mais préféra insister sur les considérations politiques: sur les effets politiques d'une indifférence américaine vis-à-vis les Français: les Français ne pardonneront jamais aux Alliés une "pareille négligence". Avec un tel argument, il rejoignait à la fois les préoccupations de De Gaulle et d'Eisenhower. Gallois avait gagné son pari. Le SHAEF se prononça pour l'envoi d'une unité vers Paris: la 2ème DB du général Leclerc. Mais c'est risqué. Bradley ordonna à la 4ème Division blindée de l'armée du général Hodges d'appuyer la division de Leclerc, à une heure de route derrière lui. Le 22 Août, Leclerc se mit en route vers Paris, suivi par la division blindée américaine. Sur les routes, les véhicules français et américains furent acceuillis en libérateurs (ci-contre).
L'entrée dans Paris
Le 23, Leclerc arrivait près de Paris. Sa progression avait créé un petit saillant que les Allemands essayèrent de réduire en utilisant une division blindée, mais sans succès. Néanmoins, plusieurs chars Sherman et véhicules français furent percés par les antichars allemands de 88mm. Il y eut plusieurs embuscades; elles causèrent la mort de 317 soldats et 41 chars, mais Leclerc réussit à maintenir son momentum. Dans la nuit du 24 au 25, ses avant-gardes entrent dans Paris par la Porte de Gentilly, et se positionnèrent devant l'hôtel de ville. Les éléments avançés de la 4ème Division US entrent par la Porte d'Italie, traversent la Seine et se dirigent vers l'Est de la ville. Dès l'annonce de l'arrivée imminente d'unités alliées à Paris, Rol-Tanguy et les autres leaders improvisent la création d'un "cabinet" à Matignon. Des quartiers furent investis avec une faible résistance. Des prisonniers furent capturés, et le potentiel pour des excès était grand.
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Allemands escortés par des FFI et soldats français – D'autres échanges de tirs
Avec le grand nombre d'armes légères entre les mains des civils, les Allemands capturés ainsi que les Français qui avaient collaboré avec l'occupant pouvaient être l'objet de représailles, même entre les mains des soldats de Leclerc. Néanmoins, le volume de feu dirigé contre les véhicules français et américain fut léger et il fut possible de déterminer la direction des tirs et ainsi limiter les dégâts et les pertes de vies dans Paris. A ce moment, les sapeurs de Choltitz avaient terminé le minage des ponts et de nombreux édifices. Choltitz ne donna pas l'ordre de faire sauter la ville et il fut relevé de son commandement par le maréchal Model. Les forces allemandes positionnées au nord-ouest de la ville et commandées par le Groupe d'armées B sont déployées ailleurs, devant l'arrivée des Alliés. Malgré les ordres de détruire la ville, le général Speidel interdit la transmission des ordres de destruction. Selon lui, Paris n'avait aucune importance stratégique, surtout avec l'arrivée imminente d'unités alliées.
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Échanges de tirs vers un immeuble – Collabo capturé
La destruction partielle de la capitale ne règlerait pas ses problèmes militaires ponctuels, et produirait des milliers de victimes civiles. Speidel fut limogé de sa position à l'État-major du Groupe d'armées B et arrêté le 28 Août. Il ne subit pas la même disgrâce que Von Witzleben ou Hoeppner. Malgré l'entrée de Leclerc, des Allemands et des miliciens français continuent de résister sur certains points, n'hésitant pas à faire feu sur les véhicules, même si ceux-ci sont entourés de civils. Lorsque certains immeubles sont vidés de leurs défenseurs allemands ou collabos, les prisonniers sont souvent entourés d'une foule hostile désirant, parfois, en venir aux coups avec eux. Les soldats alliés et les FFI doivent déployer des efforts pour encadrer cette foule et limiter les excès.
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Les blindés de Leclerc entrent dans Paris – Soldats français vs snipers allemands
Durant cette matinée, le général Bilotte arrive à la préfecture de police. Avec Ely et Chaban-Delmas, il rédige un ultimatum qui doit être présenté à Choltitz. Mais ce dernier refuse. Entretemps, les FFI attaquent une caserne occupée par les Allemands à la Place de la République, tandis que le général Leclerc établit son PC de combat à la gare Montparnasse et ensuite à la préfecture. A 11H00, les Allemands retranchés dans la caserne de la Tour-Maubourg se rendent.
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Choltitz capitule
Isolé dans son QG de l'Hôtel Meurice, le commandant de la garnison de Paris prit congé de son adjoint et de son personnel et attendit calmement l'arrivée des Alliés. L'hôtel fut investi par des soldats français ayant à leur tête le lieutenant Henri Carchères. Il signa inconditionellement la reddition de la ville en présence du major Maori et fut enmenné à la préfecture de police (image ci-bas), au milieu des huées et des sifflets de la foule, lorsque celle-ci apprit la nouvelle. Le général Leclerc, commandant les forces françaises de Paris, reçoit la reddition de Choltitz dans la salle de billard de la préfecture de police. Sur l’acte de capitulation est adjointe la signature du colonel Rol-Tanguy, commandant les FFI de l’Ile-de-France. Choltitz accepta également de fournir des officiers munis du drapeau blanc. pour accompagner les Français afin de lire l'acte de reddition aux immeubles encore défendus par les Allemands. Paris était officiellement libérée. Les FFI s’emparent de la Porte de Clignancourt. Vers la fin de l'après-midi du 25, le général De Gaulle arrive à Paris et acceuilli par le général Leclerc qui lui remet l'acte de reddition de Von Choltitz. De Gaulle ne perd pas de temps. Il installe ses quartiers dans l'immeuble du ministère de la Guerre et y établit le siège du Gouvernement provisoire. En soirée, De Gaulle est reçu par les cadres de la Résistance à l'Hôtel de Ville. Bidault lui demande de proclamer la République. De Gaulle lui fit remarquer qu'elle n'avait jamais cessé d'exister. Il fit son célèbre discours radiodiffusé: ..Paris martyrisée, mais Paris, libérée, etc.
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Des prisonniers défilent sous les huées – La foule en liesse dans les rues
Les unités allemandes de la garnison de Paris qui ne s'étaient pas retirées à temps se rendent aux Alliés qui investissaient la capitale. Les Allemands de la caserne Prinz-Eugen se rendent, tout comme ceux retranchés au Palais Bourbon et du Quai d'Orsay. Mais il existe encore certains îlots qui n'ont pas pris connaissance de l'acte de reddition et/ou qui tiennent toujours leurs positions: à Vincennes, St-Denis, Joinville et Champigny. Les pertes causées par les combats pour libérer Paris se chiffrent comme suit: 76 tués et 200 blessés pour la 2ème DB de Leclerc; 900 tués et 1455 blessés pour les résistants FFI. Les Allemands perdent 3200 tués et plus de 12,000 prisonniers furent cueillis. La capitale s'en était infiniment mieux sortie que Varsovie. Il ne fait aucun doute qu'Eisenhower a été obligé de revenir sur sa décision de contourner la ville pour des raisons politiques et de prestige. Il eut assez de tact pour donner le beau rôle à la division de Leclerc, tout en étant assez prudent pour le couvrir par la présence d'une unité américaine. Ce sera De Gaulle qui donnera le clou de cette journée mémorable.
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Choltitz signe la reddition de la ville – La "sortie" de Choltitz (Paris brûle-t-il? 1965)
Lendemains de veille
Paris dormit nerveusement cette nuit-là. Des rafales ponctuaient encore occasionnellement certains endroits de la capitale. La ville fut sécurisée de ses dernières poches de résistance. Durant l'après-midi, De Gaulle ranime la flamme du Soldat inconnu à l'Arc de Triomphe en compagnie des généraux Leclerc, Juin, Valin, et Koenig; ce dernier a été nommé gouverneur militaire de Paris. Puis, c'est le défilé triomphant en passant par la Place de la Concorde et l'Hôtel de ville. De Gaulle arrive à la basilique Notre-Dame pour assister à un Magnificat. Durant les célébrations de la victoire, De Gaulle apprend discrètement que quelques unités allemandes du Groupe d'armées B font mouvement vers Paris et se bataillent avec des FFI et des bataillons de la 2ème Division blindée à St-Denis. En soirée, les défenses françaises sont renforcées à St-Denis: les troupes du général Billotte couvrent l'Ouest de Paris, tandis que des éléments de la 4ème Division US dégagent le Bois de Vincennes. A la surprise générale, la Luftwaffe fait un raid de bombardement nocturne sur Paris, tuant 189 personnes et en blessant près de 900; plus de 400 immeubles sont détruits. Mais de jour, l'aviation alliée charcute ce qui reste de la présence aérienne allemande entre Paris et l'Alsace.
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Le général Koenig et son état-major – De Gaulle aux Champs-Élysées
Rappelons que les hommes de la 4e Division d'infanterie US, entrés dans Paris le 25 Août, ont laissé à l'Armée française de la Libération le privilège de pénétrer les premiers dans la capitale, garantissant à la libération de Paris l'image d'une victoire essentiellement française. Ce succès constitue un symbole puissant qui contribue à garantir la place de la France parmi les forces alliées et dans le camp des vainqueurs du conflit. La BBC rendra publique en 2009 une demande des Américains, à une époque où la ségrégation raciale existe aux États-Unis, pour que les bataillons français et anglais défilant lors de la libération soient de composition "exclusivement blanche" (white only) alors que deux tiers des troupes françaises étaient composées de soldats originaires des colonies. Si tous les soldats noirs ont été remplacés lors du "blanchiment" de la division Leclerc lors de sa formation durant l'été 1943, en revanche, selon plusieurs historiens, tels Christine Levisse-Touzé et Olivier Forcade, les soldats maghrébins, au nombre de 3600, représentaient environ 20-25 % des effectifs de la division Leclerc dès Avril 1944.

Les Américains défilent dans Paris
Grâce aux soulèvements populaires spontanés de Paris, de Marseille et de Nice, des maquis du Limousin et de la Bretagne, régions qui, comme celle de Toulouse, se libèrent seules de l'occupant malgré une répression féroce, ainsi que celui du Vercors, qui est écrasé par la Wehrmacht, de même que la prise de la Provence par la 1re armée française, et auparavant l'excellente tenue de 80 000 Français en Tunisie et 120 000 en Italie, le Gouvernement provisoire de la République française possède ainsi la force et le prestige suffisants pour réaffirmer la République française et ses institutions. Celui-ci s'attèlera à la tâche ingrate mais nécessaire de désarmer les FFI, en particulier les "excités" de la gachette afin de rétablir l'autorité républicaine, tout d'abord dans la capitale et ensuite dans la totalité du territoire français. La conséquence directe de la libération de Paris sera la marginalisation rapide de la résistance intérieure (avec ses pièges politiques) au profit de l'action militaire directe contre les Allemands.
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