Charles Noguès

Général

1876-1971

Officier de carrière français qui a été le Résident général de la France au Maroc .

Né à Monléon-Magnoac d'une famille d'agriculteurs, Noguès entre à l'École polytechnique en 1897. Il choisit l'artillerie comme branche du métier et accomplit la plus grande partie de sa carrière en Afrique du Nord où, dès 1912, il est appelé au cabinet d'Hubert Lyautey. Après la Première Guerre mondiale, qu'il termine à la tête d'un régiment d'artillerie, il occupe différents postes dans le cabinet Millerand, puis retourne en Afrique en 1924, prend part à la campagne du Rif et devient directeur des affaires indigènes à Rabat en 1927. Noguès est promu général de brigade le 2 juin 1927, puis général de division le 29 octobre 1930, et enfin élevé au rang et à l'appellation de général de corps d'armée le 1er mai 1933. Noguès est fait commandeur de la Légion d'honneur le 25 septembre 1925, puis grand officier, puis grand croix en 1939 remise par le président Lebrun. En 1933, il devient commandant du 19 ecorps à Alger, puis en 1936 prend le poste de résident général du protectorat au Maroc. Le rang et l'appellation de général d'armée lui sont conférés le 17 mars 1936. En 1939, Noguès occupe les fonctions de commandant en chef du théâtre d'opérations d'Afrique du Nord.

Au moment de la débâcle française de 1940, Noguès est pris de court, stupéfait. Il informe le maréchal Pétain, le 18 juin, de sa décision de continuer le combat en Afrique du Nord. Les soutiens pour continuer le combat arrivent de tout l'Empire. Georges Le Beau, gouverneur général de l'Algérie, Marcel Peyrouton, résident général en Tunisie, soutiennent la combativité du général Noguès. Le général Legentilhomme et le général Mittelhauser, commandant en chef du théâtre d'opérations de Méditerranée orientale, soutiennent la continuation de la lutte. Pour les Britanniques, qui n'ont plus confiance en Pétain, le général Noguès apparaît donc comme l'homme de la situation pour continuer le combat ; c'est le sens du message du général Liddell, gouverneur de Gibraltar, au commandant en chef du théâtre d'opération d'Afrique du Nord.De Gaulle essaie de le faire basculer dans le camp allié mais sans succès. Noguès opte pour la légalité et fait tout ce qu'il peut pour limiter les actions des Français libres en Afrique. Cependant, Noguès est inconfortable dans le régime de Vichy. Il interdit donc toute dissidence au Maroc et, en 1942, applique les consignes de résistance au débarquement allié du 8 novembre, jusqu'à la conclusion trois jours plus tard du cessez-le-feu. Il minimisera sa résistance et justifiera sa position lors du débarquement dans une lettre, disant qu'il avait reçu des ordres plus stricts qu'il n'avait pas suivis. Par la suite, Noguès se fait tout doux avec les généraux américains Patton et Clark. Noguès fit partie, avec le général Giraud, des responsables de l'exécution sommaire de Fernand Bonnier de La Chapelle le 26 décembre 1942 à la suite de l'assassinat de Darlan. En juin 1943, il démissionne de ses fonctions de Résident général de France au Maroc. Remplacé par Gabriel Puaux, il se retire au Portugal.

Condamné par contumace à l'indignité nationale et à 20 ans de travaux forcés en 1947, Charles Noguès rentre en France en juin 1954 où il se constitue prisonnier. Il est jugé en octobre 1956 par la Haute Cour de justice qui ne retient pas l'intelligence avec l'ennemi (qui aurait entrainé une peine criminelle), mais l'atteinte à la sûreté extérieure de l'État, peine correctionnelle prescriptible cinq ans après la condamnation. Il est condamné à l'indignité nationale, puis aussitôt relevé de cette peine, la prescription étant acquise. Noguès retournera finir ses jours au Portugal.

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