Cobra

Les opérations militaires américaines depuis le 6 Juin 1944 représentent 75% de tout l'effort de guerre allié durant la campagne de Normandie, et ultérieurement d'Europe occidentale. Toute la préparation logistique et matérielle de l'Opération Overlord dépendait en bonne partie de la puissance industrielle américaine. Lorsque le groupe d'armées commandé par Bradley entra en action après avoir débarqué, il connut un succès initial remarqué. Cependant, il a perdu trop de temps durant la reprise de la péninsule du Cotentin et de la ville de Cherbourg, et n'a pas engagé suffisamment d'unités pour épauler les forces britanniques de Montgomery pour permettre à ce dernier de prendre Caen rapidement. De surcroit, les unités américaines, toutes pesantes de chars et de véhicules, n'ont progressées qu'à pas de tortue dans le bocage normand: deux milles étaient conquis à un endroit, trois autres étaient perdus ailleurs. Cette situation semi-stagnante durait depuis un mois. Non seulement le bocage était plus dense dans le secteur assigné aux Américains, mais il limitait l'appui aérien. L'infanterie allemande, dotée d'armes antichars, avait dominé les combats de chouans contre les fantassins américains jusqu'à la fin de Juin. La progression américaine reprit lentement en direction de St-Lô essentiellement à cause du repli de nombreux bataillons allemands acheminés vers Caen ou Falaise. Pour les généraux Bradley et Eisenhower, la priorité était de concevoir un plan avec les Britanniques pour quitter ce merdier et passer à l'offensive.

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St-Lô

Une des interrogations de la campagne de Normandie est pourquoi Eisenhower et Bradley se sont astreints à réaliser une perçée massive dans le Cotentin et le bocage allemand? Ne savaient-ils pas que la topographie était inhospitalière? En 1964, Eisenhower donna une explication au journaliste américain Walter Cronkite. Il reposait tout espoir de perçée majeure en Normandie sur la prise rapide de Caen par Montgomery (clip ci-bas).

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Sur le bocage normand – Américains combattant dans le bocage – Le général Collins

Son subalterne principal, le général Bradley, veut s'inspirer de l'Opération Goodwood montée par Montgomery pour faire une perçée étroite vers St-Lô et Coutances. Il considère qu'une telle attaque pourrait servir de banc d'essai à une opération du même genre mais beaucoup plus importante qui pousserait les armées alliées jusqu'à la Seine: ce sera son Opération Cobra. Il fait appel au corps d'armée du général Collins pour tester sa tactique. Mais contrairement à Montgomery, Bradley ne veut pas "slugger" aveuglément avec un grand nombre d'unités et risquer de perdre trop d'infanterie. Il veut cibler quelques points faibles et s'y engouffrer. Pas question de cratériser la zone attaquée avec des quadrimoteurs; des chasseurs-bombardiers P-47 suffiront, dit-il. Il fait état de son plan à Eisenhower (image gauche), sans en référer à Montgomery. Il l'accepte. Mais pour sortir du Cotentin, Bradley et Collins doivent prendre St-Lô. Bradley choisit la route allant de Périers à St-Lô pour deux raisons:

  1. L'aviation peut identifier les véhicules circulant sur ce terrain semi-clairsemé.
  2. Elle peut suivre les colonnes américaines en réduisant les attaques accidentelles.

Sa tactique est d'utiliser deux divisions d'infanterie pour ouvrir le saillant de St-Lô en forçant les Allemands à la défensive, pendant qu'il serait embouti par deux divisions blindées qui fonceraient vers Coutances et Avranches.

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On veut sortir du bocage – Bradley et Eisenhower

La ville de St-Lô se situe elle-aussi au cœur d'un nœud routier important en Normandie. Elle abritait le PC du 84ème Corps allemand. Bradley termina ses préparatifs pour l'attaquer au même moment où Dempsey terminait les siens pour lancer son Opération Goodwood. Bradley attaque le 15 Juillet sur une ligne de 16 milles de large entre St-Lô et Coutances. L'attaque débute par des raids de chasseurs-bombardiers P-47 contre un réseaux de positions fortifiées qui avaient préalablement ralenties les concentrations de troupes de Bradley. Quelques positions allemandes furent soufflées et Bradley ordonna à ses deux commandants de corps d'avancer. Les unités commandées par Collins (ci-contre) s'ébranlent difficilement dans le bocage normand. Mais les soldats américains ont trouvé un moyen de franchir les haies du bocage normand. Un sergent américain du nom de Culin mit au point une cisaille qui agirait comme une lame de buldozer pour faucher la haie de terre et couper les branchages. La cisaille était construite à partir de l'acier des tédradères allemands qui trainaient sur les plages de débarquement. Elle était soudée sur l'avant d'un char et affilée. Bradley fut séduit par cette invention et avait ordonné qu'elle soit installée sur un char sur quatre. La cisaille de Culin permettait au char de foncer dans la haie sans s'élever et ainsi garder son armement dans une position quasi-horizontale (clip ci-bas).

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Démonstration de la cisalle Culin – Des GI's dans St-Lô

Les blindés américains purent sortir du bocage tout en essayant d'éviter les marais de Carentan. Les Allemands opposent alors une résistance farouche. Bien que l'appui aérien soit bon, son volume de feu est jugé insuffissant pour taire les redoutes ennemies. Entre le 18 et le 20 Juillet, les Américains perdirent 5000 hommes, dont 2200 tués, causés par les feux croisés des positions allemandes – soit cinq fois plus de pertes que les divisions blindées durant l'Opération Goodwood. Les tankistes américains subirent le même sort que leurs alter ego britanniques: leurs chars Sherman s'avéraient incapables de percer la tourelle et le blindage frontal des redoutables Tigre et Panther allemands. Ils devaient sacrifier jusqu'à trois Sherman pour coincer et détruire un de ces deux types de mastodontes. L'infanterie du 84ème Corps se battit très professionnellement, mais la percée brutale de Collins fait en sorte de déloger cette infanterie de qualité de ses positions. Souvent, les Allemands décrochent précipitamment en abandonnant leur matériel sur place.

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Chars allemands détruits devant Coutances – Les P-47 sont partout...

La 352ème Division d'infanterie – célèbre dans sa défense de la plage d'Omaha –, perd 13600 tués et 4400 prisonniers devant St-Lô. Elle perd également 160 chars et canons d'assaut, détruits surtout par les chasseurs-bombardiers. Le 8ème Corps US commandé par le général Middleton pousse ses unités blindées jusqu'à Coutances pour flanquer les unités du 84ème Corps allemand encore valides. Il dut progresser dans des champs de mines et disputer certaines maisons fortifiées munies de canons antichars. La prise de Coutances,  le 21 Juillet, débalança complètement le dispositif allemand. Menacés d'encerclement, le 84ème Corps doit se replier et abandonner Coutances et St-Lô aux Américains. Eisenhower ne se montra ni outré ni désappointé de la performance de Middleton. Quant à Bradley, il avait réussi son test: les Allemands pouvaient être délogés lorsqu'ils subissent une attaque massive sur un front étroit.

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Autos blindées dans St-Lô – Une ville ravagée

Vers ou foncer?

Suite à son attaque réussie sur St-Lô, Bradley se sentait suffisamment confiant pour appliquer son Opération Cobra: sa percée vers la Seine. Cependant, l'exécution d'une telle opération ne pouvait s'appliquer sans harmoniser ses efforts avec ceux de Montgomery. En Août, il conféra avec son supérieur Eisenhower et Montgomery pour en discuter. Le plan de Bradley est conçu méthodiquement, et il veut appliquer trois étapes:

  1. Conquérir la péninsule de Bretagne afin qu'elle serve de base opérationnelle. Un second port artificiel y sera construit.
  2. Élargir l'espace conquis par les Britanniques autour de Caen pour y aménager des dépôts et des petits terrains d'aviation.
  3. Poursuivre et détruire ce qui reste de la 7ème Armée allemande, avant qu'elle ne passe la Seine.

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Patton, Bradley et Montgomery

Montgomery est parfaitement d'accord avec les étapes proposées par Bradley. Il n'a pas le choix, puisque ses efforts réalisés à grands frais se sont avérés lents et minces depuis un mois. Eisenhower approuve entièrement. Les réserves dont il dispose lui permettent d'organiser une nouvelle armée fortement mécanisée pour servir de fer de lance à cette percée: la 3ème Armée, qui sera commandée par le général Patton. La gestion de l'armée de Patton est confiée au général Bradley. Pour Montgomery, le retour souriant de Patton sur le même théâtre d'opération que lui l'ennuie considérablement; il sait que le truculent général essaiera de monopoliser les ressources matérielles et le carburant pour ses propres attaques. Pour Patton, c'est l'opportunité qu'il a recherché pour rejouer une rôle actif et crucial dans la guerre européenne: mon "moment de destinée",  écrira-t-'il. Patton sait que son supérieur Bradley attend beaucoup de lui, et que ce dernier va lui donner suffisamment de mou à sa laisse pour accélérer ses attaques. Quant à Eisenhower, il aura non seulement à surveiller l'allure de la percée et le comportement de ses exécutants, mais devra finasser sur le plan politique, et de faire converger les intérêts opérationnels américains et britanniques, surtout avec l'introduction d'un autre personnage: De Gaulle.

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De Gaulle à l'étroit – Le déploiement des belligérants

Eisenhower comprend la position embarassante du chef des Français libres, snobbé par Roosevelt, et qui echerche à la fois un succès militaire et surtout à consolider sa position politique. Eisenhower a bien assez des tatillonnements britanniques sans avoir à endurer ceux des Français; il demeure tiède à l'égard de De Gaulle. Lorsque les Alliés prennent pied sur le sol français lors du Jour J, Eisenhower ne lui permettera pas de débarquer avant le 14 Juin. Pis encore pour lui, Roosevelt ne donnera pas de légitimité à son gouvernement qu'avant le mois de Septembre – De Gaulle en gardera un souvenir amer. Mais à l'heure de l'Opération Cobra, le cas De Gaulle lui semble secondaire, car ce dernier est militairement tributaire de la logistique américaine autant dans l'organisation et l'équipement des unités françaises, que de leur logistique. En Août, la répartition des forces déployées en Normandie favorise les Alliés. Bradley met au point ses derniers détails tactiques:

  • L'ennemi sera paralysé par un tapissage de quadrimoteurs, tel que pratiqué par la RAF.
  • Deux divisions d'infanterie attaqueront au sud de St-Lô pour attirer le feu des Allemands.
  • Deux divisions blindées et une d'infanterie motorisée en profiteront pour foncer.
  • La 3ème Armée de Patton prendra Avranches, et ses 8ème et 20ème Corps pousseront à Brest, Rennes, Nantes et Lorient.
  • Le 15ème Corps, fortement mécanisé, foncera en terrain ouvert en direction d'Alençon et de l'Orne.
  • Cobra: la percée en Normandie

    Le 25 Juillet, Bradley lâche ses chiens: la 1ère Armée US se met en branle dès que cesse le tapissage produit par 1800 quadrimoteurs et bimoteurs, et 550 chasseurs-bombardiers de Leigh-Mallory: 4000 tonnes de bombes tombent sur toutes les positions identifiées tenues par les unités du 84ème Corps allemand. Le tapissage est si intense que plusieurs soldats américains sont tués par des bombes pleuvant sur leurs véhicules: 111 tués et 490 blessés - the fog of war, assurément. Les soldats allemands furent terrifiés: rien ne peut résister à ces grappes de bombes. Tous nos dépôts avancés explosent; nos tranchées sont soufflées; nombreux furent ceux qui furent enterrés vivants, écrit Paul Carell. La 21ème Division blindée perd la moitié de ses effectifs dans la première journée du bombardement. Ni le maréchal Kluge ou le général Hausser s'attendaient à un bombardement de tapissage aussi puissant et dévastateur. Le lendemain, le général Collins lance ses poussées. Kluge envoya désespérément en renfort les 2ème et 116ème Divisions blindées, mais comme elles roulent de nuit, elles n'arrivent pas avant le 29. Les avions d'attaque au sol alliés s'en donnent à cœur joie, par beau temps, contre les chars et véhicules allemands (image gauche). Le nouveau commandant du 84ème Corps allemand, le général Choltitz, n'a d'autre choix que de battre en retraite, mais Kluge ne lui dit pas où aller. Pendant que ces deux officiers se chamaillent, le 84ème Corps se fait rapidement éroder par les chars et avions américains. Kluge limoge Choltitz et le remplace par le général Elfeldt, mais cela ne changea rien à la précarité de toute la 7ème Armée.

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    La progression en Bretagne = piece of cake – Char Tigre neutralisé

    Le 28 Juillet, Avranches est prise, et les Américains n'ont aucune difficulté à bousculer les Allemands confus et désorganisés durant leur progression rapide en Bretagne. Seuls les ports de Brest et Lorient sont défendus par de bonnes garnisons et, malgré plusieurs bombardements aériens, résisteront jusqu'en 1945. Mais ce faisant, Patton coupe le 84ème Corps en deux tronçons: le plus gros se replie sous les bombes vers l'Orne, tandis que le second se fait encercler près de Rennes: 20,000 prisonniers. Le 1er Août, le général Bradley laisse le commandement de la 1ère Armée US à un nouveau subordonné, le général Hodges, dont le caractère méthodique serait également utile pour temporiser, au besoin, les coups d'adrénaline de Patton. Du côté allemand, Kluge, qui se voulait le fidèle exécutant des ordres du furhrer, se voit aux prises avec le même problème que son précédesseur Rundstedt: il a besoin d'une liberté de manœuvre pour ses unités. Le 1er Août, Hitler lui répond: feldmarschall Kluge, votre travail est de regarder en avant, pas en arrière! Hitler le force à faire du sur-place devant les moyens supérieurs des Américains et lui ordonne même de les attaquer avec des moyens réduits. Kluge émit ses réserves: avec tout ce qui nous arrive je suis toujours convaincu que nous avons aucune chance de succès. Si vous me proposer d'attaquer avec ce qui me reste, je risque d'accélérer la destruction de la 7ème Armée, et c'est précisément ce qui va arriver, car Hitler lui ordonne d'attaquer Bradley.

    Mortain

    Durant les trois premières semaines d'Août, les Allemands ne sont pas restés inactifs, même si les activités militaires au front ont été modestes. Hitler voit une opportunitFranceestaurer la situation militaire défensive en France par une attaque préventive - une sorte de coup de boutoir tel que le général Ludendorff avait lancé contre les Alliés en Mars 1918. Kluge n'ignorait pas ce qui se tramait au PC de Bradley. Résigné par l'attitude d'Hitler, il profita de l'échec de Montgomery entre Caen et Falaise (Op.Goodwood) pour essayer de déplacer et concentrer un certain nombre d'unités blindées pour mener une contre-attaque dans les meilleurs délais: ce sera l'Opération Luttich. Au grand dam de Kluge, les Alliés avaient décodé ses messages Enigma dès le 6 Août et les intentions allemandes furent vites communiqués à Bradley et Montgomery. Luttich semblait une entreprise déjà compromise. Les mouvements crépusculaires et de nuit furent perturbés par les attaques aériennes des Typhoons britanniques: la 1ère Division blindée SS perdit 30% de son parc de véhicules. Bien que malmenée, ces unités attachées à la 7ème Armée allemande se positionnèrent pour lancer leur contre-attaque. Kluge confia son exécution au général Von Luttwitz (ci-contre). Voici les deux objectifs du plan allemand:

  • Perturber et/ou casser la percée de Bradley en Bretagne et vers la Seine.
  • Traverser l'Orne sur les trois têtes de pont pour attaquer en direction de Mortain
  • Américains subissant une contre-attaque allemande

    Le 7 Août, Luttwitz lance son attaque motorisée et blindée. Luttwitz disposait d'un appui aérien de 200 chasseurs basés sur des terrains autour de Paris, mais ils furent gardés au sol par les patrouilles aériennes incessantes des chasseurs alliés. Les colonnes blindées progressèrent pendant quelques heures, mais elles furent rapidement détruites dès leur détection par les avions d'attaque au sol Typhoon et P-47, avec leurs roquettes antichars air-sol. La bataille de Mortain fut originale, car elle fut la seule à avoir été gagnée par l'action quasi-exclusive de l'aviation. Tout comme en URSS, dès que les soldats quittent les lieux couverts pour évoluer en rase-campagne avec leurs chars et matériels de terrain, ils se voyent repérés puis attaqués par l'aviation dite "tactique". L'infanterie motorisée allemande fut bombardée et dispersée par des bombardiers bimoteurs américains B-25 et B-26.

    Le bombardier léger B-26 Marauder est très apprécié en Normandie

    Luttwitz avait attaqué avec 120 chars; au soir du 7, il lui en restait 50 dans la matinée du 8. Ces derniers ont beaucoup de difficultés à se déplacer sans se faire voir, et Luttwitz en perd 32 dès que les avions alliés prennent l'air. Le reste fut détruit par les artilleurs antichars américains. Le soir du 8, Luttwitz, privé de moyens offensifs pour gagner et tenir du terrain, ordonna une retraite graduelle vers l'Orne. La 7ème Armée allemande venait de perdre sa dernière chance d'infliger un revers important aux forces alliées. Les pertes américaines en chars et véhicules furent rapidement comblées par leur inventaire en réserve. L'Opération Luttich n'a nullement gêné l'exécution de l'Opération Cobra. Elle conduisit même au suicide du maréchal Von Kluge. Hitler nomme le maréchal Model pour le remplacer.

    Falaise

    Malgré les succès initiaux de la 3ème Armée en Bretagne, les progressions des unités américaines auraient pu être encore plus rapides, mais elles sont ralenties par des problèmes reliés à la chaine de commandement, au niveau du SHAEF. Eisenhower voulait courir deux lièvres en même temps – la Bretagne et la Normandie – mais la logistique, quoique imposante, n'arrivait pas à approvisionner ponctuellement toutes les unités. Bradley fit comprendre à Eisenhower qu'il avait intérêt à économiser ses forces en Bretagne pour accélérer la poussée vers l'Orne et la Seine. Qui plus est, Montgomery avait léché ses plaies, et serait en mesure de participer pleinement à l'offensive.

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    L'embouteillage de la 7è Armée allemande – Les libérateurs acceuillis

    L'échec de la contre-attaque allemande devant Mortain avait créé un saillant allongé peu défendu à l'intérieur duquel s'égrainait les unités déjà malmenée de la 7ème Armée allemande. Bradley cabla à Eisenhower que la poussée vers l'Orne devrait être retardée pour que ses forces et celles des Britanniques encerclent les unités allemandes dans le triangle Falaise-Argentan-Mortain. De cette manière, les Alliés n'auraient pas à les affronter ultérieurement si elles passaient sur la rive nord de l'Orne et de la Seine. Eisenhower approuva le plan immédiatement et envoya ses ordres à Montgomery. Ce dernier ordonna une attaque appelée Opération Totalize qui se donne pour but de prendre la ville de Falaise. L'attaque britannique débute le 7 Août, au moment où la contre-attaque allemande vers Mortain est cassée par l'USAAF.

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    Automoteurs de la Waffen-SS – L'étau se resserre

    Montgomery attaque de nuit avec la 1ère Armée canadienne comme fer de lance. Quatre grosse colonnes motorisées – deux brigades d'infanterie motorisée flanquées de deux brigades blindées – bousculent les positions allemandes sur trois milles de profondeur. Cette attaque fit flancher la 89ème Division d'infanterie allemande qui venait tout juste d'arriver. La progression canadienne fut endiguée par la 12ème Division blindée SS de Jeunesses Hitlériennes, commandée par le général Kurt Meyer. Ce dernier avait à sa disposition 80 automoteurs antichars, dont plusieurs munis de la pièce antichar de 88mm. Bien que Meyer perdit des automoteurs, il arrive à stopper les commandants de division canadiens à dix milles de la ville de Falaise. Montgomery ordonne de nouvelles attaques diurnes, mais les progressions britanniques s'effectuent à pas de tortue. Totalize sera un autre échec tactique pour Montgomery,

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    Les généraux O'Daniel et Leclerc – La poche de Falaise

    Parmi les unités motorisées et blindées intégrées au 15ème Co rps US (une composante de la 3ème Armée de Patton), il y avait la 2ème Division blindée du général Leclerc. Cette unité filait vers Alençon avec la 5ème Division blindée US sur sa droite. Le 11 Août, il tombe sur des unités de la 9ème Division blindée allemande. Leclerc les bousculent sans chercher à les encercler; son but était de capturer et tenir les ponts d'Alençon sur lesquels les Américains pourraient passer. Entretemps, la 5ème Div US traverse la Sarthe et prend Sées. Le lendemain, Leclerc doit batailler avec un adversaire plus sérieux: la 2ème Division blindée SS Das Reich - une unité expérimentée du front russe. Néanmoins, Leclerc réussit à la repousser et à progresser jusqu'au village de Carrouges, près d'Argentan. Le 13, le 15ème Corps US réussit à refouler des unités de la 7ème Armée dans la région de Tincherbray et Domfront sur 40 milles de front. Patton ordonne au commandant de ce corps, le général Haislip, d'arrêter sa progression à la ville de Falaise et d'attendre les ordres. En fait, l'ordre venait de Bradley, et Patton (ci-contre) dut l'exécuter. La raison invoquée pour arrêter la progression du 15ème Corps et de fermer la poche des Allemands encerclés reste un mystère. Une seule raison crédible était le risque de bombarder les troupes amies - une vieille habitude de l'US Army. Les Britanniques et Canadiens n'étaient plus très loin, et ils pouvaient être bombardés accidentellement par les chasseurs-bombardiers américains qui survolent l'avance des colonnes motorisées et blindées – comme des charognards.

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    Parachutiste allemand pris par des FFI – Le commentaire d'Eisenhower

    Qui plus est, Montgomery ne se presse pas pour fermer la poche. Des groupes de fantassins canadiens progressent prudemment, essuyant des tirs, mais le gros des forces de Dempsey semble avoir du mal à se coordonner. Mais le 15, les troupes canadiennes prennent la ville de Falaise. L'écart entre Britanniques et Américains n'est que de cinq milles. A l'intérieur du saillant, la concentration de véhicules et de camions était dense, presque dangereuse. Plusieurs unités avaient perdu toute cohésion et attendaient des ordres. L'artillerie britannique et canadienne se positionne autour du saillant; l'artillerie autopropulsée américaine en fait autant. Le 16 Août, c'est la curée: les encerclés de Falaise subirent un tir d'artillerie meurtrier. Cinq bataillons d'artillerie pulvérisent des colonnes allemandes arrêtées sur les bords de la Dives. Camions, remorques, véhicules et chevaux sont projetés en l'air et atterrissent en charpie. Les pertes sont énormes dans la 1ère Division blindée SS, déjà éprouvée depuis le début d'Août. Mais ses officiers ne paniquèrent pas – malgré la cascade d'obus meurtriers qui sâblaient les unités allemandes.

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    Obusiers américains de 155mm – Combats rapprochés

    Dans la cohue sanglante, ils rameutèrent les unités en lambeaux autour d'eux et se frayèrent un chemin dans le corridor encore ouvert entre Falaise et Argentan. Cependant, les véhicules qui passèrent avec eux se firent trouer par les P-47 ou les Typhoons qui ne sont jamais très loin dans le ciel de Normandie. Dans la nuit du 16 -17, environ 20,000 Allemands réussissent à échapper à l'encerclement – avec 25 chars et 60 obusiers tractés. Dès le lever du jour, le pilonnage recommença durant cinq heures. Dans la région d'Argentan, les Alliés prennent 49,000 prisonniers. Plus de 10,000 soldats furent tués. La 7ème Armée allemande cessa pratiquement d'exister. Dans la poche liquidée, il y avait un enchevêtement de corps et de véhicules, de canons noircis et tordus, où les soldats tués partagaient cet espace avec les cadavres de leurs cheveaux. Tout cela faisandait dans le soleil chaud du mois d'Août. C'était la fin de la campagne de Normandie. Dès lors, ce serait l'exploitation jusqu'au Rhin.

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    Prisonniers allemands capturés à Falaise

    Le Chicago Herald Tribune est triomphaliste, à la fois sur la bonne tenue des soldats américains, ainsi que du rôle dominant qu'ils doivent jouer dans la poursuite de la guerre européenne: This is an American war. We have done most of the advances in Europe, and all of them in the Pacific. This will be an American victory, fought with American arms.

    Exploitation

    La réussite de l'Opération Cobra, conjugée aux progressions franco-américaines en Provence, permet l'exploitation des perçées jusqu'en Hollande et au Rhin. Tous les correspondants de guerre qui regardent la marche des armées alliées sont convaincus que la défaite du Troisième Reich serait imminente une fois l'affaire de Normandie terminée. Le 26 Août, la 12ème Armée US formait un immense harpon qui incluait les points de passage sur la Seine à Mantes, Melun, Paris, Troyes, et ensuite vers St-Florentin. Au sud, le 7ème Groupe d'armées US (incluant les 1ère 7ème Armées) essayait de gagner de vitesse les forces allemandes afin de couper leur retraite. Le seul élément important qui pourrait gêner les progressions alliées serait le renforcement des divisions allemandes à l'Ouest par l'arrivée de renforts venus de l'Est.

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    Un des points de passage sur la Seine – Bombardement de positions allemandes

    Les Allemands vivent à l'heure de la précarité. La 15ème Armée allemande reçoit de l'OKW trois consignes stratégiques impérieuses:

  • De replier la plus grande partie de ses unités vers la Meuse et la Sarre.
  • Livrer des contre-attaques retardatrices pour stabiliser le front.
  • Elle aura la consigne de défendre les ports français le plus longtemps possible
  • En fait, cette armée va reprendre le rôle de tampon de la défunte 7ème Armée. Cependant, elle exécutera ses ordres à la fois d'une manière flexible et rigide. Les éléments qui défendent les ports français ainsi que le port d'Anvers reçoivent l'ordre très hitlérien de tenir "à tout prix" afin d'empêcher les Alliés de les utiliser pour accélérer leurs opérations à l'Ouest. En revanche, la plus grande partie de la 15ème Armée garde une certaine autonomie quant à ses positions de repli. Cependant, les unités campées sur la défensive à tout prix seront contraints de se battre sans matériel lourd; l'OKH ordonne le repli de la plus grande partie des chars et de l'artillerie derrière la Ligne Siegfried. Du côté des Alliés, le SHAEF d'Eisenhower devait déterminer l'axe de progression des unités alliées. Pour ne pas être pris de court par le poids des Américains dans l'effort de guerre, Montgomery avait déjà soumis une esquisse préliminaire d'une progression alliée à Bradley dès le 17 Août. Il voulait franchir les Ardennes belges et entrer en Allemagne via la Ruhr. Selon Montgomery, Bradley approuva cette esquisse, mais il n'en fut pas question dans ses mémoires. Montgomery se voulait le partisan d'un effort concentré sur un front étroit. Devant cette esquisse, Eisenhower devait choisir entre deux choix stratégiques:

    1. Effort concentré sur un front étroit, du nord-ouest de la France en Allemagne.
    2. Effort global sur un front large, du nord-ouest au nord-est de la France vers l'Allemagne.

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    La percée alliée bouscule les Allemands – Eisenhower s'estime satisfait

    Ses subordonnés Bradley et Montgomery désiraient qu’il accepte leurs propres versions d’un front étroit. Le premier voulait prendre les Allemands de vitesse en fonçant vers la Sarre en direction de Francfort, avec la maximum de forces. Le second voulait foncer vers l’Allemagne du Nord via la Belgique et la Hollande pour occuper la Ruhr. Eisenhower rejeta d'évoluer sur un front étroit, car malgré la retraite progressive de la 15ème Armée allemande, les poussées alliées seraient trop menacées par des attaques de flanc. Eisenhower craignait que les Allemands rejouent le plan Schlieffen contre lui, en se glissant massivement entre les forces britanniques et américaines. Le résultat a eu pour effet de disperser ses forces et à lui enlever l’espoir de vaincre l’Allemagne en 1944. Eisenhower répartit les secteurs d'opération durant les progressions alliées depuis la Seine:

    Les unités britanniques et canadiennes progresseront le long de la côte française entre Nantes et Anvers, dans le but de prendre les ports français encore tenus par les Allemands. De plus, elles devront détruire les sites de fusées V-1 et V-2. Le tout culminerait par la prise du port d'Anvers.

    Les unités américaines progresseront vers le nord-est et l'ouest en direction de Rheims et Metz, pour faire leur jonction avec les unités américaines de la 7ème Armée qui ont débarqué en Provence, le 15 Août.

    Les ponts Bailey furent des outils efficaces en France

    Certains facteurs vont retarder la progression des unités alliées:

    1. L'état désastreux du réseau routier et ferroviaire français
    2. pilonné par les Alliés avant le 6 Juin, il est saboté par les Allemands
    3. Les routes et carrefours sont souvent minés ou piégés par les sapeurs allemands.
    4. La logistique ne peut pas fournir harmonieusement les trois groupes d'armées alliés

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    Un obus au phosphore frappe un pillbox allemand - Automoteur Long Tom de 155mm

    Avec de tels ennuis, nombreux furent les officiers et les correspondants de guerre à blâmer le quartier-maître général pour le SHAEF, le général Lee, que Bradley qualifiait de "brillant mais pesant". Ces gens oublient que les Allemands ont placé plus de 4000 charges de démolition un peu partout en France. Le système ferroviaire français avait besoin d'être complètement reconstruit; la disette en locomotives était criante. De surcroit, tout le pétrole qui alimentait les progressions alliées au-delà de la Seine arrivaient du terminal de Cherbourg, pour être ensuite véhiculé par camions jusqu'aux dépôts avancés 24 heures par jour par des nuées de camions du Redball Express: 6000 camions portent 12,000 tonnes d'essence et de munitions. Pour le général Patton, il n'y a qu'une seule façon de talonner les Allemands; elle s'inspire du maréchal List: en face de nous, l'ennemi; derrière nous, pas de ravitaillement. Il avait toujours le 8ème Corps US, qui besognait pour prendre Brest. Il commandait au 12ème Corps du général Eddy qui avait pris Troyes, et au 20ème Corps, anxieux de passer à l'action. Le 28 Août, Patton pousse ses forces motorisées des blindées du 12ème Corps jusqu'à Châlons sur Marne, grâce à la capture d'un dépôt allemand contenant 88,000 gallons d'essence. Le lendemain, son 20ème Corps prend Epernay, Château-Thierry puis occuper Rheims. Ses combats sont violents, mais brefs: sur la route de ces deux corps d'armées, les villages français sont dégagés les uns après les autres de tout ce qui peut s'apparenter à un point fortifié ou à un traquenard. Malgré Patton risque de voir ses unités tomber en panne d'essence, il les poussent à attaquer continuellement (image gauche). Il reçoit l'assurance de Bradley qu'il pourra progresser de la Marne jusqu'à la Meuse; son subordonné Eddy prend et démine les ponts sur Vaucouleurs, Commercy et St-Mihiel, le 31 Août. En fait, l'armée de Patton subit les mêmes carences de carburant et de munitions que la Wehrmarcht.

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    Somewhere in France, 1944 ...

    Sur sa gauche, un subordonné de Patton, le général Walker, fait une poussée motorisée et blindée de 70 milles et prend la célèbre ville de Verdun, grâce à l'aide de groupes de FFI qui avaient chassé les Allemands des ponts qu'ils minaient. Patton était en position d'attaquer en Moselle dès qu'il aurait réglé la question de son carburant. Cependant, les unités de Patton étaient trop étirées linérairement et avaient besoin de souffler. Des chars Sherman et Chaffee tombaient en panne sèche. Bradley savait que ses chances de ré-attaquer apparaissaient minces.

    Eisenhower freine Patton

    Le 10 Septembre, Bradley convoqua Patton pour lui annoncer que les priorités de ravitaillement iraient à son vieux rival Montgomery. La côte nord-ouest française devait être dégagée des Allemands et le port d'Anvers ré-occupé. Patton lui barouda que s'il recevait sa dotation d'essence, il pourrait pousser "jusqu'à Berlin". Mais Bradley lui dit que l'ordre venait d'Eisenhower, et qu'il devait tenir compte des doléances de ses alliés britanniques. Patton accepta, mais dans un élan de défi, il fit pousser une unité de chars du 15ème Corps jusqu'à un vallon entre Vittel et Épinal. Le 13 Septembre, une bataille de chars détruisit 19 Shermans et 9 Chaffee, mais les Allemands perdent 34 PZKW-V et une vingtaine de PZKW-IV. Plusieurs de ces chars allemands furent détruits par les chasseurs-bombardiers américains. Mais Patton est dès lors en panne sèche et ne sera plus ravitaillé. Entretemps, la 1ère Armée US du général Hodges était bien approvisionnée en carburant, et progresse vers la frontière belge.

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    Patton désaprouve le choix d'un front étroit – Matériel allemand détruit à Épinal

    Le 31 Août, le 7ème Corps US du général Rose prend Melun, passe dans Laon et entre en Belgique. Sur sa droite, le 19ème Corps US avance également en direction de la Belgique, dans l'axe Mantes – Montidier – Cambrai – Tournai. Les deux corps d'armées américains coincent de nombreuses unités allemandes entre Mons, Maubeuge et Cambrai: 25,000 soldats allemands sont encerclés et faits prisonniers dans la matinée du 3 Septembre (ci-bas). A partir de Mons et Tournai, les deux corps d'armées américains changent de direction du nord au nord-est; le 19ème Corps filant vers le Canal Albert et fait sa jonction avec les unités du 21ème Groupe d'armées de Montgomery. Bradley rencontre Patton et au cours d'une engueulade, accepte de ravitailler que son 7ème Corps. Il lui ordonne de le lancer dans les Ardennes. Le 9 Septembre, une des divisions du 7ème Corps dégage le Luxembourg et fut la première unité alliée à atteindre la Ligne Siegfried à Wallendorf. Patton, lui, félicite la bonne tenue au feu du 20ème Corps pour leurs poussées réussies (ci-contre).

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    Pillbox détruit à bout portant – Encore des prisonniers allemands

    L'arrivée des premiers éléments alliés en Belgique et sur la Ligne Siegfried produisit un choc psychologique chez les Allemands. Le 4 Septembre, Hitler appelle au téléphone un officier allemand qui était en pleine lecture de romans policiers: le maréchal Von Rundstedt. Hitler lui demanda s'il voulait reprendre du service pour secouer la léthargie allemande à l'Ouest. Sur un ton professionnel, Rundstedt lui répondit: furhrer, je ferai tout ce que vous me demanderez de faire avec le meilleur de mes capacités. Le lendemain à Coblence, Rundstedt démit le maréchal Model de son job de commandant en chef à l'Ouest, sans toutefois se l'aliéner. Mais, devant la lecture des rapports de situation, Rundstedt - d'un naturel pondéré et narquois - explosa: Vous allez me boucher ce trou-là sur la Ligne Siegfried immédiatement. Racollez-moi toutes les unités encore sur leurs deux jambes et poussez-moi ces GIs. Rundstedt ignorait à la fois la force des unités américaines qui convergaient vers la Sarre et la Belgique et la crise du ravitaillement qui commençait à faire boiter les progressions alliées. Il ne savait pas non plus que Bradley n'avait plus de réserves immédiates pour exploiter les gains américains au Luxembourg.

    Le Pas de Calais dégagé

    Montgomery avait amorcé sa progression vers la Seine puis au-delà dès le 23 Août. Il tenait encore à son "effort concentré" pour se rendre à la Ruhr. Cependant, il n'avait que 18 divisions et 6 brigades indépendantes pour réaliser son objectif. De surcroit, il avait donné ordre à la 1ère Armée canadienne de faire un très gros travail - prendre les ports du Havre, Dieppe, Boulogne, Calais et Dunkerque – qui devait le détourner de son objectif initial. Montgomery réussit à neutraliser des sites de lancement de V-1 au Cap Gris-Nez, mais il ne disposait que de sa 2ème Armée pour progresser plus au nord. Devant les retraites allemandes, Montgomery cédà à l'euphorie du moment et voulait en finir avec cette 15ème Armée allemande qui se dérobait. Son commandant, Von Salmuth, fut limogé et remplacé par le général Von Zangen. Montgomery lâche la bride au commandant du 30ème Corps, le général Horrocks, qu'il envoie prendre Amiens, capturant au passage le général Eberbach. Là-encore, les FFI avaient aidé Horrocks en s'emparant

    De la Seine à la Sarre...

    et gardant les ponts sur lesquels franchirent ses blindés. Le 3 Septembre, il parcourt 70 milles avec ses unités motorisées et blindées et arrive aux faubourgs de Bruxelles, accompagné par la brigade belge de Piron. Devant ces poussées rapides, Montgomery n'avaient pas d'autre idée en tête qu'atteindre le Rhin, et il ne croyait pas – selon Horrocks – que les Allemands avaient eu le temps de miner l'estuaire de la Schelde et le port d'Anvers. Il donna l'ordre aux Canadiens de prendre l'isthme de Wonsdrecht au nord-est d'Anvers afin d'isoler les Allemands dans l'estuaire de la Schelde – n.b, voir le dossier du Canada.

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    Le général Horrocks – Les généraux Crerar et Simpson avec Montgomery

    Le 5 Septembre, le 12ème Corps britannique du général Ritchie vengea ses échecs subis en Cyrénaique deux ans plus tôt en talonnant les arrières-gardes de la 15ème Armée allemande sur l'axe Andelys-Gournay-St Pol-Béthune, et prend Gand le 5 Septembre. Ce corps d'armée fait sa jonction avec les éléments canadiens qui continuent de se battre pour prendre les ports de la Manche. Comme on le voit, les poussées de la 2ème Armée britannique de Dempsey se sont avérées aussi rapides que celles de Patton et Patch. La libération de la France est d'ores et déjà presque terminée.

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    Soldats canadiens sur une batterie du Mur de l'Atlantique – Sherman britanniques

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