El Alamein

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La seconde bataille d'El-Alamein va se dérouler durant la dernière semaine d'Octobre et la première semaine de Novembre 1942. Elle culminera par une retraite germano-italienne de Cyrénaique et de Tripolitaine qui se terminera par la prise de Tripoli au début de 1943. La victoire à Alam Halfa donna à Montgomery un avant-goût de ce qu'il aurait à faire comme prélude à une offensive générale en Afrique du Nord. Soit que les véhicules et chars allemands pouvaient être endigués et stoppés dès le début d'un combat. Montgomery fut assez lucide pour admettre que les chars allemands, en terrain découvert, étaient plus manoeuvrables que les siens et qu'ils pouvaient les détruire aisément. Finalement, tout comme à Alam Halfa, Montgomery n'avait pas l'intention d'envoyer ses chars cavaler vers les positions antichars de Rommel sans qu'ils ne soient accompagnés d'infanterie. L'attaque qu'il comptait faire avant de lancer son offensive vers l'Ouest serait méthodique et respecterait les étapes suivantes: Tenir le coup et endiguer les chars ennemis dans les mines. Procéder à la destruction systématique de l'infanterie ennemie par l'artillerie et l'aviation.
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Monty prend la barre
El-Alamein est une petite localité côtière située dans la province égyptienne de Matrouth à 66 milles d'Alexandrie. C'est à cet endroit que Montgomery voulait lancer son attaque à partir de dépôts avancés sur lesquels l'infanterie britannique aurait toutes les ressouces voulues en vivres, eau, carburant et munitions. Montgomery désirait aussi tromper Rommel quant au point de percée de la 8ème Armée. Il savait que Rommel ne bénéficierait pas de sa précieuse liberté d'action à cause de son harcèlement continu par la Desert Air Force ainsi que par les nombreux champs de mines britanniques. Montgomery ne voulait pas se fier à la chance pour réussir son attaque. Il voulait que tout soit méthodiquement préparé. Au lieu d'attaquer avec deux corps d'armées, il en ajouta un troisième, le 10ème Corps motorisé, commandé par le général Lumsen. Sa tâche serait d'accompagner les chars britanniques pour exploiter leurs percées, à la façon des Allemands.
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Qui est ce général aux genoux blancs? – Rommel n'est pas sûr de son affaire
Montgomery fut très chanceux d'accepter le commandement de la 8ème Armée. Auchinleck avait fait la grosse partie du travail défensif pour lui, en établissant des périmètres défensifs d'artillerie et de champs de mine des crêtes frontalières jusqu'à la côte, et fortifiant des points comme Ruweisat et Alam Halfa. Auchinleck avait même stoppé Rommel pour lui avant de quitter ce théâtre d'opérations pour l'Iraq. Mais il y avait quelques hics. Montgomery savait que Rommel essayerait encore une autre tentative de percée, et il devait établir sa crédiblité auprès de la troupe. Contrairement à d'autres généraux qui préféraient garder une certaine distance avec leurs troupes, et qui tenaient les journalistes à bout de bras, Montgomery fit un effort pour se rapprocher de ses hommes.
Les soldats se méfiaient un peu de ce nouveau général maigrichon aux "genoux blancs" qui n'avait aucune expérience dans l'offensive, et qui s'était jusqu'à lors cramponné sur un petit secteur en 1940 durant la campagne de France. Aux dires de ses subalternes et des correspondants de guerre, Montgomery fit du bon "pep talk" avec ses hommes, et trouva des astuces pour accroitre l'identification de ceux-ci avec leur général: ses chapeaux furent un grand sujet de conversation, de même qu'un atout pour son charisme. Il se montra presque tous les jours. Il disciplina de nombeux autres généraux et officiers subalternes dont il reprochait leur "pessimisme contagieux". En quelques semaines, il reconstruit le moral vacillant de cette 8ème Armée, éprouvée depuis la perte de Tobrouk. Montgomery fut d'une franchise glaciale qui, curieusement, ragaillardit ses hommes au lieu de les démotiver. Il leur dit qu'il n'était plus question désormais de reculer, de se cramponner, ou de laisser l'initiative à Rommel: ceux qui ne mourront pas en se cramponnant auront l'honneur de mourir en avançant. Il faut percer, refouler, et vaincre. Son attitude persuasive était également celle de Churchill, obsédé non pas par le nouveau conflit titanesque germano-soviétique, mais par ce Rommel qui lui a jusqu'ici éludé toute victoire significative et son prestige personnel - auprès de Roosevelt: Rommel! Rommel! Rommel! Rommel! Is there something more important to us than to beat him? La victoire à Alam Halfa lui donna la crédibilité nécessaire pour lui permettre de franchir la ligne de défense établie à la ville côtière d'El Alamein.
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Le général Montgomery – Son patron, le général Alexander – Lieu d'El Alamein
Selon Montgomery, la 8ème Armée devait se battre "comme une armée", c'est-à-dire comme un ensemble coordonné et non plus en groupes de brigades, en petites colonnes séparées, et des agrégats de divisions dispersées comme auparavant. Mais il reconnaissait que la coordination était souvent difficile dans le feu de l'action. En Égypte, le général Alexander avit reçu plus de 300 chars Sherman américains ainsi qu'une centaine d'automoteurs d'artillerie M7 de fabrication américaine par le port de Suez. Il envoya la plupart de ces ressources à Montgomery. Bien qu'ils seront inférieurs aux nouveaux modèles mis en service par les Allemands, ces chars Sherman étaient plus que suffisants pour s'opposer aux modèles allemands et italiens. De plus, ils étaient faciles d'entretien et fiables mécaniquement. Montgomery reçut également une version du Hurricane adaptée pour l'attaque au sol. Le Hurricane II, surnommé "Hurri-Bomber", n'était plus armé de mitrailleuses Browning, mais de quatre canons-mitrailleurs de 20mm et de quatre attaches pour bombes de 125 lbs. Ces Hurricanes, plus lourdement armés et protégés, étaient moins agiles dans le combats aériens que le modèle original, mais ils furent sans merci pour les chars et autres véhicules des partenaires de l'Axe (image ci-bas).
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L'obusier automoteur M7 de 105mm – Le char M4A1 Sherman sera le fer de lance britannique – Un Hurri-Bomber
Montgomery savait que sa supériorité matérielle et numérique lui permettrait de combattre avec une chance, mais sans la garantie de vaincre. Son seul atout sera de miser sur la ruse, en attaquant en un endroit et au moment où les Germano-Italiens ne seraient pas préparés à repousser un assaut. Mais dans une topographie aussi prévisible que le secteur d’El Alamein, il n’était pas facile de persuader Rommel à se préparer pour une offensive britannique au sud. Mais le désert n’est pas le front russe où il est possible de bénéficier d’un certain couvert. Comment Montgomery enverrait des milliers de soldats et du matériel au sud près des sables mouvants de Quattara sans être détecté des airs? Son subordonné, le général de Guingand, fait part du plan au colonel Clarke : Il faut que tu caches 150,000 hommes et 1000 blindés dans un désert aussi dur et plat qu’une table de billard. Les Allemands doivent tout ignorer. Le premier vagabond arabe venu t’épiera et ira tout leur raconter pour un paquet de thé. C’est une tâche irréalisable et tu dois la réaliser! Dès lors, il lui vient l’idée d'appliquer les trucs que Rommel avait utilisé en 1941 : mannequins en treillis, chars en cartons, faux canons, faux aqueduc de carburant, transmissions radio bidons, etc. De même, Montgomery prépara son infanterie par un bon programme d'entainement, tout comme avant Alam Halfa. Toute cette activité expliquait que la 8ème Armée tardait à attaquer, malgré l'impatience de Churchill. Montgomery fixa la date de l'attaque durant la nuit du 23 Octobre, en pleine lune.
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Déploiements germano-italiens
Le 22 Septembre 1942. Rommel doit retourner en Allemagne pour soigner sa gorge, non sans avoir fait escale à Rome pour rencontrer Mussolini ainsi que Hitler à Berlin. Entretemps, il passe temporairement son commandement au général Stumme, qui avait été l'artisan des progressions rapides de la Wehrmarcht en Grèce.
La nouvelle job de Stumme permit d'éviter sa disgrâce par Hitler s'il était resté en Russie, tout en permettant à Rommel d'éviter la même chose s'il était resté en Afrique du Nord. Il faut signaler que presque tous les éléments blindés allemands avaient été évacués à l'arrière du dispositif d'Alamein, et de ce fait, les préparatifs furent essentiellement défensifs. La brigade commandée par Ramcke était terrée en positions statiques à portée de tir de l'artillerie britannique, tout comme les cinq autres divisions allemandes et la 164ème Division Folgore italienne. Pour endiguer une éventuelle percée britannique, Stumme garda ses deux divisions blindées les plus aguerries: la 21ème d'école (Lehr), allemande, et l'Ariete italienne. Stumme disposa deux autres divisions blindées au nord et au sud de la direction anticipée par une éventuelle percée britannique: la 15ème allemande, et la Littorio italienne. Qui plus est, les Allemands semèrent une quantité incroyable de mines pour gêner la progression britanniques vers leurs points fortifiés: 445,000 mines furent posées (image gauche). Ce faisant, Montgomery s'aperçoit que Rommel peut lui-aussi mener une guerre statique (clip ci-bas).
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Disposition des champs de mines allemands – Rommel est soucieux de l'état de son armée
De même, pour augmenter l'efficacité des défenses antichars de 88mm, les Allemands déployèrent une centaine de canons antichars russes de 76,2mm. Cependant, les préparatifs germano-italiens sont gênés par la chaleur accablante, la dysentrie, les coups de soleil, et le manque de médicaments. Quant à Rommel, il sait que la partie ne sera pas facile à jouer, et ne se gêne pas pour l'affimer timidement aux actualités cinématographiques.
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Le dispositif des belligérants à El Alamein – Les premières progressions britanniques
Peu avant son départ pour l'Allemagne, Rommel a préféré mélanger les unités allemandes et italiennes entre elles afin d'être certain qu'elles tiennent leurs positions. Ainsi, les deux groupes de combats allemands, inculant une unité de parachutistes, encadrent l'infanterie et l'artillerie italienne. Rommel craint une attaque alliée par le sud et il compte sur la lenteur des Britanniques pour pouvoir ramener leurs blindés au nord lorsque le bal va se déclencher. Rommel établit une défense en profondeur pour atténuer les tirs de l'artillerie ennemie. Les blindés allemands ne sont pas nombreux ni en bon état de marche, et les soldats étaient aussi usés que leurs semelles. L'insuffisance du ravitaillement italien fit que les rations étaient diminuées de moitié, et les hommes n'avaient reçu aucun aliment gras ou légume les jours précédant l'offensive. De plus, le climat entraînait un nombre important de malades parmi les rangs des combattants. Les Allemands disposent donc en octobre de 54,000 soldats, les Italiens de 62,000. Les Italiens, eux, sur l'ensemble du territoire africain disposent de 146,000 hommes dont la moitié seulement sont des combattants,
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Dans l'attente de l'assaut...
Préparatis britanniques
En face d'eux, Montgomery dispose de 1 029 chars, 200 sont en réserve et près de 1 000 en réparation. La différence avec les Allemands est considérable, mais cela a toujours été ainsi. Ses chars sont répartis en 3 divisions complètes et deux brigades. Outre ses chars Matilda et Crusader, les Britanniques disposent également de ses nouveaux Sherman capables de rivaliser avec les PZKW-IV allemands. Sa 8ème Armée rassemble 220,000 soldats contre 110,000 pour les Germano-Italiens. Son comporte 2 000 canons contre 550 canons de campagne et 850 pièces antichars pour les Allemands. Le plan de Montgomery est de percer le front ennemi au nord avec le 30ème Corps qui ouvrira une passage dans les champs de mine afin de permettre au 10ème Corps d'y pénétrer. Le 13ème Corps situé au sud développera une attaque vers le plateau de Taqa et une autre au niveau du Djebel Kalakh pour faire diversion et fixer des forces adverses[4]. Les Anglais veulent faire subir aux germano-italiens des pertes bien supérieures aux leurs, ce qui depuis le début de de la guerre du désert ne s'est quasiment jamais produit. Enfin, la victoire de l'infanterie sera un préalable à l'engagement des chars. On le voit, alors que les Allemands craignent pour leur front sud, l'effort anglais va se diriger au nord du front. Cependant, les champs de mines du nord sont extrêmement profonds et vont donc constituer un obstacle de taille pour les Anglais et leurs alliés.
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La bataille
Le 23 Octobre à 21H40, plus de 900 obusiers firent un tir de barrage de 15 minutes dans la plus pure tradition de la Première Guerre mondiale.
Presque toutes les positions occupées par les germano-italiens furent visées par ce tir de saturation nocturne et celles-ci furent complètement surprises par les tirs britanniques. Ces tirs furent la levée de rideau de la plus importante opération aéro-terrestre britannique depuis le début de la guerre. Le pilonnage neutralise la plupart des batteries allemandes et endommagea son réseau de cables de téléphone de campagne. A plusieurs endroits, des réseaux de mines allemandes furent détonnées par ces tirs. des centaines d'avions attaquent les positions de l'Axe. L'aviation illumina le ciel de grappes de fusées éclairantes, et des bombes furent largées sur d'autres champs de mines allemands correctement identifiés. En pleine nuit, des blindés légers surnommés Scorpion, se frayèrent un chemin cahin-caha au-travers du fracas et de la fumée pour faire détonner d'autres mines allemandes enfouies. Lorsque l'aube se leva, l'infanterie australienne est envoyée - baillonnette au canon – sur ce qui restait des positions d'artillerie ennemies. Dans le secteur sud, le 13ème Corps commandé par le général Horrocks parvint à venir à bout de la résistance déterminée des Italiens commandés par les généraux Brunetti et Frattini. Horrocks fut aidé par la brigade française libre de Koenig, mais ne put empêcher la progression de la division blindée italienne Ariete.
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Commentaires de vétérans britanniques – Les Australiens attaquent – Les échecs britanniques du 26 Octobre
Le 30ème Corps se fraie un chemin en faisant éclater beaucoup de mines
Il s'ébranla sur deux "corridors"; la 9ème Division australienne dans le premier, et la 51ème Division dans le second. Ils s'en prirent à l'infanterie italienne, mais de nombreux soldats britanniques furent victimes de mines non-explosées.
Entretemps, le général Stumme mourut d'une crise cardiaque et tomba de sa voiture sans que son chauffeur s'en aperçoive. Cette perte affligea sévèrement les Germano-Italiens, et il fut remplacé par le général Von Thoma. De son côté, Montgomery envoya le nouveau corps d'armée motorisé talonner l'avance de ses chars, mais ces derniers furent momentanément bloqués par.. des mines britanniques ainsi que par des canons antichars allemands non-détruits. Le centre de l'attaque britannique était bloqué, au prix de nombreuses pertes humaines et de véhicules. Lorsqu'il apprit la nouvelle de l'attaque britannique, Rommel demanda l'autorisation de retourner en Afrique du Nord. Il arriva dans la soirée du 26 Octobre. Le 25, Montgomery ordonna à ses 13ème et 30ème Corps de se grouiller sans se cramponner et de ré-attaquer. Mais encore une fois, la résistance germano-italienne les clouèrent sur place après une dizainne de kilomètres. Il arriva dans une position avancée pour organiser tout de go de nouveaux assauts (image ci-bas), à la grande surprise de ses subalternes et des correspondants de guerres qui n'étaient jamais trop loin. La contre-attaque allemande frappe le secteur australien sur la crête de Kidney juste au nord de celle de Miteiriya. Les Britanniques perdent 26 chars qui sautent sur les mines posées préalablement par les Allemands. Au sud, Allemands et Italiens essaient de bousculer les unités ennemis sur la crête de Munassib, mais sans succès. Les chars britanniques tiennent leurs positions, mais là-encore, plusieurs sont détruits. Montgomery est frustré de ne pas percer plus aisément, malgré sa supériorité numérique. Le 26, une nouvelle attaque britannique échoue devant la ténacité de la 164ème Division allemande.
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Infanterie britannique subissant des tirs – Sur les lieux d'un combat de chars
Les chars germano-italiens étaient attaqués sans répit par les Hurricanes et P-40 britanniques et leur nombre diminuait sans cesse. La performance du nouveau petit canon antichar QF-6 britannique fut également appréciée. La 15ème Division blindée allemande n'avait plus que 42 chars, et la division blindée allemande Littorio, 69. Le 27 Octobre, Rommel fit avancer la 21ème Division blindée avec ses 106 chars repousser les Britanniques sur la crête de Ruweisat. Un duel de chars et d'antichars dura toute cette journée, et Rommel dut battre en retraite sans avoir - comme auparavant - la possibilité de remorquer des engins endommagés mais utilisables, car l'infanterie britannique n'était jamais trop loin pour occuper le terrain des chars endommagés: ce fut le premier succès de Montgomery durant cette bataille. Chez le 30ème Corps britannique, la 9ème Division australienne encercla la 164ème Division italienne le dos à la mer. La bataille d'El Alamein devint rapidement une bataille d'usure d'hommes et de matériel. Rommel se demandait s'il pourrait encore tenir le coup longtemps. Même que du côté britannique, Churchill fut outré de voir que Montgomery pataugeait sans arriver à percer d'une façon décisive. Il envoya le général Brooke au Caire. Brooke arriva au PC de Montgomery et lui dit: what is my Monty doing now? He has done nothing valuable for the past three days and now is withdrawing troops from the front. Why had he told us that he would be through in seven days if all he intended to do was to figh a heal-hearted battle?
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Bren Carriers britanniques – Un tankiste se rend – Un Sherman touché doit être évacué rapidement
Montgomery ne voulait pas subir l'humiliation de l'impasse militaire avec les Germano-Italiens; pas plus qu'il ne voulait avoir son patron Alexander et les généraux de l'Imperial General Staff sur ses talons, et se sentir serré de près comme son prédécesseur Auchinleck. Le 2 Novembre, il envoya en cascades successives ses avions d'attaque au sol, les chars et son infanterie attaquer simultanément les positions germano-italiennes. La bataille d'El Alamein atteignit son degré de férocité: les canons antichars italiens tirèrent sur les chars britanniques à une distance de 20 mètres. L'infanterie chargea souvent face aux mitrailleuses allemandes, mais les neutralisèrent. Le général britannique Freyberg perdit 70 de ses 94 chars. De nombreux combats corps-à-corps se firent entre plusieurs centaines d'hommes. Malgré les succès de la Desert Air Force sur les chars et les camions de l'Axe (images ci-bas), Rommel parvint à stabiliser ce qui lui restait de forces disponibles sur un semblant de front, mais savait qu'il était rendu au bout de son rouleau. Le 3 Novembre, il ne lui restait que 35 chars encore en état de se battre, et aucun Stuka ou Me-110 pour taper sur les véhicules britanniques.
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Rommel: l'heure est à la retraite – Un obus antichar fait exploser un char allemand
Après avoir fait son bilan opérationnel, Rommel ordonna à ses troupes de se replier progressivement vers l'Ouest. Alors que la retraite s'amorçait, il reçut un ordre direct d'Hitler de s'arrêter et de se battre "jusqu'au dernier homme": Étant donné la situation que vous vivez là-bas avec vos troupes, il ne peut y avoir une autre option que celle de tenir sur place et d'utiliser toutes les unité et toutes les armes dans la présente bataille. Nous avons fait tous les efforts pour vous aider à vaincre l'ennemi dans ce théâtre d'opération. Malgré la supériorité matérielle britannique, vous avez l'opportunité historique de triompher sur lui: la victoire ou la mort. Signé Hiter… Étant un bon soldat loyal, Rommel cancella son ordre de retraite et improvisa une position d'endiguement sans les avantages des précédentes. Heurement pour Rommel, Montgomery négligea d'exploiter ses percées initiales pour envelopper et encercler l'Afrika Korps durant le court moment d'arrêt de la lecture de l'ordre d'Hitler. Durant ces combats, les chars de la division italienne Ariete (image gauche) offrit une résistance superbe aux chars du 10ème Corps blindé mais elle fut démolie, et le général allemand Von Thoma fut capturé.
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Char italien – Chars Crusaders – Premiers prisonniers
Après avoir enduré quelques autres assauts britanniques, les unités mécanisées de l'Afrika Korps décrochèrent et commencèrent à se replier vers l'Ouest, par petits groupes. Par chance pour Rommel, ce décrochage survint au moment où il reçut un nouvel ordre d'Hitler invalidant le précédent et qui l'autorisait à se replier vers Tobrouk. Il ne restait à Montgomery qu'à lancer ses chars Crusader et Sherman pour occuper le vide. Le 4 Novembre, plus de 200 chars participèrent à cette offensive tant espérée et bousculèrent les positions germano-italiennes pour courir sus à Rommel. Cependant, l'infanterie britannique demeurait ralentie par l'opacité des chammps de mines allemands. Les Tommines n'avaient que peu d'équipement pour détecter les mines: s'improviser déctecteur de mines n'est pas évident une fois la bataille lancée. Les Tommies devaient, la plupart du temps utiliser leurs baillonettes pour trouver ces engins meurtriers: mines antichars inoffensives pour les piétons, entre lesquelles Rommel avait fait disposer des mines antipersonnelles plates et, bien sur, des mines Teller bondissantes, qui devaient être neutralisées souvent sous les tirs ennemis (clip ci-bas). Ce ne fut pas facile. Le 8, Rommel se replie vers Sollum en passant par les cols de Halfaya, ce qui a pour effet de ralentir son retrait. Il ne lui reste de 2000 soldats allemands et 2000 Italiens. Ce dernier avait réquisitionné les camions italiens pour transporter le plus grand nombre d'Allemands à l'Ouest, laissant les Italiens se constituer prisonniers. Pour ralentir les poursuivants britanniques, Rommel ordonne aux sapeurs du général Bullowius de faire sauter la route. Ce fut une belle victoire pour la 8ème Armée de Montgomery.
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Des prisonniers italiens – Le déminage peut être périlleux – Matériel allemand détruit
Plus de 104,000 hommes participèrent à la bataille d'El Alamein. Les forces de l'Axe perdirent 11,000 tués, 14,000 blessés et 30,000 prisonniers - dont 7800 Allemands, ainsi que neuf généraux. Plus de 320 chars et 1000 canons furent détruits et/ou capturés. Les Britanniques perdirent 4600 tués et 9300 blessés. Cependant, Montgomery préféra limiter sa poursuite car il voulait ménager ses blindés et camions pour les autres batailles à venir. Le maréchal Tedder le supplia de continuer pour achever ce qui restait encore en état de rouler. Montgomery pécha par excès de prudence. Il ordonna l'ordre d'arrêt le 10 Novembre, car des pluies soudaines automnales avaient transformées certaines pistes désertiques en bourbiers. Mais il ordonna à Tedder poursuivre les camions de Rommel dans leur retraite, et les Hurricanes et P-40 s'en donnèrent à cœur joie (clip ci-bas).
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La retraite germano-italienne est perturbée – Char britannique devant un PZKW-IV – L'ultime attaque britannique
Devant son patron Alexander et les correspondants de guerre, Montgomery se présenta comme étant le seul vainqueur de Rommel à El Alamein. Ce qui froissa beaucoup ses subalternes et surtout le maréchal Tedder qui n'avait négligé aucun effort pour appuyer la 8ème Armée durant certains moments de la percée. Une amerturme sourde allait désormais caractériser les relations entre Montgomery et Tedder durant toute la guerre. En revanche, Montgomery devint populaire auprès de la troupe et ainsi naquit la "légende" de Montgomery. Churchill fut si satisfait qu'il ordonna aux cloches des églises d'Angleterre de sonner durant une journée entière. Son endosseur américain, Roosevelt, fut également satisfait, car les Britanniques pourraient coopérer plus activement à l'Opération Torch. Quant à Rommel, il fut si désabusé qu'il n'envisagait même plus de se consolider à Tobrouk, mais d'évacuer la Cyrénaique et de se consolider en Tunisie, derrière des anciennes défenses françaises appelées Ligne Mareth. Cela créea beaucoup de frictions entre l'Afrika Korps et le Commando Supremo italien.
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Vers Tripoli
Rommel se retira de la Cyrénaique le 1er Janvier 1943 et Montgomery ne trainait pas loin derrière ses talons. Le 13 Novembre, Montgomery contourna Tobrouk sans s'y attarder, reprit le port de Benghazi qu'il fit déminer et réaménager, et le 13 Décembre il reprit Marsa-Brega. Les Britanniques avaient parcouru 700 milles en cinq semaines, et arriva à la frontière tunisienne. Les succès de l'offensive britannique depuis l'Égypte causèrent de nombreuses frictions entre Hitler, Goering, Kesselring et les généraux italiens. Au grand désarroi des Italiens, Rommel ne voulait pas s'attarder à s'accrocher à la Tripolitaine ni défendre la Tunisie. Ses forces ne firent que passer par la Tripolitaine pour passer en Tunisie et se positionner au nord de la ville de Gabès, laissant les Italiens se débrouiller seuls face à la 8ème Armée britannique.
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Montgomery entre à Tripoli – Le cimetière britannique d'El Alamein – Le cimetière allemand d'El Alamein
Si L'Afrika Korps n'était plus en mesure de mener des efforts coordonnés, les Italiens n'étaient pas en mesure de résister. Après quelques petits combats retardateurs, Montgomery fit son entrée à Tripoli le 19 Janvier 1943. El Alamein fut la dernière bataille livrée et gagnée par les forces armées britanniques, seules. Il lui faudra attendre la campagne des Falklands de 1982 avant qu'elle ne réédite, seule, un exploit semblable. A partir de 1943, les victoires britanniques se feront en conjonction avec les armées américaines qui domineront les opérations militaires sur le front de l'Ouest. Aujourd'hui, El Alamein est toujours parcouru par des touristes qui visitent l'ancienne zone de combat, de même que les deux nécropôles. Le cimetière des soldats du Commonwealth situé juste à l'extérieur de la ville ressemble à ceux que l'on retrouve en Europe, avec ses rangées parallèles de pierres tombales. Celui des soldats allemands est localisé près du village de Tel el-Eisa. C'est un ossuaire de style médiéval contenant les restes de 4200 soldats. Celui des Italiens est un mausolée ou est écrit les noms des disparus idenfifiables. Certaines autres plaques sont marquées "ignoto", c'est-à-dire inconnu...
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