Bataille des Ardennes

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Pour Hitler, l'hiver 1944 est le moment de tout miser sur une seule carte après s'être reconstitué des réserves, ce qui est réalisé avec la nouvelle 6ème Armée blindée. Mais il lui faut agir promptement. Après l'échec allié en Hollande, le moral s'est ressaisi chez les uns avec la fin des progressions alliées; quant aux autres, ils se résignent à suivre le régime nazi, ne voyant pas d'autre issue. La répression sanglante qui avait suivi l'attentat du 20 Juillet 1944 contre le furhrer a neutralisé la résistance allemande et interdit toute réaction. Dans l'armée, si les vieux militaires font preuve de résignation, les jeunes qui ont baigné dans le nazisme restent intoxiqués à un tel point qu'ils combattront jusqu'au bout. Les SS restent fanatiques. Model applique le déploiement de ses forces avec détermination. Les gros déplacements sont faits la nuit pour échapper aux avions de reconnaissance alliés; on étend de la paille sur les routes pour absorber la vibration des moteurs et des chenilles; on interdit aux soldats de cuire leurs aliment avec autre chose que du charbon de bois. Le déplacement des dernières réserves allemandes vers l'Ouest avait été facilité par le travail colossal de réorganisation des chemins de fer allemands supervisé par le général Gercke. Malgré l'échec en Hollande, les Alliés occidentaux n'en continuent pas moins leur concentrations de troupes pour entrer en Allemagne via la Sarre. Pour bon nombre d'entre eux, la guerre semblait presque terminée, et les nouvelles censurées qui leur parvenaient indiquaient que les Soviétiques arrivent aux frontières de l'Allemagne.
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Alors que l'activité est fébrile dans la 3ème Armée de Patton, l'humeur est presque décontractée. Les patrouilles de reconnaissance anglo-américaines ne rapportent aucune activité particulière: un véhicule par ci, un coup de feu par là.. Mais une semaine avant l'attaque, aucun officier allié ne pouvait expliquer la raison pour laquelle les Allemands lançaient de nuit des fusées éclairantes à certains endroits de leur ligne de front. La bataille des Ardennes sera une bataille de carrefours routiers. Il s'agit également d'une course contre la montre qui vise à capturer le port d'Anvers et, ainsi, casser le dispositif anglo-américain en deux segments, retardant ainsi la progression alliée vers le Rhin.
Phases
La bataille des Ardennes se divise en quatre phases:
Début de l'attaque
Le 16 Décembre à 5H30, une préparation d'artillerie toucha tous les secteurs de la ligne de front. Elle était inégale en intensité: à certains endroits le débit était ordinaire, mais à d'autres, il égalait la force de ceux d'Alamein ou du mont Cassino. Les positions avancées des 5ème et 8ème Corps US sont frappées; l'artillerie lourde lance ses projectiles sur Eupen, Malmédy, St-Vith et même Verviers. Le général Manteuffel interdit des cadence nourries de tir, car il sait que les munitions sont limitées. A 8H00, l'attaque allemande commence dans le brouillard. Les divisions allemandes sont précédées par trois petits groupes de forces spéciales: 800 parachutistes aguerris commandés par le général Von der Heyte ont pout mission de bloquer toutes les routes conduisant au flanc nord du saillant. Vient ensuite les 2000 commandos SS costumés en soldats américains et parlant anglais, commandés par le colonel Skorzeny, et montés sur des véhicules et jeeps américains, qui ont pour mission de troubler les arrières et aura pour mission de garder des ponceaux pouvant supporter les véhicules lourds.

Par une aube froide et brumeuse – A Lanzerath, tenir ses positions...
L'offensive allemande infligea un choc et créea immédiatement de la confusion dans les rangs alliés. Les liaisons téléphoniques américaines ont été coupées, soit par le pilonnage d'artillerie ou par l'action des hommes de Skorzeny.
Les commandants américains locaux ne pouvaient mesurer l'ampleur de l'attaque. Le QG d'Eisenhower n'était pas encore tout à fait installé à Versailles, et certains de ses bureaux étaient encore à Avranches. Eisenhower était, à ce moment, plus soucieux de la disparition de l'avion du compositeur Glenn Miller au-dessus de la Manche que de ce début d'attaque dans les Ardennes. Montgomery golfait, et fut également surpris, et dit à Eisenhower qu'il ne pourrait rien faire avant plusieurs semaines. Le déséquilibre des forces (4 contre 1) avantageait considérablement les Allemands dans cette partie du front. Fait à noter, dàs les premières heures de l'attaque, deux sections d'infanterie inexpérimentées de la 99ème Division US vont résister à une attaque de parachutistes près du village de Lanzerath (ci-haut à droite). Ils tuent 92 Allemands qui les chargent à la bailonnette. Ces GI's tiennent leurs défenses avant d'être faits prisonniers. Ils vont ainsi bloquer l'avance de la 1ère Division blindée SS qui est la pointe de lance de la 6ème Armée blindée durant 20 heures... Un seul régiment d'infanterie américain – le 110ème – est étiré sur 7 milles de front devant la rivière Our; elle essaya d'encaisser le choc de deux divisions allemandes, sans succès. Ses postes avancés reçurent de nombreux tirs d'artillerie et re roquettes Nebelwerfer. Certains peloons de tête allemands passent à quelques dizaines de mètres de GI's apeurés. C'est la cohue et la débandade. Plusieurs officiers juniors américains n'ayant aucune expérience du combat perdent la tête, comme l'explique ci-contre ce vétéran américain. Surpris lui-aussi, le général Bradley ne peut s'empêcher de pester contre Hitler en ruminant une petite remarque à la Patton: Ou cet enfant de chienne trouve-t-il tout son matériel? D'autres GI's se font également surprendre et cueillir au saut du lit par des Allemands étonnés qui ne peuvent retenir leurs sourires, comme en font foi les actualités allemandes (ci-bas à gauche). Ainsi, les premières heures de l'attaque permettent aux Allemands de râfler un grand nombre de prisonniers, dont des soldats noirs qui sont niaisés par des SS ricanants devant les caméras de la propagande allemande (ci-bas).
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Surpris et ébahis d'être capturés – L'axe des progressions allemandes
Le renseignement américain a négligé de tenir compte des observations faites par plusieurs civils belges et luxembourgeois sur des mouvements d'unités allemandes vers la frontière belge. La raison étant que les officiers de l'US Army étaient convaincus que les Allemands n'avaient plus les moyens de mener une attaque de grande envergure. Les GI's ainsi surpris et bousculés ne croyaient tout simplement pas qu'il s'agissait d'une attaque importante, alors que la supériorité locale des attaquants était de dix contre un. Au niveau régimentaire, la pagaille régnait car officiers et sous-officiers ne savaient pas quoi faire et où aller. On se serait cru en Mai 1940. Le GQG allié n'avaient pas compris la gravité de la situation, même au deuxième jour de l'offensive: 25 divisions allemandes tombant sur 4 divisions éparpillées, sous-dotées et inexpérimentées de l'US Army. Eisenhower ne disposait que de deux unités de réserve entraînées: les 82ème et 101ème Division aéroportées. Une partie de l'infanterie allemande de première ligne était composée de la 26ème Division Volksgrenadier commandée par le général Kokott. Elle avait pour mission de franchir 8 milles derrière les lignes ennemies jusqu'à Bastogne. C'était un programme très chargé pour une division dont les vétérans avaient combattu sans arrêt sur le front russe et dont le gros des recrues n'avait jamais été exposé au feu. La résistance initiale du 110ème Régiment US fut bonne, car elle repoussa les assauts des Volksgrenadiers. Une compagnie entière fut mise hors de combat: une centaine d'entre eux furent tués par les mitrailleuses dites Quad Fifty montées sur les semi-chenillés White; le reste fut dispersé. A Weiler, une compagnie d'infanterie américaine disposant de mortiers et de quelques canons antichars M5 repousse d'autres Volksgrenadiers courageux mais peu expérimentés. Mais la compagnie se fait encercler et doit se rendre. Un point faible est découvert à la jonction des deux corps d'armées américains: le vallon de Losheim entre les massifs d'Elsenborn et de Schee Eifel. Le faible rideau de chars Sherman et Chaffee qui le garde fut rapidement dispersé par les blindés allemands. Décontenancés, les Américains se replient à la hâte (clip ci-bas) et leurs sapeurs font sauter les ponts sur la route des chars ennemis.
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Ce Panther n'est pas allé très loin – Les G.I's font sauter les ponts – Américains repoussés
Au sud du saillant, les éléments de tête de la 7ème Armée allemande pénètrent dans Echternach, prend Berdorf et progresse de 2 milles. Mais l'avance allemande est stoppée nette par un régiment renforcé de la 4ème Division d'infanterie US, bien doté en artillerie. Les artilleurs américains transforment la progression allemande en un simple succès local. Mais en général, les Américains sont bousculés et étonnés de devenir des prisonniers de guerre; avant Noël, c'est un comble… Les Anglo-Américains n'ont pas été les seuls à connaître des ennuis et de la confusion au début de l'offensive. Bien que l'effet de surprise désiré fut obtenu, les progressions allemandes connurent quelques pépins:
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Les éléments de tête progressent – Volksgrenadiers tués
Lorsque le SHAEF a reçu les permiers compte-rendus de l'offensive allemande, Bradley était à Versailles, et conférait evec Bedell-Smith et Eisenhower. Bradley croyait qu'il s'agissait d'une opération de diversion destinée à gêner la progression de l'armée de Patton en Sarre.
Mais Eisenhower – qui s'était interrogé déjà sur les intentions allemandes, de tenter un jour un grand coup à l'Ouest avant de se reconnaître vaincus – se demandait plutôt si cette attaque n'était pas le début de ce va-tout. Le groupe d'armées de Bradley était entièrement engagé, sans une seule division en réserve – et avec 72 heures de munitions... Il ne restait que deux divisions blindées disponibles: la 7ème au Nord et la 10ème au Sud. Elles reçurent l'ordre de faire mouvement dès que possible, vers le secteur menacé. Ce fut une décision déterminante. La 7ème Division blindée US arriva juste à temps pour sauver St-Vith. La 10ème Division blindée US entra juste à temps dans Bastogne au moment où ses défenseurs allaient être submergés. Après le choc initial de la surprise, l'acheminement de ces deux unités fut le premier des nombreux mouvement de torupes, qui, regarnissant les positions américaines en Ardennes, allaient contrarier considérablement les plans allemands. L'OKH n'imaginait pas qu'il fut possible de faire passer ainsi, sans formalités, des unités d'une armée à l'autre, parce qu'ils ignoraient tout de l'atmosphère amicale des rapports entre les commandants dans l'US Army, et de l'habitude américaine d'agit en-dehors des voies hiérarchiques et officielles. Trente heures à peine après le pilonnage d'artillerie initial allemand, des centaines de chars et d'automoteurs et des milliers de fantassins affluaient de partout vers les Ardennes. Mais les renforts américains allèrent prendre du temps à cause du brouillard et des mauvaises routes. Pendant deux ou trois jours, le général Middleton, patron du 8ème Corps (ci-contre), aurait à faire face, seul.
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Rescapés de la progression allemande – Le véhicule de Jorgen Peiper
Dès le premier jour de l'attaque allemande, le grand mérite des soldats américains venait de certaines unités et officiers juniors qui ont tenu le coup et contenu le désordre en tenant certaines positions vitales – comme ceux de la 99è Division US. Le sort de beaucoup de divisions américaines allait dépendre de quelques engagements isolés. Conscient de ce fait, Middleton établit son PC à Bastogne – le principal nœud routier des Ardennes – et lança un message à toutes ses unités: troupes n'abandonneront positions actuelles qu'au seul cas où elles deviendraient absoluement intenables. Le 17 Décembre, tandis que toutes les attaques sur Montjoie sont brisées, les formations blindées SS poussent en direction de Malmédy et Trois-Ponts, en direction de Stavelot. A l'Ouest de cet endroit, les Américains avaient aménagé un grand dépôt d'essence que les Allemands voulaient capturer intact. Une division américaine entière est rejetée sur le plateau d'Elsenborn ou elle essaie de résister. Derrière les Volksgrenadiers, il y a deux divisions blindées expérimentées: la Panzer Lehr et la 2ème Division blindée. La première traverse la Clerve à Draufelt et poursuit sa route dans le brouillard sans être inquiétée. La seconde écrase des éléments américains encerclés à Marnach et Clervaux, où elle traverse la Clerve.
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L'essence est vidée hâtivement – Ce Tigre II a soif...
Peiper n'a que peu de resneignements sur les dispositions américaines. Il ne sait pas exactement ou se trouvent les dépôts d'essence. Peu de stocks d'essence sont capturés et encore faut-il que les Allemands apportent les jerrycans ayx blindés qui ont soif... Le temps pour les ravitailler manque et plusieurs seront abandonnés faut d'essence ou de temps de ravitaillement. A à 6ème Division blindée SS, l'action est pauvrement menée. Elle prend Stavelot et tente de pousser vers Trois-Ponts, mais les sapeurs américains font sauter les ponts. Cela n'empêche pas la division de progresser en suivant la vallée de l'Amblève, occupe Gleize et avance vers Stouomont. Autour de St-Vith, les progrès allemands sont sérieux, mais la ville tient bon. Américains et Allemands s'affrontent dans des combats de rues. Pour hâter sa chute, les Allemands appellent une brigade, mais elle est retardée à cause des embouteillages inextricables dans un brouillard épais. Cependant, les G.Is n'ont peu d'armes antichars et sont contraints de se replier. Dans la vallée de l'Amblève, certains artilleurs américains parviennent à stopper temporairement les chars de tête d'une unité SS. Stavelot sera repris trois jours plus tard dans des combats aussi durs qu'à St-Vith. Peiper est à court de carburant et est obligé d'abandonner ses véhicules en faisant replier ses hommes à pieds dans la neige. La progression allemande est définivement arrêtée sur les ailes – au Nord et au Sud. Mais elle se poursuit au centre.
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Tigre II détruit à Werimont – Bataillages dans des bosquets
À 13H20, des unités de la 10ème Division blindée US qui se trouvent en Sarre reçoivent leurs ordres pour se porter à la frontière franco-luxembourgeoise, avant de recevoir son point de destination. À 20H30, la 101ème Division aéroportée US, stationnée près de Rheims, reçoit également son ordre de mouvement et partira en camion dans la nuit vers les Ardennes. Lorsqu'il apprit la chute de Clervaux, et l'avance des blindés et de l'infanterie allemans à l'Ouest de la Clerve, le général Middleton ordonna à la 9ème Division blindée d'engager un régiment renforcé pour protéger la route liant Clervaux à Bastogne. Ce régiment fut scindé en deux bataillons; le premier, composé d'infanterie, creusa des trous et posa des mines sur les routes entourant Bastogne; le second, composé d'artillerie se positionna sur des points obligés. Middleton engagea dans cette tâche de défense des éléments de génie, de secrétaires, cuisiniers et autres non-combattants. Un écran défensif fut formé autour de Bastogne, mais le rideau était mince et surtout dépourvu d'armes lourdes.
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Un canon antichar M5 – Pose de mines
Attaques sur Wiltz
Au Sud-Est, les Allemands étaient forcés d'emprunter les petites routes sinueuses dans la vallée de la Wiltz.
Il s'imposait de tenir quelques positions menacées: les carrefours et la ville de Wiltz elle-même. Devant les préparatifs américains autour de Wiltz, les Allemands étaient divisés: certains officiers voulaient contourner Wiltz et filer droit sur Bastogne. D'autres voulaient prendre Wlitz. Un bri de communication amena un régiment de reconnaissance allemand à attaquer Wiltz, tandis que le 902ème Régiment motorisé et blindé du général Bayerlein prenait la route de Bastogne. Dans Wiltz, le général Cota repoussa un premier assaut allemand au prix de nombreux morts américains. Les Volksgrenadiers attaqua la ville, appuyés par des chars et forcèrent son évacuation partielle. Cota replia son PC au village du Sibret. Mais les soldats Volksgrenadiers furent sacrifiés par le tir des mitrailleuses Browning HB de calibre .50 en affuts quadruples, surnommées "hachoirs à viande" (ci-contre), à certains endroits, il y avait jusqu'à cinq épaisseurs de cadavres. Wiltz fut prise. Les Américains se replièrent mais certains véhicules furent pris en feux croisés par les Allemands et troués, tuant et blessant un grand nombre d'hommes. Seule l'obscurité générale empêcha un massacre et permit aux G.Is de se disperser dans les boisés. Le temps gagné à Wiltz permet aux Américains de consolider leur résistance à Bastogne.

La progression maximale des Allemands dans le saillant des Ardennes
Sur la gauche de Dietrich, le général Manteuffel s'est montré plus adroit dans ses progressions car son adversaire immédiat, Hodges, n'avait pas encore reçu les renforts demandés. Même Model et Rundstedt sont forcés de réviser la distribution des ressources. Ils s'attendaient à ce que l'effort le plus prometteur se réalise au nord du saillant alors que la progression allemande est plus profonde au centre. Les deux maréchaux recommendent à Hitler de transférer la majeure partie des forces blindées du groupes de la 6ème à la 5ème Division. Hitler refusa. Il ne voulait pas que des divisions de Waffen-SS soient sous le commandement des généraux de l'armée de terre, dont il se méfie de plus en plus depuis l'attentat du 20 Juillet 1944. Si Eisenhower avait su que son adversaire était en train de commettre cette erreur tactique, il n'aurait probablement pas émis certains ordres durant cette journée. Les progressions allemandes verront deux écarts de conduite majeurs: Le 17, les SS du groupe Peiper massacrent 80 prisonniers de guerre américains à Malmédy. La plupart d'entre eux étaient des artilleurs désemparés du 285ème Bataillon d'artillerie qui avaient été gobés lors de la progression de Peiper vers Bullingen. Saus aucune raison apparente, les SS ouvrirent le feu, et seulement une quarantaine de GI's ont réussi à s'échapper. Les corps seront découverts un mois plus tard sous la neige. Dès lors, l'attitude des Américains envers les Waffen-SS va changer...
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Les massacres de Malmédy et de Stavelot
Presqu'au même moment, d'autres éléments du groupe de Peiper raflent et abattent une centaine de civils belges et 8 autres GI's dans trois villages: Stavelot, Baughez et Ligneuville. Le mobile de ces geste demeure encore inconnu. Il faudra que les Américains fassent sauter les ponts pour stopper la progression des SS de Peiper. Son groupe de combat se fera rapidement encercler. Dès lors, se rendre aux Américains deviendra plus difficile, surtout si le soldat fait partie des SS. Entretemps, le général Middleton est ravi de l'arrivée de la 101ème Division en route vers Werbomont. Mais elle se fait encercler illico dès son déploiement autour de Bastogne. Dès lors, Eisenhower décide d'imposer tout le poids de son autorité. À 11H00, il demande un meeting de généraux à Verdun.
La rencontre de Verdun
Durant cette réunion, Eisenhower considère que la situation présente une opportunité et non un désastre pour l'US Army. Ce fut le meilleur moment d'Eisenhower comme chef de guerre. Très lucide et en forme, il opta pour une contre-attaque immédiate, quitte à reporter la progression de la 3ème Armée US en Sarre. Eisenhower prend la décision de détacher 6 divisions de l'armée de Patton et le 12ème Corps de la Sarre pour l'envoyer sur une triple courbe Echternach-Diekirch-Bastogne. Cet ordre signifiait le transfert de plus de 133,000 véhicules sur un front de 450 milles sur cinq jours. Patton galvanisa ses unités et il réussit à les transférer ses unités dans les délais ordonnés en dépit de mauvaises routes enneigées couvertes de glace noire. Patton téléphona à Bradley en lui disant: Brad, this time the Kraut's stuck his head in the meatgrinder. And this time I've got hold of the handle. Ainsi, il organisa avec soin la supervision de la progression vers Bastogne. Ses échelons logistiques transférèrent plus de 62,000 tonnes de matériel et 40,000 pieds de cables téléphoniques – tout cela sous les regards étonnés de Montgomery, Horrocks, et de Bradley lui-même. Entetemps, les Allemands avaient réussi une percée entre Bastogne et St-Vith en repoussant le 112ème Régiment US, et avaient avancé si rapidement que les renforts ne pourraient atteindre Houffailize à temps pour défendre cette ville qui fut prise. Les Américains devaient situer quelque part une nouvelle position pour endiguer et arrêter les Allemands.
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En route vers Bastogne – Les identités desG.I's sont vérifiées
Bien que l'action des commandos de Skorzény ne fut pas efficace en temps que tel, le seul fait de savoir que des Allemands déguisés en Américains se promenaient en jeeps, loin dans les lignes, provoqua des retards, du fait des opérations d'identification répétées: le syndrome "parachutite" et de "l'espionite" inquiète de nombreux officiers américains. Même Eisenhower fut contraint de rester dans son PC par crainte d'une tentative d'assassinat... A l'heure ou les forces motorisées et blindées allemandes resserraient leur étau autour de Bastogne, le commando allemand détruisit toutes les lignes téléphoniques qu'il put trouver, dont la ligne souterraine reliant le 12ème Groupe d'armées de Bradley au QG de la 1ère Armée US à Spa. Dans la confusion de la bataille, les effets du lâcher de paras et de la présence de Skorzény rendirent le contrôle du champ de bataille pratiquement impossible, et des décisions prises aux plus hauts niveaux furent souvent difficiles à transmettre. Durant deux jours, Middleton était sans liaison aucune avec son supérieur immédiat, Hodges, installé à Spa. Il ignorait où se trouvait ses divisions. Plusieurs commandos SS en uniforme américains furent capturés. La prévôté contrôlait les identités des soldats: malheur à ceux qui n'avaient pas leurs "dog tags" ou qui ne pouvaient répondre correctement à des questions sur le baseball ou le football. Cependant, plusieurs soldats de Skorzeny, comme Manfred Pernass, tombèrent dans le filet de la prévôté. Ils furent fusillés.
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Exécutions d'Allemands en uniformes américains – D'autres Allemands progressent
Prise de St-Vith
Les Allemands ciblaient deux villes importantes des Ardennes durant leurs progressions: St-Vith et Bastogne. Elle étaient situées au cœur de nœuds routiers que les attaquants devaient occuper afin de faciliter leurs bonds offensifs vers la Meuse et Anvers. Les Américains étaient conscients de l'importance stratégique de ces deux villes et de la nécéssité de les tenir aussi longtemps que possible pour gêner les mouvements allemands. Bradley jugeait que plus les Allemands s'acharneront à les capturer, plus ils devront ralentir le rythme de leur offensive. St-Vith sera une des bonnes batailles rangées livrées sur le front occidental durant la Seconde Guerre mondiale. Depuis le 17 Décembre, les Américains essaient d'improviser et de tenir la ville et son périmètre dans un climat d'anxiété et de confusion. Des groupes d'Allemands entrent dans les faubourgs et des combats de rue commencent.
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Un semi-chenillé s'approche – Combats de rue – Un autre Tigre II détruit
La ville est défendue par des unités de la 7ème Division blindée US. Les Allemands essaient de la flanquer en utilisant les Volksgrenadiers encadrés par des chars. Il leur faut deux jours pour trouver le point faible du dispositif ennemi: il attaque les hameaux situés à l'Est de St-Vith: Poteau et Hunnange. Les chars Sherman s'exposent pour refouler les assauts des Volksgrenadiers, mais décrochent lorsque les chars allemands apparaissent. Ceux-ci sont parfois repoussés soit par des canons anti-chars camouflés dans des draps blancs, ou par des fantassins équipés de bazookas qui immobilisent les chars en cassant leurs chenilles. Les belligérants se battent bien. Le leadership ne panique pas, même dans les moments de tension. Les soldats américains réussissent à repousser plusieurs assauts en déplaçant de nombreuses unités avec beaucoup de flexibilité. Toutes les brèches dans le périmètre défensif sont comblées par des unités jusqu'alors isolées. L'artillerie de la 7ème Division joue également un rôle important pour tenir à bout de bras les attaquants, jusqu'au moment où elle épuise ses munitions. Les Allemands ralentissent quelque peu leurs poussées vers la Meuse car ils veulent trancher ce nœud gordien.
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L'identification orange des G.I's en hiver – Quelques scalps au Garand
Le 21 Décembre, la cannonnade allemande sur St-Vith force les Américains à se dégager progressivement, tout comme ils l'ont fait à Wiltz. Ils raccourcissent leur front sur la ligne Bovigny-Behop-Dieffelt. Le 22 Décembre, la situation se dégrade tout le long du saillant ainsi qu'à St-Vith. Le 23, les Allemands lancent un assaut massif avec leurs chars et prennent la ville. Les unités blindées allemandes reprennent leur route vers la Clerve et Trois-Ponts. Il y eut de nombreux prisonniers américains. La défense de St-Vith fut reconnue par les deux belligérants comme étant le point tournant de la bataille des Ardennes. Eisenhower louangea les efforts exténuants de ses défenseurs: the magnificient job you are doing is having a great beneficial effect on our whole situation. I am personally greatful to you and wish you would let all of your people know that if they continue to carry on their mission with the spendid spirit they have so far shown, they will have deserved well for their country.
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Shermans cannonant l'infanterie ennemie – Volksgrenadiers faits prisonniers
De la bataille de St-Vith, on retire les enseignements suivants du point de vue tactique:
Bastogne encerclée
Bien que Bastogne soit le principal nœud routier des Ardennes, cette ville avait en elle-même aucune importance dans le plan allemand, car la Wehrmacht n'avait pas l'intention de l'occuper ou même de s'y attarder: atteindre la Meuse était bougrement plus important. Cependant, les Allemands se sont laissés prendre au jeu lorsqu'ils ont vu les Américains la défendre avec acharnement. La ville aurait pu être contournée, mais ils vont progressivement y consacrer des ressources qui auraient été nécessaires pour donner de l'élan à l'offensive. Au nord de cette ville, la progression allemande de Bayerlein est rapide, mais ses éléments de tête sautent sur des mines. Bourcy est occupé. Mais, la brume ne cesse de recouvrir le pays. L'action de l'aviation alliée est inexistante. Cette situation permet aux Américains de retarder la progression des chars allemands de tête pendant plusieurs jours. Fait à noter, quelques antichars M18 américains près du petit village de Noville donneront du temps aux défenseurs de Bastogne: leur vitesse permet de surprendre et détruire une douzaine de Panthers (ci-bas au centre). N'empêche que Noville est prise le 20, tout comme Arlon. Le général Bradley se doit de stopper les avances allemandes qui semblent s'intéresser à Bastogne. L'ennui est qu'il n'y a que peu de soldats américains au repos dans cette ville pour la défendre. C'est alors que la défense de Bastogne allait être assurée par des éléments de la 101ème Division US, et une force mixte de la 28ème Division et des deux élémentss de la 10ème Division blindée. La mauvaise météo rend impossible de parachuter la 101ème Division aux alentours de Bastogne; elle devra y être acheminée par camions – 200 km de route. Pour gagner du temps, Bradley demande à la poignée de défenseurs d'établir des barrages routiers sur les axes menant à la ville pour retarder les progressions ennemies. Le périmètre défensif est établi dès le 17 Décembre. Une fois sur place, les Américains sont parfaitement conscients qu'ils sont pris dans une souricière: l'étau ennemi se referme sur eux...
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L'étau allemand se resserre – Deux Panthers détruits par des antichars M18 – Bastogne encerclée
Les défenseurs de Bastogne disposaient de deux bataillons d'artillerie disposant d'obusiers autopropulsé dits Long Tom de 155mm. Ces obusiers pouvaient atteindre n'importe quel point autour du périmètre de défense. Un bataillon de chasseurs de chars M-10 à canons de 76,2mm, de loin supérieur aux 75mm à canon court des Sherman, et qui pouvaient s'opposer aux 77mm des chars Panther allemands, mais inférieur néanmoins aux 88mm des chars Tigre II. La capture de Bastogne permettrait aux Allemands de consolider et de mieux coordonner leurs mouvements en direction de la Meuse. Mais les deux maréchaux exprimaient des avis différents sur son importance: Model en finir avec la résistance américaine dans cette ville tandis que Rundstedt ne voulait pas s'y attarder, mais foncer le plus rapidement vers la Meuse. Attaquants et défenseurs devaient composer non seulement avec des rations diminuées, mais également avec des bottes innappropriées pour se battre dans des conditions hivernales. Beaucoup d'Allemands et d'Américains ont été évacués parce qu'ils avaient les pieds trempés et gelés.
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Un Bradley très amer contre Eisenhower – Bottes allemandes et américaines – Model demeure inquiet
Bradley, qui a toujours son QG à la ville de Luxembourg, cherche de nouvelles unités de réserve pour endiguer l'offensive. Il essaie de chercher l'appui de Montgomery, mais ce dernier dit ne pas être prêts avant plusieurs semaines. Ensuite, il se tourne vers Patton qui avait déjà fait mouvement en direction de la Sarre. Bradley sait très bien que les deux généraux ne peuvent pas se blairer; ce sera Eisenhower qui va décider en approuvant la volonter de Patton de bifurquer vers le nord pour secourir les assiégés en 48 heures de progression. Patton réussit à se frayer un chemin. Cependant, Eisenhower écorche son subordonné Bradley en lui enlevant le commandement des unités défendant Bastogne pour les donner au général Montgomery – que Bradley ne peut pas blairer. Bradley offre sa démission à Eisenhower, mais ce dernier refuse: si quelqu'un doit être démis, ce sera à moi de la faire, grince-t-il. De son côté, Model sait qu'il doit consolider les premiers gains avec le gros de ses effectifs, mais il ne progresse que lentement – et souvent à découvert – sur un terrain semi-gelé de plus en plus difficile (ci-bas à droite). N'importe quel stratège militaire nous dira qu'il faut en moyenne trois attaquants pour déloger un défenseur. Dans le cas des Américains parqués dans Bastogne et disposant, pour l'instant, de vivres et de moyens pour résister, les Allemands doivent diposer d'une supériorité d'au moins six attaquants pour flusher un défenseur ennemi bien retranché. Dans certains cas de résistance armée dans des villes (Orel, Stalingrad), le ratio peut aller jusqu'à 10 attaquants contre 1 défenseur... Model et Kokott comprennent que leurs forces engagées, bien que supérieures en nombre, n'auront pas la vigueur requise et le temps requis pour briser cet os qui les gênent dans leur progression vers la Meuse. Le ciel peut s'éclaircir et le risque d'être stoppé des airs va s'accroître...
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Automoteur antichar américain M10 du 773ème Bataillon – Sur l'encerclement de Bastogne
La menace la plus sérieuse qui pesait sur Bastogne était la progression victorieuse de la 2ème Division blindée qui, de Clerveaux, avait balayé les deux barrages routiers d'artilleurs américains et atteint Allerbord, à moins de 1.5 milles de Longvilly.
Les civils belges évacuent la ville (ci-contre). Cette progression victorieuse aurait du continuer jusqu'à Bastogne. Mais Bastogne ne se trouvait pas dans la zone attribuée à la 2ème Division blindée, et personne ne le savait du côté américain. Les éléments de tête de cette division obliquèrent vers Bourcy. Au même moment, une colonne d'infanterie mécanisée américaine essaya de tater cette division allemande à Longvilly, mais les Allemands réussissent à l'encercler et la détruire. Ses survivants se replient sur Bastogne. Les blindés et canons d'assaut du général Bayerlein escaladent une colline au sud-ouest de la route de Longvilly-Magueret, et frappent une autre colonne de véhicules américains de tous genres. Le feu fut dévastateur: les véhicules sans protection furent balayés de la route; une heure plus tard, tous les Sherman et Chaffee étaient détruits. Les généraux Bayerlein et Kokott étaient indécis sur la suite des choses – s'attarder devant Bastogne signifiait renoncer à pousser vers la Meuse. De n'avoir pas pu prendre Bastogne rapidement portait un dur coup aux espoirs de Manteuffel. Il écrit: de n'avoir pu prendre Bastogne était grave parce que les forces nécessaires à la 5ème Armée blindée, pour l'exécution de ses opérations - course à la Meuse et la protection du flanc sud - ne furent pas évaluées avec exactitude avant le début de l'assaut. Ce qu'on avait craint avant l'offensive se produisit: la défense de Bastogne encourageait l'ennemi à transformer la ville en un tremplin pour sa contre-attaque.

Shermans déployés défensivement dans le corridor de Bastogne
Le 20 décembre, la situation du groupe de Peiper s'aggrave. Ses unités malmenées sont presque encerclées autour du village de La Glièze. Ses véhicules endommagés sont à court d'essence si bien qu'il demande la permission à Hitler de se replier avant d'être anéanti: permission accordée. Peiper quitte les Ardennes avec les survivants de son groupe SS, mais il doit abandonner son matériel, dont de nombreux chars PZKW-VI. Il sera déployé en Hongrie autour du lac Balaton. Le 21 décembre, toutes les routes menant à Bastogne sont coupées. La neige commence à s'accumuler au sol. L'encerclement est complet: 45,000 soldats allemands ont embouteillé 18,000 soldats américains – la 101ème Division aéroportée; le régiment renforcé B de la 10ème Division; un bataillon antichar; deux bataillons d'artillerie; débris de la 9ème Division, et quelques centaines de rescapés de la 28ème Division. Eisenhower et Bradley sont inquiets. La division Panzer Lehr va dépasser Bastogne par le sud et la 2ème Division blindée par le nord; celle-ci avait déjà perdu un jour précieux. La ville étant encerclée, ce sera la 26ème Division de Volksgrenadiers qui aura la tâche de l'investir et de la prendre.

La ville de Bastogne
Le général Middleton a donné le commandement de toutes les forces encerclées à son subordonné, McAuliffe, le commandant intérimaire de la 101ème Division US. Ce dernier ne perd pas de temps. Il a placé quatre régiments de la 101ème sur le périmètre, et garde le gros de ses éléments blindés et son PC (ci-bas à droite) dans la ville. Il réussit à secouer la léthargie et reprend en mains 600 hommes démoralisés de la 28ème Division, ainsi qu'un groupe épars de soldats de la 9ème Division. Ces-dits éléments furent réarmés et déployés dans le périmètre de défense. Le 22 Décembre à l'heure du midi, des parlementaires allemands se dirigent vers le périmètre défensif américain avec le drapeau blanc. Ils viennent demander la reddition de Bastogne sous menace de la reddition de la ville. Après une heure de discussions, ces Allemands reçoivent un fin de non-recevoir de la part du général McAuliffe: Nuts! Le lendemain en après-midi, le général Kokott fait monter la pression sur les défenseurs de Bastogne en pilonnant le village de Marvie, avec leurs chars en tête. Un peloton américain en saillant, sans armes antichars est encerclé et détruit. A l'ouest de Bastogne, les Américains abandonnent de nuit un autre petit saillant trop exposé et se replient sur les hauteurs de Mande-Ste-Étienne. Cependant, les assiégés de Bastogne étaient suffisamment bien retranchés pour infliger des pertes sévères aux assiégeants allemands. Les G.I's utilisent leurs obusiers de 105mm et, surtout, leur nouvelle arme antichar – le Bazooka – à charge creuse pour repousser les petites attaques diurnes et nocturnes des Allemands. Le temps presse pour Model, et il le sait parce que ses unités blindées vont bientôt manquer d'essence...
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Bastogne pilonnée – L'ultimatum présenté aux assiégés – De nombreuses ambulances
Les Allemands prétendaient avoir cerné prétendaient avoir encerclé Bastogne; mais, il y avait beaucoup de bluff dans cette affirmation.
La division Panzer Lehr et la 2ème Division blindée allemande avaient traversé l'Ourthe et n'avaient pas occupé de terrain. Les troupes allemandes n'encerclaient la ville que par un chapelet de positions fortes avec des StuGs (ci-contre), reliées par des patrouilles. Elles ne firent aucune tentative d'avancer par le Nord et par l'Est: leurs prochaines attaques auraient lieu à l'Ouest et au Sud-Ouest. McAuliffe avait d'autres problèmes. Il n'était plus possible de recevoir des munitions et du carburant à cause de l'encerclement et de l'encombrement des routes. Les 18 précieux obusiers de 155mm n'avaient que 1400 obus chacun, et un ordre du général limita à cinq le nombre d'obus pouvant être tiré sur un même objectif. La nourriture commençait à manquer; de même que les pansements, pommades et couvertures pour les blessés. Au moment d'utiliser les chars, on les approvisionnait du minimum de carburant pour faire la job: cela limitait la perte en cas de destruction. Seul un parachutage de vivres et de munitions permettrait aux assiégés de tenir jusqu'à l'arrivée des unités de Patton. Mais il y avait toujours ce brouillard. Le 23, la brume se dissipa quelque peu, mais ce furent les bombardiers de la Luftwaffe qui apparurent au-dessus de Bastogne durant la matinée. Il y eut de nombreux tués et blessés dans la ville. McAuliffe était furieux contre l'USAAF: que font-ils? Où sont-ils? On nous a laissé tomber!
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La course au ravitaillement – Char touché par un Bazooka – Topo sur la charge creuse d'un Bazooka
Mais durant l'après-midi, 241 transporteurs C-47 larguent 150 tonnes d'approvisionnement aux assiégés. Quelques-un sont abattus par des tirs du sol (ci-haut à gauche). Le lendemain, le ravitaillement aérien se poursuit: 100 tonnes sont parachutées. Devant ces cadeaux tombés du ciel, McAuliffe sait qu'il tiendra Bastogne. Rundstedt et Model décident de hâter la chute de la ville. Les Volksgrenadiers de Kokott auront l'appui d'une nouvelle division motorisée et blindée, soit la 15ème qui vient d'arriver du front de l'Est. L'assaut décisif s'exécutera durant la nuit de Noël, par crainte de la supériorité aérienne ennemie. Les Américains sont partout aux aguets. Les parachutages ont augmenté la confiance. L'artillerie dont les munitions étaient épuisées, est réapprovisionnée et le vieil artilleur qu'est MacAuliffe est convaincu que la défense se poursuivra tant que ses canons auront des projectiles. Durant la nuit du 25, c'est au tour de l'artillerie allemande de donner. Une heure plus tard, l'assaut allemand débute. Une brèche est créée et un violent combat de rues débute dans la ville. A 07H00, un second pilonnage allemand tape sur la ville; 18 chars PZKW-IV et quelques canons d'assaut bourrés de fantassins foncent sur un front étroit sur le côté nord-est du périmètre américain et le submerge.
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Artillerie américaine en action – Des cadeaux du ciel
Cependant, le périmètre se referme dans le dos de la force blindée qui l'a percée. A courte portée, les bazookas et les automoteurs antichars M-10 détruisent les chars allemands et tuent la plus grande partie de l'infanterie. Les Américains cueillent une soixantaine de prisonniers. La seule pénétration à l'intérieur du périmètre de McAuliffe se termine par la destruction totale des aissaillants. McAuliffe ne s'est pas laissé influencer par l'étendue de son périmètre et s'est gardé de mettre tout son monde en ligne. Il ne disposait ni de champs de mines, ni d'aviation, mais l'échelonnement en profondeur de sa défense, la réserve mobile, et la bonne coopération infanterie-artillerie lui ont permis d'être constamment en garde.
Contre-attaque alliée
Le 26 Décembre, les Allemands renouvellent en vain leurs attaques sur Bastogne. Une unité blindée de Patton, la 4ème Division, se fraye un chemin dans Bastogne et y déloge les Allemands par des combats de rue (clip ci-bas). Le nettoyage de certaines rues dure jusqu'à 20H00. Mais l'approche de Bastogne par cette division ne fut pas facile, car elle se heurta aux parachutistes fanatisés qui protégaient les assaillants durant l'attaque du périmètre. Selon Patton, ils se faisaient refouler et ré-attaquaient de nouveau sur ses arrières. Tenaces, ils furent en bonne partie exterminés car beaucoup refusaient de se rendre. Avec les premiers véhicules de la 4ème Division blindée US arrivant à Bastogne, se trouve le général Taylor qui, dès l'annonce du départ de sa 101ème Division vers l'Ardenne, avait pris l'avion pour l'Europe. McAuliffe lui remet le commancement de sa grande unité qui combattra durant quelques jours pour le dégagement complet de Bastogne.
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Combats dans Bastogne – Patton décore McAuliffe – Artilleurs du 319ème Bataillon US le 27 Décembre
Durant les combats pour Bastogne, le rôle de l'artillerie allemande sera insignifiant. Ce seront les canons de chars et des automoteus qui feront les préparations. Jamais les assiégés ne subiront l'action en masse de l'artillerie adverse.
Les Allemands disposaient cependant d'artillerie lourde à grande portée qui aurait pu piloner la ville et rendre la situation des défenseurs difficile, sinon intenable. Ceci prouve qu'ils avaient compté sur la capture en surprise de cette ville. Cette insuffisance de l'artillerie allemande, le manque de coordination entre les chars et l'infanterie, l'emploi des chars par petits groupes, rendent les assaillants incapables d'éprouver le moral d'une troupe encerclée. Au moment ou se termine le nettoyage de Bastogne, l'aviation alliée intervient en grand nombre et va massacrer tous les chars et véhicules ennemis qui se laissent voir. Pour Patton, le retour du beau temps et de l'aviation est un tel cadeau du ciel qu'il fait décorer son aumonier. C'est la curée: Typhoons, Spitfires, P-38, P-47, P-51, B-25 et B-26 cassent les progressions avancées des 2ème et 116ème Divisions, ainsi que celles de la division Panzer Lehr à Rochefort et à Celles, tout près de Dinant, sur la Meuse. De nombreux Allemands sont faits prisonniers. Plusieurs d'entre eux ont les pieds gelés (ci-contre).
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Le siège est brisé – Après la bataille
A Grimbiemont, les véhicules et blindés de tête sont stoppés par les bimoteurs américains. La coordination de l'offensive est brisée rapidement; les blindés allemands n'ont presque plus d'essence et beaucoup de chars détruits étaient déjà abandonnés par leurs équipages. Autour de Bastogne, les P-38 américains larguent leurs bombes dans des champs tenus par des Américains; curieusement, personne n'a blasphémé des injures à la radio.. Les effectifs de la 15ème Division blindée allemande furent durement éprouvés par l'aviation alliée, et l'unité d'élite fut dispersée. Les Volksgrenadiers de Kokott étaient également au bout de leur rouleau.
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Renforts américains – Prisonniers allemands enterrant des G.I's
Hustle, Monty!.. criait Eisenhower à Montgomery. Les rapports entre les deux hommes s'étaient considérablement déteriorés depuis l'échec en Hollande. Néanmoins, les unités du 30ème Corps britannique terminent le carnage de chars allemands effectué par l'aviation à Celles. Elles attaquent les positions allemandes à la pointe du saillant, dans la région de Marche-en-Famenne. Ils vont faire leur jonction au village de La Roche mais il est trop tard pour encercler les Allemands en déroute. Les efforts conjugués des 1ère et 3ème Armées US tenaillent le repli allemand du saillant des Ardennes. Les soldats allemands se bousculent pour sortir de cette trappe avant qu'elle ne se referme sur eux. Il n'est plus question d'une retraite en escaliers: c'est la débandade. Eisenhower rencontre Montgomery à Hasselt, en Belgique, pour superviser les grandes lignes de la contre-attaque alliée.
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Les Britanniques attaquent à partir de Celles, presque trop tard...
Le 8ème Corps de Middleton repousse les Allemands de Houffalize près du Luxembourg et déloge les Allemands de la route liant Bastogne à Arlon. Manteuffel demande la permission à Model de se replier; ce dernier le voudrait bien mais il doit demander à Hitler qui, bien sûr, refuse. La 3ème Armée US de Patton reprend de nombreux villages et pousse de plus en plus rapidement vers la frontière allemande. Malgré que tout est perdu, Hitler ne voulait pas évacuer le saillant des Ardennes, car c'était le seul moyen pour l'Allemagne de tenir les Alliés occidentaux hors des frontières allemandes, et de les empêcher d'entrer dans la Ruhr. Mais les soldats allemands quittaient le saillant en dépit des ordres d'Hitler. Pour Model, le demi-succès des Ardennes s'est transformé en défaite.
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En route vers l'Allemagne – Un StuG détruit par l'aviation alliée
Au début de Janvier 1945, les attaques allemandes sont neutralisées et les Alliés n'ont qu'à régler le sort du saillant – du "bulge" – créé par l'offensive. Deux options sont possibles. Montgomery propose à Eisenhower de refermer complètement la pince sur les Allemands éprouvés avec l'aide de Patton avant qu'ils ne détalent en Allemagne – bref, répéter l'exploit de l'encerclement de Falaise, en Normandie. Patton, lui, approuve pour une fois la suggestion de son rival en y coopérant partiellement, mais veut en même temps lancer une attaque avec le gros de ses forces vers la Ligne Siegfried. Eisenhower, curieusement, rejette à la fois l'encerclement de la poche et la poursite vers l'Allemagne. Ike ordonne non pas d'encercler mais de refouler frontalement les Allemands. Personne ne sait pourquoi il a choisi cette option et, en coulisses, plusieurs subordonnées s'interrogent sur ses qualités de grand capitaine. Cet ordre malheureux va prendre plus d'un mois avant de donner des résultats sur le terrain, et cela au prix de nombreuses pertes humaines dans les deux camps. Bradley et Patton sont secoués et très déçus, mais restent muets...
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La popote est servie – Des blessés sont évacués
Les Allemands ébranlés par leur échec et désorganisés dans l'offensive précédente se retrouvent maintenant dans la défensive et feront payer un lourd tribut à Eisenhower, en ralentissant le calendrier des opérations alliées. Qui plus est, la météo s'en mêle: l'hiver 1944-45 sera le plus froid en Europe en cette première moitié du XXème siècle. Les températures chutent et les blizzards neigeux rendent les combats encore plus ingrats. Hitler, fidèle à son habitude, refuse tout retrait en obligeant ses soldats à se battre sur place, mais il change d'idée rapidement en autorisant un repli progressif en escalier derrière la Ligne Siegfried. Les Allemands, déjà familiers avec la réalité des combats hivernaux en Russie, se cantonnent bien au chaud dans les villages tandis que les Américains doivent dormir dans les boisés. Les conditions sont dures, car les GI's manquent de sommeil, de sacs de couchage, de nourriture et de médicaments. Ils couchent dans des "pop tents" ou des tranchées sommaires exposées aux vents. La chaine logistique du ravitaillement ne passe plus. La semelle d'été est usée et l'US Army ne recevra sa première livraison de bottes d'hiver que le 10 Janvier 1945... Les Américains parviennent à reprendre chaque village avec beaucoup de difficultés: en un mois, 9,000 hommes doivent être évacués et traités pour des engelures. Eisenhower ordonne à ses subordonnés de racler toutes les unités de l'arrière pour remplacer les soldats morts ou évacués. Peu d'unités expérimentés sont disponibles, si bien que des cuisiniers, des musiciens et les logisticiens se retrouvent en première ligne sans avoir appris convenablement à se servir d'une arme. Des recrues arrivées en Europe depuis huit jours sont envoyées en ligne sans être préparés au combat hivernal. Les blessés considérés valides sont raccommodés et renvoyés au feu – y compris les psychiatrisés – alors qu'ils n'étaient pas en condition de subir de pareilles conditions de combat. Fait à noter, l'US Army ne comprend pas la signification du stress post-traumatique comme en fait foi le clip ci-bas.
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Quel est ton maudit problème, toi? – Les armes gèlent...
Le bilan
La bataille des Ardennes a été la plus coûteuse dans l'histoire de l'US Army durant la Seconde Guerre mondiale. Elle presque atteint l'objectif stratégique que s'était fixé Hitler: instaurer la bisbille dans les rangs anglo-américains. Montgomery, toujours hésitant è prendre l'offensive, réclame à Eisenhower le commandement de toutes les forces terrestres alliées à l'Ouest. Eisenhower refuse et menace de le limoger. La tension s'installe au SHAEF à un point tel que Bradley annonce la discorde en public. Il faudra l'intervention directe de Churchill pour rappeler Monty à l'ordre et calmer Eisenhower. A Berlin, Hitler est ravi de la dispute, mais elle ne changer rien à la réalité allemande sur le terrain. L'échec de la bataille des Ardennes prive les Allemands de leurs dernières réserves stratégiques. L'armée allemande n'aura plus aucune force organisée entre les Ardennes et le Rhin. Il est vrai que le résultat initial de l'offensive allemande a mis un peu de baume sur le sort inévitable qui attendait l'Allemagne, mais à partir du 2 Janvier 1945, Hitler renonçait à toute idée d'attaquer à l'Ouest. Les troupes qu'il fit replier "officiellement" le 3 Janvier étaient des lambeaux usés par des semaines de combats. Quant aux Alliés, leur repli initial s'était transformé en demi-victoire, qui fut surtout celle des soldats et des officiers juniors, qui ont tenir le terrain avec flexibilité. La route de l'Allemagne était désormais ouverte. Mais le bilan fut lourd pour les deux belligérants:
Belligérants | Morts | Blessés | Prisonniers |
| Américains | 16,328 | 46,170 | 20,900 |
| Britanniques | 200 | 239 | 969 |
| Allemands | 12,749 | 34,439 | 32,400 |
| Belges | 2500 | ? | ? |
Les pertes matérielles sont sans grande conséquences pour les Anglo-Américains, mais elles sont désastreuses pour les Allemands en ce début de 1945: La Wehrmarcht se retrouve presque sans engins blindés entre la Ligne Siegfried et le Rhin.
Belligérants | Chars | Véhicules | Avions |
| Américains | 833 | 1300 | 592 |
| Allemands | 324 | 5000 | 320 |
De ce fait, le général américain Collins ne comprend pas pourquoi Hitler s'est obstiné à livrer cette contre-offensive inutile, alors que les Allemands auraient pu se consolider solidement sur la rive droite du Rhin: ce qui aurait été un obstacle formidable et difficile à franchir pour nous, dit-il. Le vainqueur de cette bataille aura été le général Eisenhower qui, de nouveau, a assumé avec compétence les énormes responsabilités qui lui étaient confiées – sauf qu'il n'a pas su, en piètre capitaine, exploiter l'opportunité qui s'offrait à lui d'achever les Allemands avant qu'ils ne détalent sur la rive droite du Rhin... La bataille des Ardennes aura également des conséquences politiques car en attaquant sur le front occidental, Hitler a fait le jeu de Staline. Ainsi, les divisions de l'Armée rouge pourront franchir rapidement l'Oder et atteindre l'Elbe, consacrant ainsi la partition de l'Allemagne et la fin de l'hitlérisme. De leur côté, les armées alliées occidentales ne bénéficieront pas autant qu'on l'aurait souhaité de l'épuisement des réserves allemandes. En reconnaissance du courage des GI's, la Belgique érigera à Bastogne un mémorial sur la colline du Mardasson.
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En route vers la captivité – Une expérience difficile à vivre
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