Albert Pierrepoint

Bourreau

Albert Pierrepoint

1905-1992

Bourreau officiel du système judiciaire britannique qui a exécuté 200 criminels de guerre nazis en Allemagne et en Autriche à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Né à Clayton dans le Yorkshire d'une famille dysfonctionnelle, Pierrepoint a toujours voulu devenir bourreau et fut initié à cette "profession" par son oncle, lui-même bourreau. Pierrepoint participe à sa première exécution en Septembre 1932 avant d'être officiellement intégré dans ce job en 1941. Durant sa carrière, Pierrepoint exécuta entre 400 et 530 personnes jusqu'en 1956 par le biais de la pendaison avec chute (long drop). Durant la guerre, il exécuta 15 espions allemands et quelques soldats américains jugés reconnus coupables par une court martiale de crimes graves durant leur séjour en Angleterre. Par la suite, Pierrepoint fut trimballé ça et là sur différents théâtres d'opération pour appliquer les sentences de morts contre des espions et saboteurs allemands. L'armée lui donne le grade de lieutenant-colonel honoraire. Dans le cadre des procès de criminels de guerre, Pierrepoint exécuta John Amery, le fils aîné du ministre Leo Amery, qui avait recruté des sympathisants britanniques du British Free Corps pro-nazi. Puis, ce fut le tour de William Joyce, connu sous le nom de Lord Haw-Haw, de même que Théodore Schurch, un soldat britannique reconnu coupable de trahison. Entre Décembre 1948 et Octobre 1949, Pierrepoint fut très occupé: il exécuta 226 personnes, parfois jusqu'à 10 par jour. Les femmes furent pendues indidviduellement et les hommes deux par deux de dos. Fait à noter, Pierrepoint n'a pas participé à la pendaison des grands criminels de guerre nazis jugés par le tribunal de Nuremberg. Ce job fut confié au sergent-chef américain Woods, que Pierrepoint considère mal préparé pour une telle tâche.

En 1948, Pierrepoint ouvrit un pub tout en exerçant sa fonction de bourreau sur appel jusqu'en Février 1956 où il prit sa retraite. Il n'a pas donné de raisons officielles pour son départ de la fonction publique, mais il changea peu à peu son attitude vis-à-vis de la peine de mort. Lorsqu'il a publié quelques articles pour le compte du journal Sunday Chronicle, le ministère de l'Intérieur a songé à le poursuivre en vertu de la loi sur les Secrets officiels. Néanmoins, Pierrepoint parvint à maintenir son équilibre mental en justifiant son rôle de bourreau comme une sorte de "mission divine". Son épouse accepta stoiquement son sinistre métier. Dans son autobiographie, publiée en 1974, Pierrepoint décrit son éthos: I have gone on record ... as saying that my job is sacred to me. That sanctity must be most apparent at the hour of death. A condemned prisoner is entrusted to me, after decisions have been made which I cannot alter. He is a man, she is a woman, who, the church says, still merits some mercy. The supreme mercy I can extend to them is to give them and sustain in them their dignity in dying and death. The gentleness must remain... Son personnage fut illustré au cinéma par le film Pierrepoint, sorti en 2005.

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