Fin de l'Atlantis

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Durant la Première Guerre mondiale, les croiseurs auxiliaires allemands camouflés en navires de commerce furent les outils de guerre navals les plus redouté au début du conflit. Ils avaient la triple tâche de forcer le blocus maritime allié, arraisonner des navires marchands pour s'emparer ou détourner leurs cargaisons vers des ports neutres, et de couler des cargos ennemis. Le but de ces raiders était de créer un climat d'insécurité général sur les lignes maritimes internationales afin de dissuader les armateurs d'affréter des navires marchands pour le compte des Alliés. Cette stratégie fut également utilisée durant la Seconde Guerre mondiale. En Janvier 1941, l'Allemagne nazie avait six croiseurs auxiliaires déguisés pour agir comme raiders contre les navires marchands alliés. Deux d'entre eux, le Pinguin et le Kormoran, totalisèrent 190,000 tonnes de navires marchands coulés. Trois autres coulèrent moins de navires, mais purent retourner en Allemagne au nez et à la barbe des Alliés. Mais le plus célèbre d'entre eux fut le raider Atlantis, commandé par le capitaine Bernhard Rogge.
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Sa saga
L'Atlantis appareilla de Hambourg le 11 Mars 1940 et débuta une saga de 622 jours de croisière. Il prit l'apparence de nombreux navires marchands de pays neutres; entre autres, le cargo soviétique Kim, le cargo hollandais Abbekerk, et surtout celle du minéralier japonais Kasii Maru. La première victime de l'Atlantis fut le cargo britannique Scientist, coulé le 3 Mai dans l'Atlantique Sud. Le 10 Mai, il mouilla une soixantaine de mines flottantes près du cap Agulhas en Afrique du Sud. Mais ces mines furent rapidement dégagées par la Royal Navy lorsqu'une d'entre elles explosa prématurément. L'Atlantis opéra dans l'Océan Indien ou il arraisonna et coula 15 navires, selon les règlements internationaux au Droit de prise. Rogge reçut de la Kreigsmarine la plupart des codages et des procédures en vigueur dans la marine marchande britannique, ainsi que la plupart des renseignements sur les ports d'attaches et les routes ancitipées des navires marchands de plusieurs pays. L'Atlantis gardait à son bord les équipages de navires coulés dans une section verrouillée. Ils étaient bien nourris et soumis à aucun abus d'autorité. Une familiarité étonnante allait lier ces prisonniers de plusieurs nations avec les marins de l'Atlantis; car, tous partagaient le destin incertain du raider dans ses opérations d'arraisonnement. Lorsque l'Atlantis arraisonna et coula le cargo britannique Automedon, Rogge mit la main sur un document du Cabinet de guerre britannique concernant le déploiement maritime des navires marchands en Extrême-Orient. Rogge téléscripta une copie du document à l'Amirauté japonaise. Après la chute de Singapour, Rogge reçut un sabre honorifique avec la signature gravée de l'empereur Hiro-Hito. Dans l'Océan Indien, les croiseurs et destroyers de la Royal Navy traquèrent l'Atlantis durant de longs mois, sans succès. Le raider allemand semblait doué pour éviter les pièges. Abrité dans une crique des îles Kerguelen, Le raider s'abritait nerveusement dans les brouillards matinaux et crépusculaires pour se dissimuler à la vue de destroyers ou d'hydravions de reconnaissance. En Décembre 1940, il fut intercepté de nuit par un destroyer britannique qui voulait l'inspecter. Rogge gagna du temps nécessaire pour lui envoyer une torpille, et le neutralisa. L'Atlantis s'esquiva et à l'aube, un autre destroyer receuillit les survivants de son imprudent jumeau qui commençait à giter
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Marins évacuant un destroyer frappé par l'Atlantis – Canons de pont de l'Atlantis
Par la suite, il y eut plusieurs semaines d'inactivité, au point que l'Amirauté britannique se demandait si elle avait affaire à un "vaisseau fantôme". Durant l'année 1941, les Britanniques utilisèrent 17 navires et 10 hydravions sur trois océans pour rechercher l'Atlantis. Sans succès.
Tactiques
La technique d'interception pratiquée par le capitaine Rogge était idendique à celle utilisée par les raiders de la Première Guerre mondiale. L'Atlantis transportait une énorme quantité de peinture et de panneaux pour construire de fausses cloisons, dunettes et cheminées; l'une des tâches des marins était de peinturer et de marteler.. L'Atlantis disposait de renseignements provenant de la Kreigsmarine, de ceux des capitaines de submersibles allemands et italiens, ainsi que du registre naval international de la compagnie d'assurances Lloyd's, édition 1939 pour identifier les navires, leurs ports d'attaches, leurs routes empruntées, et leurs cargaisons habituelles. Avec ces-dits renseignements, Rogge et ses officiers pouvaient à la fois anticiper la direction probable des navires à intercepter et bricoler un scénario pour maquiller le navire, approcher une cible visée et l'arraisonner. Voici les étapes:
Si le navire intercepté essaie de se servir de sa radio pour lancer un message, les officiers de l'Atlantis essaient de le brouiller et font tirer sur la timonerie (clip ci-bas). Ils envoient également un nouveau message selon la procédure utilisée par la marine marchande britannique pour signaler soit des difficultés mineures, ou que tout va bien.
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Faites-moi taire cette radio! – Navire coulé par l'Atlantis
Durant ses opérations, l'Atlantis utilise rarement sa radio, sauf sur une fréquence aussi basse que possible, à courte distance. Il préfère communiquer ses intentions par des signaux lumineux. Rogge essaie toujours de minimiser les victimes chez l'ennemi, et préfère être le plus humain possible avec ses prisonniers. La majorité de son équipage partage son comportement dit de la "vieille école". Le moral de l'équipage était élevé et avait beaucoup d'estime pour son capitaine, à l'exception d'un petit groupe de marins nazis, plus intéressés par le zèle national-socialiste que par le professionalisme.
L'étau se resserre
L'Atlantis a souvent pris rendez-vous avec des ravitailleurs allemands en mer. Il a également lui-même approvisionné plusieurs submersibles allemands et italiens. Le 8 Avril, il retourna dans l'Atlantique où il coula cinq autres navires marchands en utilisant divers stratagèmes. Mais dans la nuit du 17/18 Avril, Rogge eut un frousse lorsque l'Atlantis se retrouva à moins de quatre milles entre le cuirassé Nelson et le porte-avions Eagle qui ne l'ont pas détecté. Le 6 Août, il s'aventura dans le Pacifique où il ne coula qu'un seul cargo britannique. Il traversa tout le Pacifique et l'Océan Indien, puis fut appelé pour ravitailler le submersible allemand U-126 dans l'Atlantique Sud. Ce que Rogge ignorait, c'est que l'Amirauté britannique avait réussi à décoder les points de rendez-vous ainsi que la quasi-totalité du cryptage allemand qu'envoyait la Kriegsmarine à ses raiders. L'Amirauté avait déterminé la position du U-126 et envoya le croiseur Devonshire et un hydravion avec grenades sous-marines pour intercepter l'Atlantis.
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Le croiseur Devonshire – Les survivants de l'Atlantis sur le U-126
Le Devonshire repéra l'Atlantis et le submersible en pleine opération de ravitaillement en diésel. L'Atlantis détacha le boyau diésel du U-126, et se remit en marche à petite vitesse pour ne pas éveiller de soupcons chez le croiseur. Pendant ce temps, le submersible plongea hors de vue des Britanniques. Le Devonshire demanda à l'Atlantis de stopper pour se faire inspecter. Rogge s'était identifié comme étant le cargo Polythemus. Après vérification radio auprès de l'Amirauté, les Britanniques reçurent un message du véritable Polythemus. L'Atlantis ne pouvait pas ouvrir le feu sur le croiseur car ce dernier était hors de portée de ses canons; ce qui n'était pas le cas pour le Devonshire. Rogge espérait que son navire pourrait appater le croiseur anglais pour les torpilles du U-126. Cependant, dès que ce dernier a vu l'hydravion anti sous-marin dans son périscope, il fit une plongée profonde et laissa l'Atlantis à son sort. Le Devonshire ouvrit le feu sur l'Atlantis et le coula. Rogge ne fit pas tirer, de manière à laisser un doute dans l'esprit de l'Amirauté britannique quant à l'identité véritable du navire qu'elle a attaquée. Après la destruction de l'Atlantis, le Devonshire ne resta pas sur les lieux car il craignait les submersibles allemands. Le U-126 refit surface et receuilla les survivants, y compris de nombreux prisonniers britanniques. Ils furent transférés sur le cargo-ravitailleur allemand Python. Comble de malchance, le Python fut coulé trois jours plus tard par un hydravion PBY Catalina, et les survivants de l'Atlantis ont été receuillis par trois submersibles italiens et débarqués à St-Nazaire, le 29 Décembre 1941. L'Atlantis avait coulé 22 navires, dont un destroyer.
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