René Bousquet
Haut fonctionnaire

1909-1993
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Haut fonctionnaire français qui a accepté de collaborer avec l'Allemagne sous le régime de Vichy.
Né à Montauban, Bousquet devient avocat puis adjoint du préfet de Garonne. En 1930, il se fait connaître comme ayant sauvé plusieurs personnes durant les inondations du Sud-Ouest et est décoré le titrer de Chevalier de la Légion d'honneur par le président Doumergue. Bousquet devient tour à tour député, premier ministre puis directeur technique pour reconstruire des régions sinistrées par les inondations. En 1931, il devient sous-secrétaire d'État à l'Intérieur du premier gouvernement Laval. En 1938, Bousquet est promu sous-préfet de la Marne puis secrétaire général de la préfecture de Chalons-sur-Marne. Lors de l'invasion allemande de la France, il reste à son poste puis, fin juin 1940, les services préfectoraux se replient à Albi. Il est nommé préfet de la Marne, après l'armistice de juin 1940 le 17 septembre. Au début de l'occupation, Bousquet fait évader de nombreux prisonniers de guerre en évitant que sa préfecture subisse des pressions des Allemands. Cependant, il se conforme aux édits des occupants. Au printemps 1942, Laval le nomme secrétaire général à la police en devenant le lien principal entre Vichy et les occupants allemands. Lorsqu'il rencontre Heydrich, Bousquet négocie le degré de collaboration entre ses services et le SD allemand. A ce moment, Bousquet pouvait disposer d'une large autonomie à condition qu'il promît de combattre les ennemis du Reich. Le général SS Oberg peut donner des ordres aux forces de police françaises. En ce qui concerne la déportation des Juifs, Bousquet est favorable à la déportation de ces personnes internées en zone libre et en fait part à Heydrich. Cette initiative de collaboration surprend les Allemands eux-mêmes, qui en profitent, dès le 17 juillet 1942, pour déporter 3 000 personnes de la zone libre, par trois convois successifs. En juillet 1942, Bousquet met la police française au service de l'occupant en permettant des rafles dans les deux zones du pays. Fait à noter, ni Bousquet ni Laval ne connaissaient l'étendue du programme de "relogement" des Juifs déportés à l'Est. Certains auteurs affirment que Bousquet était indifférent au sort des déportés. D'autres mentionnent que le fait de débarrasser la France des juifs, malgré la guerre, est plus qu'un geste de la part de l'Allemagne et témoigne, sans aucune ambiguïté possible, de notre volonté de résoudre la question à l'échelle européenne. La rafle du Vélodrome d'Hiver est suivie le 26, 27 et 28 août d’autres en zone libre qui n'épargnent pas les enfants de moins de seize ans de ces Juifs étrangers, à la suite de la proposition de Pierre Laval. Fin juillet, Bousquet reçoit une lettre d'Oberg le félicitant de la conduite exemplaire de la police française.
Bousquet a également eu une collaboration effective dans la traque des résistants à partir de 1943 mais exprime un malaise devant la poursuite des déportations. Entre avril et juin 1943, les déportations marquent un temps d'arrêt. Pendant ce temps, Oberg et Bousquet signent un nouvel accord, le 2 avril, au terme duquel la police française s'engage à défendre l'ordre contre les attentats des "Juifs, communistes, et autres ennemis", tandis que les Allemands promettent de ne plus contraindre les Français à la désignation d'otages et de ne plus intervenir dans les affaires de police "strictement françaises". Suite à l'assassinat de Maurice Sarraut, Bousquet perd la confiance du général Oberg. Il brûle ses archives afin de compliquer le travail de son successeur, Darnand, chef de la Milice, qui le remplace le 31 décembre 1943, à la suite de sa démission et qui fait libérer les assassins de Sarraut. Le 7 juin 1944, Bousquet est arrêté par la Gestapo et interné en Bavière. Il est libéré en avril 1945 par les Américains qui, sous la houlette d'Allan Dulles de l'OSS, lui proposent de s'exiler aux USA sous une nouvelle identité. Bousquet refuse et préfère retourner en France puis arrêté. Incarcéré à Fresnes, Bousquet aide Laval à préparer ses notes pour son procès. En juin 1949, Bousquet est le dernier cadre collaborationiste à être jugé par la Haute Cour. Son procès fut peu médiatisé car l'opinion publique de l'époque était passée à autre chose. Bousquet est acquitté après trois jours d'audience mais avec une tache "d'indignité nationale" qui marquait automatiquement tous ceux qui avaient accepté de participer aux gouvernements de l'époque vichyste. Par la suite, Bousquet poursuit une carrière dans la presse et à la Banque de l'Indochine où il est recruté par Jean Laurent, ancien chef de cabinet du général de Gaulle dans le gouvernement Reynaud en juin 1940 et authentique résistant. C'est notamment à cette époque (fin 1949, début 1950) que Jean-Paul Martin, son ancien collaborateur à Vichy, devenu directeur de cabinet du ministre de la France d'Outre-mer François Mitterrand, met en contact les deux hommes. Cependant, il est probable que René Bousquet et François Mitterrand, sans se connaître formellement, en sachent déjà beaucoup l'un sur l'autre : en effet, c'est sur instruction de René Bousquet que Jean-Paul Martin a évité à François Mitterrand l'arrestation par la Gestapo. Les liens forts constitués entre les deux hommes datent de cette période de la guerre. En 1989, l'association des déportés juifs de France de Serge Klarsfeld, la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes et la Ligue des droits de l'homme déposent plainte contre René Bousquet pour crimes contre l'humanité dans le cadre du dossier de la déportation de 194 enfants de six départements du Sud de la France. Il est inculpé en 1991, mais l'instruction n'est pas achevée lorsqu'il est assassiné en 1993.
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