La campagne du Pacifique

Les îles Marshalls

Le 30 Janvier 1944, l'amiral Nimitz attaque l'archipel des Carolines en ciblant l'atoll de Kwajalein. Simultanément, les Marines américains débarquèrent sur les îles Roi et Namur. Le degré de résistance japonaise fut varié, mais la sécurisation des atolls fut une entreprise pleine de dangers. Les combats se firent dans la même séquense que durant l'attaque des îles Gilbert: Pilonnage naval, attaques aériennes, mises à l'eau de barges de débarquement chenillées spécialement conçues pour franchir les barrières de coraux, et assauts des bunkers et autres pillboxes ennemis qui ont survécu aux bombardements. Malgré que les zones boisées aient été complètement nivelées, les Japonais ont résisté de façon organisée durant plusieurs jours. Après que l'atoll de Kwajalein fut sécurisé, les Marines attaquent les îles d'Enwitok et de Majuro, ainsi que les 30 îlots qui les encerclaient. Il y avait une garnison de 1100 soldats japonais sur Enwitok et 1000 autres sur Majuro. Cette fois, la résistance japonaise leur fit perdre plusieurs centaines de soldats. Plusieurs barges et chalands furent détruits par les artilleurs japonais avant même qu'ils n'aient pu toucher les plages. Contrairement à Tarawa et Kwajalein, il y eut de nombreux combats au corps-à-corps à la baillonnette; l'esprit agressif du soldat japonais n'en finissait pas de décontenancer les Marines qui ne croyaient pas qu'il puisse continuer de se battre avec autant d'ardeur malgré qu'il n'avait aucune chance de vaincre ou d'être secouru. Le 23 Février 1944, la moitié de l'archipel des Carolines a été dégagé de la présence militaire japonaise. Les Américains avaient perdu 251 soldats, mais 934 soldats japonais furent tués sur Enwitok, et 16 furent faits prisonniers; 756 autres furent tués sur Majuro, mais les Américains firent plus de 250 prisonniers qui se perçurent comme complètement déshonorés.

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Marines sur Kwajalein - Repos des guerriers - Marines à Enwitok

Truk

L'atoll de Truk était une possession allemande jusqu'au moment où les Japonais s'en sont emparé en 1914. L'île de Truk est la plus importante de toutes les Carolines. Elle fut aménagée comme un dépôt militaire et une base navale avancée pour la marine impériale. La base a servi de relais pour les convois en direction de Rabaul en Nouvelle-Bretagne, tout en hébergant de nombreux navires de guerre de grande taille. Truk fut sormommée le " Gibraltar du Pacifique". Lorsque la base de Rabaul fut considérée comme dangereuse pour héberger les navires de guerre japonais, l'Amirauté replia ses grandes unités à Truk. Pour Nimitz, cette base navale devait être détruite non seulement afin de faciliter la reconquête du Pacifique Centre, mais également pour perturber l'acheminement du fret japonais dans le périmètre insulaire défensif du Japon. Nimitz ordonna à l'amiral Halsey de faire un raid aéronaval.

Truk_

La base de Truk, lagon à l'arrière - Pillbox japonais détruit

Les 17 et 18 Février 1944, les avions de Halsey attaquèrent la base de Truk et surprirent 30 cargos et 44 navires de guerre japonais ancré dans les deux mouillages. Une vingtaine de navires de guerre appareillèrent et certains d'entre eux furent endommagés; le croiseur Agano fut coulé. Les deux petits terrains d'aviation fit décoller en hâte ses chasseurs, et une bataille aérienne s'en suivit. Cependant, la supériorité des pilotes américains eut le dessus sur les aviateurs japonais: 137 chasseurs furent abattus et une centaine d'autres détruits au sol. Pour une fois, l'aéronavale américaine neutralisa le terrain d'aviation avec quelques tonnes de bombes. En tout, Mitscher fit plus de 1200 sorties contre Truk. Ce terrain était sans intérêt pour y baser des chasseurs et trop petit pour accomoder les bombardiers. Après que la base navale fut détruite, Nimitz choisit de ne pas envahir l'île - bien défendue - mais plutôt de l'isoler afin de ne pas ralentir son calendrier opérationnel. Le 18, un autre raid aéronaval détruisit 13 autres navires.

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Après l'isolement et la disette: la capitulation

Les Américains perdirent une trentaine de chasseurs-bombardiers; le porte-avions Intrépid fut endommagé par une torpille. Il n'y aura aucune possibilité pour la garnison japonaise de 800 hommes d'être ravitaillée et elle végétera durant plus d'un an, jusqu'au moment où la capitulation japonaise sera annoncée le 2 Septembre 1945. Cette défaite urprit le gouvernement japonais, qui tenta de minimiser le revers vis-à-vis la population. Entretemps, Tojo prit prétexte de ce revers sérieux pour limoger l'amiral Nagano et le remplacer par l'amiral Shimada - homme dévoué à Tojo. Quant aux navires de guerre rescapés des raids sur Truk, ils reçurent l'ordre de se baser dans les îles Palau.

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Les îles Mariannes

A Hawaii, MacArthur et Nimitz reconnaissent l'importance d'envahir et d'occuper l'archipel des Mariannes, et surtout les trois îles de Tinian, Saipan et Guam, pour deux raisons:

1 - L'archipel servirait de dépôt avancé pour attaquer ultérieurement les Philippines

2- L'archipel servirait d'aéroport stratégique pour bombarder le Japon

Les Mariannes se trouvaient à 1300 milles à l'est des Phillipines et à 1300 milles au sud-est du Japon. Il comprend 15 îles égrainées sur une surface de 450 milles. Nimitz mit en branle les grandes lignes de l'Opération Forager, afin d'occuper les Mariannes et ses trois grandes îles. L'attaque est prévue pour Juin 1944 et comprendrait 600 navires, et une force amphibie composée de 900 avions. Parmi ces navires, il y a 37 transports de troupes destinés aux troupes d'invasion amenant 127,000 hommes dont 25,000 Marines. Quant à l'archipel, il était défendu par une garnison de 29,000 soldats japonais et quelques centaines de fusiliers-marins. Le patron des Mariannes était le vénérable amiral Nagumo. En plus de sa garnison, il disposait également de la flotte de porte-avions commandée par l'amiral Ozawa. Elle avait 490 appareils, mais pilotés par des recrues inexpérimentées. Spruance divisa sa force navale en deux segments: le premier attaquerait l'archipel, et le second chercherait à neutraliser l'aéronavale japonaise qui avait déjà appareillée des Phillipines pour intercepter ses navires. Mais Ozawa n'avait plus le luxe de choisir le lieu et l'endroit d'où il pourrait infliger un défaite importante à l'US Navy. Les navires américains avaient l'avantage du radar, et pouvaient repérer les navires et les avions. Néanmoins, les navires d'Ozawa étaient arrivés au nord-ouest des Mariannes et ils avaient déjà repérés les mouvements des navires américains. Les Japonais espéraient attaquer la flotte américaine en tenailles entre les avions basés sur l'île - une centaine - et ceux de leur aéronavale. Pour Ozawa et Nagumo, ce serait quitte ou double.

Saipan et Tinian

A l'aube du 15, la flotte américaine ouvrit le feu contre Saipan. Une partie de son littoral fut labouré par les obus des cuirassés et les bombes d'avions. Quarante minutes plus tard, 600 barges de débarquement chenillées Amphtracks acheminent 8000 Marines sur les plages. La résistance initiale fut assez vive, mais vers 18H00, les barges de débarquement avaient débarquées 20,000 Marines. Les avions japonais causèrent quelques dégâts aux navires américains, mais ils furent rapidement abattus. Il faudra plus de vingt jours aux Américains pour vaincre les Japonais sur Saipan. Ceux-ci avaient aménagé leurs défenses à l'intérieur et purent infliger de petites contre-attaques sanglantes à leurs ennemis. A Saipain, il n'y eut presque pas de charges banzai, puisque les Japonais ont opté pour établir des positions statiques en profondeur pour ralentir l'ennemi américain et essayer de le contre-attaquer plus "classiquement". Le taux de portes chez les Marines et les G.Is augmenta rapidement. Pour refouler les défenseurs japonais tenant le centre de l'île, la 27ème Division d'infanterie US s'interposa entre deux forces de Marines le 22 Juin afin de les pousser à l'extrémité nord, le dos à la mer derrière de hautes falaises.

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Barges amphibies Amphtracks - Chars Stuarts à l'oeuvre - Famille japonaise découverte

Les Américains bénéficiaient d'un appui-feu aérien, d'une bonne artillerie, et de chars Sherman pour batailler avec leurs adversaires. Durant la dernière semaine, les combats furent acharnés et causeront la majorité des pertes humaines aux Marines. Le 2 Juillet, 2500 soldats japonais déterminés commandés par le général Saito firent la seule charge banzai sur des bataillons américains. Ces derniers utilisèrent leurs obusiers de 105mm pour tirer à bout portant sur les vagues ennemies. Saito poussa temporaitement les Américains, mais ne put éviter l'inévitable. Avant même que l'île ne soit complètement sécurisée, les bulldozers de l'US Army commencèrent la construction d'un grand terrain d'aviation pour les nouveaux quadrimoteurs B-29 La résistance organisée cessa le 9 Juillet. Mais la guérrila japonaise se poursuivra jusqu'en Novembre 1944, jusqu'à la reddition ou au suicide des derniers résistants ainsi que de leurs familles. Sur les 26,000 défenseurs de Saipan, 1000 furent faits prisonniers. Les Américains perdirent 3000 tués et 5500 blessés. Devant la défaite militaire annoncée, l'amiral Nagumo et le général Saito préférèrent se faire hara-kiri plutôt que d'encaisser un pareil déshonneur. Selon Nagumo, si les Mariannes étaient conquises, cela signifierait la défaite militaire pour le Japon.

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Note sur les combats - Combats de rue à Agana

Les débarquements à Tinian furent beaucoup moins sanglants car il n'y avait peu de Japonais de cantonnés. Ils se rendirent après une semaine de combats. Les débarquements sur Guam débutèrent le 21 Juillet. Les Marines commandés par le général Geiger ont subi une forte résistance de la part de la garnison japonaise de 13,000 hommes commandée par le général Takeshina. Malgré la dureté des combats, ils ne furent pas aussi opiniatres que ceux menés à Saipan. Une fois la force japonaise principale dispersée, Geiger entreprit de repousser progressivement les Japonais vers la pointe nord-ouest de l'île afin d'exiger la reddition des unités récalcitrantes. Geiger pouvait compter sur un appui au sol constant de la part de l'aéronavale. La capitale de Guam, Agana, fut encerclée par la 77ème Division d'infanterie US et progressivement réduite dans de nombreux combats de rues coûteux pour les deux belligérants. Les combats durèrent trois semaines et se terminèrent le 10 Août.

Un tir aux pigeons

La neutralisation rapides des avions japonais basés aux Mariannes enleva à Ozawa tout espoir de tenailler les navires de Spruance. Le 19 Juin, Ozawa fit décoller tous ses avions à 230 milles des navires américains. Spruance repéra les formations grâce au radar, et fit décoller les siens. Tout comme à la Mer de Corail, Midway et Guadalcanal, les flottes ennemies se combattent par le biais de leur aéronavale, sans s'apercevoir. Dans leurs combats aériens, l'aéronavale américaine bénéficie d'un nouveau chasseur, le F6F surnommé Hellcat: un appareil spécialement conçu pour dominer le Zéro japonais. Les pilotes japonais ne firent pas le poids vis-à-vis des pilotes américains puisque la plupart des aviateurs vétérans du Mikado avaient été tués. Ozawa ne disposait que de novices avec peu d'heures de vol. De surcroit, leurs appareils étaient peu protégés contre les tirs et ne bénéficiaient pas de dispositifs auto-étanches pour le carburant: une courte rafale bien placée et ils se transforment en torches. La poignée d'avions japonais qui a réussi à approcher les navires américains a été abattue rapidement (image et clip ci-bas). L'aéronavale japonaise fut, à toutes fins pratiques, anéantie: Sur les 430 appareils lancés par Ozawa, seulement 131 revinrent apponter. De surcroit, le navire-amiral d'Ozawa, le porte-avions Taiho, fut torpillé par un submersible américain. Pour les pilotes américains, il était aussi facile d'abattre ces avions que de tirer des pigeons d'argile; d'où le surnom de "Tir aux pigeons des Mariannes", pour désigner cette bataille aérienne d'une durée de 8 heures. Seulement 29 avions américains ont été abattus. en revanche, lorsque les Hellcats revinrent apponter, certains d'entre eux à la limite de l'épuisement; il y eut plusieurs accidents d'appontage. Durant le combat aérien, l'aéronavale américaine ne perdit qu'une vingtaine de chasseurs.

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Le tir aux pigeons des Mariannes

Les chasseurs Hellcat n'étaient pas aussitôt revenus qu'ils reçoivent l'ordre de se réarmer et d'accompagner les avions-torpilleurs TBF pour courir sus aux navires d'Ozawa qui avaient amorcé leur repli au nord-ouest des Mariannes. Mais cela pose problème; la flotte d'Ozawa était localisée à 280 milles des navires américains, soit à l'extrême limite du rayon d'action de leurs appareils. S'ils attaquent, ils risquent la panne d'essence au retour. Ozawa transféra son drapeau sur le croiseur lourd Haguro, et donna les ordres pour la poursuite de l'attaque des navires américains. Il n'avait aucune idée de la force de son adversaire. La présence de la flotte japonaise fut confirmée au radar, et Spruance ordonna à ses appareils de re-décoller: 77 avions d'attaque au sol SBD, 54 avions-torpilleurs TBF escortés par 85 chasseurs F6F Hellcat. L'aéronavale américaine trouva les navires japonais et une centaine de chasseurs droit devant elle. Les chasseurs bataillèrent afin de permettre à leurs porte-avions de s'esquiver la nuit venue, mais presque tous se firent abattre: sur 131 chasseurs, 35 appareils revinrent apponter sur leurs navires endommagés. Les Américains perdirent 20 autres chasseurs dans cette mêlée. Les avions SBD repérèrent le porte-avions Hiyo (ci-contre) à 17H40 et trouèrent son pont d'envol à cinq endroits; il coula en une demi-heure. Les autres navires japonais firent des zig-zags pour éviter les bombes - une manœuvre qui réussit assez bien. Mais le porte-avions de flotte Zuikaku fut endommé, de même que le jumeau de chantier du Hiyo, le Junyo. Trois pétroliers ravitailleurs furent coulés, et le croiseurs Maya et Haguro furent endommagés. Du côté américain, quelques avions D3A Val trouvèrent le porte-avions Intrepid et l'endommagea sur son pont avant. Le raid aéronaval sur les navires d'Ozawa fut un succès complet pour Spruance, mais les pilotes américains furent désormais confrontés à revenir apponter sur leurs porte-avions. Les premiers à revenir furent les chasseurs qui escortaient les avions-torpilleurs et d'attaque. Épuisés par les combats et la durée totale de vol, ils se posèrent souvent en catastrophe et les accidents mortels d'appontage furent nombreux (clip ci-bas). Se poser à la brunante sur un porte-avions est un exercice dangereux, mais il peut s'avérer impossible à réaliser une fois la nuit tombée.

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Navires japonais en zig-zag - L'Intrepid est endommagé - Appontages difficiles

Durant le retour vers leurs navires dans une nuit d'encre, plusieurs pilotes ne retrouveraient pas leur chemin et furent perdus. La consigne opérationnelle pour les navires américains était de naviguer tous feux éteints durant la nuit pour éviter d'être repérés et traqués par des submersibles. Mais cette fois, Mitscher réalisait le danger qui menaçait ses pilotes épuisés et à court d'essence. Il demanda l'autorisation à Spruance d'allumer les feux des navires pour guider les appareils, et ainsi, une grande majorité des pilotes américains purent trouver leurs navires et se poser soit sur eux ou à proximité pour être repêchés. L'USAAF poursuivit frénétiquement la construction de ses terrains d'aviation pour ses quadrimoteurs.

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Peleliu

Ces îles faisaient partie de l'Empire allemand avant 1914. Elles furent confiées au Japon sous un mandat de la SDN. Lorsque l'archipel des Mariannes fut sécurisé, les escadres de Nimitz se rapprochaient des Phillipines. Afin d'éviter toute initiative japonaise sur les flancs des formations aéronavales américaines, une des flottilles fut temporairement cédée au commandement du général MacArthur pour la prise des îles Palau, situées à 410 milles de Luzon. Nimitz aurait pu se contenter de bombarder et d'isoler cet archipel, mais les deux commandants américains préférèrent les attaquer et les occuper. Ce fut une grave erreur stratégique. Un terrain d'aviation pouvant être utilisé par des bombardiers était en cours d'achèvement, mais il ne contenait aucun bombardier. Par contre, la plus grande île de cet archipel, Peleliu, contenait une garnison de 10,000 soldats japonais expérimentés qui séjournait dans deux écoles spéciales de combat. Presque tous étaient assignés à la 14ème Division commandée par le général Nakagawa. L'occupation de cette île ne serait pas aisée pour les Américains. L'attaque fut confiée à la 1ère Division de Marines commandée par le général Rupertus.

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Bombardements sur Peleliu - Pause avant d'attaquer - Marines refoulés par des chars japonais

Le début de l'attaque fut une copie carbone des autres opérations amphibies de la Pacifique: pilonnage par cuirassés et bombardement aérien avant les débarquements. Les aménagements défensifs japonais furent analogues à ceux de Saipan: défenses établies en profondeur et non sur les plages. Rupertus choisit de débarquer sur la pointe sud-est de Peleliu, face au terrain d'aviation. L'attaque débuta le 15 Septembre. Après avoir progressé d'un mille de profondeur par deux de largeur, les Japonais firent une succession de feu croisés et tuèrent de nombreux Marines. Ces derniers furent surpris de se retrouver devant un petit écran de chars légers japonais Type 95 provenant de l'école spéciale de combat, et durent se replier (clip ci-haut). Ce ne sera que lentement - trop lentement -, les Marines refoulèrent les Japonais vers le nord-uest de l'île et durent combattre dans un méandre de collines escarpées et de bunkers très bien aménagés. Pour MacArthur et Nimitz, la chute de l'île était inévitable. Cependant, la qualité de la défense japonaise a fait monter les enchères et a fait trop perdre de temps au calendrier des opérations de la reconquête du Pacifique. Après que les différentes redoutes et tunnels creusés à même la rocaille coralienne furent neutralisés au Bazooka, à la grenade ou à l'explosif, les Marines durent batailler pour capturer une crête fortifiée par les Japonais: le Bloody Nose Ridge (image et clip ci-bas).

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Combats sur Bloody Nose Ridge

Neuf assauts répétés des Marines n'en virent pas à bout de ce "Nez sanglant", et ceux-ci furent même repoussés temporairement. En Octobre, les Japonais cessèrent de se battre d'une manière coordonnée, affaiblis par la disette, les blessures et les maladies tropicales. Il firent, bien sûr, quelques charges banzai inutiles, mais toujours terrifiantes. En fait, Rupertus prit deux mois pour sécuriser l'île. Quatre Marines sur dix ont été soit tués ou blessés; les traumatismes psychologiques furent également très importants. La résistance organisée japonaise cessa le 25 Novembre 1944; mais des petits groupes de récalcitrants firent de la guérilla jusqu'en Février 1945. A Washington, on s'interrogea sur la pertinence d'avoir sacrifié 3400 tués et près du double de blessés pour un petit atoll de peu d'importance aux yeux de plusieurs gradés américains. Cependant, MacArthur affirma que Peleliu devait être "sécurisé" avant d'entreprendre la grande contre-offensive vers les Philippines.

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La guerre sous-marine

Tous les gens familiers avec la Seconde Guerre mondiale connaissent les grandes étapes de la bataille de l'Atlantique. Mais le volet de la guerre sous-marine mené par les Américains et les Japonais durant la campagne du Pacifique demeure mal connu. Une guerre dont l'enjeu américain était la destruction du frêt japonais venant des territoires conquis en direction du Japon; et l'enjeu japonais était le harcèlement et l'insécurité des lignes de communication de l'US Navy. Dans les deux camps, les submersibles hauturiers ont jouéun rôle important, mais asymétrique. En 1945, le général Tojo dit à MacArthur qu'il y avait trois raisons pour expliquer la victoire américaine dans le Pacifique:

1- La logistique de l'US Navy permettant de garder de larges flottilles en mer pendant des mois.

2- La stratégie dite des "sauts de puce" menée par MacArthur et Nimitz.

3- La destruction du frêt japonais par les submersibles américains.

En ce qui concerne les submersibles en service actif, l'US Navy produirait plus de bâtiments que les Japonais. Mais en Décembre 1941, les deux belligérants étaient en situation de parité. La Flotte Combinée japonaise en avait 60 et l'US Navy, 55. Mais au fur et à mesure que la guerre progresse, la disparité entre les deux adversaire s'accroit. De 1942 à 1945, les Japonais compléteront et lanceront 106 nouvelles coques, et les Américains 204. Durant la guerre, les Japonais perdront 125 submersibles et les Américains 54. La capacité industrielle limitée du Japon ne lui permettait pas d'avoir dans sa marine un assortiment complet de navires de surface, des porte-avions et des submersibles; l'Amirauté devait faire des choix et opter pour une politique d'équilibre dans laquelle l'arme sous-marine a toujours été le parent pauvre. Les capacités industrielles supérieures des Etats-Unis permettaient un assortiment naval complet.

B1 japonais

Un submersible hauturier japonais de classe B1

Durant les années 30 et entre les deux guerres, la marine japonaise a considéré ses submersibles comme des armes défensives. Ils auraient pour fonction de ralentir les navires de guerre américains ou britanniques jusqu'au moment où ceux-ci seront engagés et détruits par les cuirassés et autres grands navires. l'arme sous-marine japonaise était de niveau très professionnel et rassemblait un peu plus d'une soixantaine d'unités opérationnelles de bonne qualité. Cependant, son développement a été ralenti pour des raisons de priorités budgétaires. La Flotte combine ne pouvait disposer en même temps d'une ensemble de grands navires se surface, d'un élément aéronaval et d'une flotte de submersibles: Le choix s'est porté sur l'élément aéronaval complété par la construction d'un nombre limité de navires de surface. Ainsi, les sous-mariniers japonais feront figure de parent pauvre dans la Marine impériale - ce qui ne les a pas empêché d'être très efficaces avec leurs moyens limités. En 1941, la Flotte combinée utilisent ses submersibles comme outils de reconnaissance avancée pour signaler la position des flottilles ennemies. Le principal bâtiment utilisé était le submersible de classe B1 construit durant l'entre-deux guerre. Un navire d'une excellente conception, tenant bien la mer en surface, et capable d'une autonomie de 14,000 milles. Il filait plus rapidement que les submersibles allemands de Type IX, soit 24 nœuds en surface et 9 nœuds en plongée. Il était armé des excellentes torpilles de 210mm dites Lances longues, les meilleures produites par tous les belligérants durant la guerre. Il portait un petit hydravion monomoteur démontable dans un hangar situé à l'avant du kiosque. C'est ce type de submersible qui a coulé le porte-avions Yorktown à Midway, endommagé le porte-avions Saratoga, coulés les porte-avions Wasp et Langley, puis endommagé le cuirassé North Carolina. Cette classe de submersibles fut progressivement remplacée par le KD7 moins coûteux et un peu plus facile à construire. Il reprenait les atouts principaux du D1 mais avec une coque moins rivetée et sur laquelle la soudure était généralisée.

KD7 japonais

Un submersible hauturier japonais de classe KD7

Son groupe propulseur double lui assurait la même vitesse en surface et en plongée que le D1. Ces submersibles étaient également armés de plusieurs canons-mitrailleurs de 25mm pour usage anti-aérien. Ils coulèrent plusieurs navires de transport américains et australiens, de nombreux destroyers, et achevèrent le porte-avions St-Lô. A partir de l'automne 1942, l'industrie japonaise produisit quelques exemplaires d'une classe de submersibles hauturiers de grande taille: la classe I-400; ce furent les plus grands submersibles de la Seconde Guerre mondiale. Ces submersibles n'avaient aucun équivalent dans l'inventaire allié. Le problème était non seulement leur coût, mais leur inutilité stratégique. Tout comme il n'y avait aucun intérêt à construire des cuirassés s'ils ne pouvaient être escortés de porte-avions, il n'y avait aucune cible à détruire qui ne justifiait la construction des submersibles I-400 - pas même le canal de Panama ou la base de San Diego. Ils jaugaient 3500 tonnes et avaient de grandes vésicules de carburant leur donnant une autonomie de 37,000 milles. Seulement trois furent construits et aucun n'entra en service avant 1945. Bien qu'en exemplaire ait été routé pour attaquer l'atoll d'Ulithi qui servait de base navale avancée de l'US Navy, il n'a pas lancé aucune attaque car l'ordre de reddition du 15 Août avait déjèa été reçu. Le I-401 fit surface, à la grande surprise des marins américains qui n'avaient jamais rien vu de tel (ci-contre). Le problème était non seulement leur coût, mais leur inutilité stratégique. Tout comme il n'y avait aucun intérêt à construire des cuirassés s'ils ne pouvaient être escortés de porte-avions, il n'y avait aucune cible à détruire qui ne justifiait la construction des submersibles I-400 - pas même le canal de Panama ou la base de San Diego. Ils jaugaient 3500 tonnes et avaient de grandes vésicules de carburant leur donnant une autonomie de 37,000 milles. Seulement trois furent construits et aucun n'entra en service avant 1945. Bien qu'en exemplaire ait été routé pour attaquer l'atoll d'Ulithi qui servait de base navale avancée de l'US Navy, il n'a pas lancé aucune attaque car l'ordre de reddition du 15 Août avait déja été reçu. Le I-401 fit surface, à la grande surprise des marins américains qui n'avaient jamais rien vu de tel (ci-bas).

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Topo sur le submersible I-401

Tactiques japonaises

Comme pré-cité, la marine impériale japonaise n'avait pas les moyens de se construire une flotte de submersibles. Une concentration de submersibles japonais aurait pu gêner considérablement les opérations de reconquête du Pacifique menées par MacArthur et Nimitz; elle aurait perturbée les lignes de communication entre la côte ouest américaine et les îles Hawaii. N'empêche, les succès menés par les submersibles japonais durant le volet naval de la bataille de Guadalcanal nous ont donné un indice quant aux tactiques utilisées par les Japonais au moment où ils perdent l'initiative stratégique. Au lieu de constituer de petites flottilles d'attaque - comme les meutes de loups de l'amiral Doenitz - pour attaquer les Américains aux endroits les plus vulnérables, les sous-mariniers japonais tombent dans le piège des batailles d'usure aux côtés de leurs navires de surface. Durant ces batailles, la marine japonaise perdit beaucoup de navires et de submersibles, souvent surpris en surface à l'aube ou au crépuscule. La tactique japonaise utilisée ne dépassera pas celle de la reconnaissance avancée, qui envoie par le fond ça et là une cible opportune. A partir de 1943, près de 30 submersibles D1 seront reconvertis en cargos non-armés pour acheminer ou évacuer des soldats japonais des îles isolées, dans le cadre du Tokyo Express.

Tactiques américaines

Contrairement aux Japonais, l'US Navy n'a pas loupé une seule opportunité pour mener une campagne sous-marine agressive contre la marine japonaise. Même à la fin de la guerre, la force sous-marine américaine n'a jamais dépassé les 3% de l'inventaire naval américain; cependant, elle a coulé 60% du frêt maritime japonais - un résultat inégalé jusqu'à ce jour. L'US Navy a commencé ses opérations sous-marine à partir de l'été 1942. Pour Nimitz, le maillon faible de l'économie de guerre japonaise était la faiblesse de sa marine marchande et l'énormité des distances qu'elle devait parcourir pour acheminer le frêt conquis jusqu'au Japon. Le trajet des navires marchands japonais était presque toujours le même; et, cela allait faciliter la tâche des sous-mariniers américains. Nimitz put appliquer les tactiques de meutes pratiquées par l'amiral Doenitz durant la bataille de l'Atlantique avec beaucoup plus de succès que ce dernier. Les navires japonais revenant de Birmanie ou des Indes néérlandaises croisaient dans la Mer de Chine le long du continent asiatique, passant entre Formose, vers le Japon. Pour opérer dans ces eaux très distantes d'Hawaii, l'US Navy disposait déjà d'un type de submersible hauturier de bonne facture: le Balao. Ces submersibles jaugaient plus de 1500 tonnes, soit l'équivalent du Type IX allemand. Leur vitesse était légèrement inférieure aux submersibles japonais D1 et KD7, mais ils étaient mieux dotés en tubes lance-torpilles, ainsi qu'en équipements de détection actif et passif. L'ergononie interne du Balao était meilleure que n'importe quel submersibles des belligérants. Au début du conflit, les submersibles américains étaient handicapés par le même problème que les U-Boats allemands: des torpilles défectueuses. Certaines d'entre elles ne détonnaient pas; d'autres explosaient prématurément. Mais une fois ses défauts corrigés, les torpilles américaines firent des ravages contre les navires  japonais. Les tactiques américains étaient beaucoup plus agressives que celles des Japonais.

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Un submersible hauturier américain de classe Balao

Les capitaines de submersibles américains étaient sujets à des réprimandes allant au limogeage facile pour être revenu au port avec un nombre insuffisant de navires coulés. Certains submersibles de classe Balao ont connu des succès notables: le Flasher a coulé 21 navires totalisant 121,000 tonnes; quatre autres de la même classe - Rasher, Tang, Silversides et Barb - ont exédé les 90,000 tonnes de frêt chacun. Certains capitaines favorisaient l'approche dite du "couteau dans la gorge": faire surface devant un groupe de navires marchands et de les torpiller à vitesse maximale, tout comme une vedette rapide. Tout comme les sous-mariniers allemands, les Américains préféraient approcher une formation de navires japonais en surface et la traquer avec leurs radars, couplés souvent aux informations d'avions de l'aéronavale, ou encore d'hydravions PBY Catalina. Lorsque la formation apparaissait sous la lumière crépusculaire, les capitaines de submersibles devaient cibler en surface le ou les navires ayant la plus grande taille et lancer les torpilles en surface. Après le lâcher, le submersible plongeait et se positionnait en immersion périscopique juqu'aux détonations. Si aucun destroyer d'escorte se manifestait, le submersible pouvait continuer - seul ou avec d'autres - d'attaquer le convoi. Mais si, par malheur, un ou plusieurs destroyers d'escorte se manifestaient, le submersible devait plonger à 150 mètres et tenter de faire le mort afin d'éviter d'être détecté et grenadé. La marine japonaise utilisait plusieurs classes de destroyers. L'une d'entre elles, le Fubuki (image ci- contre), fit école dans les marines des pays industrialisées; car, elle révolutionna la façon d'utiliser des navires pour fins d'escorte. Lancée en 1928, cette classe de destroyers fut la première à être armée de tourelles doubles de pièces de 5" à pointage rapide. Ces destroyers étaient à la fois munis de tubes lance-torpilles pour être utilisés dans des actions de flotte, et deux rateliers capables de lancer 36 grenades sous-marines. A partir de l'automne 1943, une nouvelle classe de destroyers d'escortes japonais empoisonnèrent l'existence des submersibles américains: la classe Akikaze, qui est la plus rapide et la mieux adaptée pour la lutte anti sous-marine (ASM), car elle était équipée de sonars, d'hydrophones bi-directionnels et multi-directionnels. Une quinzainne de submersibles américains furent coulés par des destroyers Akikaze.

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Pointage des torpilles en immersion périscopique - Cargo japonais torpillé

Devant les succès limités des submersibles américains et la perte d'un certain nombre d'entre eux, l'amiral Nimitz dut revoir le volet tactique. Il appliqua avec succès une tactique qui aurait donnée de très bons résultats si elle avait été utilisée par les submersibles allemands: détruire les navires d'escorte avant d'attaquer un convoi. Un ou plusieurs submersibles américains approchaient le convoi préalablement repéré et l'un d'entre eux coule un navire marchand afin d'éloigner le ou les destroyers d'escorte ennemis du reste du convoi. Une fois les escorteurs coulés - ou suffisamment dispersés pour aider leur convoi -, les submersibles attaquaient les navires marchands à l'immersion périscopique (image ci-haut), surtout dans les régions côtières du sud de la Chine, afin de minimiser les risques de détection par des avions ennemis. L'interception des convois japonais devait se faire par au moins deux groupes de trois submersibles, afin de maximaliser les chances d'interception et de pertes chez l'ennemi. Le premier groupe s'attaque aux destroyers d'escorte pour les disperser et les couler. Quelques heures plus tard, le convoi sans escorte est repéré par le second groupe qui le coule. Les submersibles américains s'en prirent également aux submersibles japonais dans des combats en plongée. Trois submersibles D1 furent torpillés dans des duels en plongée en 1944, et quelques autres en 1945. maximaliser les chances d'interception et de pertes chez l'ennemi. Le premier groupe s'attaque aux destroyers d'escorte pour les disperser et les couler. Quelques heures plus tard, le convoi sans escorte est repéré par le second groupe qui le coule. Les submersibles américains s'en prirent également aux submersibles japonais dans des combats en plongée. Trois submersibles D1 furent torpillés dans des duels en plongée en 1944, et quelques autres en 1945.

Sous-marin de poche suicide Kairyu

Lorsque la situation militaire et navale japonaise devint désespérée, la marine impériale autorisa la production d'un type de sous-marin de poche pour des attaques suicides: les Kairyu. Grosso modo, ils ressemblaient aux sous-marins de poche japonais d'avant-guerre, mais ils étaient munis soit de deux torpilles de 210mm ou d'une charge explosive de 2.2 tonnes dans le nez et détonnée au contact. Ils sont introduits avec succès à l'automne 1944, mais la production en série ne débuta qu'en Février 1945. Les Kairyu jaugaient 19.5 tonnes et filaient à 3 nœuds à une distance maximale de 35 milles. Ils étaient mis à l'eau à proximité d'une flottile américaine, et navigaient par leurs propres moyens jusqu'aux navires ennemis. Au besoin, ils pouvaient plonger jusqu'à 330 pieds. Le Kairyu était manœuvré par deux équipiers.

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Le golfe de Leyte

MacArthur pouvait réaliser son objectif bien publicisé de revenir aux Phillipines. Mais il devait affonter la marine japonaise à deux reprises dans ce qui sera la bataille navale la plus complexe de la Seconde Guerre mondiale: celle du Golfe de Leyte. Après avoir perdu son aéronavale à la bataille des Mariannes, l'amiral Toyoda misa lui-aussi quitte ou double, tout comme Ozawa avant lui: infliger le plus de pertes possibles à l'US Navy pour préparer le terrain à une paix négociée. Lorsque la force d'invasion américaine approcha des Phillipines, les dispositions japonaises furent les suivantes:

1- Une flottille de porte-avions (ayant presque plus d'avions…) et de deux vieux cuirassés commandée par le vice-amiral Ozawa appareille du Japon pour approcher les Phillipines par le plein-nord: c'est l'appat.

2- Une flottille de croiseurs escortés de destroyers commandée par le vice-amiral Shima appareille des Ryukyus. Son objectif: faire avorter le débarquement.

3- Une flottille de cuirassés et de croiseurs lourds commandée par le vice-amiral Kurita appareille de Singapour: c'est la force de frappe.

L'action la plus importante serait faite par la force de Kurita. Elle devait se scinder en deux groupes (voir carte). Le premier - illustré par une ligne jaune -, qu'il commande personnellement, doit manœuvrer de nuit dans le détroit de San Bernadino entre Samar et l'île principale de Luzon. Le second, commandé par le vice-amiral Nishimura, doit manœuvrer de nuit dans le détroit de Surigao entre Leyte et l'île de Mindanao. Tout comme à Saipan, l'Amirauté japonaise était handicapée par la disproportion des forces disponibles: 68 navires japonais contre 275 américains. Toyoda affrontait deux flottes américaines: la 3ème et la 7ème. Ce qui reste de l'aéronavale japonaise devra combattre l'aéronavale américaine dans une infériorité de un contre quatre. Même en incluant les avions japonais basés aux Phillipines, les Japonais ne pouvaient égaler les 1500 avions de Halsey et de Kinkaid. De surcroit, une coordination inter-armes était plus que nécessaire aux Japonais afin de leur donner une chance de tromper et de vaincre leurs adversaires. La tactique visait à tenailler les navires américains entre ceux de Kurita et de Nishimura. Plus important encore, les navires japonais n'avaient que l'autonomie nécessaire pour l'aller et combattre - le ravitaillement devrait se faire après la bataille. Tout comme Hitler en Décembre 1944, Toyoda était obligé à passer à l'attaque. Il donna ses ordres le 18 Octobre.

Actions au Golfe de Leyte

L'échec de Kurita

Le 22 Octobre 1944, Kurita se sépara de Nishimura. A l'aube du 23, deux submersibles américains attaquent ses croiseurs. Ils coulent le Maya qui explose, et endommagent si lourdement le Takao qu'il doit se replier vers Singapour par ses propres moyens. Pis encore, le navire-amiral de Kurita, l'Atago est lui-aussi torpillé et coulé. L'amiral est sauvé mais il perd tout son état-major, ses cartes, ses appareils de transmission codés et son personnel de décodage durant le naufrage. Malgré avoir perdu 3 croiseurs, Kurita se positionne au large de l'île de Mindoro le 24 Octobre, et attend. Quant à Nishimura, il navigue entre les îles de Mindanao et Negros. Shima, qui vient du nord, garde ses distances de peur d'être intercepté par les navires américains. Ozawa avait appareillé du Japon le 20 Octobre sur son navire-amiral, le porte-avions Zuikaku, et progressait sans incidents. Les submersibles américains victorieux ne perdent pas de temps à signaler la présence des flottilles japonaises aux amiraux Halsey et Kinkaid. D'après les renseignements obtenus de ses submersibles et de ses avions de reconnaissance, l'amiral Halsey conclut qu'il peut se permettre de ne pas attaquer les navires japonais repérés au sud-est de sa flottille, car Kinkaid pourrait s'en occuper. Halsey informe ses subordonnés de son intention d'attaquer la flottille ennemie qui essaie de s'aventurer par le détroit de San Bernadino (voir carte). Comme on n'est jamais trop fort pour taper sur un adversaire, Halsey ordonne aux navires du vice-amiral McCain de le rejoindre. Entre 10h26 et 14H00, la Task Force 38 fit 260 sorties contre les navires de Kurita, et concentre surtout ses attaques sur le cuirassé géant Musashi (64,200 tonnes) malgré son tir anti-aérien efficace de 130 canons-mitrailleurs. Le Musashi fut frappé de 19 torpilles de 1500 lbs, de 17 bombes de 500 lbs, et de 4 bombes de 1000 lbs. Il se cabra lentement, et coula durant la soirée avec la moitié de son équipage. Le croiseur lourd Myoko fut amoché par 8 bombes de 500 lbs et dut rebrousser chemin pour lécher ses plaies au Brunei.

Atago 1944_

Le croiseur Atago - Le cuirassé Musashi attaqué et coulé

Ces pertes forcent Kurita à se replier temporairement, de concert avec son subordonné Nishimura. Durant les déboires de Kurita, aucun avion japonais basé aux Phillipines n'ont décollé pour l'aider. L'amiral Fukudome considérait que ses pilotes étaient trop novices pour se mesurer contre l'aéronavale américaine. Cependant, il les envoyèrent attaquer la 3ème Flotte US et ses transports de troupe. Là-aussi, les vagues d'avions japonais furent abattues, non sans avoir lourdement frappé le porte-avions de flotte Princeton ( ci-bas) avec deux bombes ainsi que l'impact d'un appareil en flammes. La moitié de son pont d'envol est soufflé et le quart de son équipage est tué. Trop endommagé pour être secouru, le Princeton est achevé par des destroyers américains.

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Le porte-avions Princeton est endommagé - Bataille incertaine pour les deux adversaires

Décision controversée de Halsey

Halsey croit que la force de Kurita a été neutralisée et qu'elle ne pose plus aucun danger sérieux pour contrer le débarquement de MacArthur à Leyte. Il choisit de diriger toute sa flottille vers le nord pour attaquer les navires d'Ozawa, mordant ainsi à l'hameçon tendu par l'amiral Toyoda. Ce faisant, il laisse une grande partie des transports de troupe de la flotte d'invasion américaine presque sans protection. Mais en fait, Halsey avait surestimé les effets de ses attaques sur Kurita. Halsey obéissait également à une directive de Nimitz qui avait ordonné à ses subalternes de détruire le maximum de grands navires japonais. Heureusement que l'amiral Kinkaid lui fit réaliser son erreur en interceptant les navires de Nishimura dans le détroit de Surigao - voir segment. Pendant ce temps, au large de l'île de Samar, les navires de Kurita passèrent à l'attaque à une vitesse de 21 nœuds. Il fait fi de l'échec de son subordonné Nishimura et croit encore qu'il peut réussir à tenailler la flotte d'invasion américaine. Le 25 octobre à 07H00, les obus de ses croiseurs peuvent sur les destroyers du contre-amiral Sprague. Malgré leur faible puissance de feu, ils se ruèrent à l'assaut des croiseurs ennemis, espérant, en zig-zaguant, leur lancer des torpilles. Le croiseur Chikuma envoya par le fond le porte-avions d'escorte Gambier Bay (ci-dessous) avec ses obus de 8". Le destroyer américain Hoel réussit à torpiller le croiseur Kumano et à le retirer de la bataille. Cependant, le Hoel et un autre destroyer furent vaporisés par les obus de 14" du Kumano. Kurita dut se replier, se reformer afin de ré-attaquer dans de meilleures conditions.

Fin du Gambier Bay 1944

Destruction du porte-avions Gambier Bay par des croiseurs japonais

Le départ de Halsey vers le nord laissait les navires de transport américains dangereusement exposés. Pour la première fois dans la Seconde Guerre mondiale, les Japonais utilisent à dessein des formations spéciales de pilotes sous-entrainés pour mener des attaques suicides sur les navires américains. Depuis le début du conflit, des avions japonais en difficulté se sont déjà écrasés sur des navires et édifices américains, mais cette fois, il s'agissait d'un effort concerté. Le mot "kamikaze" signifie le "vent divin" qui, autrefois, avait chassé une flotte d'invasion mongole de Koublai Khan en la brisant sur les récifs des côtes japonaises. Mais cette fois aux Phillipines, le vent divin a un moteur et des ailes. Les avions ont été transformés en engins-suicides avec des charges intégrées. Le vice-amiral Ohnishi est l'un des principaux officiers organisateurs des kamikazes. Le 24 Octobre, ils attaquent les navires de transport américains, coulant 3 d'entre eux. Ils attaquent également les navires de guerre de Kinkaid, coulant le porte-avions d'escorte St-Lô (ci-bas). Quelques autres navires furent endommagés par ces kamikazes. A la fin de cette journée, Kinkaid avait perdu 5 navires, 23 chasseurs Hellcat, 1130 tués et 913 blessés.

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Le porte-avions léger St-Lô est frappé par un kamikaze - Des kamikazes attaquent

Les avions de Halsey trouvent les porte-avions d'Ozawa. Ces derniers n'ont plus que 29 appareils pour les défendre et il les perdra tous. Son navire-amiral, le porte-avions de flotte Zuikaku est si lourdement endommagé qu'il doit évacuer son commandement sur un croiseur. Une deuxième vague d'avions américains coule le croiseur Chikoya avec l'amiral Ozawa. Une troisième vague de 200 avions envoie 4 torpilles, perçant sa ceinture blindée, et 7 bombes sur le Zuikaku; le porte-avions coula avec la plus grande partie de son équipage. Une heure plus tard, l'aéronavale américaine trouve le porte-avions léger Zuhio sans aucun avion pour le défendre, et le coule. Un submersible américain, le Jallao, coule le croiseur Tama, déjà amoché par un raid aérien antérieur. Halsey rompt l'engagement et retourne devant le Golfe de Leyte dans les meilleurs délais. Son retour fit replier le reste des navires de guerre japonais à l'Ouest des Phillipines. La bataille du Golfe de Leyte fut la plus grande confrontation navale de l'histoire militaire. Elle impliqua 254 navires de tout types, dix de plus que la bataille du Jutland en 1916. Elle causa la perte de 32 navires dont 4 porte-avions de flotte, 3 cuirassés, 10 croiseurs, et 9 destroyers. Les Américains n'auront perdu qu'un porte-avions de flotte, 2 porte-avions d'escorte, et 3 destroyers. Ces chiffres nous montrent l'étendue de la défaite navale japonaise sur l'inventaire de la marine impériale. Néanmoins, l'amiral Ozawa a très bien réussi à appâter une partie de la flotte de guerre américaine. Cela mit Halsey dans un embarras, et la controverse entourant sa décision d'abandonner les transports américains sucite encore des discussions chez plusieurs historiens.

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Ozawa perd ses porte-avions - Navires de la Task Force 38

Conséquenses

Notre défaite à Leyte a scellé le sort des Phillipines et nous a tout simplement fait perdre la guerre, écrit l'amiral Yonai, ministre de la Marine dans le cabinet de Koiso: nous avions complètement épuisé nos ressources navales. En fait, le commandant japonais des Phillipines, le général Yamashita, était isolé dans l'archipel phillipin, sans aucune possibilité de ravitaillement ou de secours. Sa mobilité était déjà restreinte par les raids aériens américains sur ses véhicules. MacArthur fit débarquer ses hommes dans la baie de Leyte, et entreprit rapidement de poursuivre Yamashita et de lui interdir tout mouvement en force sans risquer la détection des airs. De surcroit, aucun navire de transport japonais ne pouvait quitter les Phillipines en direction du Japon - avec des hommes ou du frêt - sans risquer l'interception.

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Le détroit de Surigao

Un segment de la bataille de Leyte mérite d'être regardé de près: celui de l'interception et de la destruction des navires de guerre du vice-amiral Nishimura dans le détroit de Surigao. Cette bataille a la particularité historique d'avoir été le dernier combat naval au canon entre navires de ligne. Rappelons que la tactique initiale de l'amiral Toyoda était de prendre en tenailles la flotte de débarquement américaine qui naviguait en direction du Golfe de Leyte par deux pinces - celle du vice-amiral Shima par le sud, et celle de Nishimura au nord. Initialement, Nishimura avait été obligé de se replier suite à la perte de deux croiseurs dans un combat de nuit contre des submersibles américains. Cependant, cela n'avait pas dissuadé Nishimura de se re-faufiler de nuit dans le détroit de Surigao. Nishimura disposait de deux vieux dreadnaughts jumeaux, le Fuso et le Yamashiro, avec leur allure de pagodes flottantes... La flottille japonaise fut détectée par l'aéronavale américaine dans la matinée du 24 Octobre. La bataille allait commencer comme un affrontement aéronaval. Des bombes furent lâchées sur le Yamashiro sans faire de dommages car le blindage a tenu le coup, ce qui permit à la flottille de poursuivre sa progression. Nishimura ne sera plus attaqué par l'aéronavale durant cette journée. Kinkaid ne tarda pas à déduire que Surigao serait le point de passage des Japonais pour tenailler MacArthur à Leyte. Il alerta tous les navires de la 7ème Flotte de se préparer pour un combat nocture au canon et à la torpille. Les navires de ligne américains se positionnèrent avec leur écran de destroyers et de vedettes rapides; mais, les subordonnés de Kinkaid manquaient d'obus perforants pour affronter leurs alter ego japonais, car les obus explosifs montés sur leurs navires étaient destinés à faire du pilonnage côtier lors du débarquement. De surcroit, ils avaient déjà dépensé 60% de ces munitions lors du débarquement.

Le cuirassé Yamashiro

Vedettes rapides et destroyers

Durant la soirée du 24, une quarantaine de PT-Boats américains patrouillaient le détroit à grande vitesse comme des estafettes de reconnaissance. A la tombée de la nuit, ils détectent les navires japonais. Nishimura fit avancer le croiseur Nogami et trois destroyer en reconnaissance. A 23H00, les destroyers japonais allumèrent leurs phares et ouvrirent le feu sur les PT-Boats. Ces derniers essayèrent de se rapprocher pour lancer leurs torpilles mais furent repoussés par les tirs japonais - deux vedettes furent endommagées. Dès lors, Kinkaid reçut la confirmation de la présence de Nishimura. Cette attaque permit au croiseur Nogami de se faufiler sans être détecté. Dans la nuit du 24 à 04H00, les PT-Boats attaquèrent une seconde fois sans rien frapper avec leurs torpilles, et l'un d'entre eux fut coulé. Durant la nuit du 25 à 02H00, cinq destroyers américains commandés par le capitaine Coward essaient de tenailler le Nogami et ses trois destroyers. Coward n'utilisera que les torpilles car il ne veut pas que les tirs de canons alertent les Japonais. Une erreur de navigation nocturne plaça ses navires devant les cuirassés Fuso et Yamashiro avec leur escorte. Une heure plus tard, les destroyers de Coward lancent 27 torpilles et se replie rapidement. A ce moment, le Yamashiro repéra Coward et ouvrit le feu, mais il put s'échapper rapidement. Puis, ce fut l'explosion des torpilles lancées: le Fuso reçut deux torpilles, explosa, et se coupa en deux; une autre frappa le Yamashiro et l'endommagea; quatre autres frappent les destroyers japonais - deux furent coulés et un autre endommagé. Kinkaid fut très satisfait de l'attaque de Coward. Au même moment, un autre groupe de destroyers, y comprit un navire australien, lance une autre attaque à la torpille sur les navires japonais. Le Yamashiro est encore frappé et sa vitesse fut réduite; un autre destroyer japonais fut frappé et coula. La progression nocturne de Nishimura fut immobilisée, car il perdit tous ses destroyers.

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Holloway: les PT-Boats repèrent les navires ennemis - Les Japonais essaient de franchir le "T"

Action de la flotte

Avant l'aube, les cuirassés et croiseurs américains se positionnent en une ligne de bataille qui bloqua complètement le passage du détroit aux navires japonais. Cette disposition linéaire permettait de concentrer toute la puissance de feu des navires dans une même direction, alors que les Japonais - qui arriveraient de face - seraient contraints d'en n'utiliser qu'une partie. L'étroitesse du détroit empêcherait les navires japonais de se disposer en une ligne de bataille pour lancer leurs bordées. Cette disposition navale américaine s'appelle la "manœuvre du T". Autrefois, cette manœuvre avait donnée la victoire à l'amiral Nelson durant la bataille de Trafalgar, à l'amiral Togo à Tsushima, et à l'amiral Jellicoe durant la bataille du Jutland. Elle reçut même le surnom de "Nelson's Toutch". Au moment où les destroyers américains cessent leurs attaques à la torpille, les cuirassés américains détectent les navires japonais avec leurs radars et ajustent leur batteries. A 04H30, ils ouvrent le feu croisé; les Japonais répliquent immédiatement. Nishimura naviguait au-travers de grandes gerbes d'obus. il n'avait pas de radar pour détecter et orienter le tir de ses navires - tout se faisait au visuel. Dans la confusion de la bataille, Nishimura n'eut pas le temps d'avertir Shima qu'il était attaqué. Plus de 200 salves furent tirées initialement. Les navires de ligne japonais dirigaient leurs tirs vers les croiseurs américains; l'un d'entre eux, le Grant, fut endommagé. Les distances entre les navires se rétrécissaient et la densité des tirs s'accrut. Le Yamashiro reçut de nombreux coups au but et fut gravement endommagé. A 4H20, il chavira et coula. Le croiseur lourd Nogami reçut une bordée sur sa passerelle de la part du croiseur lourd Portland, tuant tous les officiers de pont et sa salle des machines. Mais le croiseur réussit à s'échapper à petite vitesse. Trois destroyers japonais furent également coulés par les salves américaines alors qu'ils tentaient de s'interposer entre les grands navires belligérants. A l'aurore, les croiseurs américains se lancèrent à la poursuite des navires japonais encore à flot pour les achever. Le radar repéra les croiseurs Nachi, Nogami et Ashigara. A 5H30, les croiseurs Portland, Louiseville et Denver firent un feu croisé sur le Nogami qui fut gravement endommagé, mais les prouesses de son capitaine lui permit encore une fois d'échapper à ses poursuivants; il sera coulé quelques heures plus tard par des avions SBD. Le Nachi parvint lui-aussi à s'échapper. Cependant, l'Ashigura fut rattrapé par les croiseurs américain et coulé.

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L'atoll d'Ulithi

Peu avant que se déroule l'importante bataille aéronavale de Leyte, l'US Navy déloge les Japonais de l'atoll d'Ulithi ou ils avaient installé une petite station d'écoute. L'endroit était très bien situé pour établir un relais logistique pour concentrer les ressources requises pour mener les opérations futures en direction du Japon. Il n'y avait que 1300 milles entre Ulithi et Tokyo. L'atoll possède un grand lagon peu profond qui pouvait abriter de nombreux navires de tout tonnage. Ainsi, Ulithi deviendra à la fois un grand dépôt flottant et un centre d'entretien et de ravitaillement capable d'accueillir environ 700 navires. Les Américains ont évacué les indigènes natifs sur l'île de Federai jusqu'à la fin de la guerre. Ulithi sera ainsi réaménagé sous le commandement du commodore Worall Carter. Quatre ensemble de pontons doubles sont construits avec des jantes remplies de sable et de graviers et fixés aux coraux par des tiges métalliques. Ces quais flottants permettaient d'amarrer solidement les navires et de suivre la houle durant le mauvais temps. Ces ensembles de pontons étaient faciles à entretenir. En Novembre 1944, Ulithi était prête à opérer comme base de ravitaillement. Environ 6000 mécaniciens, électriciens et manutentionaires divers s'installent sur l'atoll pour réparer ou ravitallier les navires. Ulithi devient également une véritable station d'essence flottante. Plusieurs petits terrains d'aviation furent aménagés.

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Navires américains ancrés à Ulithi - Le cuirassé Iowa en cale flottante à Ulithi

Le 15 Novembre 1944, les Japonais qui occupaient toujours l'île de Yap, lancent quelques raids aériens sur les petits terrains d'aviation d'Ulithi. Cinq jours plus tard, deux submersibles japonais se faufilent à proximité de la rade et attaquent avec deux torpilles humaines Kaiten. L'une d'entre elles est repérée et éperonnée par le destroyer Case, mais l'autre prend pour cible le gros pétrolier Missinewa et le coule. En Janvier 1945, le submersible I-48 essaya lui-aussi de se faufiler sans succèes: il est coulé par le destroyer Conkin. Le ravitaillement des navires américain se poursuit. Le 11 Mars, une attaque nocturne d'avions kamikaze sur Ulithi endommage le porte-avions Randolph, tuant plusieurs marins. La tour de contrôle de l'îlot Solen fut également endommagée. Deux jours plus tard, 650 navires américains basés à Ulithi étaient prêts pour lancer l'invasion de l'île d'Okinawa. Cependant, lorsque les Philiipines ont été reconquises, les navires de l'US Navy ont été relocalisés près de Leyte et la base d'Ulithi fut presque abandonnée. Entretemps, les deux submersibles géants I-400 et I-401 préparaient une attaque contre Ulithi, mais celle-ci sera abandonnée après les deux explosions nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki

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Une Kaiten portée par un submersible - Le Missinewa coule - Le Randolph endommagé

C'est ainsi que la campagne du Pacifique avait délogé les Japonais à la fois des régions du Pacifique-Centre et du Pacifique-Ouest. La stratégie des sauts de puce préconsiée par l'amiral Nimitz avait neutralisé toutes les ceintures défensives insulaires établies par le Japon pour conservers ses gains militaires. Au début de 1945, il ne restait plus qu'Iwo Jima et Okinawa à conquérir. Entretemps, MacArthur avait repris le contrôle de l'archipel philippin, condamnant ainsi toutes les tentatives du Japon d'être ravitaillé par l'archipel indonésien et les pays du Sud-Est asiatique. L'US Navy s'imposa alors comme la seule entité aéronavale alliée dans la zone du Pacifique, si bien que les Britanniques n'eurent qu'un rôle accessoire régional. Sur le plan militaire, la validité des groupes opérationels aéronavals (Task Force) demeurera incontestable: le porte-avions s'est imposé comme le principal navire de surface d'une flotte de guerre en bonne santé...

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