Pavel Rybalko

Maréchal

1894-1948

Officier de carrière soviétique qui fut le commandant responsable de l'arme blindée en 1943.

Né dans une humble famille, il étudie à l'école primaire avant de travailler dans une rafinerie de sucre jusqu'au début de la Grande Guerre. Versé dans l'infanterie du Tsar, il combat sur le front de Galicie où il est blessé.
A l'issue de la Révolution d'Octobre, il s'engage dans la Garde Rouge et pendant la guerre civile il est successivement commissaire politique au sein d'une formation de partisans combattant les Allemands en Ukraine puis officier politique sur le front du Turkestan où il contribue à l'établissement du gouvernement soviétique dans la région de Bashkir. En 1920, il est versé dans la 1re Division de Cavalerie où il sert avec les futurs maréchaux Timochenko et Boudiennyi. A la fin de la Guerre Civile, il prend le commandement du 61e RC avec lequel il acquiert une solide expérience des opérations mobiles. Conscient, malgré son expérience de combat, de son manque de formation en tant qu'officier, il se plonge de façon autodidacte dans l'étude des sciences militaires. Affecté à Moscou en 1924, il est sélectionné deux ans plus tard pour suivre le cours des officiers supérieurs de l'Armée Rouge (devenue plus tard Académie Frounze). Après avoir obtenu son diplôme, il est nommé conseiller militaire auprès de l'armée mongole. Puis, il commande un régiment de cavalerie cosaque pendant trois ans. Il est affecté à la toute nouvelle Académie Frounze où il se distingue par sa soif de connaissance et son érudition, ce qui est rare chez les officiers soviétiques de l'époque. Après avoir obtenu son diplôme avec distinction, il travaille à la réorganisation de l'armée blindée soviétique en s'appuyant sur les théories de Fuller et von Kleist. Rybalko échappe aux purges staliniennes du fait qu'à ce moment là, il occupe un poste à Varsovie où il sympathise avec les Polonais. En 1940, il devient professeur de tactique à l'école des chars de Kazan.

Il poursuivit une carrière très ordinaire en 1940, lorsqu'il fut nommé instructeur cadre de blindés, poste qu'il conserva jusqu'à l'automne 1942. Rybalko n'obtint pas de commandement durant l'invasion allemande de 1941 et se contenta de "sécher sur le banc" jusqu'à l'été 1942. Durant cette période creuse, c'est son ancien ami Eremenko qui l'aide à obtenir en mai 1942, le commandement adjoint de la IIIe Armée Blindée qui fait partie de la réserve du haut commandement. Très vite, Rybalko est conscient des carences des forces blindées : absence de coopération interarmes, peu d'intérêt porté à l'artillerie, chaos logisitque, erreurs dans la conception du char de combat comme arme. Finalement, à la suite d'une décision de Staline, il prend le commandement de la IIIe Armée Blindée. Après avoir réorganisé son unité à la fin de 1942, Rybalko participe aux opérations du front de Voronej du début de 1943 jusqu'au 25 février. Il apprend beaucoup lors de la contre-attaque victorieuse de von Manstein sur Kharkov et réussit, à différents moments, à enrayer l'avance allemande, utilisant des groupes mobiles (à l'image des Kampfgruppen) selon les besoins. A la fin de février 1943, il obtient le grade de lieutenant-général et reçoit l'ordre de Souvorov. Après avoir réorganisé son unité décimée et épuisée par les précédents combats (qui devient IIIe Armée Blindée de la Garde en mai), Rybalko participe à la bataille de Koursk sous le commandement de Konstantin K. Rokossovski (Front du Centre). Il s'y distingue malgré les sempiternels défauts de logistique. A la fin de 1943, il participe de manière décisive à l'offensive en Ukraine pour libérer Kiev. Il commanda successivement les 3ème et 5ème Armées de Chars. Il prit par à la reconquête du Don, du Dniepr, et de la bataille de Berlin où il faillit être tué. Ultérieurement, il fut crédité d'avoir libéré Prague. A l'automne 1945, Rybalko est promu maréchal et Héro de l'URSS.

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