Salerne

Avant même que l'invasion de la Sicile ne soit terminée, les Américains prennent le risque de lancer une opération de débarquement en Italie, dans la baie de Salerne. Selon les mémoires du général Clark, l'opération fut "un quasi-désastre". Il s'agit d'une opération organisée en hate; les effectifs qui allèrent attaquer n'avaient pas été mis au repos, informés et ré-entrainés pour cette tâche. Néanmoins, l'affaire fut quand même réglée non seulement à cause de son obstination conjugée à celle de Montgomery, mais à cause des mauvais rapports existant entre Kesselring et Rommel. Le plan fut le produit du quatuor Eisenhower, Alexander, Tedder et Cunningham. La 8ème Armée britannique ferait une attaque de diversion en débarquant sur la pointe de Calabre, via le détroit de Messines afin d'attirer des unités allemandes vers le sud de l'Italie. Après coup, la 5ème Armée US ferait son opération de débarquement à Salerne.

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L'attaque initiale

Le 3 Septembre, les Britanniques firent leur débarquement à Reggio sous un appui-feu naval, sans rencontrer de résistance. Les soldats anglo-américains sont ravis d'apprendre la nouvelle de la capitulation italienne: pour eux, l'entrée en Italie serait du gâteau. Les unités allemandes présentes dans la région avaient reçues l'ordre de ne pas se frotter avec les Alliés. Le général Dempsey n'a eu aucun mal à progresser jusqu'à Pizzo, et les troupes canadiennes jusqu'à Crotone ( voir le Canada et la guerre). Le 8 Septembre, Kesselring apprend qu'une puissante flotte anglo-américaine se dirige probablement vers la baie de Salerne. Il ordonne à la 10ème Armée commandée par le général Vietinghoff de se préparer à contrer l'invasion. Salerne est une ville portuaire dont la baie est entourée par des hauteurs que dominent l'armée allemande; celle-ci a le temps de s'y installer et d'y préparer des défenses valables. Le lendemain, les navires anglo-américains se présentent dans la baie et débarquent des troupes entre les villages de Paestrum et Maiori, de chaque côté de la ville de Salerne. La résistance est plus forte que prévue. Les avions d'attaque au sol Stuka et les bombardiers Ju-88 s'en prennent aux navires alliés et plusieurs sont endommagés, comme le cuirassé Warspite et le croiseur Uganda. La 16ème Division blindée allemande encaisse les chocs, mais ne cède pas de terrain. A la fin de la première journée, la 36ème Division d'infanterie US a progressé de 5 milles depuis la plage, mais les éléments britanniques sont bloqués dans la ville de Salerne et se battent pour chaque rue. Le 11 Septembre, les Alliés ont agrandi leur périmètre de 11 milles. Kesselring resta calme et souriant. Il avait concentré suffisamment de forces pour endiguer les forces alliées dans leur périmètre restreint. Il s'aperçoit que les Britanniques avancent plus lentement que les Américains, et ordonne à Vietinghoff de taper sur les Britanniques pour ensuite se retourner contre les Américains.

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Un obus allemand qui est passé tout près Véhicules légers américains débarqués

Le climax de la bataille de Salerne se déroula à Ponte Brucicato. Clark fut très surpris de constater la présence de la Division de parachutistes Hermann Goering en bonne forme et très motivée; il envoya tout ce qu'il pouvait pour l'affronter. Mais le 13 Septembre, Vietinghoff lance une contre-attaque qui bouscule un bataillon complet du 143ème Régiment d'infanterie US. Il y eut de nombreux corps-à-corps. Les cuisiniers, ingénieurs, et chauffeurs de camions devaient prendre le fusil pour sauver leur peau. Certains de ses subalternes lui demandent même de préparer des ordres de ré-embarquement. Clark savait que l'affaire était risquée, car Salerne se situe à la limite de l'autonomie des chasseurs-bombardiers partis de Sicile ou d'Afrique du Nord. Tout le périmètre du débarquement est contre-attaqué par des Allemands résolus et expérimentés. Clark ordonna à la 82ème Division aéroportée de faire un lâcher de parachutistes à l'intérieur du périmètre de débarquement, malgré les combats incessants. Il prit le risque d'ordonner un appui aérien de quadrimoteurs B-17 pour tapisser les positions allemandes en banlieue de Salerne. Tous les bombardiers américaind de l'USAAF en Méditérannée ont été utilisés dans cette opération de tapissage, et ils sauvent les troupes anglo-américaines d'un quasi-désastre. L'étau allemand se dénoue progressivement à partir du 17 Septembre, et Vietinghoff amorce un repli vers les Apennins.

Les combats à Salerne

Rommel est pessimiste

Que serait-il arrivé si Rommel avait offert sa 24ème Division blindée ainsi que la Liebstandarte SS à la disposition de Kesselring pour les utiliser à Salerne? Ce sera une question sans réponse, car Hitler a ordonné de ne pas renforcer la 10ème Armée de Vietinghoff, la jugeant capable de se débrouiller seule avec les Anglo-Américains. Devant la position précaire de Clark, Alexander demanda à la VIIIème Armée de Montgomery de presser le pas pour que son attaque dégarnisse Salerne et attire quelques unités allemandes vers le sud. Le 16 Septembre, Clark avait perdu 756 tués, 1100 prisonniers et 900 blessés. Le croiseur Savannah fut gravement endommagé par une bombe guidée Hs-293 lancée par un bombardier allemand et radioguidée vers sa cible. Une partie des éléments britanniques progressèrent sur la côte adriatique, ce qui fit dégarnir des unités allemandes de Salerne.

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Chars et semi-chenillés américains Une tête de pont est établie

Vietinghoff se fit tapisser par les B-17 qui le contraint à replier ses forces. Cette défaite allemande à Salerne forçe Kesselring à désengager et à se chamailler avec Rommel sur la suite des choses en Italie.

Le 21 Novembre, Hitler rappela Rommel en Allemagne, laissant Kesselring agir à son gré comme le véritable patron militaire allemand en Italie.

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Une retraite minutieuse

Vietinghoff entreprend de retraiter progressivement son armée en prenant soin de miner chaque pont, chaque maison délabrée avec des pièges, afin de gêner le plus possible la progression alliée. L'automne italien se chargea de faire le reste: des pluies pleine transforment de nombreuses routes en "sauce de chocolat", et de nombreux torrents engorgés inondent les vallées, ce qui complique encore plus les efforts alliés. Certains villages situés au centre de certaines bonnes routes furent dynamités pour que leurs ruines bloquent les colonnes de véhicules ennemis.

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La pluie torrentielle ralentit la progression alliée

Prise de Naples

A la fin de Septembre, les Anglo-Américains arrivent à Naples et trouvent la ville contrôlée par la population italienne elle-même. Dès que la nouvelle du débarquement de Salerne leur est parvenue, les habitants de Naples se soulèvent contre les troupes allemandes pressées de quitter la ville. Il y eut quelques combats sporadiques avec des morts de part et d'autre. Les derniers Allemands quittèrent la ville au moment même où les croiseurs alliés pilonnent le port. Les Alliés furent acceuillis en libérateurs, mais ils trouvent une ville en proie autant à l'anarchie qu'à la famine. L'eau se fait rare; il y a une épidémie de typhus; même le Vésuve se réveille pour exorciser les habitants. De surcroit, les Anglo-Américains n'ont aucune ressource matérielle pour aider la population civile à contrer cette famine. Il faudra deux mois pour que les Alliés stabilisent la situation alimentaire et matérielle des Napolitains - non sans traiter avec la mafia locale. Le général Clark en aura des maux de tête... Aux dires de plusieurs correspondants de guerre, cette ville est magnifique lorsque vue de l'extérieur. Mais à l'intérieur, ils la perçoivent comme un îlot de crasse où s'entremêlent bassesses et trafics de toutes sortes.

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Les Américains à Naples – Le général Clark à Naples

Peu après la prise de Naples, Clark reçoit des renforts du général Juin: une division de Marocains, une division d'Algériens et une brigade motorisée - le tout totalisant 65,000 hommes, 12,000 véhicules et 2500 mules.. Cependant, Clark considérait ces troupes comme de second ordre et il leur donna aucun rôle offensif de première ligne; il s'en servit cependant pour des opérations de nettoyage de poches de résistance dans plusieurs villages, ou encore dans l'assaut de positions secondaires, comme la colline Mainarde. Au même moment, Kesselring va établir sa stratégie en fonction des actions anglo-américaines, tout en consolidant ses défenses dans les Abruzzes. Le 20 Décembre, les généraux Eisenhower, Montgomery et Spaatz quittent l'Italie pour l'Angleterre afin d'occuper d'autres responsabilités plus importantes, et le théâtre d'opération italien devenait pour eux très secondaire.

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